Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 635484 )Important - Entretien Mgr. Fellay par New Catholic (2012-06-07 11:36:02) 

DICI : Etes-vous soucieux du retard de la réponse de Rome qui pourrait permettre à ceux qui sont contre une reconnaissance canonique d’éloigner des prêtres et des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X ?
Mgr Fellay : Tout est dans les mains du Bon Dieu. Je fais confiance au Bon Dieu et à sa Divine Providence, il sait comment conduire toutes choses, même les retards, pour le bien de ceux qui l’aiment.

DICI : La décision du pape a-t-elle été ajournée comme certaines revues l’ont dit ? Le Saint-Siège vous a-t-il fait part d’un retard à prévoir ?
Mgr Fellay : Non, je n’ai eu aucune connaissance d’un quelconque calendrier. Il y en a même qui disent que le pape va traiter ce dossier à Castel Gandolfo, au mois de juillet.

Une solution canonique avant une solution doctrinale ?

DICI : La plupart de ceux qui sont opposés à l’acceptation par la Fraternité d’une éventuelle reconnaissance canonique mettent en avant que les entretiens doctrinaux n’auraient pu conduire à cette acceptation que s’ils avaient débouché sur une solution doctrinale, c’est-à-dire sur une « conversion » de Rome. Est-ce que votre position a changé sur ce point ?
Mgr Fellay : Il faut reconnaître que ces entretiens ont permis d’exposer clairement les divers problèmes que nous rencontrons au sujet de Vatican II. Ce qui a changé, c’est que Rome ne fait plus d’une acceptation totale de Vatican II une condition pour la solution canonique. Aujourd’hui, à Rome, certains considèrent qu’une compréhension différente du Concile n’est pas déterminante pour l’avenir de l’Eglise, car l’Eglise est plus que le Concile. De fait, l’Eglise ne se réduit pas au Concile, elle est beaucoup plus grande. Il faut donc s’appliquer à régler des problèmes plus vastes. Cette prise de conscience peut nous aider à comprendre ce qui se passe réellement : nous sommes appelés à aider à porter aux autres le trésor de la Tradition que nous avons pu conserver.
En sorte que c’est l’attitude de l’Eglise officielle qui a changé, ce n’est pas nous. Ce n’est pas nous qui avons demandé un accord, c’est le pape qui veut nous reconnaître. On peut se poser la question du pourquoi de ce changement. Nous ne sommes toujours pas d’accord doctrinalement, et pourtant le pape veut nous reconnaître ! Pourquoi ? La réponse elle est là : il y a des problèmes terriblement importants dans l’Eglise aujourd’hui. Il faut traiter ces problèmes. Il faut laisser de côté les problèmes secondaires et s’occuper des problèmes majeurs. Voilà la réponse de l’un ou l’autre prélat romain qui ne le diront jamais ouvertement ; il faut lire entre les lignes pour comprendre.
Les autorités officielles ne veulent pas reconnaître les erreurs du Concile. Elles ne le diront jamais explicitement. Cependant si on lit entre les lignes, on peut voir qu’elles souhaitent remédier à certaines de ces erreurs. En voici un exemple intéressant au sujet du sacerdoce. Vous savez qu’à partir du Concile, il y a eu une nouvelle conception du sacerdoce et qu’elle a démoli la figure du prêtre. Aujourd’hui on voit très clairement que les autorités romaines essaient de réhabiliter la vraie conception du prêtre. On le constatait déjà lors de l’Année sacerdotale qui a eu lieu en 2010-2011. Maintenant, la fête du Sacré-Cœur devient le jour consacré à la sanctification des prêtres. A cette occasion, une lettre a été publiée et un examen de conscience pour les prêtres a été rédigé. On croirait qu’on est allé chercher cet examen de conscience à Ecône, tellement il se situe dans la ligne de la spiritualité anté-conciliaire. Cet examen offre l’image traditionnelle du prêtre, et même de son rôle dans l’Eglise. C’est ce rôle que Mgr Lefebvre affirme quand il décrit la mission de la Fraternité : restaurer l’Eglise par la restauration du prêtre.
Dans la lettre, il est dit : « l’Eglise et le monde ne peuvent être sanctifiés que par la sanctification du prêtre ». On met vraiment le prêtre au centre. L’examen de conscience commence avec cette question : « Est-ce que la préoccupation première du prêtre est sa sanctification ? » Deuxième question : « Est-ce que le saint Sacrifice de la Messe – c’est le mot qu’ils utilisent, pas l’eucharistie, la synaxe ou je ne sais pas quoi – est le centre de la vie du prêtre ? » Ensuite on rappelle les fins de la messe : la louange de Dieu, la prière, la réparation pour les péchés…, tout est dit. Le prêtre doit s’immoler – le mot ‘immoler’ n’est pas employé mais ‘se donner’, ‘se sacrifier’ pour sauver les âmes. C’est dit. Puis vient le rappel des fins dernières : « Est-ce que le prêtre pense souvent aux fins dernières ? Est-ce qu’il pense à demander la grâce de la persévérance finale ? Est-ce qu’il le rappelle à ses fidèles ? Est-ce qu’il visite les moribonds pour leur donner les derniers sacrements ? » Vous voyez comment, de façon habile, ce document romain rappelle clairement l’idée traditionnelle du prêtre.
Bien sûr, cela ne supprime pas tous les problèmes, et il y a encore de graves difficultés dans l’Eglise : l’œcuménisme, Assise, la liberté religieuse…, mais le contexte est en train de changer, pas seulement le contexte, la situation elle-même… Je distinguerai entre les relations extérieures et la situation intérieure. Les relations avec l’extérieur n’ont pas encore changé, mais pour ce qui se passe dans l’Eglise les autorités romaines essayent de le changer petit à petit. Evidemment, aujourd’hui encore demeure un grand désastre, il faut en être conscient, et nous ne disons pas le contraire, mais il faut aussi voir ce qui est en train de se faire. Cet examen de conscience pour les prêtres en est un exemple significatif.

Quelle attitude face aux problèmes doctrinaux ?

DICI : Vous reconnaissez que de sérieuses difficultés demeurent avec l’œcuménisme, la liberté religieuse… Si une reconnaissance canonique intervenait quelle serait votre attitude face à ces difficultés ? Ne vous sentiriez-vous pas tenu à une certaine réserve ?
Mgr Fellay : Permettez-moi de répondre à votre question par trois interrogations : Les nouveautés qui ont été introduites lors du Concile ont-elles été à l’origine d’un développement accru de l’Eglise, des vocations et de la pratique religieuse ? Ne constate-t-on pas au contraire une forme d’ « apostasie silencieuse » dans tous les pays de chrétienté ? Pouvons-nous nous taire devant ces problèmes ?
Si nous voulons faire fructifier le trésor de la Tradition pour le bien des âmes, nous devons parler et agir. Nous avons besoin de cette double liberté de parole et d’action. Mais je me méfierais d’une dénonciation purement verbale des erreurs doctrinales – dénonciation d’autant plus polémique qu’elle n’est que verbale.
Avec le réalisme qui le caractérisait, Mgr Lefebvre reconnaissait que les autorités romaines et diocésaines seraient plus sensibles aux chiffres et aux faits présentés par la Fraternité Saint-Pie X, qu’aux arguments théologiques. Aussi je n’hésite pas à dire que, si une reconnaissance canonique intervenait, les difficultés doctrinales seraient toujours soulignées par nous, mais avec le concours d’une leçon donnée par les faits eux-mêmes, signes tangibles de la vitalité de la Tradition. Et pour cela, comme je vous le disais déjà en 2006, à propos des étapes de notre dialogue avec Rome, il nous faut avoir « foi en la messe traditionnelle, cette messe qui réclame d’elle-même l’intégrité de la doctrine et des sacrements, gage de toute fécondité spirituelle auprès des âmes ».

DICI : 2012 n’est pas 1988, l’année de votre sacre épiscopal. En 2009 les « excommunications » ont été retirées, en 2007 il a été officiellement reconnu que la messe tridentine n’avait « jamais été abrogée », mais maintenant certains dans la Fraternité déplorent que l’Eglise ne se soit pas encore convertie. Leur refus a priori d’une reconnaissance canonique est-il dû à 40 ans d’une situation d’exception entraînant une certaine incompréhension de la soumission à l’autorité ?
Mgr Fellay : Ce qui se passe ces temps-ci montre clairement quelques-unes de nos faiblesses face aux dangers qui sont créés par la situation dans laquelle nous sommes. L’un des dangers majeurs est de finir par inventer une idée de l’Eglise qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Eglise. Certains prétendent que pour travailler « en sécurité » dans l’Eglise, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. C’est ce qu’on dit quand on affirme qu’il faut que Rome se convertisse avant tout accord, ou que les erreurs doivent d’abord avoir été supprimées pour qu’on puisse travailler. Mais ce n’est pas la réalité. Il suffit de regarder le passé de l’Eglise, souvent et même presque toujours, on voit qu’il y a des erreurs répandues dans l’Eglise. Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs. Notre Seigneur nous a appris qu’il y aurait toujours de la mauvaise herbe jusqu’à la fin des temps. Pas seulement de la bonne herbe, pas seulement du blé.
Au temps des Ariens, les évêques ont œuvré au milieu des erreurs pour convaincre de la vérité ceux qui se trompaient. Ils n’ont pas dit qu’ils voulaient être dehors, comme certains le disent maintenant. Bien sûr, il faut toujours faire très attention à ces expressions ‘dehors’, ‘dedans’, parce que nous sommes d’Eglise et nous sommes catholiques. Mais pouvons-nous à ce titre refuser de convaincre ceux qui sont dans l’Eglise, au prétexte qu’ils sont emplis d’erreurs ? Regardons ce qu’ont fait les saints ! Si le Bon Dieu nous permet d’être dans une nouvelle situation, dans un combat rapproché au service de la vérité… Voilà la réalité que nous présente l’histoire de l’Eglise. L’Evangile compare le chrétien au levain, et nous voudrions que la pâte lève, sans que nous soyons dans la pâte ?
Dans cette situation, présentée actuellement par certains comme une situation impossible, on nous demande de venir travailler comme l’ont fait tous les saints réformateurs de tous les temps. Bien sûr cela n’enlève pas le danger. Mais si nous avons suffisamment de liberté pour agir, pour vivre et nous développer, cela doit se faire. Je pense vraiment que cela doit se faire, à la condition que nous ayons suffisamment de protection.

DICI : Croyez-vous qu’il y a des membres de la Fraternité qui, consciemment ou pas, épousent les thèses sedevacantistes ? Avez-vous peur de leur influence ?
Mgr Fellay : Certains peuvent bien être influencés par de telles idées, ce n’est pas nouveau. Je ne pense pas qu’ils soient si nombreux, mais ils peuvent faire du mal, spécialement en répandant de fausses rumeurs. Mais je pense réellement que la préoccupation principale parmi nous est plutôt la question de la confiance dans les autorités romaines, avec la crainte que ce qui pourrait arriver soit un piège. Personnellement, je suis convaincu que ce n’est pas le cas.
Chez nous, on se méfie de Rome, parce qu’on a subi trop de déconvenues, c’est pourquoi l’on pense qu’il peut s’agir d’un piège. Il est vrai que nos ennemis peuvent songer à utiliser cette offre comme un piège, mais le pape qui veut vraiment cette reconnaissance canonique, ne nous la propose pas comme un piège.
Voir ce que la proposition romaine permettra en droit et en fait

DICI : Plusieurs fois vous avez répété que le pape veut personnellement la reconnaissance canonique de la Fraternité. Est-ce que vous avez l’assurance personnelle et récente du pape lui-même que c’est vraiment sa volonté ?
Mgr Fellay : Oui c’est le pape qui le veut, et je l’ai dit à plusieurs reprises. J’ai suffisamment d’éléments précis en ma possession pour affirmer que ce que je dis est vrai, bien que je n’aie pas eu de relations directes avec le pape, mais avec ses proches collaborateurs.

DICI : La lettre du 14 avril, signée par les trois autres évêques de la Fraternité, a été malheureusement diffusée sur Internet, est-ce que l’analyse qu’elle présente correspond à la situation de l’Eglise ?
Mgr Fellay : Sur leur position, je n’exclus pas la possibilité d’une évolution. La première question pour nous qui avons été sacrés par Mgr Lefebvre était celle de la survie de la Tradition. Je pense que si mes confrères voient et comprennent qu’en droit et en fait il y a dans la proposition romaine une véritable possibilité pour la Fraternité de « tout restaurer dans le Christ », malgré tous les troubles qui subsistent dans l’Eglise aujourd’hui, alors ils pourront réajuster leur jugement, – alors, c’est-à-dire avec le statut canonique en main et les faits sous les yeux. Oui, je le pense, je l’espère. Et nous devons prier à cette intention.
DICI : Quelques-uns dans le monde, y compris des membres de la Fraternité, ont utilisé des passages d’un entretien que vous avez accordé à Catholic News Services ; ces passages semblent indiquer qu’à vos yeux Dignitatis Humanae ne fait plus difficulté.
Est-ce la manière dont a été réalisé cet entretien qui a modifié le sens de ce que vous vouliez exprimer ? Quelle est votre position sur ce sujet par rapport à ce que Mgr Lefebvre enseignait ?
Mgr Fellay : Ma position est celle de la Fraternité et de Mgr Lefebvre. Comme d’habitude, dans une matière aussi délicate, nous devons établir des distinctions, et une partie de ces distinctions a disparu dans l’entretien télévisé qui a été réduit à moins de 6 minutes. Mais la relation écrite que CNS a faite de mes propos, rétablit ce que j’ai dit et qui n’a pas été retenu dans la version diffusée : « Bien que Mgr Fellay refuse d’endosser l’interprétation (de la liberté religieuse) par Benoît XVI comme étant en continuité avec la Tradition de l’Eglise, – une position que beaucoup dans l’Eglise ont discuté très fortement –, Mgr Fellay a parlé de l’idée en des termes étonnamment sympathiques. » En fait, j’ai seulement rappelé qu’il y a déjà une solution traditionnelle au problème que pose la liberté religieuse et qui s’appelle la tolérance. Au sujet du Concile, lorsqu’on m’a posé la question : « Est-ce que Vatican II appartient à la Tradition ? », j’ai répondu : « J’aimerais espérer qu’il en soit ainsi » (ce qu’une traduction française fautive a transformé en : « J’espère que oui »). Cela est bien dans la ligne des distinctions opérées par Mgr Lefebvre pour lire le Concile à la lumière de la Tradition : ce qui est en accord avec la Tradition, nous l’acceptons ; ce qui est douteux, nous le comprenons comme la Tradition l’a toujours enseigné ; ce qui est opposé, nous le rejetons.

Les rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec les évêques diocésains

DICI : Une prélature personnelle est la structure canonique que vous avez indiquée dans de récentes déclarations. Or, dans le Code, le canon n° 297 demande non seulement d’informer, mais d’obtenir l’autorisation des évêques diocésains pour fonder une œuvre sur leur territoire. S’il est clair que toute reconnaissance canonique préservera notre apostolat en son état actuel, êtes-vous disposé à accepter que les œuvres à venir ne soient possibles qu’avec la permission de l’évêque dans les diocèses où la Fraternité Saint-Pie X n’est pas actuellement présente?
Mgr Fellay : Il y a beaucoup de confusion sur cette question, et elle est principalement causée par une mauvaise compréhension de la nature de la prélature personnelle, ainsi que par une méconnaissance de la relation normale entre l’ordinaire du lieu et la prélature. Ajoutez à cela le fait que la seule référence disponible aujourd’hui pour une prélature personnelle soit l’Opus Dei. Pourtant, disons-le clairement, si une prélature personnelle nous était accordée, notre situation ne serait pas la même. Pour mieux comprendre ce qui se passerait, il faut penser que notre statut serait beaucoup plus semblable à celui d’un ordinariat militaire, parce que nous aurions une juridiction ordinaire sur les fidèles. Nous serions ainsi comme une sorte de diocèse dont la juridiction s’étend à tous ses fidèles indépendamment de leur situation territoriale.
Toutes les chapelles, églises, prieurés, écoles, œuvres de la Fraternité et des Congrégations religieuses amies seraient reconnues avec une réelle autonomie pour leur ministère.
Il reste vrai – comme c’est le droit de l’Eglise – que pour ouvrir une nouvelle chapelle ou fonder une œuvre, il serait nécessaire d’avoir la permission de l’ordinaire local. Nous avons bien évidemment présenté à Rome combien notre situation actuelle était difficile dans les diocèses, et Rome est encore en train d’y travailler. Ici ou là, cette difficulté sera réelle, mais depuis quand la vie est-elle sans difficulté ? Très probablement nous aurons aussi le problème contraire, c’est-à-dire que nous ne serons pas capables de répondre aux demandes qui viendront des évêques amis. Je songe à tel évêque qui pourrait nous demander de nous charger de la formation des futurs prêtres dans son diocèse.
En aucune façon, nos relations ne seraient celles d’une congrégation religieuse avec un évêque, mais bien celles d’un évêque avec un autre évêque, tout comme ce qui se passe pour les Ukrainiens, les Arméniens dans la diaspora. Et donc si une difficulté n’était pas résolue, elle irait à Rome, et il y aurait alors une intervention romaine pour régler le problème.
Soit dit en passant, ce qui a été rapporté sur Internet concernant mes propos sur ce sujet, en Autriche, le mois dernier, est entièrement faux.

DICI : S’il y a reconnaissance canonique, qu’arrivera-t-il aux chapelles amies de la Fraternité et indépendantes du diocèse ? Est-ce que les évêques de la Fraternité continueront à administrer la confirmation, à fournir les Saintes Huiles ?
Mgr Fellay : Si elles œuvrent avec nous, il n’y aura pas de problème : ce sera exactement comme maintenant. Si non, tout dépendra de ce que ces chapelles entendent par indépendance.
DICI : Y aura-t-il une différence dans vos relations avec les communautés Ecclesia Dei ?
Mgr Fellay : La première différence sera qu’elles seront obligées d’arrêter de nous traiter de schismatiques. Pour le développement futur, il est clair que certaines se rapprocheront de nous, puisque déjà elles nous approuvent discrètement ; d’autres non. C’est le temps qui nous dira comment la Tradition se développera dans cette nouvelle situation. Nous avons de grandes attentes pour l’apostolat traditionnel, tout comme certaines personnalités importantes à Rome et comme le Saint-Père lui-même. Nous avons grand espoir que la Tradition se développe avec notre arrivée.

DICI : Toujours s’il y a reconnaissance canonique, donnerez-vous la possibilité à des cardinaux de la curie, ou à des évêques de visiter nos chapelles, de célébrer la messe, d’administrer les confirmations, peut-être même de conférer les ordinations dans vos séminaires ?
Mgr Fellay : Les évêques favorables à la Tradition, les cardinaux conservateurs vont se rapprocher. Il y a tout un développement à prévoir, sans en connaître les détails particuliers. Et il y aura aussi certainement des difficultés, ce qui est tout à fait normal. Il ne fait pas de doute qu’on viendra nous visiter, mais pour une collaboration plus précise, comme la célébration de la messe ou des ordinations, cela dépendra des circonstances. De même que nous souhaitons que la Tradition se développe, nous espérons voir la Tradition se développer chez les évêques et les cardinaux. Un jour tout sera harmonieusement traditionnel, mais combien de temps cela prendra, Dieu seul le sait.

DICI : Dans l’attente de la décision romaine, quelles sont vos dispositions intérieures ? Quelles sont celles que vous souhaiteriez pour les prêtres et les fidèles attachés à la Tradition ?
Mgr Fellay : Lorsqu’en 1988, Mgr Lefebvre annonça qu’il allait sacrer quatre évêques, certains l’encouragèrent à le faire et d’autres tentèrent de l’en dissuader. Mais notre fondateur conservait la paix, car il n’avait en vue que la volonté de Dieu et le bien de l’Eglise. Aujourd’hui, ce sont les mêmes dispositions intérieures qu’il nous faut avoir. Comme son saint Patron, la Fraternité Saint-Pie X a la volonté de « tout restaurer dans le Christ » ; certains disent que ce n’est pas le moment, d’autres au contraire que c’est le moment opportun. Pour ma part je ne sais qu’une chose : c’est toujours le moment de faire la volonté de Dieu et il nous la fait connaître en temps opportun, à condition que nous nous montrions réceptifs à ses inspirations. Pour cela, j’ai demandé aux prêtres de renouveler la consécration de la Fraternité Saint-Pie X au Sacré-Cœur de Jésus, en sa fête, le 15 juin prochain, et de s’y préparer par une neuvaine au cours de laquelle seront récitées les litanies du Sacré-Cœur dans toutes nos maisons. Tous peuvent s’y associer en demandant la grâce de devenir des instruments dociles de la restauration de toutes choses en Jésus-Christ. (DICI n°256 du 08/06/12)
images/icones/radioactif.gif  ( 635486 )Le point central par New Catholic (2012-06-07 11:38:27) 
[en réponse à 635484]


"Il reste vrai – comme c’est le droit de l’Eglise – que pour ouvrir une nouvelle chapelle ou fonder une œuvre, il serait nécessaire d’avoir la permission de l’ordinaire local."
images/icones/hum2.gif  ( 635488 )Le point central? par Etienne (2012-06-07 11:53:20) 
[en réponse à 635486]

Vous avez là de bien curieuses priorités.

J'y vois personnellement l'intervention d'un évêque authentiquement catholique, qui a compris les enjeux de la crise et de la situation de la FSSPX dans cette crise. Même si je reste en désaccord sur certains points avec Mgr Fellay, on ne peut que reconnaitre que la douceur toute évangélique qu'il met à convaincre sa droite et sa gauche l'honore.

Quant à la toute petite phrase que vous retenez de cet entretien, elle est grandement relativisée par ce qui précède:


[...]Pour mieux comprendre ce qui se passerait, il faut penser que notre statut serait beaucoup plus semblable à celui d’un ordinariat militaire, parce que nous aurions une juridiction ordinaire sur les fidèles. Nous serions ainsi comme une sorte de diocèse dont la juridiction s’étend à tous ses fidèles indépendamment de leur situation territoriale. Toutes les chapelles, églises, prieurés, écoles, œuvres de la Fraternité et des Congrégations religieuses amies seraient reconnues avec une réelle autonomie pour leur ministère. [...]



Et par ce qui suit:


[...]Nous avons bien évidemment présenté à Rome combien notre situation actuelle était difficile dans les diocèses, et Rome est encore en train d’y travailler. Ici ou là, cette difficulté sera réelle, mais depuis quand la vie est-elle sans difficulté ? Très probablement nous aurons aussi le problème contraire, c’est-à-dire que nous ne serons pas capables de répondre aux demandes qui viendront des évêques amis. Je songe à tel évêque qui pourrait nous demander de nous charger de la formation des futurs prêtres dans son diocèse.



Et enfin, last but not least:


En aucune façon, nos relations ne seraient celles d’une congrégation religieuse avec un évêque, mais bien celles d’un évêque avec un autre évêque, tout comme ce qui se passe pour les Ukrainiens, les Arméniens dans la diaspora. Et donc si une difficulté n’était pas résolue, elle irait à Rome, et il y aurait alors une intervention romaine pour régler le problème.

images/icones/neutre.gif  ( 635490 )C'est bon la reconnaissance du présent par New Catholic (2012-06-07 12:01:37) 
[en réponse à 635488]

Je ne suis pas un membre de la Fraternité...Alors, ce ne sont MES priorités.

Mais une Fraternité qui aura besoin de la permission des évêques diocésains pour les apostolats futurs... Je sais bien qu'en France, où la Fraternité est déjà encore présent en presque tous les diocèses, cela n'entraînera aucun problème. Mais la réalité tradi française est très différente des autres pays. Dans plusieurs pays, presque partout, c'est la paralysie de l'apostolat de la Fraternité.
images/icones/neutre.gif  ( 635492 )Certains vont grincer... par Anton (2012-06-07 12:08:28) 
[en réponse à 635484]


Aujourd’hui, à Rome, certains considèrent qu’une compréhension différente du Concile n’est pas déterminante pour l’avenir de l’Eglise, car l’Eglise est plus que le Concile. De fait, l’Eglise ne se réduit pas au Concile, elle est beaucoup plus grande.



Tout ceux qui ne jurent que par le concile pour justifier leurs réformes, et d'autres leurs positions, vont grincer...

Pourtant c'est une simple vérité.
images/icones/bravo.gif  ( 635495 )Encore une fois, la sagesse par Clovis (2012-06-07 13:18:02) 
[en réponse à 635492]

est dans cet entretien.

images/icones/5b.gif  ( 635498 )Merci Mgr ! par Adso (2012-06-07 13:46:58) 
[en réponse à 635484]

Equilibré, sage....
images/icones/fleche3.gif  ( 635502 )il y a aussi un point qui peut avoir son importance par jejomau (2012-06-07 14:09:06) 
[en réponse à 635484]

il me semble que la Fraternité doit tenir son Chapître général en juillet pour la ré-élection de son Supérieur .

Si Rome attend jusque-là :

hypothèse 1 : les autres évêques désavouent (peut-être) Mgr Fellay; changent alors de "direction" et dans la foulée... désapprouvent la main tendue de Rome. L'affaire est close et tout accord est "out".

hypothèse 2 : Mgr Fellay est renforcé à cette occasion, ce qui valide sa politique de rapprochement avec Rome.. Donc Rome, rassurée par la volonté réelle de toute la Fraternité clôt définitivement la parenthèse de manière positive


Si je me suis trompé sur ce Chapître général qui doit avoir lieu qu'on me le dise !? Quant à ce que j'écris ci-dessus, ce sont des supputations personnelles...
images/icones/fsspx.gif  ( 635504 )Je crois savoir... par gguivarch (2012-06-07 14:13:37) 
[en réponse à 635502]

... Que ce chapitre est non-electif. Le mandat du supérieur général est de douze ans, or Monseigneur Fellay a été reconduit en 2006 si ma mémore ne me joue point de tour. Donc le prochain chapitre "electif" devrait avoir lieu en 2018
images/icones/1v.gif  ( 635505 )D'accord sur toute la ligne... par l'Hermitte (2012-06-07 14:19:29) 
[en réponse à 635484]

...et j'ai bien conscience que ça lui fait une belle jambe et à vous tous aussi !
images/icones/neutre.gif  ( 635592 )Il y a quand même une phrase qui pose problème par le torrentiel (2012-06-08 00:21:56) 
[en réponse à 635505]

dans cet entretien qui, en effet, respire la sérénité et la profondeur de vue sur le sacerdoce et sur l'Eglise.

Cette phrase, la voici :

"Ce n’est pas nous qui avons demandé un accord, c’est le pape qui veut nous reconnaître."


Une telle phrase laisse à supposer que, pour le supérieur général de la FSSPX, la réintégration dans l'Eglise est matière à option. Or elle est fondamentale.


Mgr fellay est un peu trop préoccupé de démontrer en quoi ce n'est pas lui qui a changé. C'est lui qui a changé et c'est rome qui a évolué. Mgr fellay est loin de la manière dont mgr Vingt-trois pensait que les traditionalistes devraient revenir au bercail: en faisant repentance. Bien sûr, il a raison de ne pas se battre la coulpe pour avoir défendu ce qu'il estimait être des positions essentielles. Mais il y a un certain orgueil à ne pas vouloir concéder que les circonstances ont pu le faire changer.


A l'origine, mgr fellay n'exigeait pas des discussions doctrinales pour exposer des divergences. Il les exigeait pour les aplanir. Il note aujourd'hui que le pape adopte une méthode beaucoup plus fine pour rectifier ce qui doit l'être. Il n'aurait rien perdu à le dire, tout comme il ne perdra rien, le moment venu, à regretter les scories inséparables de tout combat, comme certains excès dans la manière irrespectueuse de traiter la personne des évêques qui n'ont pas assez respecté ses prêtres et ses fidèles.


Mgr fellay a raison d'en arriver à la conclusion que l'Eglise est pus grande que le concile, et le vatican aussi, de sembler ne pas souffrir plus longtemps qu'une situation chismatique risque de se pérenniser parce qu'on veut imposer à des fidèles de recevoir un concile plus vite que la réception d'un concile ne peut s'imposer aux consciences catholiques.


Mgr fellay donne un exemple magnifique de la fécondité de l'intuition de mgr Lefebvre selon laquelle l'Eglise et le monde se sauveront par la sanctification des prêtres. Cette intuition a été entendue par le Vatican, dit-il. Le Vatican a lié le mystère de la donation du prêtre à la fête du sacré-coeur de Jésus. Or que de fois le sacré-coeur n'a-t-Il exprimé qu'Il souffrait par les prêtres! Ce Mystère est grand, a été annoncé par les mystiques, a été vécu de l'intérieur par le saint curé d'Ars, a sans doute été mis en honneur par la spiritualité de mgr Lefebvre. Il ne faudrait tout de même pas en conclure que la perception de la nécessaire sanctification du prêtre par rome est intégralement à mettre au crédit de la spiritualité de mgr Lefebvre. Elle a joué son rôle, tout son rôle, mais rien que son rôle, un rôle éminent. Car il est important que mgr Lefebvre ait permis à des prêtres de vivre des modèles de vie de prêtre. Entre autres, privilégier la cure d'âme sur un activisme pastoral, structurel, collectiviste, qui tourne sur lui-même et ne prêche que des convaincus, sans beaucoup les convertir. C'est ce modèle alternatif de prêtres séculiers plongés dans l'accompagnement spirituel, dans la cure d'âme beaucoup plus que dans le siècle, que pourront offrir à leurs confrères, comme un modèle alternatif, les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X une fois réintégrés dans la pleine communion de l'Eglise, quelles que soient les limites de ce mot de communion. Encore faut-il, tout de même, ne pas idéaliser le modèle des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, il a lui aussi ses limites. Mgr Lefebvre a eu grandement raison d'insister pour que les prêtres soient moins seuls, cela fait beaucoup pour les protéger des tentations du monde et du désespoir lié à une absence de vie fraternelle. Ceci était une véritable innovation par rapport au curé d'antan, vivant seul dans son presbytère, et on ne peut pas dire, sauf dans de grandes paroisses, que la conscience collégiale d'une appartenance au presbyterium d'un diocèse ait beaucoup réduit, en pratique, la solitude des prêtres. Mais la FSSPX a, elle aussi, su montrer une gestion fâcheuse de son "personnel" presbytéral, gestion très conforme au modèle moderne, quand elle a trop souvent rompu avec l'inamovibilité des curés, dans une instabilité d'affectation qui n'a rien à envier au "bougisme" avec lequel les diocèses ne cessent de déplacer leurs prêtres, donnant au passage un très mauvais signal à des familles qu'ils voudraient rendre plus stables. Comment exiger des couples une stabilité d'affection quand les prêtres ne cessent de changer d'affectation? Cette manière de désaffecter les prêtres, y compris de les envoyer se mettre au vert à l'autre bout du monde, a même été, le cas échéant, à l'origine de scissions internes à la Fraternité Sacerdotale saint-Pie X, dont l'IBP est le surgeon direct.


Pour autant, nul ne peut nier que les prêtres de la FSSPX sont recentrés sur l'essentiel de leur mission sacerdotale. Ce modèle est alternatif. Il faudrait éviter que l'alternative soit proposée en termes agressifs, sous forme d'un chantage permanent:

"Vous me laissez ériger ma chapelle et mon oeuvre, ou bien je vais en référer à rome, car, mgr l'ordinaire du lieu, je suis votre égal. La fraternité Sacerdotale saint-Pie X, société sacerdotale, ne saurait se poser en superdiocèse, concurrent de tous les diocèses du monde. Ce sont à mon avis les limites de ce très bel entretien, où l'on voit que mgr Fellay a changé comme Rome a changé, mais qu'il devrait le reconnaître. Il y a peut-être une nécessité diplomatique pour lui à ne pas l'affirmer aussi clairement. Mgr fellay a le temps pour lui et c'est heureux!


images/icones/sacrecoeur.gif  ( 635587 )Une paix magnifique. par Bertrand Decaillet (2012-06-07 23:05:13) 
[en réponse à 635484]

Alors que je tremble de lire certaines choses ici, et que j'enrage d'en lire d'autres là..., comme il faut bon lire les propos calmes, posés, dégageant un paix magnifique, du Supérieur général.

Deo gratias pour un si bon pasteur, immergé dans le surnaturel et le réalisme à la fois.

Un immense MERCI, Monseigneur, et une grande confiance en votre autorité que, manifestement, le Ciel assiste. Nous sommes avec vous!

Je veux, à ma modeste place, m'unir à la neuvaine au Sacré-Coeur de vos prêtres.
images/icones/1a.gif  ( 635597 )merci Mgr par Antoine (2012-06-08 06:57:05) 
[en réponse à 635484]

Toujours autant de prudence et d équilibre dans ces propos.
Il faudra que je prenne le temps de créer un fan club un jour!!!
images/icones/1w.gif  ( 635601 )Prélature personnelle par Justin Petipeu (2012-06-08 08:23:49) 
[en réponse à 635484]

Si l'on s'en tient à l'exemple éclairant de l'IBP, il faut donc considérer que l'apostolat de la FSSPX est "gelé" pour un bon moment dans un bon nombre de pays.
images/icones/1f.gif  ( 635617 )Je ne pense pas par Etienne (2012-06-08 10:00:45) 
[en réponse à 635601]

La philosophie d'une prélature personnelle est bien différente de celle d'un institut lambda, dans le sens ou la FSSPX exercerait une juridiction sur ses fidèles, alors que la FSSP ou l'IBP ne sont là "que" pour assister l'évêque dans sa juridiction.

C'est également en cela que le statut canonique de la FSSPX ne serait pas antinomique avec l'esprit de Summorum Pontificum, mais complémentaire. Oui, la messe de Saint Pie V reste pour tout le monde, mais ceux qui veulent s'inscrire dans une vraie démarche "pré-conciliaire" peuvent le faire au sein de la FSSPX. C'est très habile et ça profite à tous.

Ainsi les évêques auront-ils beaucoup plus de mal à justifier auprès de la congrégation pour le clergé un refus catégorique, au même titre qu'ils ne peuvent décemment refuser la présence d'un clergé oriental si les besoins de la population s'en font sentir. Ou même du clergé du diocèse aux armées dans le cadre d'un régiment, par exemple.

Quoi qu'il en soit, à moins de s’asseoir sur 2000 ans de traditions, Rome ne peut pas aller beaucoup plus loin : même dans le cadre d'un Patriarcat, il faut l'approbation de l'évêque du lieu pour envisager une installation.

Une chose cependant que Mgr ne précise pas explicitement, mais qui me parait obligatoire : la FSSPX devra à l'avenir être gouvernée par un évêque, et ce statutairement. Et je crois que c'est heureux. Un évêque n'est pas un distributeur automatique de sacrements(en dehors des situations exceptionnelles, bien sûr), mais est bien sacré, tôt ou tard, pour gouverner.
images/icones/neutre.gif  ( 635622 )Oui, mais par le torrentiel (2012-06-08 10:27:38) 
[en réponse à 635617]

"La FSSPX exercerait une juridiction sur ses fidèles".


Comment cela pourrait-il se faire, dans la mesure où, que je sache, la FSSPX est une société de prêtres et où on n'a jamais vu que des fidèles s'affilient, avec un caractère exclusif, à une société de prêtres.


C'est un peu comme s'il était possible à un catholique de dire:

"Moi, j'obéis exclusivement au général des jésuites, et cette autorité est sur moi supérieure à celle de l'ordinaire de l'endroit où j'habite".
images/icones/neutre.gif  ( 635624 )Sans doute par Justin Petipeu (2012-06-08 10:40:13) 
[en réponse à 635622]

par "recensement" des fidèles, comme cela s'est fait à Campos.

De toute façon, comme le dit Etienne, il est certain que l'Eglise ne fonctionne que par les évêques. On peut estimer que même avec une administration apostolique extrêmement serrée, le naturel serait revenu au galop ; à terme, il faudra bien que tout ce petit monde s'entende.
images/icones/neutre.gif  ( 635747 )Oui, mais campos, par le torrentiel (2012-06-09 00:43:22) 
[en réponse à 635624]

c'était un diocèse!

Là, on ne serait plus seulement dans le débat sur le biritualisme ou le biformalisme, on aurait deux classes de fidèles, ce qui est du jamais vu.


Et c'est ici que l'érection de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X comme société de prêtres se retourne contre elle, me semble-t-il, au moins juridiquement et en attendant qu'il soit trouvé une solution à ce problème, que la prélature personnelle ne résout pas.


Si en effet, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X correspondait à son enracinement sociologique réel, c'est-à-dire si elle était moins une Société sacerdotale qu'une association privée de fidèles, il serait facile de lui donner un évêque pour la diriger.


Mais, même avec une prélature personnelle, que l'évêque qui dirige la Fraternité ait le pouvoir d'incardiner des prêtres, on le conçoit aisément; mais comment sa juridiction s'affirmera-t-elle sur des fidèles? Et surtout, comment ses fidèles ne se prévaudront-ils pas selon que bon leur semble de la juridiction de la Fraternité ou de celle de l'ordinaire du lieu?


Il va de soi que je pose ces questions en non spécialiste du droit canon, la maladresse de mes formulations doit le trahir assez, mais elles me semblent quand même de bon sens, non?
images/icones/1a.gif  ( 635625 )C'est justement... par Etienne (2012-06-08 10:46:21) 
[en réponse à 635622]

...le concept de Prélature personnelle, qui n'a rien à voir avec une congrégation religieuse. Regardez par exemple les militaires : leurs aumôniers exercent sur eux une juridiction certaine. Il en est de même avec l'Opus Dei.
images/icones/mitre4.png  ( 635643 )Une réflexion d'un bienheureux cardinal du XIXème siècle par Jean Kinzler (2012-06-08 12:07:26) 
[en réponse à 635625]

Maintenant, le Rocher de Saint-Pierre bénéficie à son sommet d'une atmosphère pure et sereine, mais il y a beaucoup de paludisme romain, au pied de celui-ci.
Bienheureux John Henry Newman, lettre au duc de Norfolk, chapitre 7 .
images/icones/neutre.gif  ( 635749 )Oui, mais ces deux nouveaux exemples ne démentent pas mes objections. par le torrentiel (2012-06-09 00:51:48) 
[en réponse à 635625]

Les militaires le sont par état, les membres de l'"opus Dei" le sont par engagement et appartiennent, sauf erreur, mais démentez-coorrigez-moi si je me trompe, à une association privée de fidèles, dont peuvent faire partie des prêtres, en qualité de fidèles, ou bien?