Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 634732 )Le catholique tradi-moderne sera(it) un catho-testant. par Scrutator Sapientiæ (2012-05-31 10:13:02) 

Bonjour à tous,

Ce qui suit se veut une tentative d'approfondissement et d'élargissement d'une problématique, et non la simple réponse à des messages antérieurs.

Il y a quelques jours, à tout hasard et à toutes fins utiles, j'ai "lancé" une expression, peut-être après d'autres et sans doute moins bien qu'eux : la notion de catholique tradi-moderne.

Je me suis demandé si cette notion pouvait correspondre à un "idéal-type" un tant soit peu réaliste, à un positionnement dogmatique ou doctrinal, et pas seulement liturgique ou pastoral, un positionnement qui serait définissable et paramétrable, au sein de l'Eglise catholique.

Je crois que le catholique tradi-moderne, s'il existait, aurait "vocation", ou serait "condamné", à être toujours plus ou moins un catho(lique)-(pro)testant, en d'autres termes, un catho-testant.

Je n'ai évidemment jamais rencontré de catholiques se disant ouvertement catho-testants : mais, pour aller vite, il me semble que le catho-testant, s'il existait

1. exprimerait et pratiquerait un attachement authentique, notamment à l'égard de ce que l'on appelle "les trois blancheurs" du christianisme catholique : l'Eucharistie, le Souverain Pontife, la Vierge Marie, mais aussi au Catéchisme et au Magistère de l'Eglise catholique ;

2. ne serait pas opposé par principe à la mise en pratique des six principaux fondements du protestantisme, que ce soit à l'extérieur ou même à l'intérieur de l'Eglise catholique ; il n'en déplorerait que les "abus" ou les "excès", mais ne verrait pas fondamentalement où est le problème.

Quels sont ces six fondements ? D'après Wikipédia (je sais, il y a mieux, mais je sais aussi qu'il y a pire...) il s'agit de ceci :

" Les Six Grands Principes

Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :

Sola gratia (« par la grâce seule »)

L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social.

Sola fide (« Seule la foi compte »)

Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d'amour de Dieu.

Sola scriptura (« par l'Écriture seule »)

(A mettre en rapport avec le sacerdoce universel et l'éclairage indispensable du Saint Esprit)
Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.

Soli Deo gloria (« à Dieu seul la gloire »)

Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.

Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)

Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité qui ne peut être reniée), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'«infaillibilité pontificale».

Sacerdoce universel

Principe de la Réforme protestante, que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques. "

Je suis demandeur et preneur de toute remarque ou suggestion, je vous en remercie par avance, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1d.gif  ( 634748 )C'est impossible Scrutator par Alonié de Lestre (2012-05-31 12:10:22) 
[en réponse à 634732]

Les catholiques traditionalistes n'ont rien à voir avec les protestants. Je nous considère plutôt comme des héritiers de l'ultramontanisme. Je crois que les "catho-testants" se trouvent plutôt du côté du comité de la jupe, de la conférence des baptisés et des prêtres autrichiens. D'ailleurs, je me demande ce qui leur reste de catholique à ceux-là ?
images/icones/1b.gif  ( 634755 )il n'y a pas de synthese par Brutus (2012-05-31 13:08:09) 
[en réponse à 634732]

possible entre catholicité et soi disant religion prétendument réformée.

Peut être votre cathomoderne est il caractérisé par une pensée traditionnelle (et non protestante) sans conservatisme réducteur et un agir modernisant.

Exemple: oui aux processions, aux sacrifices à l'expression publique de la foi (pensée tradi) et oui aux shorts, débardeurs pigeonnants, cigarettes, macdo et cocacola (agir modernisant), toute chose que les âmes bien nées considèrent comme la fin de la civilisation voire une avancée de la barbarie.

Bref la pensée de toujours adaptée à soi hic et nunc mais ego appréhendé en dehors de toute communauté laquelle n'est plus l'alpha et l'omega du lien social mais simplement son moyen. Des cathoromantiques en somme.
images/icones/colombe2.png  ( 634768 )Les catholiques évangéliques existent ! par Montcalm (2012-05-31 14:19:15) 
[en réponse à 634755]

Ils ont été présentés par John L. Allen Jr, journaliste catholique américain, dans de nombreux articles (exemple).

Pour lui, les catholiques-évangéliques s'appuient sur trois piliers:

- défense robuste de l'identité catholique: la doctrine orthodoxe et la pratique "carrée" (respect de la liturgie, vie de prière, autorité du clergé).

- proclamation décomplexée de l'Evangile et de l'enseignement de l'Eglise catholique ad extra, au monde moderne.

- foi vue comme un choix personnel, une relation intime avec Christ comme Seigneur et Sauveur, plus qu'un héritage culturel: cette conviction, confrontée à un monde sécularisé, doit donc être défendue, expliquée et manifestée.

Les meilleurs exemples de cet évangélisme-catholique sont l'évangélisation moderne (vidéos, chants, prêches de rue...) et les JMJ, comme vibrante manifestation de l'espérance chrétienne.

Loin d'être un chrétien tiède, qui se laisserait séduire par le libéralisme (prêtres autrichiens ou certains protestants historiques), le catholique-évangélique n'entend pas se laisser refroidir. L'orthodoxie de la foi, le respect de la doctrine et l'annonce de l'Evangile est son credo. Le monde moderne et ses outils (vidéos, Facebook etc.) sont son champ à moissonner.

Sur la doctrine, les catho-évangéliques seraient volontiers "tradis", en tout cas fidèles à l'Eglise et à son enseignement. Par contre, il me semble que les cathos traditionalistes "classiques" (oserai-je dire "lefebvristes et assimilés" ?) ne les voient pas d'un bon oeil, car trop semblables, sur la forme, aux protestants évangéliques (témoignage personnel: des fidèles de St Eugène à Paris s'exclament "des luthériens !" en voyant d'autres catholiques distribuer des tracts bibliques). Paradoxal grief, alors que les disciples de Mgr Lefebvre ont appliqué le "libre-examen" de Luther en matière d'Eglise en 1988: Rome n'est plus dans Rome...
images/icones/neutre.gif  ( 634773 )Sacerdoce universel et ministère par Montcalm (2012-05-31 14:28:28) 
[en réponse à 634768]

Au sujet du "sacerdoce universel" de Luther, Vatican II, dans Lumen Gentium, affirme que chaque baptisé participe au sacerdoce commun des fidèles (prêtre, roi & prophète). Lumen Gentium précise qu'au coeur de ce sacerdoce commun, agit le sacerdoce ministériel (la prêtrise).

Or, chez Luther, ce souci était initialement présent, puisque le "ministère des clefs" donnait le pouvoir aux ministres, successeurs des Apôtres, de prêcher, célébrer l'Eucharistie et confesser les péchés.

Seulement, l'ambiguïté de la Réforme luthérienne et les apports de Calvin/Zwingli ont supprimé ce qui distingue le sacerdoce: la nature du ministre comme "autre Christ".
Dès lors que le ministère n'est plus qu'un degré/une fonction, les femmes peuvent devenir pasteurs dans certaines Eglises protestantes.

Cf. l'article sur Le Rouge & le Noir: "Jupes et théologie"
images/icones/1a.gif  ( 634913 )Mithra dieu de mes pères par Brutus (2012-06-01 13:19:02) 
[en réponse à 634773]

dans l'antiquité les grades religieux faisaient partie du cursus honorum civil. Ainsi prélature et magistrature allaient de pair. Quelle est la différence entre ce paganisme social et la Chrétienté?
Vous le dites: le chrétien est un autre christ. Corps personnel? corps mystique?
L'hérésie parpayote ressemble plus à un paganisme social ou à un socialisme religieux qu'à une réforme d'abus ou d’interprétations.

Face à la religion publique il existait chez les anciens une religion privée: les lares et les manes. Tout paterfamilias était prêtre sacrificateur des divinités familiales. mais la Cité avait aussi ses dieux privés: le pontifex maximus avait la charge de ce culte.

Avec les divinités d'Orient la séparation dieux publics/dieux privés c'est amenuisée et il a été possible de trouver dans les anciennes institutions les termes de la réforme.

Mithra dieu de mes pères....début de toute formule jaculatoire. Dieu public ou dieu privé? la distinction est tenue.

Virgile dans l'Eneide tente une synthèse: le temps a passé, les faits sont là, une erre nouvelle sera inaugurée. Quel en sera l'augure auguste? Plus la peine de ressasser un passé perdu comme le faisait encore Salluste dans les Catilinaires.
La religion publique a vécue. La religion privée aussi. L'empereur sera le nouveau dieu, celui que l'on doit se concilier pour être en paix.
Le culte de la divinité impériale assure la sécurité des personnes et la prospérité des cités. Et voila le début de la fin de la communauté.

Les témoignages personnels (dieu fit pour moi des merveilles...), l'assimilation d'une terre, d'un peuple à une personne (fille de Sion, terre nouvelle....) sont autant d'orientalismes. Il manque encore un élément pour parfaire le tout mais je ne l’évoque pas.

Bref peut on être catholique et hérétique ou apostat? (non pas temporairement comme situation personnelle marquée par le péché mais par définition) Non. Catholique évangélique est un non sens, un trouble de la perception des choses, une divagation.
Il n'y a pas de synthèse possible. En tout cas tant que nous n'aurons pas un nouveau Virgile et un nouvel Auguste.





images/icones/1a.gif  ( 634776 )Personnellement cher Scrutator Sapientiæ. par Véronique (Lala) (2012-05-31 14:36:49) 
[en réponse à 634732]

J’ai découvert la tradition (rite extraordinaire) en 2008.
Depuis quelques mois je ne peux pratiquement assister qu’une fois par mois à la messe traditionnelle, aussi, je vais à la messe selon le rite ordinaire le reste du temps.

Pour moi les deux rites sont valides, vivant des choses profondes, notamment spirituelles aux deux rites.

Je ne partage pourtant pas l’avis de certains catholiques :
- Qui ne croient pas en la présence Eucharistique
- Qui souhaitent l’ordination de femme
- Favorables au mariage des prêtres
- Qui veulent désobéir à Rome…

En effet, Notre-Seigneur Jésus-Christ ayant dit : « Ceci EST mon Corps… ceci EST mon Sang… ». Il emploi le verbe être au présent, il est donc logique de se rendre à l’évidence qu’Il est présent dans les Hosties consacrées : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». les protestants ne croyant pas en la présence Eucharistique.

Une femme ne peut être ordonnée, Jésus est un homme, et, lors de la Cène la Vierge Marie ni aucune autre femme n’étaient présentes. Jésus n’a donc pas souhaité l’ordination de femme.

Un prêtre ne peut être marié, ne pouvant pas s’occuper de sa famille, notamment le soir, tard, afin d’aller s’occuper de ses paroissiens dont il a la charge et responsabilité. De plus, Jésus, SEUL, sur la Croix, a quitté Père et Mère pour faire la volonté de son Père : racheter le monde en vue de la vie éternelle dans le Paradis Céleste. Nous le comprenons notamment à travers les lectures de saint Jean de la Croix.

Obéir à la hiérarchie dans l’Eglise, en premier lieu à son curé, est l’imitation propre de Jésus envers à son Père, Lui obéissant sans relâche, étant venu sur terre pour faire non pas sa volonté mais celle du Père.


Certains catholiques n’étant pas en accord avec tout cela, ont par moment un comportement protestant, si on peut dire, ne répondant en tout cas pas à ce qu’enseigne l’Eglise.

Ou on est catholique, ou on est protestant, mais ni un peu l’un et un peu l’autre, car, s’il manque notamment la foi en la présence Eucharistique, se dire catho n’a pas de sens.
Aussi, un catholique s’il n’adhère pas entièrement à ce qu’enseigne l’Eglise, son chemin sera alors difficile et chaotique. Il trouvera certainement plus d’affinité avec les protestants.



Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)

Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther.



Il est vrai qu’au fil du temps, Dieu éveille les âmes afin de les faire grandir, les éveille d’avantage à la vraie connaissance de tous ses mystères. Pour cela, la vie intérieure est nécessaire et est complémentaire à la vie par les sacrements qui sont indispensables à la foi.
Les institutions ecclésiastiques ne sont pour moi pas des réalités humaines, parce que l’enseignement de la parole de Dieu repose sur cette parole elle-même puisqu’elle vient de Dieu, mais aussi par la vie et le témoignage des saints, Dieu leur ayant fait vivre à tous des choses profondes qu’Il ne révèle pas à tous.
Ce ne sont donc pas des réalités humaines, puisque tout vient de Dieu, l’homme ensuite met en pratique ce que Dieu lui apprend mais en témoigne également.

On peut comprendre alors, que la hiérarchie dans l’Eglise est importante et indispensable à l’Eglise (il faut garder l’image de Notre-Seigneur Jésus-Christ ayant obéit à son Père), car, une petite âme, sans aucune connaissance (on pense naturellement à la petite Bernadette Soubirous ayant reçu l'une des vérités sur la Vierge Marie étant l'Immaculée Conception". Réalité que l'on comprend au fur et à mesure du chemin spirituel notamment) peut avoir été choisie de Dieu afin de révéler au monde l’un de ses mystères dont elle seule aura la connaissance.
Ensuite, viennent les âmes riches de connaissances théologiques, spirituelles, doctrinales… qui pourront aider à contribuer à élargir l’enseignement de l’Eglise.
Pourquoi ?
Parce que sur terre nous n’en auront jamais assez de tout apprendre sur Dieu.
Nous pouvons également aller plus loin, en disant qu’agissant ainsi, les petites comme les grandes âmes sont invités à aller ensemble au pied de la Croix.

Nous sommes tous uniques, oui, mais avons besoin de tous pour grandir, mettant en pratique le plus grand commandement que Notre-Seigneur nous ai laissé : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. ».


Je comprends tradi-modern dans le sens ou on vit par les deux rites (extraordinaire et ordinaire), et, avec ce que je viens de vous écrire, je ne me considère pas comme une catho-testante (avec l’explication que vous donnez).
Pourquoi ?
Tout simplement parce que n’importe qu’elle âme vivant par les sacrements, s’abandonnant à la volonté divine, et, ayant une vie de prière et intérieure, ne peut se dévier de l’enseignement de l’Eglise catholique, ne peut donc pas avoir une foi comme elle le désire, mais qu’au contraire, se rend compte de la richesse et profondeur de la parole de Dieu qui sert à enrichir sans cesse l’enseignement de l’Eglise, parce qu’à travers elle (la parole de Dieu) elle (l’âme) vit.
Même si l’âme n’a pas toute connaissance de la lecture entière de la Bible, mais si elle a déjà dans un premier temps les Evangiles, elle a ce qui Lui est indispensable, c’est l’exemple et le témoignage de la vie de Jésus, venu sur terre pour la faire la volonté de son Père et vivre ses commandements.

Tradi-modern donc, oui, vivant aussi bien par les deux rites, mais aussi participant à des sessions de louange (par exemple)… cette louange exprimée par divers façons m’a permis d’approfondir ma foi, à connaître plus Dieu, sans oublier de témoigner des grâces qu’il m’a offertes durant ces sessions et qui sont différentes de celles offertes durant la messe ou la confession par exemple.
Tradi-modern est donc pour moi une richesse, grandissant sans cesse dans l’Eglise puisqu’elle met à notre disposition des moyens pour nous faire pénétrer davantage dans les mystères divins.
Sans l’Eucharistie cela ne serait possible (les Sacrements donc, mais vous recevez tant par ce sacrement), sans une adhésion totale à l’Eglise non plus, puisque tout est « UN ».

Fraternellement
Véronique


(pardonnez mon récit, je ne l'ai pas relu, je suis fatiguée)
images/icones/neutre.gif  ( 634857 )baptisés tous "kohanim = sacrificateurs" d'eux-mêmes, mais pas officiants du sacrifice parfait de NSJC! par Presbu (2012-05-31 22:11:16) 
[en réponse à 634776]

les prêtres ordonnés "ministres de l'unique sacrifice du Rachat des pécheurs" en tant mandataires spéciaux de l'unique Kohen Ha Gadol = Suprême Sacrificateur de Lui-Même N-S Jésus-Christ; Attention au contre-sens moderne pour traduire l'épitre de St Pierre, etc: le peuple sacerdotal s'unit à l'unique sacrifice du Christ, mais les presbuteroi officient au profit du peuple sacerdotal pour rendre substantiellement présent le Christ qui éternellement s'offre en sacrifice parfait son Père dans l'Esprit.
images/icones/fleche2.gif  ( 634920 )Je pense pour ma part... par Etienne (2012-06-01 14:49:11) 
[en réponse à 634732]

...que les six points du protestantisme passent au dessus du tradi, moderne ou non, comme du catholique lambda, d'ailleurs.

La plupart des tradis le sont pour des raisons liturgiques et un peu identitaires. L'aspect doctrinal se limite au catéchisme traditionnel basique, au mieux les questions-réponses de saint Pie X, plus un avis négatif sur l'oecuménisme, la collégialité et la liberté religieuse (sans trop savoir quelles réalités se cachent derrière ces notions). J'ai pu constater à plusieurs reprises que des gens en principe érudits et forts en gueules n'ont quasiment aucune connaissance théologique, et encore moins philosophique.

La Sola gratia, par exemple, est l'erreur contraire de l'hérésie pélagienne, et est la parfaite illustration que, bien souvent, le contraire d'une erreur n'est pas la vérité, mais bien l'erreur contraire. Or, ni l'une ni l'autre de ces erreurs ne sont aujourd'hui connues des tradis, qui seraient bien incapables de dire si le protestantisme se fonde sur l'une ou sur l'autre. Proposez, dans le prochain diner tradoche, une discussion sur le thème de la grâce, vous constaterez que, dans la plupart des cas, personne n'y connait rien. On vous regardera bizarrement pour ripper sur LE VRAI sujet important du moment: les miches des minettes au pélé.

Pour les autres propositions, le tradi sera un peu plus alerte, dans le sens où la sola Scriptura, par exemple, est assez connue. Mais, pour cette proposition comme pour les autres, on va vous servir l'erreur contraire, ou quasi-contraire, du type solus missale. Et c'est là pour moi une des raisons pour lesquelles je ne donne doctrinalement pas cher de la peau de nos amis piédistes si ils ne rentrent pas au bercail : à force de prendre le contrepied symétrique des erreurs modernistes, ils finiront tôt ou tard à sombrer dans les hérésies contraires.
images/icones/neutre.gif  ( 634931 )merci à Etienne par Aigle (2012-06-01 18:24:24) 
[en réponse à 634920]

Cher Scrutator vous ouvrez un débat intéressant mais sans doute un peu audacieux.

Je serais plutôt de l'avis d'Etienne : à force de condamner le modernisme (version "catholique" du protestantisme), nos chapelles tradis risquent sérieusement d'enseigner quelques erreurs contraires.

Par exemple : à force de condamner le "sola scriptura" qui réunit Protestants et modernistes, devant l'indifférence des conciliaires à l'égard de la Tradition, certains Tradis me semblent oublier l'Ecriture pour se concentrer sur la seule Tradition - laquelle est parfois à son tour réduite à un seul auteur (St Thomas) et à un seul livre (la somme théologique).

En revanche, je rejoins scrutator sur 2 points : primo le sacerdoce universel de Luther - mais indirectement : il est devenu normal "dans nos milieux" de voir des laïcs juger des clercs, des prêtres juger des évêques, de évêques (ou du moins 4 d'entre eux) juger le Pape...

Secundo, il y aussi un autre risque : non pas le "sola fide" mais l'idée que les oeuvres se réduisent à l'assistance à la Messe...l'amour de la liturgie risquent de se substituer à l'amour du prochain ...

ce sont là à mes yeux des risques de dérives dont nous devons être conscients pour mieux les éviter !
images/icones/fleche2.gif  ( 634969 )Je me permets de vous renvoyer à ma réponse à Etienne. par Scrutator Sapientiæ (2012-06-02 08:28:24) 
[en réponse à 634931]

Bonjour et merci, Aigle.

Je me permets de vous renvoyer à la deuxième partie de ce que je viens d'écrire à Etienne :

" E. C'est surtout les deux points suivants qui m'ont fait envisager que d'aucuns en déplorent souvent les manifestations extérieures, les plus représentatives ou significatives d'une hétéropraxie, sans toujours rattacher celle-ci à l'hétérodoxie dont elle est issue.

" 1) Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)

Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité qui ne peut être reniée), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'«infaillibilité pontificale».
Sacerdoce universel

2) Principe de la Réforme protestante, que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques. "

F. Par ailleurs,

- d'une part, j'ai déjà rencontré des catholiques foncièrement fidéistes, ayant, l'expression n'est pas de moi, "la théologie de leur piété", et considérant que la réflexion intellectuelle constitue plus un obstacle nuisible qu'un intrument propice à l'appropriation, à la communication et à la consolidation de la foi.

- d'autre part, que dire de tous ces prêtres qui, d'homélies en homélies, expliquent et commentent l'Evangile, mais, si j'ose dire, à partir de l'Evangile lui-même, en le reliant à la vie, sans jamais prendre appui, pour le dire rapidement, ni sur la patristique, ni sur la scolastique, ni sur le Magistère ?

G. Je vous remercie de tout coeur pour votre message, qui "sent le vécu", et qui pointe du doigt un autre danger, au moins aussi important que celui que j'évoque ici :

" Pour les autres propositions, le tradi sera un peu plus alerte, dans le sens où la sola Scriptura, par exemple, est assez connue. Mais, pour cette proposition comme pour les autres, on va vous servir l'erreur contraire, ou quasi-contraire, du type solus missale. Et c'est là pour moi une des raisons pour lesquelles je ne donne doctrinalement pas cher de la peau de nos amis piédistes si ils ne rentrent pas au bercail : à force de prendre le contrepied symétrique des erreurs modernistes, ils finiront tôt ou tard à sombrer dans les hérésies contraires. "

H. Je trouve cette dernière remarque extrêmement intéressante ; vous montrez bien les liaisons potentiellement dangereuses qui existent entre la dimension programmatique et la dimension psychologique d'un certain type de catholicisme qui courrait le danger d'être avant tout "de contre-pied" au lieu d'être avant tout "de conviction". "

Je précise qu'à mes yeux le "catho-testant", tel que je le définis, ne serait pas tant le produit d'un amalgame, d'un syncrétisme, entre catholicisme et protestantisme, que le produit d'une vision, selon laquelle si les uns sont traditionalistes, c'est très bien ainsi, si les autres sont protestantisants, c'est très bien aussi, à partir du moment où cette adhésion globale, au sein même du christianisme catholique, aux six grands principes du protestantisme, demeure discrète, pas inaudible ni invisible, mais sans abus ni excès.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 634968 )Merci beaucoup - Extrêmement intéressant. par Scrutator Sapientiæ (2012-06-02 08:18:38) 
[en réponse à 634920]

Bonjour et merci à Etienne.

A. Je commence par vous rappeler ma tentative de définition du catho-testant : " il me semble que le catho-testant, s'il existait

1. exprimerait et pratiquerait un attachement authentique, notamment à l'égard de ce que l'on appelle "les trois blancheurs" du christianisme catholique : l'Eucharistie, le Souverain Pontife, la Vierge Marie, mais aussi au Catéchisme et au Magistère de l'Eglise catholique ;

2. ne serait pas opposé par principe à la mise en pratique des six principaux fondements du protestantisme, que ce soit à l'extérieur ou même à l'intérieur de l'Eglise catholique ; il n'en déplorerait que les "abus" ou les "excès", mais ne verrait pas fondamentalement où est le problème. "

B. Le catho-testant ne serait donc pas un adepte de l'amalgame ou du syncrétisme entre catholicisme et protestantisme, mais un adepte du raisonnement suivant, qui fait écho à votre message :

" 1. je suis catholique traditionaliste, c'est ma sensibilité, elle est légitime, non seulement à mes propres yeux et aux yeux de mes frères catholique traditionnels, mais aussi aux yeux des clercs qui nous accompagnent et nous encouragent, et des évêques qui nous acceptent voire nous approuvent.

2. ils sont catholiques protestantisants, c'est leur sensibilité, elle est légitime, non seulement à leurs propres yeux et aux yeux de leurs frères catholiques protestantisants, mais aussi aux yeux des clercs qui les accompagnent et les encouragent, et des évêques qui les acceptent voire les approuvent.

3. la seule chose qui n'est pas légitime, c'est l'abus ou l'excès, dans la manifestation extérieure, la visibilisation, de leur sensibilité, en matière liturgique et pastorale : ces abus, ces excès, me blessent, me choquent, car ils sont en contradiction avec les signes extérieurs d'affiliation, d'appartenance, à ma propre sensibilité. "

C. A mon sens,

- un déficit de profondeur doctrinale, auquel vous faites vous-même allusion, d'une manière à la fois judicieuse et savoureuse,

- l'adhésion globale à une ecclésiologie de communion souvent comprise comme étant sans distinctions normatives et objectives dans l'ordre de la foi, donc risquant souvent d'être synonyme de confédération ou de cohabitation dans l'hétérogénéité,

- la conviction ou l'opinion selon laquelle toutes les sensibilités sont légitimes, à partir du moment où elles font plus ou moins nombre, sont plus ou moins acceptées par l'institution, ne comportent point trop d'abus ou d'excès transgressifs, et ne s'excluent point trop violemment les unes les autres,

peuvent aboutir à ce que le catholique "tradi-moderne" soit un "catho-testant", id est un catholique traditionnel qui ne comprendrait pas qu'une certaine manière, non traditionnelle, celle-là, d'être catholique,

- n'est pas seulement une manière audiblement et visiblement différente d'être catholique,

- mais est surtout une manière d'être protestantisant dans l'Eglise catholique,

puisqu'elle découle de fondements, de principes, extérieurs et opposés au christianisme catholique, fondements et principes qu'il a vocation à connaître, à comprendre, dans leurs grandes lignes, mais aussi à refuser, à rejeter.

D. En d'autres termes, et avec plus de rapidité et de simplicité, je crains la transformation de l'Eglise catholique en une auberge espagnole, dans laquelle le menu, non seulement liturgique et pastoral, mais aussi dogmatique et doctrinal, sera, en un sens, à la carte.

E. C'est surtout les deux points suivants qui m'ont fait envisager que d'aucuns en déplorent souvent les manifestations extérieures, les plus représentatives ou significatives d'une hétéropraxie, sans toujours rattacher celle-ci à l'hétérodoxie dont elle est issue.

" 1) Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)

Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité qui ne peut être reniée), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'«infaillibilité pontificale».
Sacerdoce universel

2) Principe de la Réforme protestante, que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques. "

F. Par ailleurs,

- d'une part, j'ai déjà rencontré des catholiques foncièrement fidéistes, ayant, l'expression n'est pas de moi, "la théologie de leur piété", et considérant que la réflexion intellectuelle constitue plus un obstacle nuisible qu'un intrument propice à l'appropriation, à la communication et à la consolidation de la foi.

- d'autre part, que dire de tous ces prêtres qui, d'homélies en homélies, expliquent et commentent l'Evangile, mais, si j'ose dire, à partir de l'Evangile lui-même, en le reliant à la vie, sans jamais prendre appui, pour le dire rapidement, ni sur la patristique, ni sur la scolastique, ni sur le Magistère ?

G. Je vous remercie de tout coeur pour votre message, qui "sent le vécu", et qui pointe du doigt un autre danger, au moins aussi important que celui que j'évoque ici :

" Pour les autres propositions, le tradi sera un peu plus alerte, dans le sens où la sola Scriptura, par exemple, est assez connue. Mais, pour cette proposition comme pour les autres, on va vous servir l'erreur contraire, ou quasi-contraire, du type solus missale. Et c'est là pour moi une des raisons pour lesquelles je ne donne doctrinalement pas cher de la peau de nos amis piédistes si ils ne rentrent pas au bercail : à force de prendre le contrepied symétrique des erreurs modernistes, ils finiront tôt ou tard à sombrer dans les hérésies contraires. "

H. Je trouve cette dernière remarque extrêmement intéressante ; vous montrez bien les liaisons potentiellement dangereuses qui existent entre la dimension programmatique et la dimension psychologique d'un certain type de catholicisme qui courrait le danger d'être avant tout "de contre-pied" au lieu d'être avant tout "de conviction".

Bonne journée.

Scrutator.