Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 634331 )Les fruits des discussions doctrinales.. par Antoine (2012-05-28 07:58:57) 

Un début de débat dans l'Eglise...

Qui a dit que ces discussions avaient échouées ?
Qui a dit que cela ne servait à rien ?

Les lignes continuent à bouger, et le combat devient de plus en plus intense.... L'excommunication de Mgr Lefebvre avait permis aux modernistes de clore le débat et de faire une croix sur les graves questions dogmatiques posées par et depuis Vatican II, mais la FSSPX, en demandant avec lucidité ces discussions doctriales, vient à nouveau poser ces bonnes questions et ébranler la dictature du contre syllabus que représente le concile Vatican II...

Merci Mgr Lefebvre pour tout ce que vous avez fait, merci Mgr Fellay de continuer son oeuvre avec tant d'intelligence et de lucidité... Et merci au Saint Esprit de souffler avec force sur cette toute petite braise, le feu se ranime lentement



l’épineuse question du retour des intégristes

L’un des débats les plus vifs au sein de l’Eglise porte sur la réintégration des intégristes, au moins de la partie la plus modérée, sur laquelle Benoît XVI doit se prononcer. Il s’est beaucoup impliqué dans cette négociation.

Cette semaine, en présentant à Rome le livre Les clés de Benoît XVI pour interpréter le Concile, le cardinal allemand Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des Sciences historiques, a semblé relativiser l’autorité de textes de Vatican II (19612/65), suscitant des inquiétudes. Il a estimé que « Nostra Aetate » (relations avec les autres religions) et « Dignitatis Humanae » (liberté religieuse) « avaient une valeur moins contraignante » que les autres textes. Selon lui, « on peut donc en parler » au sein de l’Eglise.

« Nostra Aetate » a toujours été considéré comme un document historique reconnaissant le judaïsme et le peuple juif après des siècles d’antisémitisme chrétien et la Shoah. La simple éventualité que ce texte puisse être critiqué librement par les intégristes s’ils reviennent dans l’Eglise est jugé préoccupante. Certains souhaitent au contraire que leur retour soit assorti de l’obligation d’adhérer à « Nostra Aetate » et « Dignitatis Humanae ».

Le mouvement protestataire catholique « Nous sommes l’Eglise » («Wir sind Kirche », représenté principalement dans les pays de langue allemande) a demandé jeudi aux évêques de résister à l’éventuelle réintégration des intégristes, sous peine d’un schisme progressiste.

images/icones/fleche3.gif  ( 634333 )Avant Nostra Aetate, l'Eglise condamnait déjà l'antisémitisme par jejomau (2012-05-28 08:48:50) 
[en réponse à 634331]

l'Eglise n'a jamais attendu "Nostra Aetate" pour reconnaître le peuple juif et le judaïsme.

On passera sur le Concile de Trente qui n'accepte pas qu'on accuse les juifs de peuple Déicide. Le catéchisme du concile de Trente (1566) ne porte aucune accusation de « déicide » à l'encontre des Juifs, bien au contraire. La crucifixion, selon le concile, a pour cause l'ensemble des péchés de tous les hommes depuis le péché originel jusqu'à la fin des temps.

« Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettront encore jusqu'à la consommation des siècles [...]. Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. »


Le catéchisme du concile de Trente précise (1re partie, chapitre 5, § 3) :

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. »



Mais on prendra encre un texte encore plus récent, une encyclique, qui fut écrite par Pie XI en 1937 : Mit Brennender Sorge.

Extraits :

Reconnaissance des livres juifs sous peine de Blasphème:

Les livres sacrés de l’Ancien Testament sont entièrement Parole de Dieu et forment une partie substantielle de Sa Révélation. En harmonie avec le développement graduel de la Révélation plane sur eux une lumière encore voilée, celle des temps qui ont préparé le plein jour de la Rédemption.

Comme il ne saurait en être autrement dans des livres historiques et didactiques, ils reflètent, dans plus d’un détail, l’humaine imperfection, la faiblesse et le péché.

À côté d’innombrables traits de grandeur et de noblesse, ils nous décrivent aussi le peuple choisi, porteur de la Révélation et de la Promesse, s’égarant sans cesse loin de son Dieu pour se tourner vers le monde.

Pour les yeux qui ne sont pas aveuglés par le préjugé ou par la passion resplendit cependant d’autant plus lumineusement, dans cette humaine prévarication, telle que l’histoire biblique nous la rapporte, la lumière divine du plan sauveur qui triomphe finalement de toutes les fautes et de tous les péchés.

C’est précisément sur ce fond souvent obscur que ressort dans de plus frappantes perspectives la pédagogie de salut de l’Éternel, tour à tour avertissant, admonestant, frappant, relevant et béatifiant ses élus.

Seuls l’aveuglement et l’orgueil peuvent fermer les yeux devant les trésors d’enseignement sauveur que recèle l’Ancien Testament.

Qui veut voir bannies de l’Église et de l’école l’histoire biblique et la sagesse des doctrines de l’Ancien Testament:

blasphème le Nom de Dieu,
blasphème le plan de salut du Tout-Puissant,
érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur l’histoire du monde.
Il renie la foi au Christ véritable, tel qu’il est apparu dans la chair, au Christ qui a reçu son humaine nature d’un peuple qui devait le crucifier.
Il demeure sans rien y comprendre devant le drame universel du Fils de Dieu, qui opposait au sacrilège de ses bourreaux la divine action sacerdotale de sa mort rédemptrice, donnant ainsi, dans la nouvelle alliance, son accomplissement, son terme et son couronnement à l’ancienne.



Sur la persécution des croyants:

Le croyant a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi sont en contradiction avec le droit naturel.

Des parents sérieux, conscients de leur devoir d’éducateurs, ont un droit primordial à régler l’éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l’esprit de leur foi, en accord avec ses principes et ses prescriptions.

Des lois ou d’autres mesures qui éliminent dans les questions scolaires cette libre volonté des parents, fondée sur le Droit Naturel ou qui la rendent inefficace par la menace ou la contrainte, sont en contradiction avec le Droit Naturel et sont foncièrement immorales.

L’Église, à qui revient, de par sa mission, le soin de garder et d’expliquer le droit naturel, divin dans son origine, ne peut s’empêcher de déclarer les toutes récentes inscriptions aux écoles, faites dans l’absence notoire de toute liberté, un résultat de la contrainte, auquel les caractères du droit font totalement défaut.



... "Nostra Aetate" n'amène rien de nouveau sous le soleil... Dire que ce texte pourrait être critiqué librement est de la manipulation de la part des progressistes engagés fortement dans un Islam auquel ils ne veulent pas reconnaître le caractère souvent profondément antisémite...




images/icones/ancre2.gif  ( 634340 )Merci pour ce post... par Paterculus (2012-05-28 09:44:13) 
[en réponse à 634333]

... très positif !

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 634351 )Le schisme progressiste rupturiste est une réalité depuis, au moins, 1989. par Scrutator Sapientiæ (2012-05-28 10:48:19) 
[en réponse à 634331]

Bonjour Antoine,

1. Je l'ai déjà précisé et rappelé sur le FC : le schisme progressiste rupturiste est une réalité, située à l'intérieur de l'Eglise catholique, depuis, au moins, janvier 1989.

2. A partir du moment où des théologiens, non recadrés, ni sanctionnés, mais confortés par la passivité de la hiérarchie, pour ne pas dire la complaisance et la connivence, la complicité et la duplicité de certains de ses membres, peuvent se permettre de se mobiliser et de s'organiser, de parler et d'agir, d'une manière explicite et spécifique, militante et partisans, en tant que théologiens catholiques, contre l'Eglise elle-même,

- non avant tout pour consolider l'autorité et la souveraineté fondamentale de la Parole de Dieu et de la Foi en Dieu, dans l'intelligence et l'obéissance de la Foi,

mais

- avant tout pour consolider l'autonomie et la légitimité universelle de la conscience de l'Homme, présumé inerrant, et de la foi en l'Homme, supposé infaillible, dans l'inintelligence ou dans la désobéissance, vis-à-vis de la Foi,

nous sommes en effet en présence d'un schisme progressiste rupturiste.

3. L'Eglise - institution n'a pas voulu tirer toutes les conséquences disciplinaires de ce schisme progressiste, pour au moins deux raisons :

- d'abord, par ambivalence pusillanime, d'autant plus que les théologiens dont il est question exercent des fonctions, occupent des positions synonymes d'importance et d'influence, donnent l'impression d'être, sinon hégémoniques ou majoritaires, du moins des plus nombreux, et bénéficient d'idiots utiles et de relais conscients, au sein des médias catholiques ou chrétiens d'actualité ou d'information ;

- ensuite, parce que le procédé tactique utilisé par les théologiens catholiques progressistes rupturistes les plus astucieux, sinon les plus audacieux, est à peu près le suivant;

4. Ce procédé tactique, c'est le "borderlinisme" théologique,

- dans le cadre duquel on préfère l'érudition intellectuelle à l'orthodoxie confessionnelle,

et

- au sein duquel on se garde bien de préciser que la créativité intellectuelle dont on se prévaut est

a) - non seulement différente ou hétérogène, dans sa forme,

b) mais aussi dissidente ou incompatible, dans son fond,

vis-à-vis du Magistère, en tant qu'interprète autorisé et officiel de l'Ecriture et de la Tradition.

5. J'ajoute ici le point suivant : le schisme progressiste rupturiste fonctionne bien plus comme un organisme CRYPTOGAME que comme un organisme PHANEROGAME : le schismatique progressiste rupturiste, sur telle ou telle problématique particulière, aura fréquemment tendance à passer sous silence

- la position officielle de l'Eglise catholique,

- les contradictions entre celle-ci et sa propre position,

- le fait que sa propre position a déjà été condamnée pour hérésie, ou suspectée d'hétérodoxie, par le Magistère antérieur au Concile, voire par le Magistère postérieur au Concile.

6. Larvatus prodeo et non serviam : tel est souvent le maître-mot de bien des schismatiques progressistes rupturistes :

- avancer masqué, pour pousser son avantage, sans s'exposer à des objections intellectuelles, à des obstacles institutionnels, ou à des obstructions hiérarchiques,

et

- ne pas servir le Pape pour mieux servir l'Eglise, ou ne pas servir l'Eglise pour mieux servir le Christ, ou se servir du Christ pour mieux servir l'Homme, ou plutôt la vision que l'on en a.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 634357 )La condamnation du racisme par le pape Pie XII par jejomau (2012-05-28 11:17:24) 
[en réponse à 634351]

C'est également à verser à ce dossier. Puisque les Tradis et les intégristes sont systématiquement mis au pilori pour leur prétendue pensée raciste ou antisémite (ou les deux à la fois), il est bon d'en rajouter une couche pour que tout un chacun n'oublie pas . Regardons ce qu'il en est avec Pie XII.. Puisque pour les progressistes, il représente le modèle même de l'intégrisme souvent !



L’encyclique Mit Brennender Sorge commence par la dénonciation du non-respect du concordat. Mais elle est surtout une condamnation sans ambiguïté du racisme en tant que doctrine idolâtrique et démoniaque, s’opposant à celle catholique, donc universelle, de l’humanité.

extraits :

« Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’Etat, ou la forme de l’Etat, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine … et les divinise dans un culte idolâtrique, celui-là renverse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu. »


« Il s’agit d’une véritable apostasie. Cette doctrine est contraire à la foi chrétienne. »


« Qui veut voir bannies de l’Eglise et de l’école l’histoire biblique et la sagesse des doctrines de l’Ancien Testament blasphème le Nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant, érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur l’histoire du monde. »



Concernant cette encyclique, il à noter que c’est le cardinal Michael Faulhaber - que les nazis surnommaient "Juden Kardinal" (cardinal des Juifs) - qui écrira la première version de ce texte, reprise amplement par le cardinal Pacelli et Pie XI.

L'encyclique est publiée directement en langue vernaculaire, en l’occurrence en allemand, preuve indiscutable que les premiers destinataires sont les Allemands eux-mêmes à l'époque et que par ailleurs, le Saint-Siège a la volonté évidente qu'elle soit rapidement diffusée et entendue.

Cette encyclique est imprimée directement en Allemagne (pour être lue conjointement dans toutes les églises (et dans de nombreux temples) du pays, le 21 mars 1937, lors de la messe des Rameaux)


Ainsi : cette condamnation de la doctrine nazie a été lue en même temps dans… quinze mille églises d’Allemagne ! En l’espace d’une journée, ce sont plusieurs millions d’Allemands qui prennent connaissance de l’accusation portée par l’Eglise sur l’idéologie national-socialiste


La réaction de Hitler est épouvantable et la répression presque immédiate. Cette encyclique « est ressentie par les nazis comme une déclaration de guerre.»(Jean SÉVILLIA, Historiquement correct, Perrin, p. 376) La presse est bâillonnée, les imprimeurs traqués et victimes de discriminations. Ces persécutions sont si dures que Mgr Clemens August von Galen réagit vivement par des protestations publiques au péril de sa vie.

Les organisations catholiques seront dissoutes; le cardinal Faulhaber est insulté; le jésuite Rupert Mayer est arrêté et incarcéré pour avoir osé commenter l’encyclique en chaire; les évêchés de Rottenburg (Mgr Sproll), de Freiburg (Mgr Gröber) et de Munich (Cardinal Faulhaber) sont pillés par les Jeunesses hitlériennes...

Voilà le contexte. Voilà le pape que les intégristes ont toujours aimé et soutenu. Voilà l'Eglise catholique telle qu'Elle est en réalité. Ce pape devrait aussi être celui des progressistes... Mais pour l'instant, on attend encore... On se demande bien pourquoi




images/icones/fleche2.gif  ( 634367 )Ils opposeront peut-être le pape Pie XI au futur Pie XII. par Scrutator Sapientiæ (2012-05-28 11:42:41) 
[en réponse à 634357]

Rebonjour, jejomau.

Compte tenu de l'exemple que vous donnez ici, les catholiques progressistes rupturistes schismatiques opposeront peut-être le pape Pie XI, pape qu'ils jugent courageux, au futur pape Pie XII, pape qu'ils jugent silencieux, face au nazisme.

Il fut un temps, les prédécesseurs des catholiques auxquels je pense, et qui ont droit à notre respect, en tant que personnes, ont ainsi mis en avant Mit Brennender Sorge, pour mieux passer sous silence Divini Redemptoris, alors que l'on doit ces deux textes au même Pie XI.

Et ce sont leurs continuateurs contemporains qui ne retiennent du Concile que ce qu'ils veulent bien en retenir, notamment les cinq "quasi-dogmes" auxquels j'ai déjà fait allusion ici.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 634376 )habileté tactique par Aigle (2012-05-28 12:47:26) 
[en réponse à 634351]

Les rupturistes progressistes ont toutefois toujours pris soin de ne jamais franchir une ligne rouge qui autait été de faire une chose ("poser un acte" en novlangue théologique) incontestablement contraire au droit canon : sacrer un évêque sans mandat pontifical, ordonner une femme, faire célébrer la messe par un laic, tenir explicitement pour contraire à la Foi une prise de position du Pape.

Bre ils sont toujours "tangeants" mais ne peuvent être pris en flagrant délit - il faut toujours argumenter et ils répondent toujors que leurs audaces sont moins graves que les sacres de 1988 sanctionnés par l'excommunication "latae setentiae" !

Je pense pour ma part qu'on se rappoche cependant du point de rupture car un jour viendra où les rupturistes diront : "vous voulez le VOM, très bien, maintenant nous voulons qu'une femme laïque puisse célébrer l'Eucharistie laissez nous faire ! et si vous n'êtes pas d'accord nous irons libérer une église (comme "ils "l'ont fait à saint Nicolas du Chardonnet !)".
images/icones/fleche2.gif  ( 634389 )Un effet de " la pastorale du penalty de compensation ". par Scrutator Sapientiæ (2012-05-28 13:44:51) 
[en réponse à 634376]

Bonjour Aigle,

Les évêques ont une part de responsabilité considérable dans le développement de l'opinion selon laquelle les demandes ou positions les plus antagonistes, les aspirations ou formulations les plus contradictoires, sont presque toutes potentiellement "confédérables", ou "synthétisables", car réductibles en autant de sensibilités, circonstancielles ou conjoncturelles, complémentaires.

Quand vous écrivez : "Bref ils sont toujours "tangeants" mais ne peuvent être pris en flagrant délit", vous faites écho à ce que j'appelle leur "borderlinisme".

Et quand vous écrivez : " Je pense pour ma part qu'on se rappoche cependant du point de rupture car un jour viendra où les rupturistes diront : "vous voulez le VOM, très bien, maintenant nous voulons qu'une femme laïque puisse célébrer l'Eucharistie laissez nous faire ! et si vous n'êtes pas d'accord nous irons libérer une église (comme "ils "l'ont fait à saint Nicolas du Chardonnet !)" ", vous mettez le doigt sur un effet de la pastorale du penalty de compensation.

Qui a bien pu accréditer la vision selon laquelle, quand on donne des satisfactions légitimes à des demandes formulées par des catholiques pratiquants, réguliers, en communion avec le Saint Père, il faut, quasiment aussitôt, pour bien compenser, pour se dédouaner, ou pour faire droit "à la diversité des sensibilités", donner des satisfactions, beaucoup moins légitimes, quant à l'objet même de ce qui est revendiqué, à des catholiques non pratiquants, ou irréguliers, et qui se flattent de ne pas être en communion avec le Siège apostolique ?

Indépendamment même de telle ou telle thématique, la rhétorique que l'on trouve dans le Concile Vatican II a certainement sa part de responsabilité dans la prolifération de cette "cybernétique épiscopale à géométrie variable".

Mais je pense aussi à l'influence du personnel politique sur le personnel religieux : pour les uns comme pour les autres, il est si facile d'être à la fois dur avec ceux qui sont apparemment les plus faibles, et mou avec ceux qui sont apparemment les plus forts !

C'est en pensant à cette "cybernétique épiscopale" placée sous le signe du penalty de compensation que j'ai parlé un jour de "l'OPEP", id est de l'obstruction périphérique épiscopale paralysante ; peut-être aurons-nous un jour droit à ce type de phrase, de la part d'un évêque :

" C'est la moindre des choses que je laisse un prêtre de mon diocèse dire publiquement que les religions non chrétiennes sont elles aussi des religions révélées, puisque je laisse par ailleurs un autre prêtre de mon diocèse dire publiquement que la religion chrétienne est la seule religion révélée : chaque sensibilité a le droit de s'exprimer, et ma charge épiscopale n'a pas pour but de féliciter l'un ni de réprimander l'autre, mais a pour but de veiller à ce que la diversité des points de vue, au sein de mon diocèse, soit une réalité telle que chaque point de vue soit à la fois perceptible en lui-même et respectueux de tous les autres points de vue."

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 634393 )mais c'est déjà fait depuis longtemps ... par Stephdi (2012-05-28 14:05:26) 
[en réponse à 634376]

du moins pour les partisans de la rupture qui ont déjà rompu, femmes prêtre, prêtre mariés, évêques de contrebande existent depuis longtemps dans des églises séparées mais qui se revendiquent catholiques et plus catholiques que le pape bien sûr ...
de la même manière que dans les franges tradis la rupture avec Rome est consommée depuis longtemps .
Restent dans l'Eglise catholique, et à la frange aussi :
et ceux qui estiment que Rome n'est pas assez loin sur le chemin "moderniste" et qu'il faut éjecter les tradis un bonne fois pour toute

"tangents" mais ne peuvent être pris en flagrant délit...,

et ceux qui estiment que Rome n'est plus Rome tant qu'elle ne revient pas vite fait à la Vraie Tradition et que le Pape n'est pas vraiment Pape tant qu'il ne vire pas les modernos définitivement

"tangents" mais ne peuvent être pris en flagrant délit ...



Ce débat sera t il aussi sanglant que celui qui divisa les partisans du Christ pour les païens et ceux du judaïsme christianisé aux premiers jours de l'Eglise ?

Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison

Stéphane
images/icones/fleche2.gif  ( 634399 )sauf qu'aujourd'hui par Vassilissa (2012-05-28 15:14:23) 
[en réponse à 634393]

le second n'est plus du tout "christianisé". cela fait une sacrée différence;
images/icones/neutre.gif  ( 634405 )Des noms ? par Aigle (2012-05-28 16:18:32) 
[en réponse à 634393]

Stephdi écrit :

"les partisans de la rupture qui ont déjà rompu, femmes prêtre, prêtre mariés, évêques de contrebande existent depuis longtemps dans des églises séparées mais qui se revendiquent catholiques"

Personnellement je n'en ai jamais entendu parler (sauf de quelques pseudo-ordinations de femmes). Pourriez vous nous indiquer les paroisses ou les diocèses où sont accomplis publiquement des actes directement contraires au droit canon : "femme prêtre, prêtre mariés, évêques de contrebande " selon vos propres mots ?
images/icones/neutre.gif  ( 634409 )je cafterai avec joie ... et perfidie ! par Stephdi (2012-05-28 16:52:26) 
[en réponse à 634405]

si la vidéo d'une telle messe n'avait déjà été diffusée sur le FC il y a quelque temps et de manière à entretenir la confusion. J'avais d'ailleurs répondu pour rectifier le tir ... mais je n'en retrouve pas la trace exacte.
Il s'agissait de l'église catholique chrétienne de Suisse : église catholique-chretienne de Suisse

je citerai aussi : http://www.romancatholicwomenpriests.org/

Dans l'un et l'autre cas, la rupture avec Rome est nette ! et je maintiens que ce sont des actes posés hors Eglise Catholique, "conciliaire" ou non ...

bien cordialement
Stéphane