FRATERNITE SAINT PIE X Cité du Vatican, 16 mai 2012 (VIS). En début d'après-midi, la Salle de Presse du Saint-Siège a diffusé le communiqué suivant: "Comme cela a été indiqué par la presse, aujourd'hui s'est tenue la session ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, au cours de laquelle a notamment été discutée la question Fraternité St.Pie X. A l'examen de la réponse de Mgr.Bernard Fellay, parvenue le 17 avril, ont été formulées certaines observations qui seront prise en compte lors des prochaines discussions entre le Saint-Siège et la Fraternité St.Pie X. Etant donnée la position par eux prise, les cas des trois autres évêques de la Fraternité devront être traités séparément et individuellement".
La publication de ces courriers est véritablement catastrophique. Quelle responsabilité!
16-05-2012 18:16:37
Pays : VAT
GLGL
FRS3334 0613 /AFP-HL93
Par Jea
Louis DE LA VAISSIERE
CITE DU VATICAN, 16 mai 2012 (AFP) - Le Vatican a décidé mercredi de poursuivre ses laborieux efforts pour une réintégration des plus modérés de la Fraternité intégriste Saint Pie X, en semblant renoncer à associer les ultras dont les attaques incessantes contre l'Eglise sont jugées inacceptables.
La Congrégation pour la doctrine de la foi qui s'est réunie mercredi pour examiner la position de Mgr Bernard Fellay a pris acte d'une évolution de fait : il est possible de négocier avec le supérieur de la Fraternité, qui semble vouloir faire des gestes sincères envers le Vatican pour revenir dans le giron de l'Eglise.
Pour cela, des discussions ultérieures sont cependant jugées nécessaires. L'issue semble encore incertaine, et aucune échéance n'est fixée, alors qu'une réponse du pape Benoît XVI était attendue par la plupart des observateurs à la fin mai.
La réunion de la CDF a abouti à une autre conclusion de taille: la situation des trois autres évêques intégristes, Mgrs de Alfonso Galarreta, Nicolas Tissier de Mallerais et Richard Williamson, "devra être traitée de manière séparée et individuelle".
Autrement dit, ils ne peuvent escompter de bénéficier d'une réintégration dans l'Eglise tout en tirant à boulets rouges sur celle-ci et sur la négociation.
Ces évêques "ont dit clairement ne pas être d'accord" avec les négociations menées par Mgr Fellay, et "on ne peut donc penser à une solution unique qui s'applique à tous", a souligné le porte-parole du Saint-Siège, Federico Lombardi, rappelant que certaines positions de figures comme Mgr Williamson "sont incompatibles" avec ce que professe l'Eglise.
Ouvertement antisémite, Mgr Williamson nie l'existence des chambres à gaz. La levée de son excommunication, décidée en 2009 par Benoît XVI, avait provoqué la plus embarrassante polémique de ce pontificat.
Un schisme au sein du schisme intégriste devient de plus en plus probable.
Un échange acerbe de lettres entre Mgr Fellay et les trois autres évêques, publiées la semaine dernière sur un site intégriste, avait montré l'ampleur des rancoeurs.
"Veuillez faire attention, vous conduisez la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une profonde division sans retour", avaient lancé les trois ultras à Mgr Fellay.
Ce à quoi il avait répondu: "On se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Eglise visible dont le siège est à Rome est bien l'Eglise de Notre-Seigneur Jésus Christ".
Fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre (mort en 1991) et séparée de Rome depuis 1988, la Fraternité compte de nombreux prêtres (550), des centaines de séminaristes et de religieuses, des dizaines de milliers de fidèles.
Les Lefebvristes s'opposent à certains textes du Concile Vatican II (1962/65) sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux. Pour les ultras du mouvement, la liberté religieuse est inacceptable, selon l'adage : hors de l'Eglise point de salut.
Benoît XVI a multiplié les gestes pour ramener dans l'Eglise cette communauté dissidente. Mais la levée de l'excommunication des quatre évêques a valu au pape surtout des critiques.
Le jeu d'une réintégration est risqué : les intégristes pouvent chercher à la faire passer pour une reddition du Vatican à leurs positions, tandis que l'aile progressiste de l'Eglise risque de réagir avec colère.
En renvoyant mercredi les ultras dans les cordes, le Vatican a sous doute rassuré partiellement certains dans ses rangs.
Mais en cas de succès des négociations entre le Vatican et Mgr Fellay, il est probable qu'une bonne partie des fidèles, habitués à se considérer comme les seuls "vrais catholiques", en guerre contre le modernisme, préféreront rester dans une opposition définitive et marginale.
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AFP 161816 MAI 12