Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 633275 )Remarques sur les actuelles discussions entre Rome et Écône par Theonas (2012-05-16 11:06:40) 

Je publie ici l'article de l'un des collaborateurs de mon blog (ESCHATON) dont je ne partage pas la position mais qui permet de bien saisir les deux lignes qui s’opposent dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Pierre Hafeu soutient que le refus d’obéissance de Mgr Lefebvre, lors des sacres de 1988, était essentiellement de nature doctrinale. En conséquence, les problèmes doctrinaux n’étant toujours pas réglés, la Fraternité ne peut accepter d’accord sans renier son fondateur. Je pense pour ma part que l’état de nécessité que la Fsspx a toujours invoqué pour justifier les sacres de 1988 reposait essentiellement sur le fait que Mgr Lefebvre disait avoir obtenu des garanties insuffisantes de Rome lui assurant de pouvoir continuer à faire « l’expérience de la Tradition ». Sans ces garanties Mgr Lefebvre a jugé nécessaire, compte tenu de la crise que traversait l’Eglise, qu’il ne pouvait se dispenser de doter la FSSPX d’évêques susceptibles de lui succéder à sa mort. Certes Mgr Lefebvre a toujours mis en lien la crise dans l’Eglise avec certains enseignements du Concile et certains actes posés par les papes à sa suite. Il n’a jamais caché refuser certaines orientations doctrinales et pastorales engagées par les papes depuis Vatican II, mais la rupture n’est intervenue que parce qu’il a estimé que son oeuvre, nécessaire au rétablissement de l’Eglise, n’était pas garantie dans sa pérennité par les propositions que lui avaient faites le cardinal Ratzinger en 1988. Si Mgr Fellay estime le contraire actuellement, alors les fidèles de la Fsspx doivent le suivre. Il n’y a pas à hésiter une seconde.



Remarques sur les actuelles discussions entre Rome et Écône et sur leurs conséquences quant à la cohésion interne de la Fsspx.

Pour Eschaton, de notre collaborateur Pierre Hafeu.

Trois des évêques de la Fsspx sont réticents à l’accord qui s’annonce, et pour cause : il leur faudrait accepter ce qu’ils combattent depuis plus de vingt ans. Je crains donc que l’accord annoncé ne brise la Fsspx en deux factions, l’une trahissant Le combat historique de la Fsspx en acceptant le Concile en sa totalité (condition de la prélature personnelle proposée par Rome à la Fsspx), l’autre refusant cette réconciliation factice. Comme l’écrivent Mgrs Galarreta, Tissier de Mallerais et Williamson : « Si nous luttons depuis 20 ans pour résister aux erreurs conciliaires, ce n’était pas pour nous mettre maintenant entre les mains de ceux qui professent ces erreurs. »[1]

Surtout, j’attends de voir la teneur exacte des discussions doctrinales préparatoires ayant eu lieu entre théologiens romains et théologiens de la Fsspx. Car la Fsspx a jusqu’ici toujours affirmé qu’un accord doctrinal était le préalable à la réconciliation. Mgr Fellay lui-même : « il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d’envisager des accords, avant que les discussions n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise. »[2] Les discussions ont-elles permis de corriger les fausses doctrines de la Rome progressiste ? J’en doute. Je doute que Rome soit disposée à admettre que les erreurs doctrinales sont dans les énoncés conciliaires. On connait trop l’idéologie romaine : il n’y a pas d’erreurs dans le Concile mais dans l’interprétation du Concile. Pas d’erreurs donc dans Nostra Ætate ou Dignitatis humanæ… D’où la vive réaction des trois confrères de Mgr Fellay : « les trois évêques de la FSSPX qui ne font pas partie du Conseil Général souhaitent lui faire savoir, avec tout le respect qui convient, l’unanimité de leur opposition formelle à tout accord semblable. »[3]

Bref, je crains que Fellay ne soit en train de détruire la Fsspx prête à imploser en deux obédiences, l’une ralliée, l’autre toujours rebelle.
la suite ici
images/icones/fleche3.gif  ( 633277 )il me semble quand même par jejomau (2012-05-16 11:32:30) 
[en réponse à 633275]

que si Mgr Lefebvre avait décelé une véritable erreur - erreur doctrinale de fond; erreur dogmatique absolue - à l'issue de ce Concile.... Il n'aurait pas signé tous les documents . Il aurait d'autant plus refusé qu'il a fait partie de ceux qui ont trouvé à redire par la suite.

Mais justement, s'il a refusé ce qui s'est fait alors qu'il avait signé (accepté) tous les documents conciliaires... comment faut-il voir la chose ?

Eh bien, il faut croire qu'il a rejeté surtout l'interprétation qui en a été faite. Interprétation qu'il lui a semblé même aller contre la Tradition de l'Eglise.

Or, ne peut-on pas penser aujourd'hui que le pape avec nombre d'évêques ont pris conscience de la gravité des erreurs causées.. au nom du Concile ?(l'esprit du Concile) Qu'ils sont en train d'y remédier ?

Dès lors la crise qui était devenu doctrinale - non par la faute des documents conciliaires mais du fait de l'interprétation que certains ont voulu en donner - et qui est en train de disparaître par une reprise en main par Benoît XVI.... ne demeure plus qu'une crise Liturgique, non ?
images/icones/neutre.gif  ( 633281 )Correctif. par Antoine (2012-05-16 12:01:13) 
[en réponse à 633275]


Car la Fsspx a jusqu’ici toujours affirmé qu’un accord doctrinal était le préalable à la réconciliation.



Relisez la citation que vous avez donnée juste après :


il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d’envisager des accords, avant que les discussions n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise



Mgr Fellay parle de discussions et non d'accord doctrinal. La distinction est importante. Ou alors il faut parler d'accord reposant sur des discussions doctrinales.