Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=633109
images/icones/bravo.gif  ( 633109 )Le site Disputationes Theologicae (IBP) refuse d'obéir à Rome par Raoul (2012-05-14 17:21:14) 

Nous avons reçu, au nom de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, l’injonction d’enlever ces deux articles: «Le "rite propre" et l' "herméneutique de continuité" sont-ils suffisants?» et «Accords Rome-Econe: "Blaguait-on?"», injonction assortie de menaces.

Il est notre devoir d’espérer que ce qui nous a été transmis, étant une demande irrecevable en raison de son opposition évidente avec le can. 212 (et 215), à été mal compris. Nous donnons cette information parce qu’il s’agit d’un fait de nature publique: l’Eglise n’est pas un régime d’absolutisme jacobin et Disputationes préfère compter sur la force probante des arguments.

Paix et Bien à tous!

http://disputationes.over-blog.com/article-disputationes-ne-se-laisse-pas-baillonner-105154970.html

Comme quoi l'IBP, contrairement a ce qu'a voulu faire croire la FSSPX, n'a rien laché: Chapeau bas messieurs les abbés.

Il me semble que le moment est venu pour la FSSPX de se rapprocher de ceux qui veulent continuer le combat plutôt que de sortir des textes aussi pathétiques que celui de Monsieur l'abbé Simoulins.
images/icones/neutre.gif  ( 633110 )un des articles que Rome veut voir disparaitre par Raoul (2012-05-14 17:24:15) 
[en réponse à 633109]

Pour rappel voici le texte issu du blog

ACCORDS ROME-ECÔNE: “BLAGUAIT-ON”?




Note sur les développements d’une dispute théologico-ecclésiale



Les bruits augmentent sur la possibilité d’un accord imminent entre la Fraternité Saint Pie X et le Saint-Siège, possibilité d’accord relative à la concession d’un Ordinariat personnel et à la convocation à Rome, prévue pour le 14 septembre, du Supérieur de la FSSPX et de ses deux assistants.



Naturellement, il est important de le rappeler, les bruits et les certitudes ne coïncident pas nécessairement– mais là, certains éléments sont réels. Dans un très bref délai, en effet, on a pu noter sur cette question plusieurs interventions : l’abbé Franz Schmidberger, Supérieur émérite de la FSSPX; Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, qui a confirmé la chose, mais avec un point de vue assez différent (dans le passé, rappelons-le, Mgr Bernard Fellay avait nié l’existence de divisions entre les évêques, attribuant cela à des rumeurs malveillantes venant de l’extérieur) ; enfin le Supérieur d’un district important comme celui d’Italie, don Davide Pagliarani, qui est lui aussi intervenu en donnant des réponses. C’est surtout cette dernière intervention qui nous pousse à revenir sur ce sujet, pour le motif que nous allons expliquer. Quoiqu’il en soit, la rencontre du 14 septembre est une chose certaine.



Quant à nous, nous ne pourrions que nous réjouir si la FSSPX faisait enfin ce qui, par ailleurs, est en substance le même choix que le nôtre (traité jusqu’à présent comme un choix de traîtres ; celui des “accordistes”, maltraités, punis et méprisés) : c'est-à-dire un accord substantiellement pratico-canonique conjointement à la possibilité de « faire l’expérience de la Tradition » (selon la formule soutenue par Mgr Lefebvre pendant tant d’années, sans doute durant la majeure partie de sa résistance), et à l’attestation de l’existence de questions doctrinales sur lesquelles, en l’état actuel, il n’y a pas d’accord, mais intention de discuter.



Cependant, quant aux modalités de réalisation de ces éventuels accords, nous ne pouvons que remarquer un problème de clarté et de vérité et poser la question aux intéressés; ces derniers aspects devraient tenir particulièrement à cœur à la FSSPX si l’on en croit ses déclarations récurrentes.



Evidemment, nous ne répéterons pas ici tout ce que nous avons déjà dit: nos précédents articles, « L’échec des colloques doctrinaux avec la Fraternité Saint Pie X et la question d’un Ordinariat personnel (link)» et « La nécessité théologique et ecclésiale d’une " troisième voie" : ni "spirale schismatique "ni "conformisme rallié" (link) », sont disponibles sur cette revue pour tous ceux qui veulent les consulter avec attention et objectivité. Dans ce cadre, nous allons donc nous concentrer sur les développements de l’article « L’échec des colloques doctrinaux » et sur le débat qui en a découlé.



Accord possible…

Comme indiqué plus haut, le Supérieur du District d’Italie a répliqué en ces termes à propos de l’évaluation de l’échec des discussions doctrinales:



«Je pense que c'est une erreur de considérer que les entretiens ont échoué. Peut-être que ceux qui tirent ces conclusions sont ceux qui s'attendaient à que les entretiens aboutissent à un résultat étranger aux finalités des entretiens eux-mêmes. Le but des entretiens n'a jamais été de déboucher sur un accord concret, mais bien de rédiger un dossier clair et précis, qui souligne les positions doctrinales respectives à remettre au Pape et au Supérieur général de la Fraternité».



Quant à l’éventualité de la proposition prochaine d’un Ordinariat, « elle serait prise sereinement en considération […]»[1].



A son tour le district d’Allemagne affirme:



« Cependant la question du statut canonique n’a jusqu’à présent pas obtenu de réponse»[2].



De ces deux déclarations, il ressort que la réalisation d’un accord canonique devient possible; et cela alors que, comme dit même l’un des quatre évêques, craignant son acceptation : « tout le monde dit que les Discussions ont confirmé qu’aucun accord doctrinal n'est possible entre la FSSPX (…) et la Rome d'aujourd'hui ». Et l’évêque poursuit : « la situation après les Discussions est exactement la même qu'avant ».[3]





…malgré le réel échec des colloques doctrinaux

Nous observons que, en dépit de ce que nous avions écrit sur l’échec des colloques doctrinaux, on déclare aujourd’hui que leur finalité aurait seulement été de faire mieux connaître les positions respectives et qu’ils ne seraient donc pas une faillite, mais un succès. Or cela est insoutenable pour plusieurs raisons :



1) Parce que des documentations mettant en évidence les positions respectives existaient depuis longtemps : par exemple, la réponse de Rome aux Dubia présentés par Mgr Lefebvre (1987); par exemple les études de Mgr de Castro Mayer (sur la Liberté religieuse et sur le Novus Ordo Missae) et de Mgr Fellay (sur l’œcuménisme actuel), respectivement en 1974 et en 2004 ; par exemple, les réponses argumentées écrites par Mgr Lefebvre à l’ex Saint-Office sur les questions controversées, au début du pontificat de S.S. Jean Paul II (et qui aujourd’hui ne sont pas du tout mises en valeur par la FSSPX elle-même, malgré les sollicitations écrites reçues récemment par un prêtre du clergé romain, qui avait assisté Mgr Lefebvre dans leur rédaction). S’il s’était agi seulement de compléter l’ensemble de ces écrits, alors l’accord aurait pu être signé depuis des années: en effet, comme nous l’avons écrit, Rome à l’époque avait déjà donné sa disponibilité à concéder en même temps deux choses : la régularisation canonique et une Commission bilatérale théologique d’approfondissement des points controversés. Ecône a donc changé d’avis? Ou apprécie-elle maintenant ce qu’elle avait méprisé il y a quelques années? Ou plutôt n’était-ce qu’une question publicitaire, pour donner une apparence de victoire sur une Rome, qui s’était enfin rendu à discuter?







2) Parce que le résultat illustré ici-bas n’était certainement pas « étranger aux finalités des entretiens eux-mêmes » - comme affirmé aujourd’hui -, étant au contraire l’objectif déclaré par les autorités de la FSSPX. Les affirmations ne manquent pas, entre autre sur la nécessité préliminaire de la conversion de Rome, mais à titre d’exemple, nous nous bornerons à rapporter deux textes significatifs, le premier étant de Mgr Fellay - déjà sous le règne de Benoit XVI - le second la déclaration du Chapitre Général :







- «nous envisageons trois étapes vers une solution de la crise: préalables, discussions, accords.(…) (Si Rome accorde les préalables) il conviendra de passer à la deuxième étape c'est-à-dire aux discussions (..) cette étape-là, celle des discussions sera difficile, houleuse et probablement assez longue (…). En tout cas, il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d’envisager des accords, avant que les discussions n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise”[4].







- “En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour unique but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Eglise ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible accord purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Eglise retrouvera une nouvelle jeunesse »[5].







Nous demandons donc à la FSSPX de répondre publiquement aux questions suivantes : les principes de la crise sont-ils aujourd’hui, grâce aux discussions, non seulement “éclaircis”, mais aussi “corrigés”? La Tradition a-t-elle retrouvé aujourd’hui « tous » ses droits ? Entre Ecône et Rome y a-t-il accord sur la doctrine? Même si l’on se fonde sur ce qui a été dit à propos de la rencontre d’Assise, prévue juste en octobre, il semblerait bien que non….Comment donc expliquer qu’aujourd’hui la Fraternité ne semble pas exclure, au moins en principe, ce qu’hier elle avait décrit comme « impossible » et même « inconcevable » ? Peut-être s’est-on alors rendu compte que de telles déclarations étaient erronées ? Eh bien, dans le respect des droits de la vérité et par amour de la clarté, qu’ils le disent ouvertement. Jusqu’à présent Mgr Fellay n’a même pas expliqué pourquoi il avait d’abord affirmé[6]qu’il ne pouvait pas faire de demande écrite d’un retrait du décret d’excommunication, puisque que cela aurait dans tous les cas impliqué la reconnaissance de la validité des dites censures, et qu’ensuite il a fait cette demande écrite comme si de rien n’était.





Avec de tels présupposés, quel accord “doctrinal” est possible?

Dans le cas où l’on ne reconnaîtrait pas avoir choisi le plus modeste accord pratico-canonique, en essayant de cacher le changement de direction, le «demi-tour». Cela voudra signifier que l’éventuel accord serait encore présenté comme doctrinal, comme il a été prétendu dans maintes déclarations publiques, alimentant ainsi la confusion. Mais qu’on nous explique alors quel accord doctrinal pourra rester cohérent avec les positions rigides exposées de manière catégorique par les parties en dialogue durant ces dernières années, conséquence de la procédure choisie. Telle était en effet la teneur de la déclaration du Chapitre :



«Si, après leur accomplissement, la Fraternité attend la possibilité de discussions doctrinales, c’est encore dans le seul but de faire résonner plus fortement dans l’Eglise la voix de la doctrine traditionnelle. En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour unique but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Eglise ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible accord purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Eglise retrouvera une nouvelle jeunesse »[7].



Et les paroles de Mgr. Fellay:

«Nous ne sommes pas disposés à avaler le poison que l’on trouve dans le concile»[8].



Ou encore les déclarations du Supérieur du district d’Italie:

«Tout le monde sait que la Fraternité n’acceptera jamais ni l’art. 31, ni l’art. 19 [de l’Instruction “Universae Ecclesiae”]»[9].



Les exemples d’autres choses que des membres éminents de la Fraternité refusent publiquement, même de façon totale et catégorique, ne manquent pas; dans les articles de ce site on peut trouver des exemples, qui ne sont point exhaustifs sur le sujet, mais qui sont néanmoins parfois déconcertants.



Telles étaient les conditions de la Secrétairerie d’Etat:

«Comme cela a déjà été publié auparavant, le décret de la Congrégation pour les évêques, daté du 21 janvier 2009, a été un acte par lequel le Saint-Père répondait de façon bienveillante à des demandes répétées faites par le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.



Sa Sainteté a voulu lever un obstacle empêchant l'ouverture du dialogue. La peine très grave d'excommunication Latae sententiae, que les évêques en question ont encourue le 30 juin 1988, et qui a été ensuite formellement déclarée le 1er juillet de la même année, était la conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre (…).



La levée de l'excommunication a libéré les 4 évêques d'une peine canonique extrêmement grave mais n'a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l'heure actuelle, ne bénéficie d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique. Ajoutons que, les 4 évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas de fonction canonique dans l'Eglise et n'y exercent pas licitement de ministère. La pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et du même Benoît XVI est la condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X »[10].









Par honnêteté intellectuelle



Vu que la FSSPX considérait l’accord doctrinal même comme la condition “sine qua non” à la régularisation canonique, on pourrait au moins s’accorder sur le texte des déclarations? En effet l’original de la réponse de Mgr Fellay aux cinq points (« l’ultimatum ») de Rome ne résulte pas avoir été publié. Alors que sur un passage doctrinalement important de la lettre avec laquelle a été obtenue l’annulation du décret d’excommunication circulent deux versions publiées sur leurs presses respectives : selon l’une, Mgr Fellay et la FSSPX acceptent jusqu’à Vatican I ; selon l’autre ils acceptent jusqu’à Vatican II (ce dernier avec des réserves). Par leur nature les documents de ce genre sont des actes publics : comment est-il possible qu’aient circulé deux versions avec des passages entre guillemets différents entre eux ? Lequel des deux correspond à l’original ? Qu’a signé exactement Mgr Fellay ? Serait-il possible « dans l’intention d’une plus grande transparence possible » de publier les deux lettres ?



Une dernière considération. Si la FSSPX accepte la régularisation canonique, si en tout cas maintenant, par l’intermédiaire de ses membres les plus éminents, elle s’y montre disponible, et cela alors que « tout le monde dit que les discussions ont confirmé qu’aucun accord doctrinal n’est possible » – alors il ne reste que deux cas possibles. Ou bien la FSSPX a compris qu’elle s’était trompée dans le fait d’exclure, d’une façon qui était même ontologique, la régularisation sans accord doctrinal préalable et elle a changé d’avis (mais cela, par honnêteté intellectuelle il faut alors le déclarer). Ou bien elle a voulu « faire monter les enchères », en utilisant de telles matières doctrinales, pour de plus grandes concessions pratiques.



Dans cette deuxième et très grave éventualité, on pourrait expliquer l’oubli du Supérieur italien, qui dans l’entretien cité affirme: “l’unique prélat qui n’a jamais cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel, à l’époque considéré de façon erronée comme abrogé et banni, a été le fondateur de la Fraternité Saint Pie X”. Sans rien enlever au “vénéré” Mgr Lefebvre, “un grand homme d’Eglise”[11],il faut cependant objecter : et Mgr de Castro Mayer ? Est-ce-que ce prélat « a cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel » ? Ou se peut-il que, ne pouvant pas aujourd’hui instrumentaliser ce dernier en faveur de l’actuelle FSSPX, même s’il n’a jamais cessé, il convienne de ne pas s’en souvenir ?



Une autre question demande une réponse. Comment est-il possible que l’intervention de Mgr Williamson semble évoquer la présence « déjà en 2001 » de problèmes pratiques sur l’accord (à propos des nominations des futurs évêques et supérieurs de la FSSPX), alors que Mgr Fellay nous disait à cette époque que les propositions de Rome étaient très bonnes et très convenables pour la Fraternité sous l’aspect pratique, mais que celle-ci ne pouvait pas les accepter uniquement pour les motifs philosophico-théologiques mentionnés plus haut ?



Même pour chasser tout doute selon lequel les questions doctrinales auraient été instrumentalisées comme de la marchandise, pour obtenir des avantages très pratiques, tout en donnant en même temps l’impression de mépriser ces mêmes avantages pratiques, nous demandons publiquement à Mgr Fellay de reconnaître avec humilité et clarté que certaines affirmations du passé – avec les critères, les mentalités, et les attitudes connexes – sont à corriger profondément.





La Rédaction de Disputationes Theologicae




[1]Intervista al Superiore del Distretto Italiano della FSSPX, tratta dal sito del Distretto italiano della FSSPX, luglio 2011,http://www.sanpiox.it/public/index.php?option=com_content&view=article&id=323:intervista-a-don-davide-pagliarani&catid=35:info-sulla-fsspx&Itemid=123

[2]«[…], jedoch wurde die Frage nach dem kirchenrechtlichen Status bislang nicht beantwortet», (http://www.piusbruderschaft.de/startseite/archiv-news/734-beziehungen_zu_rom/5766-generaloberer-nach-rom-gebeten).

[3]Mons. R. Williamson, Commentaire Eleison 20 août2011, http://tradinews.blogspot.com/2011/08/mgr-williamson-commentaire-eleison-les.html

[4]Mons. Fellay, in Fideliter n. 171, maggio-giugno 2006, pp. 40-41.

[5]Dichiarazione dell’ultimo Capitolo generale della FSSPX, fatta «nell’intento della più grande trasparenza possibile, e per evitare anche qualsiasi falsa speranza o illusione».

[6]Ad esempio, nell’omelia del 2 febbraio 2006 a Flavigny.

[7]Dichiarazione dell’ultimo Capitolo della FSSPX (cfr. nota 5).

[8]Omelia di mons. Fellay a Saint-Malô, nella S. Messa dell’Assunta 2008.

[9]Intervista al Superiore del Distretto italiano della FSSPX (cfr. nota 1).

[10]Nota della Segreteria di Stato Vaticana, 4 febbraio 2009.

[11]Secondo le espressioni del Pontefice regnante nell’udienza dell’estate 2005.
images/icones/bravo.gif  ( 633112 )Le deuxième article par Raoul (2012-05-14 17:26:40) 
[en réponse à 633109]

Le “rite propre” et l’ “herméneutique de continuité” sont-ils suffisants?


Notre Rédaction, suite au compte-rendu de la visite canonique de l’Institut du Bon Pasteur, reçoit des questions qui peuvent être résumées par le titre de cette intervention. La question nous semble avoir un intérêt ecclésial majeur, sans compter les sollicitations à nous prononcer présentes dans plusieurs articles parus sur le sujet, comme celui du supérieur du district italien de la Fraternité Sacerdotale S. Pie X. Nous exposerons donc certaines considérations à nos lecteurs, lesquelles - évidemment - n’engagent que la ligne éditoriale de cette libre revue.

Le texte produit par la Rev. Commission Pontificale Ecclesia Dei propose à l’Institut du Bon Pasteur certaines indications, d’ordre en partie pratico-juridique et en partie théologico-pastorale. Ces indications touchent aussi les « spécificités » de l’ Institut, non en termes péremptoires, mais plutôt par mode de conseil : au sujet de la célébration de la Messe traditionnelle telle qu’elle est prévue par les Statuts, la Commission invite à parler de « rite propre », nous citons littéralement, « sans parler d’exclusivité » (invitation à modifier les Statuts fondateurs ? ). Elle demande aussi - et sur ce dernier point avec une formulation un peu plus forte - de diminuer la « critique, même sérieuse et constructive » des aspects du Concile Vatican II qui soulèvent des difficultés, pour insister davantage « sur l’herméneutique du renouvellement dans la continuité », en adoptant « comme base » le « Nouveau Catéchisme ».

Quant à ces deux points, la question, loin d’être une simple question terminologique, nous apparaît cruciale pour le futur du Bon Pasteur. Du reste la Commission semble avoir voulu, dans son ensemble, présenter son propre point de vue théologico-liturgique et, ne s’agissant pas toujours d’ordres formels, elle laisse le choix au Chapitre Général.



La nature de l’écrit de Mgr Pozzo et les circonstances historiques

Le document est le résultat de la visite canonique effectuée après le délai des six ans depuis la fondation de l’Institut. Nous rappelons que la reconnaissance de ce dernier a été voulue personnellement par le Saint Père Benoit XVI, pour offrir la possibilité de l’«expérience de la Tradition» avec deux spécificités expressément prévues par les Statuts (approuvés par Rome) et en vertu desquelles on a parlé d’ « avancement » de la cause traditionnelle : la célébration exclusive de la « Messe grégorienne » (selon l’expression du Cardinal Castrillon Hoyos) et la possibilité explicite d’une « critique sérieuse et constructive » des points du Concile Vatican II qui paraissent difficilement conciliables avec la Tradition.

Or, du point de vue liturgique le texte affirme qu’il serait souhaitable d’uniformiser les Statuts de l’Institut avec l’ « esprit » du Motu Proprio Summorum Pontificum, paru un an plus tard, en éliminant le mot exclusive, et en le remplaçant par l’expression « rite propre » (expression qui, étant déjà présente dans les Statuts à deux endroits, est donc invoquée en opposition avec l’autre et non en intégration). Notons cependant que cette expression, telle qu’elle a été rédigée par le Saint Siège en 2006, n’est pas incompatible avec la récente législation en la matière ; elle est plutôt la reconnaissance juridique d’une spécificité. Dans l’Eglise l’existence d’une loi générale (et, en ce cas spécifique, simplement d’une orientation) n’empêche pas la reconnaissance d’un droit propre : a fortiori si l’on est en présence d’une approbation antérieure de l’autorité ecclésiastique. Dans cette perspective on peut comprendre que l’indication de la Commission soit de l’ordre de l’invitation.

Du point de vue théologique le document invite à privilégier l’ “herméneutique du renouvellement dans la continuité” plutôt que la “critique, même sérieuse et constructive” et, de manière plus générale exhorte à une disposition “positive”. La Commission semble reconnaître que l’attitude du Bon Pasteur n’est pas celle d’une critique sauvage, irrespectueuse, extrémiste et téméraire, mais qu’elle reste conforme aux engagements écrits de 2006. Dans ce contexte l’Institut, du moment qu’il n’y a pas plein accord sur certaines positions doctrinales, souscrivait un « accord pratico-canonique », qui incluait aussi les deux points susmentionnés, dans un esprit de collaboration filiale avec le Saint Siège, et en prenant au sérieux les déclarations de S. Em. le Card. Castrillon Hoyos, lequel a confirmé que, si l’on a l’évidence d’incohérences, « la critique sérieuse et constructive est un grand service à rendre à l’Eglise ».



Une proposition de réflexion

Le texte cité est à accueillir avec le respect dû à un document provenant d’un Dicastère romain, et en même temps dans ce même esprit d’ouverture et de franchise dans lequel nous nous sommes engagés à l’époque. Il contient des indications d’ordre pratico-juridique inspirées par la sollicitude en vue d’un perfectionnement de la justice administrative qui doit caractériser toute société ; précieuse nous apparaît l’invitation à approfondir « le pastorat du Christ » ; inévitablement dans une jeune fondation certains aspects doivent être améliorés, et la Commission offre des indications qui ne sont pas à sous-évaluer. Mais le document demande aussi de reconsidérer deux points qui constituent les spécificités de l’Institut ; sur ce dernier aspect, notre point de vue s’écarte de celui du rapporteur.



La célébration « exclusivement » dans le rite traditionnel

Nous ne voyons pas d’incompatibilité législative entre une telle faculté et le Motu Proprio Summorum Pontificum, entre autre parce que la référence à laquelle on fait allusion, qui dit qu’il ne faut pas « exclure, en ligne de principe, la célébration selon les nouveaux livres », n’est pas contenue dans la partie normative, mais dans la lettre argumentative. D’ailleurs le passage peut être entendu comme une recommandation à ne pas exclure que d’autres prêtres catholiques célèbrent selon les nouveaux livres, au vu des condamnations généralisées qui parfois ont été prononcées dans certains milieux (qui ont soutenu catégoriquement que la célébration selon les nouveaux rites est ipso facto matière de péché mortel). En tout cas il n’a pas été posé par le Suprême Législateur comme une obligation de loi. Même l’instruction Universae Ecclesiae (l’art. 19 par exemple) affirme seulement l’impossibilité d’une exclusivité qui se joindrait à des attaques violentes (sint infensae) et à des sentences catégoriques contre les textes approuvés par le Saint Siège ; toutefois le document n’exclut pas la possibilité de nourrir des réserves théologiques, il n’empêche pas d’agir de façon conséquente (lire ici), il n’impose pas le biritualisme comme une obligation.

Nous avons écrit dans le passé qu’à ce propos nous faisons nôtres les réserves que partageait S. Em. le Card. Ottaviani lorsqu’il écrivit la lettre accompagnant le Bref examen critique du Novus Ordo Missae. Tant de prélats, dont le Pontife Régnant n’est pas le moindre, ont déjà écrit en demandant une « réforme de la réforme » ; il doit bien y avoir une raison… Il nous semble donc que le terme exclusive exprime bien notre position, et il a été admis comme tel par le Saint Siège dans nos Statuts, dans une attitude de loyauté réciproque. Sans vouloir nous substituer à l’autorité ecclésiastique quant à un futur jugement, nous affirmons, avec prudence et modération mais sans fard, notre avis : qui n’est pas péremptoire, mais qui voudrait être franc et qui suppose d’agir en conséquence. Si nous n’agissions pas ainsi et si nous cachions la pensée de nos cœurs, ou pire encore si nous agissions contre notre conscience, nous manquerions réellement de respect à cette Autorité que nous voulons servir dans la clarté des positions. Nous pensons donc que le terme « exclusive » doit être maintenu, et ce, conformément aux engagements pris publiquement par nous. Le Bon Pasteur en effet n’est pas né pour s’occuper de son propre intérêt personnel - vitam suam dat pro ovibus suis – mais pour offrir un témoignage de la possibilité d’une position ecclésiale qui inclut les présupposés cités.



La “critique sérieuse et constructive”

En effet en ces six ans nous nous sommes efforcés – ici encore en observant les engagements pris avec le Saint Siège – d’analyser les documents plus récents dans un esprit serein, déférent, mais sans cacher a priori certaines difficultés réelles de conciliation avec la Tradition. Cette attitude aurait été non seulement peu scientifique théologiquement, mais surtout déloyale envers l’Eglise. Cela ne suffit pas ? Ce positionnement n’exclut pas a priori le fait que certains points problématiques de tel ou tel document puissent être interprétés selon une lecture de « continuité dans l’herméneutique théologique », tout en présentant parfois des expressions ambigües. La critique « sérieuse et constructive » n’exclut pas forcement l’éventualité, là où c’est possible, de lire des passages nouveaux en continuité avec le Magistère antérieur ; mais elle veut aussi exprimer la possibilité - et le devoir filial - de dire ouvertement au Saint Siège que certains points pourraient demander une reconsidération. En raison du pouvoir des Clés, dans le suprême hommage à la Vérité et dans l’intérêt de l’Eglise, le Souverain Pontife peut le faire avec des textes magistériels non infaillibles, surtout là où la continuité ne serait pas démontrée. Si avec notre histoire nous obscurcissions délibérément cet humble témoignage, nous manquerions gravement de respect envers le Siège Apostolique ; nous serions à la recherche d’un bénéfice personnel immédiat – fut-il même social – « pro domo sua », en délaissant l’engagement en vertu duquel certains ont adhéré à cet Institut, engagement que le Saint Siège a approuvé par écrit voilà seulement six ans.



Le danger de l’obéissance indue ou du servilisme et de la perte de ce que nous représentons

Nous avons voulu offrir nos considérations, en tenant compte de la nature de l’Institut du Bon Pasteur. Il serait, s’il se privait de ses spécificités statutaires, - tel est l’avis de notre revue – radicalement dénaturé et nous nous demandons : sans l’ « exclusive » et en mettant de coté la « critique sérieuse et constructive », le Bon Pasteur conserverait-il sa raison d’exister ? Pourquoi ne pas préférer quelque autre Congrégation ? Après l’ « esprit du Concile » avons-nous vraiment besoin d’un « esprit du Motu proprio », érigé en norme ? Dans les actuelles circonstances n’est-t-il pas important de rappeler une claire distinction entre une argumentation et une obligation, une invitation et une loi, une opinion (quoique autorisée) et un clair enseignement ? Si nous confirmons l’impression que les concessions prévues par des accords sont instables, rendrions-nous service à l’Eglise ? Un savant comme Mgr Nicola Bux a évité de dogmatiser, en l’emphatisant outre-mesure, l’herméneutique de la continuité (que les progressistes continuent tranquillement à ignorer), en disant de façon sobre qu’elle « a fourni un critère pour aborder la question et non pas pour la fermer » : serions-nous crédibles si nous voulions être (ou feindre d’être) plus « ratzingeriens » que Mgr Bux ?

En outre, est-il réaliste de penser que la Fraternité Saint Pie X adopte, maintenant ou d’ici six ans, les indications qui nous sont suggérées ? Et pourtant, si certaines positions étaient juridiquement incompatibles - et ecclésialement impossibles - elles le seraient dans un esprit de droit, tant pour la Fraternité Saint Pie X que pour l’Institut du Bon Pasteur (qui n’a pas demandé la « contrepartie » des préalables) : confiants dans la Providence, nous devons donc déduire, qu’elles ne sont que des invitations. Nous ne négligeons pas qu’aujourd’hui il y a dans l’Eglise des poussées et de gravissimes difficultés; mais il nous semble que les spécificités de l’Institut du Bon Pasteur, plus qu’un obstacle au bien du Corps mystique, sont un humble et sincère service à l’Eglise.



Don Stefano Carusi IBP
images/icones/1i.gif  ( 633119 )oups par Raoul (2012-05-14 18:16:16) 
[en réponse à 633109]

Simoulin et non pas Simoulins.

Petite précision: lorsque je dis que le texte de monsieur l'abbé est pathétique, je parle du passage concernant l'IBP....
images/icones/1n.gif  ( 633125 )en tout cas par jejomau (2012-05-14 20:06:18) 
[en réponse à 633109]

moi, j'ai rien compris !
images/icones/1e.gif  ( 633126 )Si tout le monde comprend, par M (2012-05-14 20:26:39) 
[en réponse à 633125]

c'est moins drôle!
Alors que là, savoir que beaucoup ne comprennent pas donne un
certain cachet !
Comprenez vous ?
Sinon, aucun intérêt à se faire comprendre !
Vous comprenez ?


M... ( qui commence à comprendre .....)
images/icones/1x.gif  ( 633134 )Y'a rien à comprendre par Caius (2012-05-14 22:35:38) 
[en réponse à 633125]

Encore une de ces manifestations inutiles qui ne mène à rien et qui ne sert à rien. C'est comme cela, dans le tradiland on aime faire mumuse et s'amuser à se faire peur et pendant ce temps tout s'effondre autour de nous! A défaut de Nérons qui jouent de la lyre nous avons des théologiens qui en sont encore à débattre du concile!
Rupture, continuité et c'est reparti pour un tour, continuité rupture et on repart pour un tour de manège!
images/icones/musique.gif  ( 633136 )Néron jouait de la Lyre ? par jejomau (2012-05-14 22:56:46) 
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Voilà enfin quelque chose que j'ai appris ce soir !
images/icones/1b.gif  ( 633139 )Mais oui! par Don Henri (2012-05-14 23:49:08) 
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