Deux rites également valides, cela signifie que la lex credendi et la lex orandi de tous les deux sont équivalentes. La forme ordinaire – comme Paul VI lui-même l’a déclaré dans son introduction à la première édition de son missel – réaffirme la théologie traditionnelle de la messe comme sacrifice et la présence réelle. Ainsi, les changements de 1969 n’ouvrent pas la voie, contrairement à ce que beaucoup ont laissé entendre, à une interprétation néo-protestante de “ la Cène du Seigneur ”.
Au grand soulagement de beaucoup, cette reconnaissance de deux rites également valides est conçue pour mettre un terme à la division entre “ tradis ” et “ progressistes ” qui a fait tant de mal à l’Église depuis les années 1960. Le pape voit la forme extraordinaire comme une “ pierre angulaire ” à même de soutenir le sens du sacré chez ceux privilégiant la forme ordinaire qui reste la forme habituelle de la liturgie. Et c’est le sens du sacré, comme le cardinal Ratzinger l’a souligné en son temps, que les jeunes recherchent mais qu’ils ont souvent du mal à trouver dans l’Église postconciliaire.
Il est ironique de constater, alors que l’on était convaincu dans les années 70 que le désir de “ messe traditionnelle ” n’aurait pas survécu aux générations pré-Vatican II, que ce sont aujourd’hui les jeunes – ceux réfléchissant à leur vocation, les jeunes prêtres, les jeunes laïcs ayant des enfants à qui transmettre leur Foi – qui demandent avec le plus d’insistance de participer à la forme extraordinaire et, à travers elle, à la renaissance de l’Église. Le flambeau de la sainteté de la Messe – dans ses deux formes – a été transmis avec succès à une nouvelle génération de fidèles. Comme le fait remarquer le Père Argouac’h dans un numéro récent de Réforme Liturgique, la Messe est le cœur non seulement de l’Église mais aussi de la Chrétienté.....
..... L’herméneutique de continuité a fait son chemin et ce sont les pratiques liturgiques laxistes des années 60 et 70 qui disparaissent avec toute une génération d’évêques et de clergé. Ceux qui sont allés à Rome ces dernières années pour discuter de ces sujets en sont revenus grandement encouragés. La discipline de l’Église est, doucement mais fermement, en cours de restauration par le successeur de Pierre.
L’instruction Universæ Ecclesiæ ne laissant aucun doute sur les intentions du Saint Père au regard de Summorum Pontificum, les religieux et les laïcs désireux d’un plus large usage de la forme extraordinaire ont aujourd’hui l’appui des plus hautes autorités lorsqu’ils discutent de liturgie avec leurs évêques.
Avec cette inversion de tendance, deux questions fondamentales se posent : quelle voie suivre pour la forme extraordinaire, reconnue désormais comme le standard en matière de sainteté ? et que faire pour exprimer cette même sainteté dans les célébrations selon la forme ordinaire ?
Qu’en est-il de l’avenir ? S’il doit y avoir un changement significatif dans la promotion du Sacré dans la liturgie, les évêques doivent devenir partie intégrante de la solution et ne pas rester une partie substantielle du problème. En France, bien peu d’entre eux sont ouverts au changement, bien que la déchristianisation du pays se poursuive à un rythme soutenu au cours de leur mandat, dans une large mesure en raison de la “ désintégration ” de la liturgie. Mais une évolution est attendue au cours des cinq prochaines années compte tenu de la moyenne d’âge des évêques, à condition que les nouveaux évêques soient choisis par la Congrégation pour les Évêques selon les orientations actuelles
« Ce sont aujourd’hui les jeunes – ceux réfléchissant à leur vocation, les jeunes prêtres, les jeunes laïcs ayant des enfants à qui transmettre leur Foi – qui demandent avec le plus d’insistance de participer à la forme extraordinaire et, à travers elle, à la renaissance de l’Église » : oui, le fait que la jeunesse soit demandeuse, en France comme aux États-Unis, plus nettement peut-être qu’en Angleterre ou qu'en Italie, de la diffusion de la forme extraordinaire frappe les esprits. Nos sondages, comme les statistiques que nous publions sur les séminaires et les observations faites sur le terrain – dans les lieux de culte ouverts à la forme extraordinaire comme sur les routes du pèlerinage de Chartres – illustrent bien l’adhésion des plus jeunes des catholiques au geste du Saint Père. Drôle de " retour en arrière " qu’on reproche à des jeunes dont la plupart n’avaient connu que la messe ordinaire avant de découvrir et de préférer l’extraordinaire. Oui, comme le pape l’a souhaité, la liturgie traditionnelle nourrit le sens du sacré des futurs prêtres comme des jeunes foyers.
Il semble que dans le diocèse de Metz, les enfants soient invités à participer à des liturgies les conduisant vers l’abandon de la foi catholique. C’est particulièrement flagrant quand on voit ce qu’on fait faire aux jeunes du secteur interparoissial de Bouzonville :
« A Leiding : lors de chaque messe dominicale, les enfants se retrouvent à la sacristie pour une liturgie de la parole plus adaptée à leur âge. Le retour dans l'assemblée se fait après la prière universelle pour la liturgie eucharistique. Les enfants ont quelque chose à partager avec l'assemblée : une prière, un objet symbolique, un chant ou un texte avec gestuelle...
A Bouzonville : Tous les quinze jours, lors de la messe dominicale de 10 h 30, les Jeunes et les Enfants sont invités à prier, à chanter et à célébrer la liturgie à leur manière, en présence des adultes. Ils découvrent qu'adultes, jeunes et enfants ont besoin les uns des autres pour dire Dieu, pour grandir dans la foi en partageant la Parole et le Pain de Vie.
A Rémelfang : Les Jeunes et les Enfants participent à la célébration eucharistique. »
Que peut-il être fait pour mieux évoquer le sacré dans la célébration de la forme ordinaire ? Il est intéressant de noter que les principaux éléments qui sont souvent considérés comme affectant la sainteté avec laquelle la forme ordinaire est célébrée ne sont pas imposés par les textes, mais simplement autorisés “ pour des raisons pastorales ”. Ainsi, le langage normatif reste le latin, mais les célébrations en langue vernaculaire sont autorisées “ pour des raisons pastorales ”. La même chose s’applique à l’orientation versus populum, à la distribution de l’eucharistie par “ des ministres extraordinaires ” et à la réception de la communion dans la main. Comme le pape l’a souligné, le latin peut toujours être introduit avec profit, tout comme le chant grégorien. Et l’Institutio generalis Romani Missalis (2000) stipule que la distinction entre le sanctuaire et le reste de l’église subsiste et que rien n’oblige à supprimer les rampes de communion des églises anciennes tout comme rien n’interdit leur érection dans les nouvelles.
Rien n’empêche donc les évêques de mettre un terme ou un frein à ces pratiques que les fidèles croient, à tort, partie intégrante de la forme ordinaire. Célébrer ad orientem et recevoir la communion sur les lèvres et à genoux (comme le pape le préconise lorsqu’il célèbre) suffiraient pour faire la différence, pas simplement en matière de sainteté de la célébration mais aussi en aidant à redonner au sacerdoce sa signification traditionnelle. C’est un point crucial pour la découverte de nouvelles vocations dont la forme ordinaire a si tragiquement besoin, problème qui ne se pose pas actuellement pour la forme extraordinaire
Le rit ordinaire périra probablement assez vite en France en tout cas.
A Rome est en cours (7 - 10 mai) le XII Congrès européen de catéchèse, organisé par le Conseil des Conférences épiscopales d'Europe. Consacré à l'initiation chrétienne dans la perspective de la nouvelle évangélisation, il se penchera en particulier sur les jeunes de 7 à 16 ans. La coordination des travaux est assurée par la Commission catéchèse, école et université de la CCEE, les directeurs nationaux et les autres organismes épiscopaux en charge de la catéchèse. Cette réflexion, qui se place dans la perspective de la prochaine Année de la foi, coîncide avec le vingtième anniversaire du Catéchisme de l'Eglise catholique et le cinquantième de l'ouverture du concile Vatican II. Hier, en ouverture, ont été présentés les résultats d'une enquête auprès de 3.600 enfants et adolescents européens, qui servira de base de travail aux congressistes. Ces derniers vont successivement aborder l'influence de la famille, des amis et de l'école sur l'initiation chrétienne de la jeunesse, mais aussi étudier la communauté, ses membres et la vie liturgique, le cheminement personnel de l'enfant vers Dieu. Demain ils assiteront à Ste.Marie Majeure à la messe pour l'Europe que célébrera le Cardinal Peter Erdö, Archevêque d'Esztergom-Budapest (Hongrie) et actuel Président de la CCEE
« Il paraît que les choses changent ; je le crois volontiers dans quelques rares établissements dont le directeur a eu la chance d’échapper à ces niaiseries et bénéficie d’une solide formation spirituelle. J’en connais un et je sais les difficultés auxquelles il est confronté pour épurer les équipes d’aumônerie vieillissantes. Mais dans la plupart des écoles, collèges, lycées catholiques, la formation religieuse demeure inexistante, facultative lorsqu’elle est proposée, et confiée aux mêmes incompétents qu’autrefois. Finalement, la vie chrétienne se limite à ce vague humanisme hébété et à la « solidarité » au profit du CCFD et d’autres organismes à la catholicité douteuse. Entre une intervention du Planning Familial et une distribution de préservatifs dans la cour du lycée. Et on s’étonne que la plupart vivent en athée ? Ceux qui, comme moi, ont survécu à ce traitement sont des extraterrestres ou des miraculés. Deo gratias ! »