
( 632627 )
Discours de Saint Grégoire de Naziance par ami de la Miséricorde (2012-05-09 09:42:29)
" Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux"
"Tu dois savoir d'où vient pour toi l'existence, le souffle, l'intelligence et, ce qu'il y a de plus précieux, la connaissance de Dieu; l'espérance du Royaume des cieux, et celle de contempler la gloire que tu vois aujourd'hui de manière obscure, comme dans un miroir, mais que tu verras demain dans toute sa pureté et son éclat. D'où vient que tu sois fils de Dieu, héritier avec le Christ et, j'oserai le dire, que tu sois toi-même un dieu? D'où vient tout cela, et par qui?
Ou encore, pour parler de choses moins importantes, celles qui se voient: qui t'a donné de voir la beauté du ciel, la course du soleil, le cycle de la lune, les astres innombrables et, en tout cela, l'harmonie et l'ordre, qui les conduisent ainsi, à la manière d'une lyre bien accordée?
Qui donc t'a donné la pluie, l'agriculture, les aliments, les arts, l'administration, les lois, la cité, une vie civilisée, des relations familières avec tes semblables? D'où vient que, parmi les animaux, certains sont apprivoisés et domestiqués, tandis que d'autres fournissent ta nourriture? Qui t'a établi seigneur et roi de tout ce qui vit sur la terre? Qui donc, pour arrêter là cette énumération, t'a donné tout ce qui fait de toi un homme, supérieur à toutes les autres créatures?
N'est-ce pas celui qui, avant toute chose et en retour de tous ses dons, te demande d'aimer les hommes? Est-ce que nous ne serions pas méprisables si, après tout ce qu'il nous donne, de fait ou en espérance, nous ne lui apportions pas cette seule chose: aimer les hommes? Alors que lui, notre Dieu et notre Seigneur, n'a pas honte d'être appelé notre Père, allons-nous renier nos frères?
Non, mes frères et mes amis, ne soyons pas les gérants malhonnêtes des biens qui nous ont été confiés. Ne risquons pas d'entendre saint Pierre nous dire: « Ayez honte, vous qui retenez le bien d'autrui. Imitez l'équité de Dieu, et il n'y aura plus de pauvre. »
Ne nous donnons pas tant de peine pour amasser et conserver quand d'autres souffrent la peine de la pauvreté; car autrement nous subirions les malédictions et menaces acerbes du prophète Amos qui commencent ainsi : Ecoutez bien, vous qui dites: Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée pour gue nous puissions vendre, et le sabbat, pour que nous puissions ouvrir nos magasins?
Pratiquons nous-mêmes cette loi sublime et primordiale de Dieu, qui fait pleuvoir pour les justes et les pécheurs et qui fait lever son soleil également pour tous. Il déploie pour tous les immenses étendues de la terre en friche, les sources, les fleuves et les forêts; aux oiseaux il donne l'air, et l'eau à toutes les bêtes aquatiques. Il donne généreusement les ressources nécessaires à la vie de tous; celles-ci ne sont pas confisquées par les puissants, limitées par une loi, rationnées. Elles sont communes, abondantes et par conséquent Dieu les offre sans que personne soit frustré. Car il veut honorer par cette égalité dans ses dons l'égale dignité de la nature, et montrer toute la générosité de sa bienfaisance."
Des Discours de Saint Grégoire de Nazianze, évêque (Disc.14 sur l'amour des pauvres, 23-25; PG 35, 887-890)
Source : vatican.va
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 632629 )
Méditation avec l'Imitation de Jésus-Christ par ami de la Miséricorde (2012-05-09 09:45:37)
[en réponse à 632627]
Livre III Qu'il ne faut pas que notre paix dépende des hommes
1. [...] Vous devez être mort à toutes ces affections humaines, jusqu'à souhaiter de n'avoir, s'il se pouvait, aucun commerce avec les hommes. Plus l'homme s'éloigne des consolations de la terre, plus il s'approche de Dieu. Et il s'élève d'autant plus vers Dieu qu'il descend plus profond en lui-même, et qu'il est plus vil à ses propres yeux.
Source : L'Imitation de Jésus-Christ traduit par l'abbé F. de Lamennais, Dijon, Pellion et Marchet Frères, 1870.
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 632645 )
Il est curieux par Yves Daoudal (2012-05-09 11:55:50)
[en réponse à 632627]
de constater que Grégoire, pourtant fils de l'évêque de Nazianze (il est né l'année où son père devenait évêque), ne se fit baptiser, comme son ami Basile, que vers l'âge de 30 ans, et encore, parce qu'ils avaient décidé d'être moines (et ils furent bientôt prêtres et évêques). Sa soeur sainte Gorgonie et son frère saint Césaire ne se firent baptiser que peu avant leur mort, comme c'était la coutume.
Ah, l'Eglise de toujours...

( 632658 )
Pas tellement... par Vianney (2012-05-09 14:52:22)
[en réponse à 632645]
L’Église n’a encouragé le baptême précoce qu’une fois que la société dans laquelle devait grandir le baptisé a présenté des garanties suffisantes : “Ainsi, explique l’Année Liturgique de Dom Guéranger (fête de saint Cyrille de Jérusalem), a-t-il fallu l’affermissement incontesté de l’empire de l’Homme-Dieu sur le monde, pour que la pratique du baptême des enfants soit devenue générale comme elle l’est aujourd’hui”.
Le même auteur envisageait que l’Église revienne “à la discipline de ce premier âge” “si l’Église doit être amenée à constater un jour que toute garantie du côté de la société fait désormais vraiment défaut au baptême”...
V.

( 632666 )
Oui et non... par Yves Daoudal (2012-05-09 16:26:48)
[en réponse à 632658]
L'auteur de ce texte (dont on ne voit que trop que ce n'est pas dom Guéranger) écrit exactement:
Et même, n'en doutons pas : si l'Eglise doit être amenée à constater un jour que toute garantie du cote de la société fait désormais vraiment défaut au saint baptême, elle reviendra à la discipline de ce premier âge, où la grâce du sacrement qui fait les chrétiens n'était point accordée comme aujourd'hui indistinctement à tous, mais seulement aux adultes qui s'en montraient dignes, ou aux enfants dont les familles présentaient les assurances nécessaires à sa responsabilité de Mère et d'Epouse.
Or j'évoque un temps où les chrétiens, y compris les enfants d'un évêque, se faisaient baptiser sur leur lit de mort, à moins de vouloir entrer dans les ordres. Le frère et la soeur de saint Grégoire de Nazianze, par exemple, premièrement avaient une famille qui présentait de façon très éminente les qualités requises, deuxièmement se montraient si dignes du nom de chrétien qu'ils sont tous deux canonisés. Or ils ne se sont fait baptiser qu'avant de mourir.

( 632668 )
Il ne faut pas généraliser par Vianney (2012-05-09 16:49:42)
[en réponse à 632666]
Recevoir le baptême à l’article de la mort était une pratique relativement courante, mais elle ne correspondait pas au souhait de l’Église, sans quoi quels auraient été les bénéficiaires des sacrements des vivants ? Ils n’étaient pourtant pas réservés au seul clergé...
Soit dit en passant, cette pratique (souvent contestable) tend à montrer l’absurdité de ceux qui, comme le P. Feeney, prétendent que le baptême de désir est d’invention récente et n’a aucun fondement dans la tradition de l’Église.
V.