Le Forum Catholique

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images/icones/coeurbrise.gif  ( 630004 )menace de schisme liturqique progressiste, au moins toléré par deux cardinaux par Presbu (2012-04-13 19:32:59) 

ce que nous résume Sandro Magister dans son blog :
Ce qui s’est passé, c’est que le conseil pontifical pour les laïcs, présidé par le cardinal Stanislaw Rylko, avait préparé le texte d’un décret d’approbation globale de toutes les célébrations liturgiques et extra-liturgiques du Chemin néocatéchuménal(...). Le décret avait été rédigé sur les indications de la congrégation pour le culte divin, présidée par le cardinal Antonio Cañizares Llovera.

===>Vu l'ancienneté des innovations liturgiques soufflées à Kiko Argüello et alii par une série de théologiens porogressites dès les années 1970, et surtout l'isolationnisme quasi-sectaire des formations et pédagogique du 'Camino', je prévois que la grande majorité de ses prêtres refuseront d'abandonner leur 'droit acquis pour les célébrations eucharistiques' = devenu une nouvelle Tradition Légitime (sic)
===> Ce retrait de la communion entière avec Rome sera la caricature empoisonnée ( et bien plus grave) de l'exil à Écône de Mgr Lefebvre. Comment le cardinal Canizares réussira-t-il à manger son chapeau? Mieux que l'ex-cardinal BILLOT il y a quatrevingt-cinq ans?
images/icones/fleche2.gif  ( 630165 )Le schisme progressiste a été formalisé de facto en 1989. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-15 14:14:11) 
[en réponse à 630004]

Bonjour Presbu et bon dimanche.

Je viens de retrouver, dans mes archives personnelles, le n° 327 (juin 1989) du mensuel "Le Spectacle du Monde", numéro dans lequel figure un article de Michel de Jaeghere, article intitulé : "Le schisme progressiste".

Dans cet article, l'auteur évoque tout un processus, enclenché à partir de 1985 (grosso modo à partir de la parution d'Entretiens sur la Foi), un processus de rébellion interne contre l'autorité doctrinale et pastorale du Saint Siège, un processus qui est formalisé, à cette époque là, au moyen de la Déclaration de Cologne, du 25 janvier 1989, dans laquelle 172 théologiens allemands, autrichiens, suisses, accusent l'Eglise de "trahir son Evangile, en ayant recours à des formes discutables de gouvernement".

Je vous précise ou vous rappelle les documents suivants :

La CDF et la théologie de la libération en 1984

La CDF et la théologie de la libération en 1986

Donum Vitae (1987)

Profession de foi (1988)

Ad Tuendam Fidem (1988)

C'est contre ces documents là qu'ont réagi les auteurs de la Déclaration de Cologne de fin janvier 1989 et ceux qui se sont inscrits dans leur sillage, en février, en mars, puis en avril 1989.

Voici un article de Monsieur l'Abbé Claude BARTHE, article qui permet de bien comprendre le contexte de l'époque :

Le postcatholicisme.

1989, c'est aussi l'année de la parution

- de "Fonctionnaires de Dieu" de Eugen DREWERMANN ;

- de "Ma liberté dans l'Eglise" et de "Monseigneur des autres", de Monseigneur Jacques GAILLOT ;

- de l'ouvrage collectif intitulé : "le Rêve de Compostelle".

En d'autres termes, et contrairement à ce que l'on dit fréquemment, il n'y pas eu, à la fin des années 1980, asymétrie absolue, à travers

- le seul schisme "intégriste" ou traditionaliste, d'un côté

- aucun schisme "progressiste" ou humanitariste, de l'autre côté.

Il y a eu asymétrie relative,

- entre un schisme formalisé officiel ou de jure, le schisme "intégriste"

- et un schisme formalisé effectif ou de facto, le schisme "progressiste".

C'est, en tout cas, ma vision des choses, la plus argumentée et documentée possible.

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 630169 )Une petite correction et une grande précision. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-15 15:42:05) 
[en réponse à 630004]

Rebonjour,

D'une part, Ad Tuendam Fidem date du 18 mai 1998, et non de 1988, ce qui ne modifie pas fondamentalement mon raisonnement, d'autant plus que Ad Tuendam Fidem fait référence, d'une manière explicite à la Profession de Foi, datée du 1er jullet 1988, et publiée début janvier 1989.

Il s'agit du texte de la « Profession de Foi et du Serment de fidélité à utiliser au moment d'assumer une charge que l'on exercera au nom de l'Église » qui a été publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 9 janvier 1989 [AAS 81 (1989) 104-106].

D'autre part, il y a eu, le 24 mai 1990, donc un peu moins de deux ans après la Profession de Foi de 1988-1989, un autre document, qui a constitué une autre tentative de recadrage des théologiens progressistes, et schismatiques effectifs ou de facto, qui sont apparus dans la deuxième moitié des années 1980 :

Donum Veritatis

De mon point de vue, les schismes, c'est un peu comme les hémorragies : or, s'il y a des hémorragies externes, il y a aussi des hémorragies internes, ainsi que des hémorragies extériorisées...

Pour ces évêques et pour ces théologiens, tout tentative de recentrage, par rapport à l'élan, à l'esprit du Concile, est synonyme d'une tentative de restauration, laquelle ne s'affiche ni ne s'assume en tant que telle, car elle ne dit pas vraiment son nom.

J'y vois

1 - la preuve que ces rebelles de l'intérieur savent très bien ce qu'ils ont le plus à craindre, notamment compte tenu de leurs positions, intellectuelles et institutionnelles, au sein même de l'Eglise catholique ;

2 - la raison pour laquelle ces rebelles de l'intérieur agissent comme ils le font, au moyen d'un "incrémentalisme téléologique", de revendications en surenchères, en matière doctrinale, liturgique, pastorale, dans l'espoir

- de créer un "effet de cliquet", une "irréversibilité programmatique", en entretenant un rapport de forces, par ringardisation ou stigmatisation,

et

- de rendre ainsi "définitivement inenvisageable" une éventuelle perspective de restauration, c'est-à-dire de retour, non en arrière, mais à l'essentiel.

A bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 630369 )Une autre marque du "schisme" progressiste de 1988-1989. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-17 16:53:00) 
[en réponse à 630169]

Rebonjour,

1. Voici (en provenance de Wikipédia) :

" John HICK, né le 20 janvier 1922 à Scarborough (Yorkshire du Nord), et mort le 9 février 2012, est un philosophe et un théologien britannique connu pour ses travaux en philosophie de la religion.

D'abord missionnaire évangélicaliste, il a contribué à la manière de penser le pluralisme religieux. Il devint protestant libéral après de nombreuses années passées en Inde.

Joseph Ratzinger, alors à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, le dénonça dans le cadre de sa polémique contre le pluralisme religieux comme le représentant le plus en vue du « relativisme » religieux.

Le thème directeur de HICK est l'égale dignité, l'égale vérité et l'égale efficacité en matière de salut de toutes les religions, idée qui n'est pas partagée par le catholicisme.

Lorsque la congrégation pour la doctrine de la foi mena une enquête sur les travaux de Roger Haight, Peter Phan et Jacques Dupuis, elle découvrit qu'ils avaient tous en commun HICK comme source d'inspiration.

C'est ainsi que, malgré lui, HICK aura été à l'origine de la déclaration Dominus Iesus.

Après avoir été membre de l'Église réformée unie en Grande-Bretagne (United Reformed Church), il est devenu en 2009 membre de la Société religieuse des Amis (quakers), un mouvement qu'il connaît depuis ses années d'étude en 1937-38 dans une école quaker de York, et avec lequel il semble avoir conservé des relations suivies. "

Œuvres majeures

(Avant la fin des années 1980 :)

Faith and Reason, 1957
Evil and the God of Love, 1966
Death and Eternal Life, 1976

(Au moment puis en aval de la fin des années 1980 :)

God has many names, 1988
An Interpretation of Religion, 1989
The Metaphor of God Incarnate, 1993

2. Voici (en provenance des éditions Parole et Silence) :

Charles MOREROD : La philosophie des religions de John HICK : la continuité des principes philosophiques de la période chrétienne orthodoxe à la période pluraliste

" Depuis la publication en 1957 de sa thèse de philosophie, sous le titre Faith and Knowledge (Foi et Connaissance), John HICK a publié plus de vingt-cinq livres et d'innombrables articles de philosophie de la religion.

Que cette abondante production ait été traduite en au moins dix-sept langues (mais pas en français) montre son importance dans la philosophie de la religion contemporaine.

Toute son œuvre vise à offrir un cadre d'interprétation du phénomène religieux qui soit crédible aujourd'hui, à côté de visions non-religieuses qui ont aussi leur crédibilité mais offrent à l'homme une perspective sans déploiement ni avenir.

Depuis les années 1970, il élabore un système philosophique de relation entre les religions qui entend les rendre compatibles sans réduire leur diversité.

Cet ouvrage présente un auteur " incontournable " et aide à comprendre que le cardinal Ratzinger ait pu le présenter comme " le représentant le plus en vue du relativisme religieux ".

L'Auteur se demande si un certain respect de toutes les religions ne revient pas à n'en respecter aucune. "

3. Une recension éclairante de l'ouvrage de Charles MOREROD figure de la page 367 à la page 369 de la Revue Thomiste, tome 108, numéro 2, avril-juin 2008.

4. L'ouvrage "Jésus-Christ à la rencontre des religions" du jésuite Jacques DUPUIS date de l'année 1989.

Pour être aussi complet et concis que possible, je précise que c'est avec l'ouvrage "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux" (1999) que l'alignement de l'approche de ce jésuite sur une partie de celle de John HICK est encore plus perceptible.

Bonne fin d'après-midi.

Scrutator.