Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=629921
images/icones/fleche3.gif  ( 629921 )La réponse de la FSSPX imminente... par FilsDeMarie (2012-04-12 19:25:42) 

Selon cet article de La Croix :


La réponse des lefebvristes au Vatican attendue dans les prochains jours
La Fraternité Saint-Pie-X devrait donner dans les prochains jours sa réponse à l’accord que lui a proposé Rome au terme de deux années de discussions doctrinales.




OÙ EN SONT LES DISCUSSIONS ENTRE ROME ET LA FSSPX ?
La réponse de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), séparée de Rome depuis 1988, serait imminente. À l’issue de deux années de dialogue théologique, le Saint-Siège avait proposé le 14 septembre, à la Fraternité, séparée de Rome depuis 1988, un Préambule doctrinal impliquant l’acceptation « des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l’Église », en vue de son retour dans la pleine communion.

La FSSPX a donné une première réponse, jugée par Rome insuffisante : lors d’ une rencontre au Vatican le 16 mars, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a invité Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité, à « bien vouloir clarifier sa position ».

Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de Presse du Saint-Siège a alors précisé que « la réponse de Mgr Fellay est attendue d’ici à environ un mois », c’est-à-dire ce 16 avril.

Interrogé jeudi 12 avril par La Croix, l’abbé Alain Lorans, porte-parole de la FSSPX, a répondu que « Mgr Fellay ne communiquera pas sur ce sujet (NDLR la lettre envoyée à Rome) avant que ne soit connue la réponse du Saint-Siège », laissant à Rome la responsabilité de la publication de la décision finale.

QUELS SCÉNARIOS POSSIBLES ?
Si la Fraternité signe l’accord, le Saint-Siège va lui proposer un statut canonique propre, au sein d’une prélature personnelle, comme pour l’Opus Dei. Avant d’ériger une prélature personnelle, le Saint-Siège doit, selon le code 294 du droit canonique, consulter au préalable « les conférences des évêques concernées. »

Toutefois, le dossier est compliqué par les tensions qui existent au sein de la Fraternité, certains étant violemment opposés à un accord avec Rome. Parmi les scénarios possibles, un ou plusieurs évêques lefebvristes pourraient refuser de se rallier, auquel cas, ils seraient de nouveau excommuniés.

« S’ils disent non, il faudra qu’ils expliquent pourquoi, et dans ce cas, leur refus portera sur des questions doctrinales… Ils risquent alors non plus le schisme mais l’hérésie », relève le P. Laurent Touze, vice-doyen de l’Université Sainte-Croix à Rome.

QUEL EST LE CLIMAT ACTUEL ?
Selon des sources concordantes, la conclusion de l’accord serait en bonne voie. À Rome comme à Écône, on souffle que « si la Fraternité ne signe pas maintenant, elle ne signera jamais ».

Conscient des tensions au sein de la Fraternité, Mgr Fellay a insisté sur le thème de l’obéissance dans son homélie du Jeudi Saint. « On prend des habitudes, justement, d’indépendance. On ne rend plus compte. On veut faire comme on veut. Ce sont des défauts, des mauvais plis, qui sont le résultat de la situation dans laquelle nous sommes et auxquels il faut veiller ».

Du côté des diocèses, en particulier en France, la signature de l’accord suscitera très probablement de vives réactions et incompréhensions. « J’ai peur du triomphalisme de la Fraternité et de la réaction de mes paroissiens, s’inquiétait jeudi 12 avril un jeune prêtre issu des rangs traditionalistes. La plupart se comporteront comme les fils aînés de la parabole, mécontents du retour du fils prodigue, et ce d’autant plus que le fils prodigue, lui, risque de ne pas arriver la tête basse dans une attitude de demande de pardon. »

CÉLINE HOYEAU

12/4/12 - 17 H 01 MIS À JOUR LE 12/4/12 - 18 H
images/icones/fleur.gif  ( 629932 )La Croix : "Selon des sources concordantes, la conclusion de l’accord serait en bonne voie" par Gaspard (2012-04-12 22:23:16) 
[en réponse à 629921]

La Croix semble résignée...
images/icones/iphone.jpg  ( 629933 )Ne nous réjouissons pas trop vite. par XA (2012-04-12 22:30:28) 
[en réponse à 629932]

Le Démon sait décourager les priants. Laissons les cômejectures à d'autres. Et retournons à nos intentions ferventes.

XA
images/icones/iphone.jpg  ( 629934 )Les points suivants par Anton (2012-04-12 23:07:36) 
[en réponse à 629921]

1
lors d’ une rencontre au Vatican le 16 mars....
2
« S’ils disent non, il faudra qu’ils expliquent pourquoi, et dans ce cas, leur refus portera sur des questions doctrinales… Ils risquent alors non plus le schisme mais l’hérésie », relève le P. Laurent Touze, vice-doyen de l’Université Sainte-Croix à Rome.
3
Voir le sermon du jeudi saint de Mgr Fellay un passage est intéressant

Il évoque une juridiction de suppléance... Mais ensuite...
"On va commencer à dire : « c’est ma chapelle », « ce sont mes fidèles », toutes sortes d’expressions qui ne sont pas justes. On prend des habitudes, justement, d’indépendance. On ne rend plus compte. On veut faire comme on veut. Ce sont des défauts, des mauvais plis, qui sont le résultat de la situation dans laquelle nous sommes et auxquels il faut veiller.

Il faut vraiment veiller. C’est le propre de l’état sacerdotal, qui est tout le temps, tout le temps en soumission. Ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir d’initiatives, mais on les soumet à l’obéissance."



images/icones/fsspx.gif  ( 629965 )Silence et prière par Dominique Bro (2012-04-13 12:39:39) 
[en réponse à 629934]

C'est la meilleure consigne, car les Monsignori Anti, les prélats Contre et les cardinaux Touchez-pas-à-mon-Concile doivent se déchaîner.
Saint-Placide
images/icones/fsspx.gif  ( 630001 )Je tire mon chapeau à Mgr Fellay... par Eucher (2012-04-13 18:08:12) 
[en réponse à 629934]

...et je me sers pour la première fois de l'émoticône à double cœur, parce qu'il a pu percevoir et su dénoncer en chaire l'esprit qui se cache derrière l'expression, toujours courante chez certains indécrottables du FC, de "fidèles de la FSSPX". Je re-cite:


« c’est ma chapelle », « ce sont mes fidèles », toutes sortes d’expressions qui ne sont pas justes.



Bravo Monseigneur! Si vous signez, vous perdrez des "fidèles" mais vous n'aurez pas perdu la foi ni la communion avec le siège de s. Pierre.

-Eucher.

Merci Anton d'avoir relevé ces paroles, si empreintes de sagesse, de Mgr Fellay.
images/icones/bravo.gif  ( 629969 )une petite perle découverte sur le site de pro liturgia par jejomau (2012-04-13 14:13:10) 
[en réponse à 629921]

je cite :

Mgr Fellay, chef de file du mouvement lefebvriste, a déclaré que 95 % des enseignements du concile Vatican II sont acceptés par la Fraternité Saint-Pie X. Ce qui veut dire, en clair, que la Fraternité est plus fidèle aux enseignements conciliaires qu’une bonne partie du clergé français



Pas mal. Les progressistes restent coi....
images/icones/fleche2.gif  ( 629972 )Et la preuve expliquée en détails ici: par CMdelaRocca (2012-04-13 14:24:10) 
[en réponse à 629969]

sur un article de Chiesa expression line
95% du contenu des actes du Concile ne pose pas de problème de continuité avec la Parole de l'Eglise, mais 5% est en désaccord et en contradiction avec le Magistère antérieur, et ce n'est pas la FSSPX seule qui le dit: la preuve clairement argumentée dans l'article à découvrir ci-dessus sous la plume du théologien John Lamont . Il n'y a pas lieu de demander à la FSSPX de se soumettre à un préambule alors que des milliers d'évêques et de congrégations diverses et variées n'appliquent pas 95 % du Concile et ne sont pour autant jamais inquiétés.

Extrait:
La première question que le communiqué du Saint-Siège pose à un théologien est donc : pourquoi le rejet d’une petite partie des enseignements de Vatican II par la FSSPX donne-t-il lieu à une fracture entre la Fraternité et le Saint-Siège, alors que le rejet d’enseignements de Vatican II beaucoup plus nombreux et plus importants par d’autres groupes au sein de l’Église n’empêche pas ces groupes de garder tranquillement leur place et de rester en possession d’une pleine situation canonique ? Le rejet de l'autorité de Vatican II par la FSSPX ne peut pas être la réponse à cette question. En réalité la FSSPX montre davantage de respect pour l'autorité de Vatican II que la plupart des ordres religieux qui existent dans l’Église.
images/icones/fleche2.gif  ( 629976 )Je re-pose cette question, n'ayant jamais eu de réponse. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-13 15:54:14) 
[en réponse à 629972]

Bonjour et merci à CMdelaRocca,

Avant d'aller plus loin, je pose à nouveau la question suivante.

"L’évêque Fellay a affirmé que 95 % des enseignements de celui-ci (le Concile Vatiacan II) sont acceptés par la Fraternité."

Ma question est la suivante : où, quand, comment Mgr FELLAY a-t-il affirmé que que 95 % des enseignements du Concile Vatiacan II sont acceptés par la Fraternité ?

J'ai déjà posé cette question sur le FC, le 25 août dernier, à l'occasion d'une discussion, animée mais courtoise, consacrée au même sujet ; je n'ai pas obtenu la moindre réponse relative aux circonstances ou aux coordonnées de cette affirmation prêtée, à tort ou à raison, à Mgr FELLAY.

Le 25 août 2011

Je maintiens que cette quantification, en termes de pourcentage, n'a pas beaucoup de sens ; Paul VI et Jean-Paul II portaient en eux et autour d'eux un quantum d'adhésion au Concile d'au moins 95 % : est-ce à dire que la FSSPX était

- ou bien en accord global, sinon total, avec ce qu'ils ont dit et fait, dans l'ordre doctrinal et dans l'ordre pastoral,

- ou bien en désaccord avec ce qu'ils ont dit ou fait, mais sur seulement 5 % de leur Magistère et de leur Gouvernement ?

J'irai plus loin : cette formule est le type-même de la formule réversible, qui peut se retourner contre celui à qui elle est prêtée.

Ainsi, qui aura suffisamment d'autorité ou de discernement pour quantifier l'adhésion au Concile de quelqu'un comme, par exemple, Mgr ROUET ?

Est-ce à dire que si Mgr ROUET revendique une adhésion à au moins 95 % du Concile,

- il se pose en imposteur, en usurpateur épiscopal,

ou

- il n'adhère pas aux mêmes 95 % que Mgr FELLAY ?

Dès lors, pour quelles raisons celui-ci ne devrait-il ou ne pourrait-il pas envisager une communion épiscopale, une convergence de vues, sur l'essentiel du Concile, avec quelqu'un comme Mgr ROUET ?

Je rappelle que l'affirmation prêtée à Mgr FELLAY constitue l'un des principaux points d'appui du texte figurant sur le site CHIESA :

" La première question qui se présente à un théologien à propos de la position de la FSSPX concerne le problème de l'autorité du concile Vatican II. L'article d’Ocáriz auquel a répondu l’abbé Gleize avait été publié dans le numéro de "L'Osservatore Romano" en date du 2 décembre 2011. Cet article semble soutenir que la base de la fracture relevée par le Saint-Siège est un rejet de l'autorité de Vatican II. Mais cette thèse est difficile à comprendre pour tous ceux qui connaissent à la fois la position théologique de la FSSPX et le climat de l'opinion théologique au sein de l’Église catholique. L’abbé Gleize mentionne seulement quatre points du volumineux enseignement de Vatican II. La FSSPX ne rejette pas Vatican II dans son intégralité : bien au contraire, l’évêque Fellay a affirmé que 95 % des enseignements de celui-ci sont acceptés par la Fraternité. Ce qui veut dire que la FSSPX est plus fidèle aux enseignements de Vatican II qu’une bonne partie du clergé et de la hiérarchie de l’Église catholique. "

(...)

" La grande majorité des théologiens des institutions catholiques d’Europe, d’Amérique du nord, d’Asie et d’Australie tend à rejeter la totalité ou la majeure partie de ces enseignements. Ces théologiens sont suivis par la majorité des ordres religieux et par une partie significative des évêques de ces régions. Il serait difficile, par exemple, de trouver un jésuite enseignant la théologie dans n’importe quelle institution jésuite qui accepte ne serait-ce qu’un seul de ces enseignements. Les textes cités ne sont qu’une sélection des enseignements de Vatican II qui sont rejetés par ces groupes ; et l’on pourrait en augmenter beaucoup le nombre.

Et bien, ces enseignements font justement partie de ces 95 % de Vatican II que la FSSPX accepte. Et, à la différence des 5 % de ce concile qui sont rejetés par la FSSPX, les enseignements cités ci-dessus sont centraux pour la foi et pour la morale catholiques et ils incluent certains des enseignements fondamentaux du Christ lui-même. "

Quand on voit, au contact du même texte, avec quels 5 % du même Concile Mgr FELLAY est ou serait en désaccord, il y a vraiment de quoi être inquiet, à l'égard du mode de quantification qui est le sien ou qui lui est prêté...

Merci beaucoup pour toute remarque ou réponse, et bonne fin d'après-midi.

Scrutator.
images/icones/hein.gif  ( 629977 )Même question ! où mgr Fellay a-t-il parlé de 95% ? par Jéhu (2012-04-13 16:13:47) 
[en réponse à 629976]

Tout est dans le titre.
images/icones/fleche2.gif  ( 629995 )Merci beaucoup - Quelques remarques complémentaires. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-13 17:32:06) 
[en réponse à 629977]

Merci beaucoup Jéhu, car je me sens moins seul.

Peut-être suis-je "un compagnon" sur ce plan là.

1. Voici deux remarques complémentaires :

- d'une part, il y a, au sein même du corpus textuel constitutif du Concile, un ensemble, sinon un système, de renvois réciproques, entre les différents textes, à telle enseigne qu'il n'est peut-être pas impossible, mais qu'il est sans doute difficile, de distinguer entre les agrégats qui constitueraient "le bon grain", et les isolats qui constitueraient "l'ivraie", d'un point de vue catholique traditionnel ;

- d'autre part, dans le texte d'un membre de la FSSPX, Monsieur l'Abbé GLEIZE, auquel l'article publié sur CHIESA fait référence, il est question d'au moins ou, en tout cas, de quatre divergences d'appréciation ou pierres d'achoppement, entre le Magistère antérieur et le Concile lui-même, DONC entre la FSSPX et le Saint Siège : la collégialité, l'ecclésiologie, l'oecuménisme et la liberté religieuse.

2. Si certains partent du principe selon lequel ces quatre pierres d'achoppement constituent, avec quelques autres, les 5 % du Concile Vatican II auxquels ne souscrit pas Mgr FELLAY, peut-être d'aucuns se croiront-ils ainsi fondés à en déduire, quitte à le faire un peu vite, que le dialogue inter-religieux (non cité par l'abbé GLEIZE), tel qu'il a été mis en forme, au moment du Concile, puis en oeuvre, en aval du Concile, fait partie des 95 % du Concile Vatican II auxquels souscrit Mgr FELLAY, alors que ce n'est vraisemblablement pas le cas...

3. En d'autres termes, et quand bien même Mgr FELLAY aurait formulé son adhésion globale, plus que partielle (95 % !), au Concile Vatican II, au moyen d'un pourcentage, ce qui, dans l'absolu, est son droit le plus strict, je ne vois vraiment pas, compte tenu de la nature même de ce qui est en cause, au moyen de quelle méthode de calcul un tel chiffrage pourrait être placé davantage sous le signe de l'exactitude magistérielle que sous celui de l'approximation diplomatique.

4. Le spécifique du Concile,

- par rapport aux Conciles antérieurs, est assez facilement identifiable et localisable, dans Vatican II ;

- par rapport à l'ensemble des textes du même Concile, est difficilement quantifiable, dans Vatican II.

Et pour cause : le spécifique du Concile n'a pas été préfiguré par les Conciles antérieurs, mais a été disséminé dans le Concile lui-même, ce qui n'est pas en contradiction avec le fait qu'on le trouve surtout dans au moins quatre textes, souvent cités : DV, DH, UR, NA.

5. En outre, et je sais que ce qui va suivre est un peu spécieux, mais son caractère spécieux ne provient pas de moi, le spécifique du Concile se mesure autant à ce que, au Concile, on a pris bien soin de DIRE, qu'à ce que, au même Concile, on a pris grand soin de TAIRE : c'est particulièrement caractéristique dans la première partie de Nostra Aetate, dans laquelle il y a eu un parti pris asymétrique en faveur de la mise en lumière des aspects positifs des religions non chrétiennes et en faveur de la mise sous silence des aspects erronés des religions non chrétiennes.

6. Enfin, si quelqu'un disait, en substance, que les éléments de continuité étant quantitativement les plus nombreux, ils sont magistériellement les plus importants, dans le cadre du Concile Vatican II, je lui poserai alors la question suivante :

- les théologiens qui ont inspiré les textes de Vatican II,

- les évêques qui ont approuvé les textes de Vatican II,

- les papes Paul VI et Jean-PAUL II, qui ont appliqué, a priori en "interprètes autorisés", Vatican II,

ont-ils inspiré, approuvé, appliqué les textes du Concile, en mettant en avant, d'une manière prépondérante, ces éléments de continuité, ou en mettant en avant, d'une manière déterminante, les éléments de renouveau ?

Se poser la question, n'est-ce pas commencer à y répondre ?

Vraiment merci beaucoup pour toute remarque ou réponse, au contact de ce message, y compris pour préciser ou rappeler en quelque circonstance Mgr FELLAY a formulé le chiffrage évoqué ci-dessus.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 630003 )Je crois avoir trouvé l'origine de la formulation. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-13 19:24:38) 
[en réponse à 629977]

Rebonjour,

Voici : "Monseigneur Bernard Fellay a déclaré vouloir « garder 95% du Concile » (DICI No 8) et il a précisé sa pensée dans la Lettre aux amis et Bienfaiteurs No 60 : « Lorsque nous disons refuser le Concile, nous n’entendons pas par là rejeter totalement la lettre de tous les documents conciliaires, qui pour la plus grande partie contiennent des simples répétitions de ce qui a déjà été dit dans le passé. Mais nous attaquons un nouveau langage, introduit au nom de la pastoralité du Concile. » "

Je n'ai pas retrouvé DICI n° 8, mais j'ai retrouvé la LAB n ° 60 :

LAB 60

LETTRE AUX AMIS ET BIENFAITEURS N° 60

" Chers Amis et Bienfaiteurs,

Cette lettre vous est envoyée avec beaucoup de retard. Nous ne voulions pas vous la faire parvenir sans vous communiquer des nouvelles aussi précises que possibles sur l’état de nos relations avec Rome. Il nous semble que le temps est maintenant venu de faire le point. Beaucoup de rumeurs ont circulé, beaucoup de faux bruits aussi.

Et nous comprenons bien que cette question est extrêmement importante et peut déterminer notre futur. Nous vous livrons ici divers aspects de cette question.

De notre côté, nous sommes marginalisés par les autorités romaines, pour ne pas dire rejetés à cause de positions doctrinales : le refus de Vatican II et des réformes postconciliaires.

Lorsque nous disons refuser le Concile, nous n’entendons pas par là rejeter totalement la lettre de tous les documents conciliaires, qui pour la plus grande partie contiennent des simples répétitions de ce qui a déjà été dit dans le passé. Mais nous attaquons un nouveau langage, introduit au nom de la pastoralité du Concile. Ce nouveau langage, beaucoup moins précis, flou, véhicule une autre pensée philosophique, fondement d’une nouvelle théologie. Elle rejette la stabilité du regard sur l’essence des choses pour se fonder sur leur état d’existant, forcément changeant, multiple, plus difficile à cerner dans sa multiplicité. Elle parlera et considérera nécessaire le changement, le mouvement appartenant à la vie de tout être, ainsi de l’Église. Les dogmes intangibles deviennent susceptibles de correction, d’amélioration… on les enserre dans l’époque où ils furent promulgués pour prétendre limiter l’ampleur de leur obligation… le eodem sensu, eademque sententia devient obsolète. La tentation d’absolutiser le particulier, la personne, est grande… finalement, l’homme est mis au centre et Dieu de côté. C’est une nouvelle religion qui voit le jour.

Le moderniste est assez habile pour ne pas parler d’opposition. Il présente cela comme un enrichissement d’une pauvreté maintenant dépassée par les nouveau concepts. Presque tous les termes : Rédemption, grâce, Révélation, sacrement, mystère, reçoivent une nouvelle acception.

Dans la vie de l’Église, cela est particulièrement frappant dans la nouvelle liturgie, chorégraphiquement centrée sur l’homme et non plus dirigée hiérarchiquement, par la médiation du prêtre, vers Dieu. Du Sacrifice, on ne parle plus, on lui préfère Eucharistie, terme qui autrefois était limité à désigner l’hostie consacrée ; l’idée dominante sera celle du repas.

Nous voyons dans ces changements mêmes l’origine de la débâcle dont souffre aujourd’hui la chrétienté, la cause de la crise que traverse l’Église catholique. La liberté religieuse est radicalement incapable de s’opposer au mouvement de sécularisation qui marque le monde moderne, un monde sans vrai Dieu, qui se fait Dieu ; car ayant coupé la dépendance de la créature envers son Créateur pour mieux affirmer son autonomie et sa liberté, elle ne peut plus fonder la dépendance foncière, absolue de la créature envers son Dieu. Pour sauver la personne du totalitarisme de l’État moderne, elle a voulu affirmer une supériorité de la personne et de sa liberté, elle n’arrive pas à concilier cette liberté bien réelle et l’absolue dépendance de Dieu.

Forcément, le péché, ce malheur de la créature qui se rebelle contre son Créateur n’est plus compris, la responsabilité de la créature devient très floue, et la Rédemption, réponse de Dieu à ce malheur, en devient complètement changée. Toute la vie humaine en devient beaucoup plus facile, aisée ; les commandements de Dieu passent aux oubliettes ; la discipline, la rigueur, l’austérité et le renoncement disparaissent. Une fois la grandeur de la personne humaine affirmée ainsi, la relation de cette personne humaine envers son Dieu, la religion, va recevoir un tout nouveau regard. Le regard se veut tellement positif sur la personne et ses actes, l’on s’évertue tant à retrouver partout les « semences du Verbe » que la pensée du salut universel est maintenant profondément ancrée chez beaucoup de catholiques, et les cérémonies et déclarations œcuméniques et interreligieuses ne font que corroborer cette nouvelle vision, qui fonde un impressionnant indifférentisme, au moins de fait.

D’où de notre côté, un attachement farouche à tout ce que l’Église, dans un passé encore récent, enseignait, à tout ce qui présidait à la vie chrétienne et que l’on décrit aujourd’hui comme dépassé, vieillot, poussiéreux, borné. Nous ne nions pas qu’un certain changement appartient à la vie de toute société, et donc aussi à l’Église, mais nous affirmons que la vie du pommier produira des pommes et qu’il est absurde d’attendre des changements liés à la vie de ce pommier qu’il produise soudain des noix de coco.

Notre vie chrétienne porte des fruits de salut indéniables, même Rome le reconnaît. Qu’il y ait une crise grave dans l’Église, une perte effroyable dans la prédication de la doctrine, un désintérêt de la part du peuple chrétien, Rome le reconnaît aussi. Que l’un des motifs de l’approche du Vatican puisse résider dans ces deux considérations, il ne faut pas l’écarter ; et si Rome nous appelle comme des pompiers pour aider à éteindre le feu, nous ne refuserons pas, mais avant de nous engager dans le brasier, nous osons demander que l’on coupe le gaz, source de l’incendie.

Mais au fond, la raison de l’approche romaine est autre.

Du côté de Rome, la préoccupation du moment est le souci d’unité. Tous les efforts œcuméniques sont là, les actes audacieux, surprenants, scandaleux se succèdent pour essayer de rapprocher les chrétiens désunis, déchirés. La résolution de dépasser les différents doctrinaux par des actes liturgiques communs est très expressive de la nouvelle attitude œcuménique. Elle fait sérieusement penser à une volonté de relativiser les problèmes de la pensée au profit de la vie. Dans tous les cas, la volonté de dépasser les problèmes doctrinaux par l’action est explicite. C’est probablement ici qu’il faut voir le motif de l’approche faite par le Vatican depuis l’automne passé.

On nous propose une solution pratique qui ne s’arrêterait pas aux points disputés. Sans nier la réalité de ceux-ci, sans refuser que ces questions soient traitées plus tard, on nous invite a « réintégrer le bercail » sans plus tarder. On nous offre comme signe de bienveillance une solution en soi acceptable, en fait une situation qui nous conviendrait parfaitement du point de vue pratique.

Et pourtant, nous devons refuser l’offre. Pour les raisons suivantes : toute notre histoire montre combien nous sommes un signe de contradiction, combien notre simple existence suscite de réactions parfois très violentes, haineuses de la part de catholiques, surtout de la hiérarchie. L’attitude de maints évêques, prêts à tous les œcuménismes d’un côté et à une dureté sans nom envers nous d’autre part, jure profondément.

Nous souffrons de cette situation dans presque toutes nos familles divisées. Mais cette division ne peut pas se résoudre par un simple accord pratique ; nous sommes porteurs de cette contradiction sans le vouloir et un accord pratique ne changera pas cette situation. C’est ailleurs qu’il faut résoudre le problème. Au fond, Rome ne comprend pas notre attitude envers la nouvelle messe et les réformes ; elle considère cela comme la manifestation d’un esprit borné, figé.

Et lorsque nous essayons d’aborder la question de fond, nous nous retrouvons de nouveau devant un mur : on ne nous permet pas de parler contre les réformes, contre le concile ; on tolérerait certes une mise en question limitée, mais certainement pas l’ampleur et la gravité de nos remarques.

Autrement dit, si nous acceptions aujourd’hui la solution de Rome, demain, nous nous retrouverions exactement avec les mêmes problèmes.

Pour nous, qui sommes et qui voulons rester catholiques, la séparation apparente est d’importance mineure en comparaison avec le problème majeur qui secoue l’Église et dont nous sommes bien malgré nous un signe bien marquant. Pour Rome, régler la question de l’apparente séparation est de premier ordre et c’est elle qui doit être d’abord réglée ; on parlera après des questions doctrinales. En faisant cela, Rome a effectivement changé de position par rapport a nous, elle cherche effectivement une solution, mais pour nous, elle passe à côté.

Nous sommes certainement désireux de voir la fin de cette crise, nous sommes certainement désireux de voir l’opposition à Rome arriver à sa fin, mais cela suppose une autre approche de la question.

L’incompréhension de notre position de la part de Rome est telle que demain nous aurions à subir exactement le même traitement que la Fraternité Saint-Pierre, muselée, conduite là où elle ne voulait pas aller, lentement mais sûrement : vers Vatican II et la réforme liturgique. Si la Fraternité Saint-Pierre et les autres mouvements Ecclesia Dei arrivent encore à survivre, tant bien que mal, c’est bien à notre attitude résolue qu’ils le doivent.

Nous sommes certainement reconnaissants de l’approche de Rome, mais nous pensons devoir affirmer que les choses ne sont pas suffisamment mûres pour que nous puissions aller de l’avant. Les raisons invoquées pour nous refuser ce que nous demandions comme préalable de confiance sont tout à fait significatives. « Cela susciterait trop d’opposition, cela serait désavouer toute l’œuvre postconciliaire ».

Un travail immense reste à faire, c’est pourquoi nous ne refuserions pas une vraie discussion avec Rome pour aborder les questions de fond. Jusqu’ici nous n’y sommes pas parvenus.

Nous désirons profondément l’unité du Corps Mystique ; la prière de Notre-Seigneur « Que tous soient un » est bien aussi notre programme, mais si la pratique de la charité aide beaucoup et peut faire progresser avantageusement la cause de l’unité, ce n’est qu’au moment où l’accord des intelligences s’est établi que l’unité des volontés vers la fin commune et appréhendée comme telle se réalise.

« Les yeux levés au ciel, Nous renouvelons souvent, pour tout le clergé, la supplication même de Jésus-Christ : “Père saint, sanctifiez-les”. Nous nous réjouissons à la pensée qu’un très grand nombre de fidèles de toute condition, se préoccupant vivement de votre bien et de celui de l’Église, s’unissent à nous dans cette prière ; il ne nous est pas moins agréable de savoir qu’il y a aussi beaucoup d’âmes généreuses, non seulement dans les cloîtres, mais encore au milieu même de la vie du siècle, qui, dans une oblation ininterrompue, se présentent en victimes saintes à Dieu dans ce but.

Que le Très-Haut agrée, comme un suave parfum, leurs prières pures et sublimes, et qu’il ne dédaigne pas nos très humbles supplications ; que dans sa miséricorde et sa providence il nous vienne en aide, nous l’en supplions, et qu’il répande sur tout le clergé les trésors de grâces, de charité et de toute vertu que renferme le Cœur très pur de son Fils bien-aimé [1] ».

Nous recommandons très fortement à vos prières et nous ne doutons pas que vous ayez déjà beaucoup prié pour que l’Église retrouve son visage, sans rides, éternel, rayonnant la sainteté de Dieu et enflammant toute la terre du feu de l’amour d’un Dieu qui nous a tant aimés. Que Notre-Dame, qui préside si clairement aux destinées de l’Église en ce début de millénaire, vous protège et vous bénisse avec l’Enfant Jésus, cum prole pia, comme le dit la liturgie.

En la fête de saint Pie V, le 5 mai 2001 + Bernard Fellay Supérieur général "

Scrutator.
images/icones/ancre2.gif  ( 629986 )On en parle ici... par Paterculus (2012-04-13 16:46:00) 
[en réponse à 629921]

... et même .

Mais j'ai de plus en plus l'impression qu'il y a désinformation sur la date. On avait parlé "d'ultimatum" sur la base d'une déclaration du Père Lombardi qui pensait que la réponse arriverait dans un mois.
Peut-être urge-t-on la date afin de pouvoir décrier Benoît XVI si la réponse n'arrive pas dans des délais qui paraissent bien avoir été fixés par les journalistes et non par les autorités.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 629999 )Témoignage Chrétien en parle par Polydamas (2012-04-13 17:52:52) 
[en réponse à 629986]

Ici-même. Il s'agit du blog de Philippe Clanché. L'avantage de ce billet est de donner le contexte des rumeurs courant ces derniers jours et qui viennent donc probablement, entre autres, de l'abbé Touze.
images/icones/bravo.gif  ( 630000 )Lecture effectivement très instructive par Etienne (2012-04-13 18:05:44) 
[en réponse à 629999]

à compléter avec la Matinale de ce matin (Radio Notre-Dame) avec JP Denis.

En clair, et en résumé: panique à bord, de l'aile gauche jusqu'au catholique mainstream, on ne veut pas d'un accord. Lequel pourrait ruiner l'Eglise de France. Mieux vaut laisser 0.2% des prêtres dehors que de risquer une effusion massive.

Cela a au moins le mérite de clarifier les positions.
images/icones/2b.gif  ( 630026 )Article à envoyer par Vassilissa (2012-04-13 22:57:23) 
[en réponse à 630000]

de toute urgence au Vatican, pour qu'ils constatent enfin une bonne fois pour toutes où sont la méchanceté, la mesquinerie, la jalousie, la volonté ouverte de destruction de l'Église
images/icones/irlande.gif  ( 630002 )Sa source: par Pierre Marciani (2012-04-13 18:18:58) 
[en réponse à 629999]

de source à peu près sûr, il s'agirait du Père Seaphler (Irlandais, sauf erreur). Pierre
images/icones/fleche2.gif  ( 630074 )Ce que révèle le mode de rédaction de ce texte. par Scrutator Sapientiæ (2012-04-14 13:00:30) 
[en réponse à 629999]

Bonjour et merci à Polydamas.

J'ai prélevé les trois paragraphes consécutifs qui constituent le coeur du texte.

Voici :

1. " La différence majeure entre l’hypothétique arrivée des Lefebvristes dans l'Église romaine et la présence de quelques prêtres un peu hérétiques, vient du fait que ces derniers n'ont pas l'arrogance des premiers. L’Église peut, doit vivre, et vit depuis toujours une grande diversité. "

D'une part, je ne sais pas ce qu'est un prêtre "un peu hérétique" : sa foi personnelle est ou n'est pas en communion avec la Foi catholique professée par l'Eglise catholique.

D'autre part, il me semble pour ma part que ce qui caractérise un hérétique, c'est précisément une certaine arrogance, une certaine obstination, dans l'ordre de l'erreur.

Enfin, la diversité est une chose, la cacophonie en est une autre ; or, la diversité, dans l'ordre de la doctrine de la Foi, se transforme d'autant plus rapidement en cacophonie, quand on confond dogmatique ecclésiale, intangible et inviolable, et opinion religieuse, personnelle ou collective, purement circonstancielle ou conjoncturelle.

2. " Ainsi la présence de l'Opus dei en France, si elle a interrogé au début, est acceptée parce que ces membres partagent 99 % des convictions de la majorité et acceptent la pluralité et le jeu collectif de la vie des diocèses. "

Ici, nous disposons du coeur nucléaire du mode de réflexion qui est à l'origine de ce mode de rédaction : " la présence de l'Opus dei en France, si elle a interrogé au début, est acceptée parce que ces membres

- partagent 99 % des convictions de la majorité

- acceptent la pluralité et le jeu collectif de la vie des diocèses "

A ce compte là, l'Eglise ne serait plus une communauté universelle de croyants, mais une confédération de communautés particulières, composée de "sondés" ou de "votants", dans lesquelles il serait bon de partager "99 % des convictions de la majorité".

- or, d'une part, une agrégation ou une convergence de nombreux consensus diocésains ne sera jamais de la même nature que la vérité surnaturelle, qui est, en certains de ses aspects, dissensuelle ;

- et, d'autre part, si jamais la majorité dominante n'était plus qu'une majorité de l'ordre de 51 % des fidèles, que vaudrait le fait de "partager 99 % des convictions" de cette majorité dominante ?

3. " L'expérience du Bon Pasteur est un échec cuisant dans ce domaine. L'intransigeance et la certitude de détenir l'unique vérité demeurent chez les prêtres et les fidèles de cet institut. L'argument de Don Laurent Touze (ainsi que les professeurs sont appelés en Italie) ne tient donc pas. En France, l'arrivée de Lefebvristes, sauf un très improbable reniement complet de leurs théories - de l'ordre du lavage de cerveau - seraient une catastrophe aux conséquences incommensurables. "

La phrase emblématique est ici la suivante : "L'intransigeance et la certitude de détenir l'unique vérité demeurent chez les prêtres et les fidèles de cet institut."

D'une part, je ne vois pas en quoi l'intransigeance, en matière de Foi catholique, constitue un péché : un catholique intransigeant, dans l'ordre de la Foi, n'est pas nécessairement un catholique intolérant, vis-à-vis des personnes qui n'adhèrent pas à la Foi catholique ; ce n'est donc pas nécessairement un catholique "fermé", mais c'est au contraire "ouvert", ouvert sur la nécessité salutaire, pour un catholique, de ne pas transiger avec les fondements et le contenu de la Foi catholique.

D'autre part, pour un catholique intransigeant, il ne s'agit pas tant d'être propriétaire de la certitude de détenir l'unique vérité que d'être dépositaire de l'exigence, éclairante, édifiante, d'être en communion avec l'unique vérité, et il est nécessaire et salutaire, pour un catholique, de penser, de prier, d'agir, en étant dépositaire de cette exigence, de cet impératif, de pensée, de prière, d'action, en communion avec Celui qui est la source de cette unique vérité : le seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit.

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.