Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=629133
images/icones/hein.gif  ( 629133 )Transsubstantitation et vérités à croire par Leopardi (2012-03-29 18:22:22) 

Bonjour,

Il a été dit ici récemment que toutes les vérités à croire étaient contenues dans le Credo et que les documents ultérieurs, y compris les proclamation de dogmes, n'en étaient que le développement.

Or, je ne trouve dans le Credo, aucune mention de la Transsubstantiation, à l'Eucharistie. Cependant, j'imagine qu'on ne peut nier ce sacrement sans être hérétique?

Qu'en est-il exactement?

Merci.

Leopardi
images/icones/1y.gif  ( 629136 )Et zut! par Leopardi (2012-03-29 18:23:50) 
[en réponse à 629133]

J'ai fini par mal l'écrire dans le titre...(mais c'est tordu comme nom).
images/icones/1v.gif  ( 629137 )Faut être de la communauté par M (2012-03-29 18:39:31) 
[en réponse à 629136]

des gens de lettres pour l'écrire convenablement du premier coup !


images/icones/neutre.gif  ( 629138 )Trente par PEB (2012-03-29 18:42:10) 
[en réponse à 629133]

Toutes ses vérités ont été proclamés lors des Conciles.

Le plus important en dogmatique sacramentelle est Trente dont je vous souhaite une bonne et sainte lecture.

SI QUELQU'UN dit, que les Sacremens de la nouvelle Loy n'ont pas esté tous instituez par nostre Seigneur Jesus-Christ ; Ou qu'il y en a plus ou moins de sept, sçavoir, LE BAPTESME, LA CONFIRMATION, L'EUCHARISTIE, LA PENITENCE, L'EXTREME-ONCTION, L'ORDRE, & LE MARIAGE ; Ou que quelqu'un de ces sept, n'est pas proprement, & véritablement un Sacrement : Qu'il soit Anathême.



C A N O N I.
SI QUELQU'UN nie, que le Corps & le Sang de Nostre Seigneur Jesus-Christ, avec son Ame, & la Divinité, & par consequent Jesus-Christ tout entier, soit contenu véritablement, réellement, & substantiellement au Sacrement de la Tres-Sainte Eucharistie ; mais dit, qu'il y est seulement comme dans un signe, ou bien en figure, ou en vertu : Qu'il soit Anathême.

C A N O N I I.
SI QUELQU'UN dit, que la substance du pain, & du vin, reste au Tres-Saint Sacrement de l'Eucharistie, ensemble avec le Corps, & le Sang de Nostre Seigneur Jesus-Christ ; Et nie cette conversion admirable, & singuliere de toute la substance du pain au Corps, & de toute la substance du vin au Sang de Jesus-Christ ; ne restant seulement que les especes du pain, & du vin ; laquelle conversion est appellée par l'Eglise Catholique, du nom tres-propre de Transsubstantiation : Qu'il soit Anathême.

C A N O N I I I.
SI QUELQU'UN nie, que dans le vénérable Sacrement de l'Eucharistie, Jesus-Christ tout entier soit contenu sous chaque espece ; & sous chacune des parties de chaque espece, aprés la séparation : Qu'il soit Anathême.

C A N O N I V.
SI QUELQU'UN dit, qu'aprés que la Consécration est faite, le Corps, & le Sang de nostre Seigneur Jesus-Christ n'est pas dans l'admirable Sacrement de l'Eucharistie ; mais qu'il y est seulement dans l'usage, pendant qu'on le reçoit, & non auparavant, ni aprés ; & que dans les Hosties, ou parcelles consacrées, que l'on réserve, ou qui restent aprés la Communion, le vray Corps de nostre Seigneur ne demeure pas : Qu'il soit Anathême.

C A N O N V.
SI QUELQU'UN dit, que le principal fruit de la Tres-Sainte Eucharistie, est la rémission des péchez, ou qu'elle ne produit point d'autres effets : Qu'il soit Anathême.

C A N O N V I.
SI QUELQU'UN dit, que Jesus-Christ Fils unique de Dieu, ne doit pas estre adoré au Saint Sacrement de l'Eucharistie, du culte de Latrie, mesme extérieur ; & que par conséquent il ne faut pas non plus l'honorer d'une Feste solennelle, & particuliere, ni le porter avec pompe & appareil aux Processions, selon la loûable coustume, & l'usage universel de la Sainte Eglise ; ou qu'il ne faut pas l'exposer publiquement au peuple, pour estre adoré ; & que ceux qui l'adorent, sont idolâtres : Qu'il soit Anathême.

C A N O N V I I.
SI QUELQU'UN dit, qu'il n'est pas permis de conserver la sainte Eucharistie dans un Vase sacré ; mais qu'incontinent aprés la consécration, il la faut nécessairement distribuer aux assistans ; Ou qu'il n'est pas permis de la porter avec honneur & respect aux malades : Qu'il soit Anathême.

C A N O N V I I I.
SI QUELQU'UN dit, que Jesus-Christ présenté dans l'Eucharistie, est mangé seulement spirituellement, & non pas aussi sacramentellement, & réellement : Qu'il soit Anathême.

images/icones/neutre.gif  ( 629142 )[réponse] par Yves Daoudal (2012-03-29 19:21:17) 
[en réponse à 629133]

La transsubstantiation, c'est le fait qu'à la messe le pain sur l'autel devient le corps du Seigneur, par actualisation de l'unique Sacrifice de la Croix. Quand le Credo dit que le Christ vrai Dieu consubstantiel au Père a été "crucifié pour nous", cela veut dire qu'il s'est lui-même offert en Sacrifice pour nous, et il l'a fait comme le disent les Evangiles (car les Evangiles sont inséparables du Credo et expliquent le Credo), par anticipation, à la Cène, quand il a dit: "Ceci est mon corps", et qu'il s'est donné à manger à ses apôtres sous les espèces du pain.

Cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, 606-618, particulièrement le n.611. Il s'agit bien du commentaire du Credo.
images/icones/interdit.gif  ( 629154 )La transsubstantiation par Jean Ferrand (2012-03-29 20:37:38) 
[en réponse à 629133]

La transsubstantiation (sans faute) a été rappelée en dernier lieu par le Credo du pape Paul VI, en un temps où certains auraient pu considérer cette vérité de foi comme dépassée.

"Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l'Eglise l'appelle d'une manière très appropriée transsubstantiation."

images/icones/nul.gif  ( 629160 )Et pourtant il parait que c'est une "théorie médiévale" par Donapaleu (2012-03-29 22:09:23) 
[en réponse à 629154]

Lire en particulier le 2ème paragraphe !

Vous me direz peut être de mieux choisir mes références...
images/icones/nul.gif  ( 629187 )Je ne suis pas théologien, mais... par Montcalm (2012-03-30 11:13:16) 
[en réponse à 629160]

... cet article écrit par le P. Yves-Marie Blanchard me semble assez vite "expédié" et, en fin de compte, très peu orthodoxe.


Malgré le poids des affrontements passés, il apparaît qu'aujourd'hui la plupart des grandes Eglises accordent à l'Eucharistie ou Sainte Cène ou Divine Liturgie (à l'origine : le Repas du Seigneur) beaucoup plus qu'une valeur de simple commémoration.



Qu'est-ce que les "grandes Eglises" ? Le catholicisme romain et l'orthodoxie confessent la même foi dans la Présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Le luthéranisme y croit, à l'origine, mais aujourd'hui, c'est moins sûr, avec les dérives théologiques en son sein et sa proximité de plus en plus grande avec les réformés. Une partie de l'anglicanisme y est revenu, lui aussi (avec le Mouvement d'Oxford), mais la majorité des anglicans sont issus de la mouvance évangélique. Or, les évangéliques, tout comme les réformés d'après Calvin (qui croyait dans la Présence "spirituelle", mais réelle), ne veulent pas entendre parler de ce qu'ils assimilent à une idôlatrie. Pour eux, le pain est le pain, et ils vont jusqu'à remplacer les aliments de la Cène par des biscuits et du jus de raisin pour bien souligner que pour eux, il s'agit d'un repas symbolique entre amis, en mémoire du Seigneur, sans aucune autre valeur. Or, les Eglises évangéliques sont aujourd'hui plus importantes en nombre et en influence que les Eglises protestantes historiques (luthérienne et réformées).

Il est donc faux de conclure que les chrétiens partagent accordent la même valeur à l'Eucharistie.


...la théologie catholique traditionnelle a voulu penser l'eucharistie en proposant une sorte d'explication conforme aux catégories de la philosophie médiévale (théorie dite de la transsubstantiation). Outre le fait que cette théorie n'est plus acceptable, dans l'état actuel des connaissances philosophiques et scientifiques, il lui a été reproché, tant chez les Protestants que chez les Orthodoxes, de constituer une sorte de prise de pouvoir exercée sur le mystère, c'est-à-dire le don de Dieu, sans commune mesure avec les capacités de la raison humaine.



D'une part, l'auteur s'arroge la liberté de dire que ce qui est écrit dans le Catéchisme de l'Eglise est dépassé, et d'autre part, de présumer des sentiments des autres chrétiens.

A l'origine, l'intuition de Luther était d'éviter le "show" médiéval autour de l'adoration eucharistique: il estimait que les gens allaient à l'église pour voir Jésus sur l'autel, mais ne communiaient pas, et donc ne se confessaient pas. Comme il croyait fermement en la Présence réelle dans l'Eucharistie, il s'attacha à l'idée de la consubstantiation (coexistent la substance du pain et du Corps du Christ), qui est plus médiévale que la transsubstantiation, puisqu'elle émane du théologien du XIIIe s. Duns Scotus (alors que l'autre se base sur la philosophie d'Aristote, reprise par St Thomas d'Aquin). En outre, la position de Luther pour la Cons. et contre la Trans. s'inscrit dans sa révolte contre la scolastique, le raisonnement théologique de St Thomas d'Aquin selon le "style" d'Aristote, qu'il accusait d'avoir transformé la foi en science froide et schlérosée.

Luther était tout aussi strict et ferme sur le dogme de la Présence réelle dans l'Eucharistie que les catholiques romains. C'est Ulrich Zwingli, le Réformateur suisse, qui contesta ce dogme, en affirmant qu'il s'agit d'une simple commémoration (arguant le "don" évoqué par notre auteur), et qui a donné naissance à la négation de la Présence réelle au sein du protestantisme.

Dans les Eglises orthodoxes, enfin, bien que la théologie grecque médiévale se soit développée sans l'apport latin, à cause du schisme entre l'Orient et l'Occident, et que les disputes Cons./Trans. se soient faites sans elles, le dogme de la Présence réelle y est confessé depuis toujours. Last but not least, le Synode de Jérusalem, en 1672, reconnu par toutes les Eglises orthodoxes, a officiellement adopté la doctrine de la transsustantiation, et rejeté les idées calvinistes de présence "seulement" spirituelle.

Déclarer que la transsubstantiation est une violence faite par l'Eglise catholique romaine envers les orthodoxes est donc un mensonge. Quant aux luthériens originels, il était clair pour eux que le mystère de la Présence réelle devait être affirmé et défendu par l'Eglise.


Si aujourd'hui encore les Eglises ne parviennent pas à célébrer ensemble l'eucharistie, c'est donc moins en raison de compréhensions différentes de la présence réelle, que parce que de graves désaccords subsistent sur la question des ministères, le problème de la succession apostolique, et plus largement, la nature et la fonction de l'Eglise.



Encore une fois, le P. Blanchard péche par excès d'optimisme. La foi en Présence réelle n'est pas acquise dans l'extrême majorité des Eglises issues de la Réforme. Quant aux "compréhensions différentes", il est à craindre que, même dans le luthéranisme où l'on célèbre officiellement le Saint-Sacrifice, il n'y ait que peu, voire aucune compréhension de la Présence réelle. Faites le test: demandez à un honnête luthérien scandinave si Jésus Se fait pain et vin lors de la Sainte-Cène, il y a de fortes chances pour qu'il admette qu'il n'en sache rien. Et ce n'est pas un défaut pastoral (comme on le trouve dans l'Eglise catholique, où des fidèles sont laissées dans l'ignorance par leurs pasteurs), mais un véritable flou théologique laissé par ces Eglises sur ce sujet précis, qui sonne trop "catholique romain" pour certaines oreilles.


La position catholique, entre autres, considère que la communion au même corps eucharistique suppose une communion déjà établie entre les Eglises, quel que soit le modèle envisagé - ce qui est encore loin d'être réalisé. Toutefois, à titre exceptionnel, certains groupes peuvent recevoir l'autorisation de pratiquer l'intercommunion, dans la mesure où leur engagement commun les place déjà, à titre prophétique, dans une situation de réelle unité.



L'auteur dit vrai sur ce point. Mon sentiment personnel est que l'intercommunion "prophétique" est très satisfaisante pour la sensibilité des fidèles, mais absolument pas pour l'unité chrétienne: si nos Eglises ne sont pas en communion, pourquoi faire comme si elles l'étaient ?


Au titre des difficultés renaissantes, figure l'ensemble des pratiques catholiques relatives à la dévotion eucharistique en dehors de la messe. Non seulement celles-ci ne sauraient être imposées aux autres Eglises, mais à l'intérieur même du catholicisme une certaine modération est requise.



Notre ami tombe le masque. Il n'aime pas ce qu'il voit certainement comme des simagrées, mais c'est son point de vue, et non celui de l'Eglise qui n'a pas mis de limites à ces pratiques.
Pour ce qui est des autres Eglises, qui ne reconnaissent effectivement pas la dévotion eucharistique en-dehors de la messe, un des points du dialogue oecuménique devrait valoriser la position catholique, qui découle du dogme de la Présence réelle: si Jésus S'est fait pain, c'est toujours à Lui que revient l'adoration. Après, si on ne croit pas en la Présence réelle, c'est un autre problème...

Vu la date de parution de l'article, je ne suis certainement pas le premier à émettre une critique (que je souhaite constructive), mais je m'étonne qu'il soit toujours en ligne sur le site d'un diocèse, car son propos est très ambivalent, voire hérétique, si on est scrupuleux.

J'en profite pour faire preuve d'obéissance filiale à l'abbé Pierre Amar en laissant tomber l'anonymat: je m'appelle Pierre JOVANOVIC, je suis étudiant à Sciences Po Paris.
images/icones/fleur.gif  ( 629193 )Петар Петровић ? par Michel (2012-03-30 11:41:56) 
[en réponse à 629187]

Heureux de faire votre connaissance...

Петар Петровић ?
Pierre fils de Pierre ...ou bien vous n'avez aucun rapport avec cet écrivain ?

Pardonnez ma curiosité.

Cela dit, l'anonymat a des avantages incontestables, car le FC est lu par toutes sortes de gens qui n'ont pas nécessairement des attitudes très charitables dans a vie réelle...
images/icones/1a.gif  ( 629198 )Ја сам српску ! par Montcalm (2012-03-30 12:19:04) 
[en réponse à 629193]

Hélas non, je n'ai aucun rapport avec cet écrivain, mis à part qu'une partie de ma famille est originaire de Belgrade, comme lui.

L'anonymat a beaucoup d'avantages, je l'ai utilisé pendant des années, et Internet n'est certainement pas angélique. Mais en tant que chrétien, je n'ai pas à me cacher. Je ne joue pas mon intégrité physique, contrairement aux disciples du Christ dans certains pays.

Après tout, je n'ai pas honte de ma foi, et puisque ce que j'écris peut être consulté par la Planète, raison de plus pour être courtois et responsable !

Bien cordialement,

Pierre Jovanovic.
images/icones/1b.gif  ( 629165 )Merci pour ces informations par Leopardi (2012-03-29 23:51:48) 
[en réponse à 629133]

Notez, je comprends que ce ne soit pas dans le Credo.
Avec un nom pareil.
Je crois en la transubs,tranbstus, tranbust...oh et puis zut!
images/icones/1b.gif  ( 629185 )Faites comme les orientaux: par Yves Daoudal (2012-03-30 10:59:31) 
[en réponse à 629165]

ils n'emploient pas le mot de transsubstantiation. Ils disent simplement que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ...
images/icones/neutre.gif  ( 629195 )[réponse] par fidelis (2012-03-30 11:46:45) 
[en réponse à 629185]

Mais le Credo dit bien "consubstantiel", ce qui n'est pas non plus si facile à dire et à écrire!
images/icones/1d.gif  ( 629206 )Dites par Yves Daoudal (2012-03-30 13:36:19) 
[en réponse à 629195]

ὁμοούσιος, c'est plus facile !
images/icones/bravo.gif  ( 629213 )Exactement ... par Ion (2012-03-30 15:36:22) 
[en réponse à 629185]

A quoi cela sert-il de décortiquer selon des critères philosophiques médiévaux ce qui, de toute manière, nous dépassera toujours, au risque de ne pas être d'accord et de contribuer encore davantage aux schismes ?

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 629220 )Dans ce cas... par Meneau (2012-03-30 17:49:13) 
[en réponse à 629213]

à quoi sert toute la Tradition ? Pourquoi vouloir éclairer et re-présenter le dogme, il n'y a qu'à s'en tenir à l'Evangile.... qui nous dépassera toujours ?

Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 629236 )Non, car la Tradition ... par Ion (2012-03-30 19:18:35) 
[en réponse à 629220]

... est, c'est bien connue, vivante, c'est-à-dire que la forme ou les termes de sa transmission peuvent évoluer et s'améliorer. Et en l'occurrence, une explication moins précise et donc moins réductrice, peut se révéler, meilleure, surtout si elle est moins sujette à controverse dans nos rapports avec les chrétiens non catholiques.

Ion
images/icones/1i.gif  ( 629238 )Voudriez-vous dire Ion par Jean-Paul PARFU (2012-03-30 19:24:29) 
[en réponse à 629236]

que "tradition vivante" signifierait "adapter" le dogme afin de ne choquer personne ?

C'est bien ce que nous craignions !
images/icones/fleche2.gif  ( 629272 )Pas adapter le dogme ... par Ion (2012-03-30 22:17:29) 
[en réponse à 629238]

... mais les termes par lesquels il est présenté.

Ion
images/icones/fleche3.gif  ( 629298 )...ni sa signification ! par Vianney (2012-03-31 07:05:48) 
[en réponse à 629272]

À l’unanimité des Pères, le concile Vatican I a en effet déclaré sous forme canonique le 24 avril 1870 :

“Si quelqu’un prétend que le progrès des connaissances pourrait amener à attribuer aux dogmes proposés par l’Église un sens différent de l’intelligence qu’en a eue et qu’en a l’Église, qu’il soit anathème.”

V.
 
images/icones/1b.gif  ( 629304 )L'avantage des anathèmes ... par Ion (2012-03-31 08:58:04) 
[en réponse à 629298]

... c'est qu'ils sont tellement précis, qu'on entre très rarement et avec certitude dans leur objet. Tout dépend d'une part de l'interprétation du mot différent. Et d'autre part, si l'Eglise enrichit l'intelligence qu'elle en a, la rend même différente, l'anathème devient caduque. Pour être anathème, il faut en effet avoir une intelligence différente à la fois de l'intelligence que l'Eglise en a eu et en a. Sous-entendu, l'intelligence qu'elle en a peut même être différente ce qu'elle en a eu.

Vous savez ce que je pense des anathèmes. Une preuve de plus ici de leur inadaptation à un enseignement sérieux, aujourd'hui, pour des personnes qui réfléchissent.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 629307 )au contraire ION par Aigle (2012-03-31 09:14:25) 
[en réponse à 629304]

L'anathème est d'une souplesse extraordinaire qui rassure le peuple ed Dieu en sactionnant les déviances avérées mais laisse pour le reste une large liberté aux théologiens.

C'est finalement un système très efficace pour concilier la vérité et la liberté !
images/icones/2b.gif  ( 629310 )Ion aime le flou ! par Jean-Paul PARFU (2012-03-31 09:29:41) 
[en réponse à 629307]

Comme les modernistes, Ion aime ce qui est flou ! Il n'aime pas les définitions claires, nettes et précises qui visent justes.

Il préfère les propositions floues qui permettent de dire et d'écrire n'importe quoi, de faire de la religion du Christ un pur jeu intellectuel pour sa volonté et ses intérêts propres et surtout de glisser comme une anguille ou comme une savonnette entre les mains de ceux qui prétendraient le saisir et surtout l'attraper !
images/icones/1a.gif  ( 629313 )Pour ma volonté et mes intérêts ... par Ion (2012-03-31 09:41:10) 
[en réponse à 629310]

... propres ? Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? Vous me connaissez ?

Sacré JP Parfu, si vous n'existiez pas, il faudrait vous inventer !

Ion
images/icones/1a.gif  ( 629312 )C'est bien ce que j'entendais ... par Ion (2012-03-31 09:38:40) 
[en réponse à 629307]

... , d'une certaine manière, en parlant de l'avantage des anathèmes. Ils laissent, par leur rédaction alambiquée, et contrairement à ce certains pensent, une grande liberté.

Mais du coup, ils sont assez inopérants, car on n'y est très rarement soumis, et ils manquent d'un véritable enseignement.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 629341 )Sainte simplicité par Aigle (2012-03-31 14:43:31) 
[en réponse à 629312]

En fait cher ION ce que vous aimez c'est le catéchisme : méthode pédagogique bien adaptée à la propagation et à la coservation de la Foi par les non spécialistes.

La méthode de l'anathème adoptée au IVè s et conservée jusqu'au XIXès par tous les conciles oecuméniques me semblet beaucoup pluas adaptés aux spécialistes (en clair aux théologiens). Car notre Foi n'est pas contraire à l'intelligence (surtout éclairée et formée).
images/icones/idee.gif  ( 629322 )Précisions complémentaires par Vianney (2012-03-31 10:53:57) 
[en réponse à 629304]


Pour être anathème, il faut en effet avoir une intelligence différente à la fois de l’intelligence que l’Eglise en a eu et en a. Sous-entendu, l’intelligence qu'elle en a peut même être différente ce qu’elle en a eu.


Pour qui réfléchit, il devrait être évident que les Pères ne supposaient pas un seul instant que la compréhension que l’Église a eue de ces dogmes pouvait différer significativement de celle qu’elle en avait, puisque c’est précisément l’idée d’une telle divergence qu’ils condamnaient par cet anathème !

Par ailleurs, les anathèmes ne sont jamais qu’un résumé de la doctrine de l’Église. Ils fixent les idées, mais ils ne dispensent pas de prendre connaissance des explications. Comme vous le savez, des circonstances de temps et de lieu indépendantes de leur volonté n’ont pas permis aux Pères de Vatican I de fournir de plus amples explications. Mais dans le projet de constitution dogmatique “sur la doctrine catholique” qui allait leur être soumis, on trouve ceci (Acta et decreta Conciliorum... Collectio Lacensis, VII, col. 513) :

Des maux nés de la confusion pernicieuse des rapports légitimes entre la science et la foi, l’un des plus graves est celui-ci : des hommes téméraires osent expliquer à leur guise les mystères mêmes et le sens de la révélation, et détourner ces dogmes très saints à une signification que repoussent la foi universelle et la doctrine ecclésiastique, pour l’accommoder à la mesure trompeuse de l’esprit humain. Ainsi, en mettant sous les mots de l’Église, qui sont conservés, un sens différent, on semble dire la même chose : en réalité, l’on dit autre chose.

Ces novateurs ne craignent pas d’affirmer qu’à cause des déficits de la philosophie, qui n’ont pas permis de la parfaire, l’intelligence du dogme est restée jusqu’à présent imparfaite dans l’Église ; mais que maintenant la raison cultivée par la science voit jour à une intelligence véritable et propre de toutes les vérités révélées.

Mais le fondement divin restera ferme, car la doctrine de foi, enseignée par Dieu aux hommes pour qu’ils la croient sur l’autorité du Révélateur, n’est pas un système de philosophie que puisse parfaire l’esprit humain. C’est un dépôt, dont la garde, l’explication, la définition, ont été confiées par Dieu à l’Église infaillible assistée du Saint-Esprit. On doit donc retenir inviolablement le sens du dogme tel que l’Église le proclame : changer ce sens ne serait pas un progrès scientifique, mais une perversion hérétique.


Au fond, le Christ exprimait la même idée en moins de mots : Iota unum non præterebit (Mt. V, 18).

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 629324 )Tout est dans le ... par Ion (2012-03-31 11:14:38) 
[en réponse à 629322]

... significativement.

Quant aux projets de décrets, on voit ce qui peut parfois être leur sort (sous la conduite du St Esprit, bien sûr, cf Vatican II) . Alors, cher Vianney, ne nous y fions pas outre mesure. Surtout que les circonstances de temps et de lieu que vous évoquez font peut-être partie, là aussi, de ... l'action de l'Esprit Saint. Pour Vatican I, pour déjouer un certain immobilisme dans l'Eglise, Il s'y est pris par ces circonstances, et pour Vatican II, Il s'y est pris grâce à la "révolte" des Pères Conciliaires contre une Curie qui avait tout fermé d'avance dans un sens qui n'était pas celui voulu par le Bx Jean XXIII.

Ion
images/icones/fleche3.gif  ( 629330 )Juste un point par Vianney (2012-03-31 11:57:51) 
[en réponse à 629324]

Je n’ai cité ce texte que pour expliquer ce que les auteurs de l’anathème ont voulu condamner...

Ainsi, en mettant sous les mots de l’Église, qui sont conservés, un sens différent, on semble dire la même chose : en réalité, l’on dit autre chose.


...ce qui est assez éloigné de ce que vous semblez leur faire dire :

Sous-entendu, l’intelligence qu'elle en a peut même être différente ce qu’elle en a eu.


Dans le même sens que cet anathème, on lit dans le Serment antimoderniste de saint Pie X que “jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres”.

Et pour illustrer ce que j’entends par divergence significative, permettez-moi de vous rappeler ces réflexions du cardinal Newman (Apologia) qui indiquent bien les limites du “développement” possible en matière de dogme :

Rien ne peut m’être imposé qui soit d’une nature différente de ce que je crois déjà, ni rien, à plus forte raison, qui soit d’une nature opposée. La nouvelle vérité qui est promulguée, si on peut l’appeler nouvelle, doit du moins, considérée dans ses rapports avec l’ancienne vérité, être une vérité homogène, parente, contenue implicitement en celle-ci. Elle doit être telle que j’aie toujours pu deviner qu’elle était renfermée dans la révélation apostolique, et désirer qu’elle le fût.


Il est clair que des différences, quand il y en a, ne peuvent jamais constituer de véritables contradictions. Supposons qu’avant la proclamation de l’Immaculée Conception par Pie IX, un autre pape ait déjà condamné cette idée comme contraire à la Révélation. En pareil cas, ceux des catholiques qui auraient pris conscience de cette opposition auraient dû suivre la voie indiquée par saint Paul aux Galates...

V. galate du XXIe siècle ...
 
images/icones/neutre.gif  ( 629227 )Curieux par Aigle (2012-03-30 18:26:52) 
[en réponse à 629185]

Je trouve toujours un peu curieux ces débats autour de l'eucharistie.
Il me semble pourtant que l'Evangile est d'une grande clarté : "ceci est mon corps" - et non pas "représente" ou "symbolise" ou "ressemble" à mon corps.

calvin et ses successeurs - à la différence de Luther et de Orthodoxes - ont doc clairemet rompu avec la lettre de l'Evagile et avec l'interprétation communément admise depuis l'origine sur la présence réelle.

Quant à contester la formule thomiste, je veux bien admettre que la physique d'Aristote est dépassée. mais je soutiens qu'en revanche la philosophie d'Aristote tient toujours debout et le concept de substace me semble correctement interpréter ce phénomèe et répondre à la question : comment du pain peut il devenir chair (ainsi que le Seigneur l'a dit) tout en gardant l'apparence du pain (comme nos yeux le voient) ?
images/icones/neutre.gif  ( 629242 )"Que vos cœurs sont lents à comprendre" par Montcalm (2012-03-30 19:44:26) 
[en réponse à 629227]

Ce qui nous semble évident dans l'Evangile ne l'est pas pour des millions d'autres chrétiens. Les évangéliques, qui ont pourtant une lecture litterale de la Bible, disent: "Les catholiques ne lisent pas la Bible à la lettre... Sauf au sujet de la Cène !" Cène dont ils nient toute Présence réelle lors de leurs cultes.

Je ne suis pas un spécialiste, mais à mon avis, c'est Zwingli et non Calvin qui a rompu avec la Tradiiton eucharistique de la Chrétienté. Ce dernier confessait la Présence seulement spirituelle, mais réelle lors de la Cène. Bien qu'ils défendait de communier chaque dimanche, pour ne pas retomber dans la superstition papiste, il se débrouillait pour aller d'église en église chaque semaine, et ainsi communier !
Au contraire, Zwingli affirme que la Cène est un simple mémorial, qu'aucun pouvoir ou règle ne confère. Des lors, l'eucharistie n'est plus qu'une "commémoration polie".