Le Forum Catholique

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images/icones/heho.gif  ( 628333 )Lettre de Don Nicola Bux à Mgr. Fellay et aux prêtres de la FSSPX par New Catholic (2012-03-20 19:23:04) 

À son excellence Mgr Bernard Fellay
et aux prêtres de la Fraternité sacerdotale saint Pie X


Excellence Révérendissime,
Bien chers Frères,

la fraternité chrétienne est plus forte que la chair et que le sang parce qu'elle nous offre, grâce à la divine Eucharistie, un avant-goût du paradis.

Le Christ nous a invités à faire l'expérience de la communion, c'est en cela que consiste notre “je”. La communion, c'est estimer a priori son prochain, parce que nous avons en commun avec lui l'unique Sauveur. De ce fait, la communion est prête à tout sacrifice au nom de l'unité ; et cette unité doit être visible, comme nous l'enseigne l'ultime invocation de la prière adressée par Notre Seigneur à son Père – “ut unum sint, ut credat mundus” –, parce qu'elle est le témoignage décisif des amis du Christ.

Il est indéniable que de nombreux faits du concile Vatican II et de la période qui l'a suivi, liés à la dimension humaine de cet événement, ont représenté de vraies calamités et causé de vives douleurs à de grands hommes d'Église. Mais Dieu ne permet pas que Sa Sainte Église puisse en arriver à l'autodestruction.

Nous ne pouvons pas considérer la dureté du facteur humain sans avoir confiance dans le facteur divin, c'est-à-dire dans la Providence qui, tout en respectant la liberté humaine, guide l'histoire, et en particulier l'histoire de l'Église.

L'Église est à la fois institution divine, divinement garantie, et produit des hommes. L'aspect divin ne nuit pas à celui humain – personnalité et liberté – et ne l'inhibe pas nécessairement; l'aspect humain, demeurant entier, et même compromettant, ne nuit jamais à celui divin.

Pour des raisons de Foi, mais aussi en raison des confirmations, même lentes, que nous observons au plan historique, nous croyons que Dieu a préparé et continue de préparer au fil de ces années des hommes dignes de remédier aux erreurs et aux abandons que nous déplorons tous. Déjà apparaissent, et apparaîtront toujours plus, de saintes œuvres isolées les unes des autres mais qu'une stratégie divine relie à distance et dont l'action constitue un dessein ordonné, comme cela survint miraculeusement à l'époque de la douloureuse révolte de Luther.

Ces interventions divines semblent se multiplier à mesure que les faits se compliquent. L'avenir le démontrera, comme nous en sommes convaincus, et déjà semble poindre l'aurore.

Pendant quelques instants, l'aurore, incertaine, lutte avec les ténèbres, lentes à se retirer, mais quand elle pointe on sait que le soleil est là et qu'il poursuit immanquablement sa course dans les cieux.

Avec sainte Catherine de Sienne, nous voulons vous dire : “Venez à Rome en toute sécurité”, auprès de la maison du Père commun qui nous a été donné comme principe et fondement visibles et perpétuels de l'unité catholique.

Venez prendre part à cet avenir béni dont on entrevoit déjà, en dépit des ténèbres persistantes, l'aurore.

Votre refus augmenterait les ténèbres et non la lumière. Or nombreux sont les éclairs de lumière que nous admirons déjà, à commencer par ceux de la grande restauration liturgique opérée par le motu proprio “Summorum Pontificum”. Celle-ci suscite dans le monde entier un large mouvement d'adhésion de la part de tous ceux, et notamment les jeunes, qui entendent magnifier le culte du Seigneur.

Comment ne pas considérer en outre les autres gestes concrets et chargés de signification du Saint Père, comme la levée des excommunications aux évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, l'ouverture d'un débat public sur l'interprétation du concile Vatican II à la lumière de la Tradition et, à cet effet, le renouvellement de la Commission Ecclesia Dei ?

Il demeure certainement des perplexités, des points à approfondir ou à préciser, comme celui de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux (qui a d'ailleurs déjà fait l'objet d'une importante clarification apportée par la déclaration Dominus Jesus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 6 août 2000) ou celui de la manière dont est comprise la liberté religieuse.

Sur ces thèmes aussi, votre présence canoniquement garantie dans l'Église aidera à plus de lumière.

Comment ne pas songer à la contribution que vous pourrez apporter, grâce à vos ressources pastorales et doctrinales, à votre capacité et votre sensibilité, au bien de toute l'Église ?

Voici le moment opportun, l'heure favorable pour revenir. Timete Dominum transeuntem : ne laissez pas passer l'occasion de grâce que le Seigneur vous offre, ne la laissez pas passer à côté de vous sans la reconnaître.

Le Seigneur en concèdera-t-il une autre ?

Ne devrons-nous pas comparaître tous un jour devant Son Tribunal et répondre non seulement du mal commis mais surtout de tout le bien que nous aurions pu faire et que nous n'avons pas accompli ?

Le cœur du Saint Père frémit : il vous attend avec anxiété parce qu'il vous aime, parce que l'Église a besoin de vous pour une profession de foi commune face à un monde toujours plus sécularisé et qui semble tourner irrémédiablement le dos à son Créateur et Sauveur.

Dans la pleine communion ecclésiale avec la grande famille que constitue l'Église catholique, votre voix ne sera pas étouffée, votre engagement ne sera ni négligeable ni négligé mais pourra donner, avec celui de tant d'autres, des fruits abondants qui demeureraient autrement gâchés.

L'Immaculée nous enseigne que trop de grâces viennent perdues parce qu'elles ne sont pas demandées : nous sommes convaincus qu'en répondant favorablement à l'offre du Saint Père, la Fraternité sacerdotale saint Pie X deviendra un instrument pour allumer de nouveaux rayons aux doigts de notre Mère céleste.

En ce jour qui lui est dédié, que saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie, Patron de l'Église universelle, veuille inspirer et soutenir vos résolutions : “Venez à Rome en toute sécurité”.

Rome, 19 mars 2012
Fête de saint Joseph

d. Nicola Bux

[Source - texte en français et traduction en italien]
images/icones/neutre.gif  ( 628343 )Le seul saint cité est par Revizor (2012-03-20 20:30:06) 
[en réponse à 628333]

Sainte Catherine de Sienne, qui a beaucoup oeuvré pour l'unité de l'Eglise, et ce faisant croisé énergiquement la plume avec Saint Vincent Ferrier, qui tenait pour un autre Pape.
Tous les deux furent canonisés, démonstration d'unité en soi.

Je ne sais si ce clin d'oeil est "on purpose", comme disent les Anglais et qui est si difficile à traduire correctement, mais il m'a amusé.
images/icones/marie.gif  ( 628357 )Le ton est extraordinaire ! par Glycéra (2012-03-20 21:35:08) 
[en réponse à 628333]


Quelle harmonie audible : nous sommes loin des musiquettes sur les unités ou les dialogues forcés, assez peu composés des dernières années de réunions diverses au sein de commissions ci ou de synodes ça.

Que Ste Catherine et St Michel tiennent nos forces !

Cela redonne du coeur aux chapelets !
Ne ratons pas les dernières lignes...
images/icones/bravo.gif  ( 628361 )2 affirmations qui vont très loin par La mouche du coche (2012-03-20 21:58:23) 
[en réponse à 628357]

Très belle lettre, prenant les choses par le haut.
Summorum Pontificum remarque que deux points de la lettre vont très loin :

« Il est indéniable que de nombreux faits du concile Vatican II et de la période qui l’a suivi, liés à la dimension humaine de cet événement, ont représenté de vraies calamités et causé de vives douleurs à de grands hommes d’Église. Mais Dieu ne permet pas que Sa Sainte Église puisse en arriver à l’autodestruction.
« Il demeure certainement des perplexités, des points à approfondir ou à préciser, comme celui de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux (qui a d’ailleurs déjà fait l’objet d’une importante clarification apportée par la déclaration Dominus Jesus de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 6 août 2000) ou celui de la manière dont est comprise la liberté religieuse

images/icones/hum2.gif  ( 628370 )Les vraies clalamités... Mais elles sont encore présentes en bien des paroisses et peut-être bien pires que celles des années folles (les seventies) par Chorus (2012-03-21 01:38:50) 
[en réponse à 628361]

« Il est indéniable que de nombreux faits du concile Vatican II et de la période qui l’a suivi, liés à la dimension humaine de cet événement, ont représenté de vraies calamités et causé de vives douleurs à de grands hommes d’Église."

Mais les calamités sont toujours là et bien pires parfois en mars 2012 que dans les premières années de la révolution post novus ordo où c'était gentillet à côté de ce qui se passe aujourd'hui dans certaines paroisses avec certains prêtres et certains laïcs dévoués.

Oui, nous sommes vraiment encore à fond dans ..."la période qui l'a suivie"... Et il conviendrait alors de dire "représentent de vraies calamités" au lieu de "ont représenté de vraies calamités"!

Heureusement qu'il y a des "refuges" (trop peu nombreux encore) où la Sainte Messe traditionnelle est célébrée.

Chorus
images/icones/1y2.gif  ( 628371 )Les calamités... par MerrydelVal (2012-03-21 04:34:15) 
[en réponse à 628370]

... sont effectivement, comme le souligne Chorus, bien présentes dans un certain nombre de paroisses. Depuis les années 60 et 70, elles se sont "institutionnalisées", pour ainsi dire - et il est probable qu'il faudra encore de très longues années avant de pouvoir les réduire à rien.
Se profilent à l'horizon, outre la certaine et irréductible opposition de quelques extrémistes, d'abord l'immense difficulté que représente la formation doctrinale et liturgique de fidèles qui se trouvent depuis des dizaines d'années plongés au coeur même de ces "calamités".
Ensuite, faire en sorte qu'il ne soit jamais plus possible de faire appel à l'obéissance à fin de détruire l'obéissance : il est tout de même consternant d'avoir à constater que dans nombre de paroisses, des clercs et des laïcs puissent tenir des discours qui vont à l'encontre de ce qu'enseigne l'Eglise et n'aient pratiquement jamais à en rendre compte ou à en supporter les conséquences.
Alors que dans le même temps, des catholiques qui ne font que défendre de façon légitime cet enseignement se voient contraint de justifier leur position tout en étant soumis à l'affront supplémentaire d'une suspicion malsaine relative à leurs intentions, à la réalité de leur conviction, à leur bonne foi, quand ce n'est pas à leur catholicité!

MdV.
images/icones/neutre.gif  ( 628402 )Don Bux à St-Nicolas-du-Chardonnet par Abbé Claude Barthe (2012-03-21 11:29:58) 
[en réponse à 628371]

Le lundi 22 novembre 2010, en fin de matinée, après la 3ème rencontre de Réunicatho, Don Bux, que je reconduisais, à Roissy, a voulu visiter St-Nicolas-du-Chardonnet. Il a vénéré les reliques de son saint patron, et l'abbé Beauvais est venu très courtoisement le saluer. Don Bux a posé à l'abbé Beauvais des questions sur son apostolat, la fréquentation de la paroisse, etc. Et il a terminé par de chaleureux encouragements, que je me suis amusé à souligner : « C’est Rome qui vous encourage, Monsieur l’Abbé ».
images/icones/fleur.gif  ( 628457 )Quelle excellente nouvelle par Vassilissa (2012-03-21 20:41:02) 
[en réponse à 628402]

en plus de cette admirable lettre, qui enfin nous reconnaît.

Merci à Don Bux, merci à l'abbé Barthe. Et nous attendons la suite avec impatience;

PS : Pourquoi "Don" Bux ? Est-il bénédictin ? (ce serait Dom ?!)
images/icones/hein.gif  ( 628468 )Et Don Camillo alors? par Semetipsum (2012-03-21 22:50:14) 
[en réponse à 628457]

Il est bénédictin?
images/icones/1b.gif  ( 628489 )Il est surtout italien ! par Jéhu (2012-03-22 10:02:26) 
[en réponse à 628457]

Tout est dans le titre.