Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=628306
images/icones/2a.gif  ( 628306 )qui écrit ceci (transmis par le Salon Beige): par blamont (2012-03-20 16:02:31) 

"Le Concile a rappelé […] clairement que le revenu disponible n’est pas abandonné au libre caprice des hommes et que les spéculations égoïstes doivent être bannies."

Ou comment considérer le Pékin chef de famille-gestionnaire attentif du patrimoine et de la défense du foyer, producteur de richesse pour le bien commun- comme un Homo Erectus ou un Sinanthrope social et ignorer la différence entre spéculation et agiotage.
On devrait justement définir la liberté avant le revenu disponible, c'est-à-dire avant la confiscation légale et sociale.

A quand les tickets de rationnement sur tout (acheter avec son revenu disponible un cochon entier sur pied chez le fermier est une spéculation égoïste à l'encontre de ceux qui mangent hallal), les logements communautaires (l'acquisition de sa résidence principale est une spéculation égoïste et un caprice d'un vivre ensemble libertaire) et le conjoint désigné par le responsable de secteur paroissial (le mariage est une spéculation égoïste à double effet)?

Rome s'est-elle délocalisée en Corée du Nord?

au fait, les soldes de textiles, est-ce de la spéculation égoïste, la soumission au libre caprice de la Femme?
Faudra qu'on en cause à cette dernière qui de la fin a toujours le mot. On rigolera cinq minutes.
Quoique, le revenu disponible utilisé pour ce caprice c'est comme le coupe-chou brandi par le singe dans la nouvelle de Poe: en ces moments-là dans certaines échoppes de mode, cela tient de l'Ordalie chez les Harpies.
images/icones/attention.gif  ( 628312 )Populorum Progressio par Babakoto (2012-03-20 17:18:36) 
[en réponse à 628306]

Un vrai scandale que cet encyclique.

Heureusement que l'Esprit-Saint veille et qu'on y trouve quand-même des garde-fous:


Tentation de la violence.

30 Il est certes des situations dont l'injustice crie vers le ciel. Quand les populations entières, dépourvues du nécessaire, vivent dans une dépendance telle qu'elle leur interdit toute initiative et responsabilité, toute possibilité aussi de promotion culturelle et de participation à la vie sociale et politique, grande est la tentation de repousser par la violence de telles injures à la dignité humaine.



Ca fait du bien de voir rappeler que l'initiative et la responsabilité font partie de la dignité humaine. Ca permet d'annihiler tout le reste.

Le délire que vous citez se trouve ici:


L'usage des revenus

24. Le bien commun exige donc parfois l'expropriation si, du fait de leur étendue, de leur exploitation faible ou nulle, de la misère qui en résulte pour les populations, du dommage considérable porté aux intérêts du pays, certains domaines font obstacle à la prospérité collective. En l'affirmant avec netteté (24), le Concile a rappelé aussi non moins clairement que le revenu disponible n'est pas abandonné au libre caprice des hommes et que les spéculations égoïstes doivent être bannies. On ne saurait dès lors admettre que des citoyens pourvus de revenus abondants, provenant des ressources et de l'activité nationales, en transfèrent une part considérable à l'étranger pour leur seul avantage personnel, sans souci du tort évident qu'ils font par là subir à leur patrie (25).




Là encore, le garde-fou: "si, du fait de leur étendue.....certains domaines font obstacles à la prospérité collective." Il reste donc à démontrer en vérité la possibilité d'une prospérité collective qui résulterait d'une expropriation étatique, ce qui est une contradiction dans les termes.


images/icones/neutre.gif  ( 628317 )Gaudium et spes par Meneau (2012-03-20 17:35:24) 
[en réponse à 628306]


6. Dans plusieurs régions économiquement moins développées, il existe des domaines ruraux étendus et même immenses, médiocrement cultivés ou mis en réserve à des fins de spéculation, alors que la majorité de la population est dépourvue de terres ou n’en détient qu’une quantité dérisoire et que, d’autre part, l’accroissement de la production agricole présente un caractère d’urgence évident. Souvent, ceux qui sont employés par les propriétaires de ces grands domaines, ou en cultivent des parcelles louées, ne reçoivent que des salaires ou des revenus indignes de l’homme ; ils ne disposent pas de logement décent et sont exploités par des intermédiaires. Dépourvus de toute sécurité, ils vivent dans une dépendance personnelle telle qu’elle leur interdit presque toute possibilité d’initiative et de responsabilité, toute promotion culturelle, toute participation à la vie sociale et politique. Des réformes s’imposent donc, visant, selon les cas, à accroître les revenus, à améliorer les conditions de travail et la sécurité de l’emploi, à favoriser l’initiative, et même à répartir les propriétés insuffisamment cultivées au bénéfice d’hommes capables de les faire valoir. En l’occurrence, les ressources et les instruments indispensables doivent leur être assurés, en particulier les moyens d’éducation et la possibilité d’une juste organisation de type coopératif. Chaque fois que le bien commun exigera l’expropriation, l’indemnisation devra s’apprécier selon l’équité, compte tenu de toutes les circonstances.



Populorum Progressio y fait explicitement référence, dans le passage que vous citez et qui vise à lutter contre l'injustice et la misère : le droit à la propriété est indissociable du devoir de charité envers les plus démunis.

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 628392 )Une délcaration qui a du panache par worou-kenou (2012-03-21 09:58:56) 
[en réponse à 628306]

Qui a dit que l'Eglise nous servait de l'eau tiède?
Cette phrase s'inscrit tout à fait dans la tradition des Pères de l'Eglise qui n'hésitaient pas à dire leur vérité à ceux qui se cachaient derrière leur petit doigts.
Rappeler la destination universelle des Biens est une bonne chose en ces temps de chacun pour ceux!
images/icones/idee.gif  ( 628434 )Utilité marginale par PEB (2012-03-21 17:30:41) 
[en réponse à 628306]

Je ne maîtrise pas totalement la doctrine des sacrements, catéchisé que je suis à la mode de Pierres Vivantes, Fripounet et consorts des années 1980.
Toutefois, je peux avoir un avis sur les questions économiques...

La doctrine sociale de l'Eglise rejoint la doctrine économique de l'utilité marginale décroissante.

L'utilité marginale des hectares ou des revenus décroit avec leur étendue. En d'autre terme, si vous avez 100 ha de terre, le revenu supplémentaire généré par la possession d'un hectare de plus est moindre que si vous n'en avez eu que 10 ha au départ.

De la même manière, ajouter un treizième mois à un simcard changera positivement son niveau de vie bien plus que si vous ajoutez l'équivalent d'un SMIC aux revenus multiples de Madame Liliane B. C'est la principale justification de la progressivité de l'impôt sur le revenu frappant les personnes physiques.

En matière agricole, on peut faire cohabiter des productions d'exportation latifundiaires avec des petites parcelles allouées aux sans-terre. Ces dernières seraient principalement affectées à la culture vivrière locale tout en accordant un bénéfice substantiel à cette population fragile. Il est, en effet, démontré que ce sont justement les plus petites parcelles qui sont, en volume et en valeur, les terres les plus productives.

La solution n'est pas la violence mais la recherche d'une politique juste et libérale, favorisant le travail mais respectant le principe de propriété dans la limite de la destination universelle des biens. Car la propriété est un droit générateur de devoirs sinon de responsabilités économiques et humaines.

Ce n'est pas du communisme mais du travaillisme, travaillisme qui est au coeur du nouvel offertoire: opus mánuum hóminum.