"On s'interroge parfois sur les causes du maintien de la foi dans les temps de persécution, spécialement dans les régions du globe où la religion est privée de ses moyens extérieurs d'expression, comme la liberté de la presse et de la prédication. Voici ce que dit Maxime V, patriarche melchite, au Ier synode des évêques (1977) consacré à la catéchèse : "Ce qui durant les siècles de persécution musulmane a conservé la foi des fidèles, c'est la célébration de la divine liturgie."
Le même phénomène a été observé dans les pays de l'Est : baptême et Eucharistie ont constitué pour la foi l'appui unique mais irrépressible auquel s'est heurté l'appareil communiste. On touche ici du doigt le caractère social et missionnaire de la liturgie : elle exerce un ministère de rassemblement autour d'un point fixe, elle retient les fidèles sur la pente de l'oubli et de la dérive, elle est, disait Dom Guéranger, la Tradition à son plus haut degré de puissance et de solennité. L'abbé de Solesmes citant Bossuet à plusieurs reprises en appelle à la liturgie comme "principal instrument de la Tradition", montrant qu'elle peut être appelée "la Tradition professée" face aux propositions des conciles qui représentent "la Tradition définie". Le père Clérissac rapporte qu'au Moyen-Age un juif avait demandé le baptême parce qu'il avait remarqué que le lyrisme de la synagogue était passé dans la liturgie de l'Eglise. Pour que l'Eglise du Christ se distingue des autres religions, il faut que sa prière et ses sacrements s'entourent d'un voile assez transparent afin de laisser deviner le mystère de ses origines. Raison profonde d'une langue sacrée : non seulement exprimer l'universalité d'une religion, mais lui servir de référence fixe dans le flot mouvant de l'histoire"
« Il importe, en effet, de remarquer à ce sujet qu'aux autres causes de difficultés qui se présentent dans l'explication de n'importe quels auteurs anciens, s'en ajoutent quelques-unes qui sont spéciales à l'interprétation des Livres Saints. Comme ils sont l'œuvre de l'Esprit-Saint, les mots y cachent nombre de vérités qui surpassent de beaucoup la force et la pénétration de la raison humaine, à savoir les divins mystères et ce qui s'y rattache. Le sens est parfois plus étendu et plus voilé que ne paraîtraient l'indiquer et la lettre et les règles de l'herméneutique ; en outre, le sens littéral cache lui-même d'autres sens qui servent soit à éclairer les dogmes, soit à donner des règles pour la vie.