Bon dimanche et merci à Beauceron.
Il est question de remonter des effets, théologiques, néo-modernistes, que l'on déplore, aux causes, philosophiques, idéalistes, que l'on dénonce.
L'"après-première" de ces causes philosophiques réside en effet dans l'hégélianisme, et il est heureux que Mgr. Antonio LIVI rappelle l'incompatibilité entre la philosophie hégélienne et la théologie catholique.
Hegel
Hégélianisme
Et si l'on veut vraiment remonter du dernier des effets théologiques à la première des causes philosophiques, il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin, et il ne faut pas hésiter à passer de "l'après-première" à "la première" de ces causes, qui réside dans la philosophie kantienne.
Kant
Criticisme
Or, il faut le savoir,
- si davantage d'auteurs, au sein ou autour du plus haut niveau de responsabilité intellectuelle, à l'intérieur de l'Eglise catholique, veulent bien, dans le meilleur des cas, dénoncer l'hégélianisme, ne serait-ce qu'à cause de l'historicisme qui le caractérise,
- en revanche, bien moins nombreux sont ceux qui veulent bien dénoncer le kantisme, lequel, au contraire, a longtemps été considéré comme bien moins difficilement "compatibilisable" avec la théologie catholique que l'hégélianisme.
J'ai déjà eu l'occasion d'écrire quelques mots à ce sujet dans un texte que j'ai consacré, il y a déjà plusieurs mois, au 75 ° anniversaire de la naissance de la "nouvelle théologie", celle-ci étant apparue en tant que telle à peu près à partir de 1937.
Et je rappelle que, par exemple dans "Entrez dans l'Espérance", paru en 1994, Jean-Paul II commet, en page 67, ce qui ressemble fort à une manifestation de bienveillance indéfinie ou iréniste, à la limite du contresens, ou en tout cas du modalisme ; selon lui, il y aurait, d'une part, une manière biblique et thomiste, d'autre part, une manière éthique et kantienne, de procéder, de raisonner, de réfléchir, en ce qui concerne, globalement, les preuves de l'existence de Dieu, comme si le thomisme et le kantisme constituaient deux modes de réflexion également légitimes, également recevables, pour fonder en droit une théologie catholique.
Et quand on sait que c'est le "thomisme kantien", le "thomisme transcendantal", qui a le plus influencé la théologie fondamentale, au XX ° siècle, notamment en Allemagne, d'abord dans le quart de siècle qui a précédé le début du Concile, ensuite au moins jusqu'au milieu des années 1980, on se dit que s'il est nécessaire de ne pas s'arrêter en si bon chemin, il est également difficile de continuer en si dur chemin, quand on voit jusqu'à quel niveau, dans la hiérarchie ecclésiale, on s'est illusionné sur l'apparente moindre contradiction entre la philosophie kantienne et la théologie catholique.
Celle-ci, précisément, existe-t-elle encore en tant que telle ? L'expression "LA théologie catholique" a-t-elle encore tout son sens, en ces temps de surexposition des intelligences, non seulement au modalisme, mais aussi au pluralisme, que ce soit dans l'ordre du fondement des méthodes ou dans celui du déploiement des systèmes ?
A quelques mois du début de l'Année de la Foi, peut-être serons-nous bientôt témoins d'une tentative de réhabilitation, de relégitimation de LA théologie catholique, puisque nous avons récemment appris ceci, grâce au site Riposte Catholique :
"La Commission théologique internationale a publié (hier) un document intitulé « La théologie aujourd’hui. Perspectives, Principes and Critères ». Ce document comporte trois chapitres:
1) Ecouter la Parole de Dieu,
2) Demeurer dans la communion de l’Eglise,
3) Rendre compte de la vérité de Dieu.
Trois axes qui sont trop souvent oubliés par les théologiens contemporains, qui se croient dépositaires d’une sorte de magistère alternatif à l’authentique Magistère…"
Je vous remercie pour votre message et je vous souhaite une bonne fin de journée, ainsi qu'un bon début de semaine.
Scrutator.