Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=627935
images/icones/ancre2.gif  ( 627935 )Chenouda III est mort. par Paterculus (2012-03-17 22:17:40) 

Chenouda III est mort.
Il était le "Pape" des coptes orthodoxes depuis 1971.
Il avait à son actif la réconciliation des coptes monophysites avec les orthodoxes, mais il avait éliminé la possibilité d'un retour à la pleine communion avec l'Eglise catholique en invoquant l'argument qu'un seul homme (le Pape, le nôtre, donc) puisse gouverner toute l'Eglise à travers le monde : le modèle orthodoxe lui permettait de garder son indépendance.
Je me souviens aussi d'une anecdote peu reluisante. Vers le début des années 1990, le patriarche copte catholique d'Alexandrie, Stephanos II Ghattas, (lui aussi successeur de Saint Marc) lui avait proposé un accord pour que coptes catholiques et coptes orthodoxes fêtent à dates communes Noël et Pâques, ce qui aurait manifesté une certaine unité face aux musulmans : Pâques étant la fête la plus importante, tous l'auraient célébrée à la date traditionnelle des coptes orthodoxes, très nettement plus nombreux que les coptes catholiques ; Noël étant une fête d'origine romaine, tous l'auraient célébrée à la date traditionnelle des catholiques. Chenouda III feignit d'accepter, laissa les catholiques fêter Pâques à la date des orthodoxes, puis continua de célébrer Noël à la date habituelle des orthodoxes, humiliant Stephanos II.
Il reste que Chenouda III fut un grand patriarche, dans des conditions difficiles. On peut prier pour lui et pour son successeur, dont la tâche sera particulièrement ardue dans les circonstances que connaît l'Egypte aujourd'hui.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/ancre2.gif  ( 627937 )Réaction romaine... par Paterculus (2012-03-17 22:19:29) 
[en réponse à 627935]

Ici.
VdP
images/icones/5a.gif  ( 627940 )Désolé ! par Paterculus (2012-03-17 22:27:19) 
[en réponse à 627935]

Je vois que Jean Kinzler m'a devancé.
VdP
images/icones/fsvf.gif  ( 627946 )Les modalités de l'élection par Jean Ferrand (2012-03-18 08:35:31) 
[en réponse à 627940]

Les modalités de l'élection du pape et patriarche copte d'Alexandrie sont extrêmement longues et compliquées. Prions pour que, dans les circonstances actuelles, elles se déroulent dans le calme et la dignité.
L'intervention de l'Etat, pourtant non chrétien, est expressément prévue.
De toute façon cette Eglise reste, du point de vue catholique, une Eglise schismatique. Il serait temps que le successeur de Chenouda III le reconnaisse.
Prions pour ce "caïmacan" qui assura l'intérim pendant ce long processus. Non, ce n'est pas un caïman du Nil.

Les modalités d'élection du patriarche de l'Eglise copte orthodoxe

Le règlement actuellement en vigueur, promulgué en 1957, fixe les conditions d'éligibilité des candidats, les modalités de constitution du collège électoral puis des étapes du processus électoral et du tirage au sort final. Toutefois, plusieurs objections ont été formulées à l'encontre de ce règlement, tant au sujet du premier point que du second. En outre, le fait qu'il existe un tel règlement n'implique pas qu'il sera suivi lors des prochaines élections. Il ne l'avait été lors des deux précédentes qu'après de longues discussions (avant l'élection de Kirillus VI) et moyennant quelques entorses (dans les deux cas).

Les conditions de candidature au trône patriarcal sont les suivantes: il faut être un moine, âgé de quarante ans au moins, et avoir servi au minimum quinze ans dans un monastère. Après débats, le Saint Synode a admis que les évêques diocésains ne pouvaient être candidats puisqu'ils avaient été consacrés à vie, mais certains souhaitent que la clause restreignant aux moines la possibilité de se présenter soit levée. Plusieurs acteurs du courant des «laïcs», actifs depuis la fin des années 1980, critiques de la politique chénoudienne, promoteurs de projets de réforme de l'Eglise, soutiennent l'idée d'une élection du patriarche par l'ensemble des coptes. Idée qui, d'après d'autres protagonistes de la scène copte, révèle une profonde mécompréhension du sens de la fonction patriarcale.


Le Saint Synode et le Conseil communautaire doivent se réunir dans un délai de sept jours après que le siège patriarcal soit devenu vacant afin de choisir un caïmacan ("faisant fonction", mot dérivé du turc qui l'emprunta à l'arabe: qâ'im, participe présent de "se tenir", et maqâm, "lieu"), dont la nomination sera entérinée par un décret présidentiel et qui se chargera de la gestion des affaires de l'Eglise jusqu'au sacrement du nouveau patriarche.

La seconde étape consiste dans la formation du comité qui établit la liste des candidats. Ce comité, présidé par le caïmacan, comprend dix-huit membres élus par le Saint Synode, pour moitié des évêques et des archevêques, pour moitié des membres du Conseil général de la communauté, et doit être formé au plus tard un mois après la vacance du siège patriarcal (sauf ajournement dans le cas où le quorum des deux tiers de chacun des deux éléments composant le comité n'est pas atteint).

Lors d'une troisième étape, les candidatures, déposées dans les deux mois suivant la vacance du siège patriarcal, sont examinées par ce comité quinze jours après expiration du délai de leur présentation. Le comité dresse la liste des candidatures jugées recevables, la rend publique et la soumet de la sorte aux réclamations éventuelles de tout électeur. Il élabore ensuite et publie la liste définitive des candidats (cinq à sept).

Dans un quatrième temps, un comité de trois membres du clergé et deux membres du Conseil communautaire, choisis par le caïmacan, enregistre les noms des quelques centaines de personnes qui formeront le collège électoral. Les électeurs doivent satisfaire à plusieurs exigences relatives à leur âge (35 ans au moment de la vacance du siège patriarcal), leurs revenus et/ou leur profession, leur moralité, leur niveau d'étude, et sont répertoriés en 8 catégories (3 pour les membres du clergé, 5 pour les laïcs). Ce collège sélectionne ensuite par voie élective trois noms parmi ceux dont la candidature avait été retenue.

Enfin, sixième et dernière étape, ces trois noms sont soumis à un tirage au sort. Un jeune enfant dont la main, présumée innocente, transmet, en quelque sorte, la volonté divine, saisit l'un des papiers portant, chacun, le nom de l'un des candidats. La tradition de l'Eglise veut qu'un bulletin blanc soit ajouté aux trois autres. Si le tirage au sort portait sur ce bulletin blanc, cela serait interprété comme l'expression divine du refus des trois candidats sélectionnés par les électeurs et le tirage au sort devrait, dans cas, être effectué à nouveau entre les noms des trois candidats suivants.

images/icones/sacrecoeur.gif  ( 628066 )Une belle occasion de prier pour nos frères d'Egypte... par Michel (2012-03-18 20:37:45) 
[en réponse à 627946]

Pour que tout se passe bien (sans divisions), et que cette élection donne le résultat le plus conforme possible à la volonté divine...

Si on peut rêver...
Il y a trois papiers avec un nom, et un 4° sans nom...
Si Dieu pouvait faire un petit miracle, et que miraculeusement un nom apparaisse sur le 4° papier...
Je ne sais pas, moi, tenez, par exemple Antonios Naguib...
images/icones/fleche3.gif  ( 627947 )Hommage à Chenouda III par jejomau (2012-03-18 08:51:59) 
[en réponse à 627935]

Un bel article assez complet peut être lu sur ce LIEN.

L'auteur rappelle que "les chrétiens de langue arabe du Proche – Orient sont donc les descendants des chrétiens des premiers siècles de notre ère, qui vivaient dans ces pays, bien avant l’apparition de l’Islam".

Ainsi, on apprend que : "L’Église Orthodoxe Copte , dans les dogmes salutaires, confesse ce que l’Église Copte Orthodoxe – fondée à Alexandrie en l’an 42 parSaint Marc l’Évangéliste - confesse, et rejette ce que l’Église Copte Orthodoxe rejette. Avec Saint Basile le Grand, elle proclame que ce serait porter atteinte au contenu de l’Évangile lui-même que d’ignorer la Tradition transmise par les Apôtres et les Pères de l’Eglise et qui éclaire le contenu de l’Évangile : “Une part de notre enseignement est écrite et une autre part nous a été mystérieusement transmise par la tradition apostolique, ces deux formes d’enseignement ont même valeur de piété“.

L’Eglise Copte Orthodoxe confesse sa foi, définie dans le symbole de Nicée-Constantinople, en un Dieu Unique et Trinitaire, en la divinité du Fils Unique Engendré de Dieu, Seconde Personne de la Sainte Trinité, Verbe de Dieu, Splendeur de Sa Gloire, et Image parfaite de Sa Substance, qui s’est incarné du Saint Esprit et de la Vierge Marie, qui s’est fait homme, qui a partagé avec nous notre humanité mais sans péché, qui a participé tout entier à la Passion, à la mort sur la Croix pour notre rédemption, et à la Résurrection, qui est monté au ciel (Ascension), qui reviendra (Seconde venue) pour juger les vivants et les morts.

L’Église Copte Orthodoxe confesse que le Christ Sauveur est en vérité Dieu et à cause de cela, la Sainte Vierge est Mère de Dieu, Theotokos, car Elle a engendré le Verbe de Dieu fait homme. L’Eglise Copte Orthodoxe croit à l’âme immortelle, à la résurrection des morts, à la vie éternelle, à l’intercession de la Vierge Marie ; elle croit aux Anges et aux Saints, aux Sept Sacrements et à l’action que le Saint Esprit accomplit en eux. L’Eglise Copte Orthodoxe confesse que le Saint Esprit procède du Père seul

L’Eglise Copte Orthodoxe croit en l’UNITÉ de la divinité et de l’humanité du Christ. L’Eglise Copte Orthodoxe rejette les hérésies de Arius, Nestorius, Eutychès, Sabellius et Macédonius.