Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=627872
images/icones/carnet.gif  ( 627872 )Réponse à Mgr Williamson apparemment toujours "très opposé" aux discussions par jejomau (2012-03-17 15:57:43) 

Avant cette date (1987), Mgr Lefebvre aurait été, pour Mgr Williamson ainsi que pour Mgr Fellay, favorable « à un accord pratique » avec Rome à condition toutefois que « Rome accepte la FSSPX tel qu’elle est ».

C’est très juste. Mgr Lefebvre l’exprimait en effet très clairement dans sa lettre datée du 21 novembre 1987 et remise au cardinal Gagnon à l’issue de la visite apostolique des œuvres de la Tradition qu’il accomplissait, assisté de Mgr Perl, du 11 novembre au 7 décembre 1987. Dans cette lettre, il affirmait bien, en effet:


« Nous acceptons volontiers, d’être reconnus par le Pape tels que nous sommes et d’avoir un siège dans la Ville Eternelle, d’apporter notre collaboration au renouveau de l’Eglise ; nous n’avons jamais voulu rompre avec le Successeur de Pierre, ni considérer que le Saint Siège est vacant, malgré les épreuves que cela nous a values.
Nous vous soumettons un projet de réintégration et de normalisation de nos rapports avec Rome. Considérant ce que désormais vous connaissez de nous te de nos œuvres, vous ne serez pas surpris de nos exigences uniquement fondées sur le zèle pour le bien de l’Eglise et le salut des âmes pour la gloire de Dieu.
C’est seulement dans cet esprit et en tenant compte de ces considérations qu’une solution peut être valable et stable. »



Et dans ce texte, Mgr Lefebvre répète la condition indispensable de solution « stable et valable ». Il l’appelle même condition « sine qua non » :


« Sans préjuger des conclusions de la visite, mais dans l’espoir qu’elles seront positives, il nous semble indispensables avant d’aller plus avant dans les entretiens avec le Saint Siège d’exprimer une condition sine qua non, nous faisant l’écho de tous les prêtres et fidèles attachés à la Tradition. Si le Saint Siège désire sincèrement que nous devenions officiellement collaborateurs efficaces pour le renouveau de l’Eglise, sous son autorité, il est de toute nécessité que nous soyons reçus comme nous sommes, qu’on ne nous demande pas de modifier notre enseignement, ni nos moyens de sanctifications, qui sont ceux de l’Eglise de toujours ».



Mais pour Mgr Williamson et Mgr Fellay, 1987, – pour moi, 1988 -, 1987 serait la dernière fois que Mgr Lefebvre aurait soutenu une telle position. Mgr Williamson en effet ajoute dans son commentaire de l’homélie de Mgr Fellay, du 2 février : « Cependant, Monseigneur Fellay a ajouté que la dernière fois que Monseigneur Lefebvre l’a dit, fut en 1987 ». 1987 serait donc bien, d’après eux, une date charnière, un tournant dans la pensée de Mgr Lefebvre sur ce sujet des relations avec Rome. Il y aurait donc un avant et un après 1987

Si Mgr Lefebvre a changé de position, et s’il a procédé aux sacres épiscopaux, le 30 juin 1988, c’est parce que les autorités étaient infidèles à leur mandat de transmettre avec fidélité le dépôt révélé

La suite sur ITEM
images/icones/hein.gif  ( 627875 )J’ai peut-être lu trop rapidement... par Vianney (2012-03-17 17:17:59) 
[en réponse à 627872]

L’abbé Aulagnier ne cache pas sa préférence pour une “normalisation” sur le modèle de Campos. Il convient volontiers que cette solution, Mgr Lefebvre ne l’a plus jamais préconisée, après juin 88. Deux remarques :

1) la réponse à sa question “Qui garde la pensée de Mgr Lefebvre ?” est beaucoup moins évidente qu’il paraît le croire ;

2) et surtout, il ne nous explique pas pourquoi, à son avis, Mgr s’en est écarté sans retour (après avoir, il est vrai, beaucoup hésité auparavant).

V.
 
images/icones/fleche3.gif  ( 627878 )je ne suis pas vraiment d'accord avec vous par jejomau (2012-03-17 17:33:33) 
[en réponse à 627875]

quand vous dites qu'il s'en est "écarté sans retour". En effet, Mr l'abbé Aulagnier indique que (en 5):


Mais depuis 1988, le temps passa. Rome s’approcha petit à petit et de plus en plus de la solution demandée par Mgr Lefebvre dans sa lettre du 21 novembre 1987. (en note – Ce qui nous permet d’écrire ici encore que la pensée de Mgr Lefebvre aura une influence réelle dans l’organisation pratique – encore à venir – de la fameuse « commission Ecclesia Dei").

Nous pouvons le constater dans la solution proposée, en 2001-2002, à Mgr Rangel, évêque sacré par MgrTissier de Mallerais dans le cadre de l’association sacerdotale saint Jean-Marie Vianney, sis au diocèse de Campos, au Brésil. Là, dans le cadre d’une nouvelle Administration Apostolique, Rome a reconnu pour ses prêtres et membres le droit à la messe dite de sainte Pie V, un
droit propre



Il souligne bien une première évolution à partir de 1988 avec les futures ED puis un nouveau progrès à partir de 2001-2002. Une sorte de "test" grandeur nature avec une communauté FSSPX.

Bien sûr le décès de Mgr Lefebvre empêche d'imaginer une suite concrète sous son influence directe... Mais on pourrait penser que , maintenant, cette histoire s'écrit enfin avec Mgr Fellay, non ?
images/icones/fleche2.gif  ( 627882 )Justement... par Vianney (2012-03-17 17:46:53) 
[en réponse à 627878]

...la solution Ecclesia Dei, Mgr Lefebvre y était, à tort ou à raison, résolument opposé depuis les sacres : c’était peut-être un pas dans la direction qu’il lui arrivait de préconiser auparavant, mais certainement plus après 1988. Du moins, c’est ce qui ressort des entretiens accordés par le prélat à diverses revues depuis cette époque jusqu’à son décès. Un extrait parmi d’autres (Fideliter n° 70, juillet-août 1989) :

Si c’est de l'Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets.



V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 627884 )En outre, c'est Mgr Lefebvre par Jean-Paul PARFU (2012-03-17 17:57:03) 
[en réponse à 627882]

il faut bien le voir, qui a été l'élément moteur du choix de la solution des sacres, choix auquel il pensait depuis au moins 1986 (Assise).

D'autres, on le sait, étaient plus réservés, comme Dom Gérard ou l'abbé Tissier de Mallerais par exemple, avant, pour ce dernier, de se rallier à la position du fondateur de la FSSPX.