LA CRITIQUE TV DE TÉLÉRAMA DU 03/03/2012
La règle du célibat des prêtres s'applique depuis plus de mille ans au sein de l'Eglise catholique romaine, qui, jusqu'au IXe siècle, ne refusait pourtant le mariage qu'aux moines. Si de nombreux fidèles demandent aujourd'hui la levée de ce principe, dénué de fondement théologique, le Vatican y est clairement opposé, préférant fermer les yeux sur ces unions terrestres, pour peu qu'elles demeurent cachées.
Comme beaucoup d'autres, le père Kilien a décidé d'en finir avec cette hypocrisie, de sortir de la clandestinité et de révéler la relation qu'il entretient avec une femme depuis plusieurs années.
La caméra de David André l'a accompagné dans le cheminement qui l'a conduit à se confier à son évêque, puis à ses paroissiens, dont les applaudissements saluant son coming out sont l'un des moments forts de ce documentaire particulièrement soigné. Outre Kilien, il suit un jeune séminariste, défenseur du célibat des prêtres, jusqu'à l'ordination, et Gabriel, prêtre depuis 1969 et qui s'apprête à épouser Jacqueline, après quarante ans de liaison. Recueillant également la parole des évêques de France et celle du sociologue Olivier Bobineau, La Vie amoureuse des prêtres donne matière à réflexion, en faisant preuve d'un bout à l'autre d'une grande probité.
François Ekchajzer
« La chasteté est demandée à tout catholique en dehors des liens du mariage. »
- Les Eglises orthodoxes ne partagent pas du tout vos vues.
- Les traditions catholiques ne les partagent pas non plus.
- Quand un membre marié du clergé anglican (par exemple) est reçu et ordonné dans notre Eglise catholique, on ne lui demande pas de renoncer à son mariage, son épouse et leurs enfants (éventuels).
La voie régulière qui s’applique aux anglicans unis reste celle du célibat : « l’ordinaire [NDLR : l’évêque] n’admettra en règle générale (pro regula) que les hommes célibataires à l’ordre des prêtres » (AC, VI, 2). Ceux-ci ne pourront pas se marier après leur ordination (règle en vigueur en Orient) comme la tradition anglicane les y autorise pourtant : « Les ministres célibataires se soumettront à la règle du célibat clérical» (AC, VI, 2). L’ordination d’hommes mariés serait ainsi une exception à la règle, possible seulement moyennant une autorisation spéciale du Saint Père, toujours au cas par cas, et « en fonction de critères objectifs approuvés par le Saint-Siège ».
Mais si - par hypothèse - cette discipline était aménagée par l'Eglise. Par exemple, en ordonnant des fidèles mariés.
Où serait le problème ?