Le Forum Catholique
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( 626245 )
instructions romaines qui n'ont jamais été appliquées en France par jejomau (2012-02-29 20:14:11)
Sur le site Pro liturgia on trouve un certain nombre de documents qui ont été très peu ou jamais suivi d'effets en France.
Liste des documents magistériels demeurés lettres mortes dans presque tous les diocèses de France :
- 1965 : Instruction « Doctrina et exemplo » (Congrégation pour les séminaires) : ni diffusé, ni appliqué.
- 1974 : livret « Iubilate Deo » (Paul VI) : ni diffusé, ni appliqué.
- 1980 : Lettre apostolique « Dominicae Cenae » (Bx Jean-Paul II) : diffusée mais non appliquée.
- 1985 : « Cérémonial des évêques » : peu diffusé et très rarement appliqué.
- 1988 : Lettre apostolique sur « Vicesimus Quintus Annus » sur le renouveau de la Liturgie(Bx Jean-Paul II) : diffusée mais non appliquée.
- 1994 : « Directoire pour la vie et le ministère des prêtres » (Congrégation pour le Clergé) : ni diffusé, ni appliqué.
- 2001 : « Directoire pour la vie et le ministère des prêtres » (Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements) : peu diffusé et très rarement appliqué.
- 2002 : « Missel Romain » : ni diffusé, ni appliqué.
- 2003 : Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » (Bx Jean-Paul II) : peu diffusée, non appliquée.
- 2004 : Lettre apostolique « Mane nobiscum » (Bx Jean-Paul II) : diffusée, non appliquée.
- 2004 : Instruction « Redemptionis Sacramentum » (Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements) : peu diffusée et non appliquée.
- 2007 : Exhortation apostolique post-synodale « Sacramentum Caritatis » (Benoît XVI) : peu diffusée, non appliquée
.
Dès lors, faut-il déjà s'interroger plus longtemps sur le fait de savoir pourquoi de nombreux diocèses ont tant de difficulté ?

( 626274 )
C'est curieux ... par Aigle (2012-02-29 23:45:24)
[en réponse à 626245]
Comme vous et de nombreux autres liseurs je suis depuis fort longtemps étonné (san sparvenir à m'habituer) à la distance qu'a pris le clergé "ordinaire" à l'égard du Saint Père et du Saint Siège.
Au-delà de la non diffusion des instructions on pourrait citer deux autres exemples : l'absence d'effort pour commenter et diffuser les diverses encycliques (quel qu'en soit le sujet) et l'absence fréquente de réfence au magistère dans les "homélies" dominicales.
Je me demande pourquoi : volonté consciente ou non de prendre le contre pied des pratiques suivies avant 1958? tradition gallicane ? contestation discrète mais ferme de la primauté du Pape ? intention de "faire moderne" en donnant des signes d'indépendance voire de contestation latente ?
C'est d'autant plus frappant que l'argument d'autorité est sans hésiter un instant invoqué à l'encontre des prêtres et des fidèles de la FSSPX ou tout simplement un peu traditionnaliste....

( 626278 )
Paresse ? par PEB (2012-03-01 00:24:58)
[en réponse à 626274]
La paresse intellectuelle, spirituelle et liturgique est une cause aussi profonde.
Un clergé des ouailles vieillissants ne poussent pas les fidèles et les clercs à une formation permanente. De plus, cette dernière utilise encore les schémas de pensée des années 1970: vaguement pédagogiste ou marxisant et un internationalisme mal compris.
Le cadre gallican ne pousse pas non plus l'Eglise à s'assumer comme autonome et au-dessus, par droit divin, du corps social. Le discours du levain dans la pâte à fait oublier celui de la lumière du monde. L'expérience polonaise des bienheureux Jean-Paul II et Jerzy Popielusko devraient pourtant nous inspirer. C'est en affirmant la vanité du système communiste en commençant par les libertés fondamentales que le régime est tombé. De la même manière, l'Eglise devrait se poser comme résistante au totalitarisme moderniste.
A ce sujet, la loi Veil est une véritable occasion manquée de marquer définitivement le paysage. Les pasteurs auraient pu cliver fortement la société française et entrer en résistance en se faisant les chantres de l'objection de conscience en prononçant la déchéance de la loi républicaine. Une digue a été hélas rompue de n'avoir pa été entretenue.

( 626327 )
un profond renversement en effet par Luc Perrin (2012-03-01 15:47:59)
[en réponse à 626274]
Vous avez raison.
Pendant longtemps et même jusqu'aux années 1940, le clergé même d'avant-garde (les prêtres ouvriers) est profondément romain. On tient à avoir l'approbation de Rome, au soutien personnel du pape.
Je pense que les années 1950 et notamment la condamnation des P.-O. puis l'arrêt total de 1959, la crise de la Mission de France en 1952-1954, le trop provisoire coup d'arrêt à la "nouvelle théologie" et la crise des dominicains en 1954, tous ces faits ont nourri une défiance entre l'épiscopat français et Rome. Les épiscopats "centre-européens" (Belgique-Pays Bas-RFA-France-Suisse-Autriche) qui font l'ossature de la majorité conciliaire sont porteurs de cette défiance avivée dans les années immédiatement pré-conciliaires.
Vatican II a été vécu comme une "revanche" par les Pères français, y compris un Liénart, y compris un Ancel des romains entre les romains.
A partir de là s'est installée l'idée - assez sotte - que "Rome" ne peut rien comprendre, rien savoir, que seuls les évêques localement peuvent mieux décider ce qui est bon. Comme si un pays se gouvernait au stade de la municipalité ou une entreprise au stade d'un atelier, sans avoir besoin d'un horizon plus large.
Le retour du néo-gallicanisme et du fébronianisme - remis à la sauce moderne cela se cache sous "ecclésiologie de communion", "primat de l'Église locale", "synodalité" etc. - est une résultante de cela.
Les épiscopats post-conciliaires ont souvent été recrutés, hélas, en large partie parmi les clercs défiants par principe envers Rome ou qui dissimulaient un peu cette défiance et s'en prévalent ensuite : il y a de bien tristes exemples dans l'hexagone mais pas seulement.
Depuis Jean-Paul II, Rome s'efforce de lutter contre cette tendance pernicieuse mais c'est très difficile avec le poids des élites épiscopales acquises au complexe anti-romain qui sévissent à tous niveaux. En outre la dévalorisation de la romanité a été fortement ancrée dans les esprits et dans la formation des clercs : à cet égard, la néo-liturgie - Forme ordinaire - est un rappel constant de cette ambivalence et de cette dévalorisation.

( 626375 )
Depuis Jean-Paul II ? par Paterculus (2012-03-01 23:43:01)
[en réponse à 626327]
Disons depuis la fin de son pontificat.
Je pense que sur ses dernières années il a pris conscience que les bonnes paroles ne suffisaient pas. L'exemple que je donne souvent, c'est qu'il a insisté pour que le clergé porte l'habit ecclésiastique, mais nous a donné comme évêques de gens qui, prêtres, ne le portaient pas et ont ensuite persécuté ceux qui le portaient.
Votre dévoué Paterculus