Le Forum Catholique
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( 625185 )
Un Jésuite célébre en forme "extra" par Aigle (2012-02-16 09:03:39)
Sur le blog "riposte catholique" (pardonnez moi pour cette infidélité au FC !) je lis qu'un jésuite philippin célèbre la messe sous la forme extraordinaire.
Fort bien mais je me permets de relancer ma question fétiche restée san sréponse : pourquoi de tous les grands ordres religieux, celui des Jésuites qui étaient jusqu'en 1965 le plus "intellectuel", le plus tourné vers la culture et la science a-t-il été le plus engagé dan l'application extrêmiste des réformes conciliaires et post-conciliaires ? le plus ardent à se retourner vers les formes les plus frustes de liturgie et de pastorale ?

( 625187 )
Un Jésuite ne fait pas le printemps ! par Gaspard (2012-02-16 09:52:21)
[en réponse à 625185]
Mais c'est un heureux début. Merci pour l'information.

( 625188 )
Vous posez une bonne question par Diafoirus (2012-02-16 09:53:14)
[en réponse à 625185]
si on trouve la réponse, on aura compris pourquoi il y a une crise dans l'Eglise et dans le monde.
C'est "la philosophie" me disait un vieux prêtre, qui est la cause du désordre dans les esprits.
A vous de réfléchir : je n'ai pas eu d'autres explications et je ne peux plus voir ce prêtre pour en parler avec lui.

( 625202 )
Le mental, tout mental... par Glycéra (2012-02-16 11:14:13)
[en réponse à 625185]
Comme on a dans la vie matérielle, le métal, tout métal, rigidifiant, cristallisant, isolant dans leur rigidité cristalline les pièces les unes par rapport aux autres, contrairement aux matériaux issus du vivant,
on a analogiquement du mental, tout mental dans l'âme de l'homme. Commencé quand ? Renaissance (humaniste, sans Dieu), continué au XVIII° par la raison pure, puis au XIX° la dialectique sèche, cela donne au XX° élucubrations, prétendues, soi-disant intelligentes, en fait ratiocineuses, coupées de l'humain complexe et interrelié. Ainsi de la danse, qui voulu faire l'ange en ne touchant plus terre, les gestes sur pointes des corps imagent les raisons philosophiques laïques et les théories amputées de leur ancrage.
La sophie sans théo est une sagesse sans Dieu, un savoir sans Parole vraie. La philo dédivinisée est mortifère. Nous le voyons. Donc il est logique que les plus intello des moines devinssent décérébrants.
Comme il est logique que les plus émotifs vivants dans les instincts soient les plus repoussants pour des gens non extravertis à tout crin.
Sans incarnation, point de relation à Dieu.
Il est la Parole venue converser dans notre monde. Et Jésus n'a jamais écrit d'élucubrations intello, mais parlé sur les petites choses, car le Ciel s'y reflète. Il n'a jamais "convaincu" du mieux logique de ne plus pécher, mais a remué les tripes pour que l'homme en soit maître, et retrouve les forces de vertus de son âme qui a soif de Dieu : Il est venu donner à boire, et non bourrer les crânes de théories.
IL m'appert logique, évident, que les jésuites puissent ainsi faire autant de dégâts, autant sur eux-mêmes que sur leurs élèves.
Les retraites de St Ignace peuvent aussi faire du dégât si elles sont appliquées à des âmes qui ne sont ni espagnoles, ni masculines, ni soldates de nature. L'enseignement des jésuites ne convient pas à tous. Ils ont même ainsi dévié à l'intérieur de leur ordre, et désséché le vivant de la liturgie ou du catéchisme.
Hélas...
Il n'est pire bouffeur de curé qu'un élève issu de collège jésuite ! Du moins, je l'ai vérifié trop souvent. On y a droit de réviser, discuter de tout, sauf de ce que les jésuites ont raison de discuter de tout, à leur manière à eux.
Le jour où cela changera chez eux, ce sera vraiment conversion bénéfique pour l'Eglise !
Glycéra

( 625218 )
Peut-être tout simplement ... par Ion (2012-02-16 13:52:44)
[en réponse à 625185]
... qu'ils ont acquis, de par les grandes qualités intellectuelles qu'ils ont reçu de Dieu, une compréhension de la Foi plus riche que ... d'autres qui s'accrochent à des formes anciennes. Et que ce que vous appelez, de manière caricaturale, des "formes frustres" émane de la volonté de creuser le mystère de la foi sans ces fameuses "scories" que la Cardinal Ratzinger associait au missel tridentin et qui menaçait d'obscurcir la vraie beauté de la liturgie.
Connaissez-vous "la messe qui prend son temps", proposée par les Ignaciens de la rue de Sèvres ? Tout sauf frustre !
Ion

( 625251 )
La messe qui prend son temps par Quaerere Deum (2012-02-16 16:50:08)
[en réponse à 625218]
est une pratique liturgique abusive, me semble-t-il.

( 625332 )
en effet une véritable aberration par Luc Perrin (2012-02-17 16:58:03)
[en réponse à 625251]
puisque la "célébration" est saucissonnée et émaillée de diverses activités extérieures au point que l'unité du sacrifice liturgique disparaît dans une sorte de kermesse.
C'est presque le comble de l'abus néo-liturgique : penser qu'on peut faire de la Messe une activité "ludique" et "créative", exactement l'approche horizontale typique des néo-jésuites.

( 625339 )
Vous ne semblez pas savoir ... par Ion (2012-02-17 18:06:02)
[en réponse à 625332]
... de quoi vous parlez.
Nulle activité extérieure dans cette messe. La partie qui prend son temps est la liturgie de la Parole, avec les lectures faites plusieurs fois puis partagées afin de s'en nourrir plus profondément; la liturgie eucharistique n'offre rien de particulier.
Vos critiques (apports extérieurs, kermesse) sont fausses et gratuites !
Ion

( 625443 )
Les points litigieux par Meneau (2012-02-18 18:37:36)
[en réponse à 625339]
me semblent être
ceux-ci :
Ensuite, pendant 20 minutes, chacun prie personnellement à partir de points d'attention donnés. Pour ceux qui le désirent, il est possible d'aller à un atelier de prière guidée ou de s’y prendre autrement encore
C'est une démarche résolument chrétienne que de partager avec d'autres ce que le Seigneur m'a donné durant la prière. Nous nous réunissons en petit groupe de 4 personnes pour dire une chose qui nous a touchés. On peut ne rien dire
- où est l'homélie prononcée par le prêtre ?
64 - L’homélie, qui est prononcée au cours de la célébration de la sainte Messe et fait partie de la liturgie elle-même,[142] «est faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même
Redemptionis sacramentum
- ces intermèdes, y compris avec éventuellement passage en un autre lieu pour l'atelier de prière, séparent l'action liturgique.
60 - Dans la célébration de la Messe, la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie sont étroitement liées entre elles, et elles forment un seul et même acte de culte. Il n’est donc pas licite de les séparer l’une de l’autre, ni de les célébrer en des temps et des lieux différents.[135] De même, il n’est pas licite de célébrer les diverses parties de la sainte Messe à des moments différents, y compris durant la même journée.
Redemptionis sacramentum
Ces éléments ajoutés n'étant pas des "parties de la messe" (ou bien il faudra me trouver les références dans le PGMR qui autorisent cela), il s'agit bien de temps qui séparent la liturgie de la parole (la vraie, celle du missel) de la liturgie eucharistique.
Rien n'empêcherait de faire le contraire : d'abord une première lecture de l'Evangile, avec méditation par groupes ou en commun, ateliers de prières et tout et tout, et ENSUITE, célébration l'intégralité de la Messe (liturgie de la Parole + liturgie Eucharistique) telle qu'elle est prévue dans par l'Eglise.
Cordialement
Meneau

( 625260 )
dès le 17ème s. la SJ n'était plus guère thomiste par Presbu (2012-02-16 17:49:53)
[en réponse à 625185]
et a commencé à n'enseigner que la philosophie de ses propres théologiens, "trop intelligents pour ne pas laisser plus d'espace à l'autonomie du sujet connaissant et à l'adaptation aux circontances extérieures de son jugement moral." Tous les reproches de Pascal dans "les Provinciales" n'étaient certes pas injustifiés. Je laisse à Scrutator Sapientiae et à d'autres forumeurs plus compétents que moi de pousser l'enquête et de démontrer les défauts de la cuirasse intellectuelle de la famille ignatienne, ce qui n'enlève rien à la sainteté des meilleurs et des plus humbles de ses membres.
==> Par exemple, l'enseignement reçu à Jersey par le P. Teilhard de Chardin était déjà fort loin d'un thomisme solide, et l'a laissé sans défense devant les séductions poétiques du "Plérôme".
==> À se concilier de préférence les futurs puissants du jour dans l'espoir de les convertir, les jésuites latins et autres se sont fait rouler par les marxistes et leur prétendument inévitable "SENS DE L'HISTOIRE".
== etc.

( 625264 )
Peut-être dans les provinces polonaises par AVV-VVK (2012-02-16 18:17:55)
[en réponse à 625185]
de la Compagnie la situation serait meilleure. Néanmoins, je suis sceptique.

( 625334 )
une réponse par Luc Perrin (2012-02-17 17:09:02)
[en réponse à 625185]
il me semble que j'avais abordé cette question auparavant.
D'abord la S.J. était bien atteinte avant Vatican II : si le Général restait alors ignacien, on ne peut ignorer le foyer contestataire de Lyon-Fourvière, l'influence très grande et ancienne du blondélisme - au coeur du mécanisme de dégénérescence intellecutelle et pastorale à mon sens - dans la Compagnie, les sympathies de certains dès après 1945 pour l'aventure des P.O dans ses conséquences les plus extrêmes, ainsi mon homonyme du XIIIe à Paris.
Très graves aussi, les déviations doctrinales de Teilhard de Chardin qui, sous le manteau, étaient répandues partout et pas seulement dans la S.J.
Enfin les Jésuites ont beaucoup accompagné les mouvements d'Action catholique spécialisée, mouvements qui dérivent fortement également dès 1945-1950. Ils ont donc dérivés avec leurs ouailles.
Sans oublier que la S.J. cultive la différence théologique et un décalage avec l'École romaine et ce dès ... saint Pie X.
L'itinéraire d'un Jean-Yves Calvez sj, bras droit d'Arrupe le fondateur du néo-jésuitisme, est éclairant. J'ai donné une recension de son petit livre de souvenirs en 2011 (2010 ?) dans la revue Résurrection. Très significativement, le P. Calvez se souvient des années 1950, au moment où sa vocation jésuite se décide et s'affirme, comme d'une décennie où tout "bougeait" dans l'Église, même si dit-il, avec le recul bien d'autres choses plus radicales ont suivi.
En gros, le fruit était mûr, corrompu spirituellement de l'intérieur, prêt pour abandonner saint Ignace au profit de l'arrupisme aujourd'hui triomphant.Ensuite la structure de l'Ordre, différente de celle des Dominicains par ex. où la Tradition a pu mieux survivre dans quelques enclos, la politique arrupienne bien décrite par Calvez pour briser systématiquement les Ignaciens et enfin le lamentable lâchage des papes successifs de Paul VI à Benoît XVI, à l'exception
de Jean-Paul II qui pendant 2 ans (1981-1983) a eu une velléité de redresser la Compagnie, velléité plus que volonté, le pape s'abandonnant à la même faiblesse que son prédécesseur pour éviter l'affrontement frontal avec la machine arrupienne et sa purge si nécessaire.
Dès lors on observe ce "jeu" : des papes qui, dès Paul VI, morigènent en termes sévères périodiquement les néo-jésuites qui s'empressent de n'en tenir aucun compte, ajoutant de nouveaux camouflets à ceux déjà infligés par le passé aux papes antérieurs. La dernière Congrégation générale (2008) a été un parfait exemple de cela.
La prémonitoire objurgation de Turgot à Louis XVI s'applique, hélas, en tous points aux rapports entre l'Ordre néo-jésuite arrupien et la papauté. "Souvenez vous Sire que c'est la faiblesse ..."
nb. Notons que pour la FSSP ou les Légionnaires du Christ ou plusieurs autres congrégations religieuses, Rome n'a pas été aussi pusillanime qu'avec les néo-jésuites arrupiens.