Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=624827
images/icones/hein.gif  ( 624827 )Question: rompre l'hostie à la consécration? par Chorus (2012-02-12 19:58:49) 

Cher liseurs,
Voilà deux fois (2 messes en six mois) où le prêtre rompt la grande hostie au moment de la consécration; évidemment c'est en prononçant "il le rompit" que le prêtre l'a fait.
C'était des messes NOM (auxquelles je ne vais presque jamais), pour un mariage la première fois et pour un enterrement la seconde (messe concélébrée par quatre prêtres!).

Redemptionis Sacramentum souligne bien que c'est un abus à corriger d'urgence, mais ne donne pas les tenants et les aboutissants.

Mes questions sont donc:

Quelle est la gravité de cet acte?
Quelle en est sa portée?
Quels en sont les inconvénients pour les fidèles (et pour le prêtre)?

Merci à tous ceux qui ont déjà les réponses à cette question sûrement déjà traitée ici.

Chorus
images/icones/1g.gif  ( 624830 )Inconvénient par AVV-VVK (2012-02-12 20:29:43) 
[en réponse à 624827]

Je ressens ce geste comme un sacrilège.
images/icones/neutre.gif  ( 624831 )Le sacrifice par Meneau (2012-02-12 20:39:45) 
[en réponse à 624827]

Le sacrifice, tout au moins son renouvellement non sanglant, est accompli par la séparation du corps et du sang, matérialisé par la consécration séparée et successive du Corps et du Sang. Il n'est donc pas encore question à ce moment-là, le sacrifice n'étant pas encore achevé, de la manducation qui suivra.


Quelle est la gravité de cet acte?
Quelle en est sa portée?
Quels en sont les inconvénients pour les fidèles (et pour le prêtre)?


C'est un abus liturgique, et en tant que tel il doit être réprimé. Mais cela n'attente pas, à ma connaissance à la validité du sacrement. Les inconvénients pour les fidèles et le prêtre me semblent être la diminution du sens du Sacrifice, au profit d'un simple récit historique de l'Institution.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 624917 )La diminution du sens du sacrifice...? par Chorus (2012-02-13 18:06:07) 
[en réponse à 624831]

La diminution du sens du sacrifice, oui certainement mais seulement "quand il peut encore l'être", ce qui n'est pas toujours le cas tant on a déjà l'impression d'une scène protestante ou l'on partage un peu de pain, presque toujours distribué par un ou des laïcs qui n'ont plus rien de ministres laïcs extraordinaires car ils interviennent ( en plus du prêtre) même s'il n'y a que trente communiants potentiels ; et quand le prêtre qui célèbre la messe, pardon, qui préside l'eucharistie (!!) a déjà confié qu'il ne croyait pas en la présence réelle et refuse catégoriquement les servants de messe, on reste là en regardant sa montre, ou plutôt en priant pour toutes les intentions que l'on a dans son coeur; au moins c'est utile puisqu'on est pas là par choix.

Et puis, chère Meneau, le sacrifice, vous utilisez là un terme complètement dépassé dans la plupart des paroisses rurales au milieu des déserts liturgiques. La liturgie... connait plus; le sacrifice... c'est un peu intégriste non?; la messe..n'est plus la Sainte Messe; le grégorien...a été interdit par "Vatican II"; le latin...idem; la participation active des fidèles... c'est de tournoyer autour de l'autel, de passer et repasser devant le tabernacle sans y prêter attention et de se tenir de préférence juste devant en lui tournant le dos, ceci étant surtout intéressant pour le prêtre, de porter en procession le calice (et la patène), le ciboire, les burettes... c'est de jouer les animateurs au micro pour chauffer la salle (l'église) et le public (les fidèles), c'est aussi de faire lire les lectures à une jeune fille de préférence ou à quelqu'un qui ne comprend pas bien ce qu'il lit, c'est de faire tout faire à n'importe qui mais surtout pas de participer par la prière et par le chant (chant qui doit être à droits d'auteurs et paru dans un magazine commercial non approuvé par le Saint Siège "prions en église", toujours nouveau, le plus souvent moche avec une mélodie sautillante et plutôt inchantable ou mieux avec des paroles qui glorifie l'homme ou alors qui ne veulent rien dire ou le top, qui font professer des erreurs ou des hérésies à ceux qui les chantent.

J'arrête là car il me faudrait trente pages, mais de temps en temps, j'aime bien faire savoir que chez nous (et presque partout où nous allons d'ailleurs) rien ne s'arrange, que l'on est toujours dans les années 70 ou la désobéissance à l'Eglise et au magistère de l'Eglise n'a d'égal que la destruction de la la liturgie et les pratiques protestantes largement répandues.

Heureusement que quelques prêtres (qui célèbrent le NOM) luttent et que les messes VOM se multiplient; elles sont devenues un vrai refuge ad majorem Dei gloriam.

Chorus
images/icones/neutre.gif  ( 624838 )Padre Pio disait... par Véronique (Lala) (2012-02-12 21:07:32) 
[en réponse à 624827]

Lorsque l'Hostie est rompue par le prêtre, Padre Pio disait que ce moment était celui où le Christ était cloué sur la Croix.

Fraternellement
Véronique
images/icones/2a.gif  ( 624844 )C'est effectivement contraire aux règles par ptk (2012-02-12 21:19:37) 
[en réponse à 624827]

Qui sont reprises ci-après.

Mais a-t-on idée aussi d'aller chez les conciliaires entendre "messe"?!



Ritus servandus 1962

2.
Avant de dire : Da propitius pacem, le célébrant élève la patène au-dessus de l’autel avec la main droite, et fait sur soi avec elle le signe de croix, en disant : Da propitius pacem in diebus nostris ; pendant qu’il se signe, il pose la main gauche au-dessous de la poitrine. Puis il baise [le bord de] la patène et, poursuivant : ut, ope misericordiæ tuæ, etc., la glisse sous l’Hostie, qu’il arrange sur la patène avec l’index de la main gauche. Alors il découvre le calice, et adore le Sacrement en faisant la génuflexion.
Se relevant, il prend l’Hostie entre le pouce et l’index de la main droite et, la tenant au-dessus du calice avec ces deux doigts ainsi qu’avec le pouce et l’index de la main gauche, avec respect il la rompt par le milieu, en disant : Per eundem Dominum nostrum Iesum Christum, Filium tuum. Il dépose sur la patène la moitié qu’il tient entre le pouce et l’index de la main droite. Puis, poursuivant : Qui tecum vivit et regnat, tenant encore l’autre moitié [par-dessus le calice] de la main gauche, il en rompt un petit fragment avec le pouce et l’index de la droite. Tenant ce fragment [au-dessus du calice] entre le pouce et l’index de la main droite, il place la partie plus grande – qu’il tient de la gauche – à côté de la moitié déjà posée sur la patène, en les rejoignant, tout en disant : in unitate Spiritus Sancti Deus.


PGMR forme (Ô combien) ordinaire

240.
Pendant qu’on prononce l’Agnus Dei, des diacres ou quelques-uns des concélébrants peuvent aider le célébrant principal à fractionner les Hosties pour la Communion tant des concélébrants que du peuple.

6.2 L’Agnus Dei et la fraction

Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène, et qui donna son nom à toute l’action eucharistique à l’âge apostolique, signifie que nous, qui sommes nombreux, en communiant à l’unique Pain de vie, qui est le Christ, devenons un seul corps (1 Co 10, 17). L’action est accomplie seulement par le prêtre célébrant, aidé au besoin par le diacre ou un concélébrant, mais jamais par un acolyte institué ou un autre laïc ; la fraction doit être faite avec révérence, mais sans la prolonger plus que nécessaire ni lui donner trop d’importance. [256]
Après avoir donné et reçu la paix, le prêtre et le diacre se tournent face à l’autel. Le prêtre pourrait marquer une pause, en attendant que le chantre ou la schola commence l’Agnus Dei, qui, en principe, est chanté de manière que le peuple puisse répondre ; si la Messe n’est pas chantée, il revient à l’assistance de dire l’Agnus Dei à haute voix, mais, si le servant est inapte à le faire, son lancement pourrait incomber au prêtre. [257]
Se tenant à la droite du prêtre, le diacre retire la pale ; en son absence le prêtre le fait lui-même. Ordinairement, le prêtre prend la sainte Hostie entre le pouce et l’index de la main droite et, la tenant par-dessus la patène de ces deux doigts, ainsi que du pouce et de l’index de la main gauche, avec un grand respect il la rompt par le milieu, et dépose sur la patène la moitié qu’il tient de la droite ; puis, tenant encore l’autre moitié par-dessus la patène de la main gauche, il en rompt sur le bas un petit fragment avec le pouce et l’index de la droite, et place la partie plus grande – qu’il tient de la gauche – à côté de la moitié déjà posée sur la patène, en les rejoignant ; alors, la main gauche posée sur le corporal à côté de la patène, il laisse tomber dans le calice le petit fragment qu’il tient de la main droite, en disant secrètement Hæc commixtio, etc. ; puis il rejoint les mains. [258]
Si la très grande taille de l’Hostie exige qu’elle soit fractionnée en un grand nombre de parties, il semble préférable de détacher en dernier le petit fragment destiné à être mis dans le calice. En tout cas, il ne convient pas d’élever l’Hostie pour la fraction, mais de la garder par-dessus la patène, près de sa surface, de façon que les parcelles ne tombent pas à côté. Si des particules adhèrent aux doigts du prêtre, il frotte doucement pouces et index l’un contre l’autre au-dessus de la patène. [259]
images/icones/neutre.gif  ( 624855 )Eh bien... par azur (2012-02-12 23:27:19) 
[en réponse à 624844]

Mais a-t-on idée aussi d'aller chez les conciliaires entendre "messe"?!


Parce qu'aussi imparfaite qu'elle soit, c'est une messe...
images/icones/1i.gif  ( 624880 )Ah bon ? par Don Rodrigue (2012-02-13 10:49:19) 
[en réponse à 624855]

Pour cette raison, assisteriez-vous à une messe noire, parfaitement valide ?
images/icones/1e.gif  ( 624891 )Ca dépend ... par Rémi (2012-02-13 13:15:29) 
[en réponse à 624880]

Forme extra, votre messe noire ?


Selon vos critères, elle sera meilleure, non ?
images/icones/1d.gif  ( 624893 )Effectivement par Don Rodrigue (2012-02-13 13:42:23) 
[en réponse à 624891]

Si la jeune vierge à sacrifier parle latin couramment, c'est un plus !
images/icones/4b.gif  ( 625438 )Mon cher... par azur (2012-02-18 18:12:09) 
[en réponse à 624880]

Jusqu'à preuve du contraire, la forme ordinaire est valide ET licite.
La comparaison avec les messes noires est donc non-seulement éculée mais également inadéquate, vous devriez vous renouveler...
images/icones/hum2.gif  ( 624921 )forme ô combien ordinaire, OUI par Chorus (2012-02-13 18:32:08) 
[en réponse à 624844]

la forme "ô combien ordinaire" comme vous le soulignez justement a bien été décrite un jour sur le site proliturgia si je me souviens bien comme le "rit infraordinaire"; j'avais retrouvé une bonne partie de ce que les fidèles subissent chaque dimanche dans bien des paroisses, hélas le plus souvent sans s'en rendre compte.

Aller chez les conciliaires entendre messe se fait quand mariage il y a et que c'est une messe infraordinaire ou que défunt trépassa et messe demanda (et obtînt), toujours en rit infraordinaire.
Ce ne sont pas des occasions-obligations où l'on a le choix du missel ni du reste.

Quand j'ai le choix (messe dominicale en tête) c'est toujours VOM

Chorus
images/icones/fleche2.gif  ( 624848 )Voir aussi le site par AVV-VVK (2012-02-12 21:36:33) 
[en réponse à 624827]

"Pro Liturgia" d'aujourd'hui.
images/icones/ancre2.gif  ( 624934 )C'est interdit. par Paterculus (2012-02-13 20:08:27) 
[en réponse à 624827]

A la consécration, le prêtre parle à dieu le Père.
Cet aspect de la liturgie est ignoré par beaucoup de prêtres NOMistes et par l'immense majorité des fidèles qui les suivent.
Cela tient à ce que la prière eucharistique est dite "face au peuple", à haute voix, en langue vernaculaire : la question ne se poserait même pas si l'on avait gardé dans toutes les paroisses au moins une messe en latin et versus ad orientem de temps en temps.
Le résultat de cette ignorance est que le récit de l'institution n'est plus vu que comme un récit fait devant les fidèles et la tentation est grande, alors, de le mimer.
Or le fait de lever les yeux quand on dit que le Christ l'a fait ne signifie pas que l'on mime ce que Jésus a fait, il signifie qu'en disant "vers Toi Dieu son Père tout puissant" on se tourne vers Celui à qui on parle et qui est conçu symboliquement comme au-dessus de nous, "au ciel".
De même le fait de prendre l'hostie au moment où l'on rappelle "Il prit le pain" n'est pas non plus un mime : il s'agit simplement d'avoir en main l'hostie pour la consacrer, et avec elle, d'ailleurs, toutes les hosties posées sur le purificatoire.
L'abus que vous signalez, cher Chorus, est donc le signe d'une très mauvaise perception de la réactualisation du sacrifice eucharistique, comme certains l'ont déjà souligné dans ce fil.
Le mieux, dans ces cas est, si possible, d'aller parler de cela avec le prêtre et, au besoin, d'en référer à l'évêque selon le résultat de l'entretien
Votre dévoué Paterculus, qui avait envie de titre son post : "Mais puisqu'on vous dit...
qu'il n'y a plus d'abus liturgiques aujourd'hui !"