Mais Wenceslas s’étant laissé aller à une conduite en opposition à ses devoirs et à l’éducation qu’il avait reçue, au point de se livrer à des vices odieux, en vint à supporter avec déplaisir les avertissements et les supplications de sa pieuse épouse. Ce fut alors qu’il voulut contraindre Jean à lui manifester les secrets que la reine avait pu lui confier dans le sacré tribunal. Le serviteur de Dieu refusa courageusement d’acquiescer à ce désir impie, et sut braver tour à tour les caresses, les tortures et les ennuis d’un cachot infect. Mais comme les lois divines et humaines ne devaient pas arracher Wenceslas irrité à son criminel projet, l’athlète du Christ annonça clairement au peuple, du haut de la chaire, la lutte suprême qui lui était réservée, ainsi que les calamités qui ne devaient pas tarder à fondre sur le royaume. Il partit bientôt pour Boleslaw, où l’on honore depuis des siècles une célèbre image de la sainte Vierge, et implora par de ferventes prières le secours céleste dont il avait besoin pour accomplir le bon combat. Rentré à Prague sur le soir de la Vigile de l’Ascension, le roi, qui l’avait aperçu par une fenêtre, le manda près de lui. Il le pressa avec plus de violence que jamais, le menaçant de le faire jeter à l'eau, s’il persistait à lui résister. Jean n’opposa qu’une constance invincible aux terreurs et aux menaces dont le prince voulait l’effrayer. Il fut donc précipité la nuit, par ordre de Wenceslas, dans la Moldaw, rivière qui coule à Prague, et obtint ainsi la couronne d’un glorieux martyre.