Le Forum Catholique

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images/icones/1g.gif  ( 623542 )Rome prépare l'échec des négociations par Thierry (2012-01-30 10:23:20) 

c'est, au final, la conclusion de cet article:


Resserrer la com’à Rome
Christian Laporte

Mis en ligne le 30/01/2012

Les dicastères se sont réunis en toute discrétion autour du Pape.
Samedi, Benoît XVI avait convoqué son "conseil des ministres" afin de faire le point sur la manière dont l’information circule - ou ne circule pas - entre les dicastères de la Curie ainsi qu’entre eux et la Secrétairerie d’Etat. A l’heure de boucler cette édition, il n’y avait toujours pas le moindre communiqué officiel précisant comment cela s’est passé. C’est humain : le sommet de l’Eglise ne tient pas à médiatiser ses propres dysfonctionnements. Le sommet visait à mettre fin aux erreurs de communication répétées de la Curie. Depuis le début du pontificat, il y a déjà eu quelques couacs qui ont parfois conduit à l’expression d’avis contradictoires entre des proches du Pape. Officiellement, la rencontre devait mettre de l’ordre dans le processus de publication de documents du Pape. La procédure normale porte que des documents signés par le Saint-Père doivent être adressés "avec une avance raisonnable par rapport à la date prévue pour la divulgation" à la Secrétairerie d’Etat pour une "révision attentive". Cette procédure visait aussi à ce qu’on ne mette pas en circulation des textes non encore révisés ou qu’on les divulgue indûment avant l’échéance de l’embargo. Si, pour d’aucuns, ce rappel à l’ordre traduit la volonté de remettre de l’ordre en matière de communication au Saint-Siège, d’autres y voient une affirmation de l’autorité du secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone. Mais ce resserrage de boulons pourrait aussi anticiper la manière de rendre public le probable échec du rapprochement avec les traditionalistes. Ces derniers refusant toujours l’héritage de Vatican II, la Congrégation pour la doctrine de la foi est peu disposée à faire des concessions. Et la "patate chaude" atterrira chez le Pape qui devra trancher, non sans que cela ne lui pose un vrai problème de conscience.



Ici
images/icones/1w.gif  ( 623550 )Il n'y a ni échec ni négociations ! par Jean-Paul PARFU (2012-01-30 10:51:55) 
[en réponse à 623542]

Il n'y a pas de "négociations", parce qu'il n'y a rien à négocier. On ne négocie pas la Foi de l'Eglise !

Enfin, il ne fallait pas être grand devin pour savoir à l'avance qu'il y a avait des positions absolument contraires sur la liberté religieuse etc ... et que la FSSPX n'allait pas transiger là-dessus après 40 années de combat et de solitude, alors qu'elle commence à voir les fruits de ses efforts et que sa position commence enfin à être mieux comprise, sinon partagée par des cercles toujours plus grands, y compris à Rome !

Comme l'a dit Luc Perrin à "La Vie", il aurait en réalité fallu un deuxième "round" de négociations. Une telle divergence ne peut en effet être abolie "comme ça" après seulement quelques discussions.

En réalité, après 40 ans d'invectives et de mépris, les parties ont simplement fait connaissance et ont mis leur désaccord sur la table, rien de plus !

Il y a donc simplement une erreur de perspective, volontaire chez certains et involontaires chez d'autres, en ce qui concerne le traitement de cette affaire.
images/icones/neutre.gif  ( 623554 )Dialogue de sourds ? par fidelis (2012-01-30 11:39:13) 
[en réponse à 623550]

Après deux ans de discussions, d'échanges de courrier et de rencontres, on ne se connaîtrait pas encore ? Un tel dialogue de sourds entre gens intelligents, hautement cultivés (théologiquement parlant) et ayant normalement les mêmes valeurs serait quand même ahurissant. On voit mal comment Rome pourrait effacer V.II d'un simple trait de plume, et la FSSPX doit bien pouvoir le comprendre. Et les théologiens romains doivent bien aussi comprendre, surtout après les critiques émanant d'autres spécialistes n'appartenant pas à la FSSPX, que certaines formulations doivent être revues pour que soit crédible l'herméneutique de la continuité ; et ils sont assez savants et habiles pour les définir ! Alors pourquoi (ou par qui) ce blocage ?
images/icones/colombe2.png  ( 623596 )Sur la liberté religieuse par Montcalm (2012-01-30 17:36:52) 
[en réponse à 623550]

Je ne suis ni théologien ni habitué aux combinazziones de couloirs entre "conciliaires" et "intégristes", mais en tant que simple baptisé, je m'interroge sur la dispute autour de la liberté religieuse.

Mis à part les fantaisies de certains catholiques ("toutes les religions se valent"), nées d'une fausse interprétation du Concile et de moins en moins reprises chez les jeunes, pourquoi s'acharner sur cette notion promue par Vatican II ?

J'ai vécu dans un pays où le christianisme était très mal perçu par les autorités et la population locales. Une loi interdisait le "prosélytisme", et les Bibles se passaient sous le manteau.

C'est dans ces moments que je repense à la règle d'or évangélique: "fais à autrui comme tu veux qu'on te fasse" (Évangile de saint Mathieu, 7, 12). Que dans le christianisme, on n'exerce pas de pression sur les autres religions, sans pour autant se dispenser de leur annoncer la Bonne nouvelle, est pour moi une grande fierté par rapport à des sociétés beaucoup moins disposées dans ce domaine.

La liberté religieuse, c'est aussi la possibilité pour des personnes nées dans une autre religion de se convertir à Jésus-Christ. Pensez-y, quand vous évoquez la "christianophobie", qui est plus réelle dans certaines parties du monde qu'en France sur des planches de théâtre.

Comme disait l'abbé Michel Viot, à propos de Nostra Aetate: "Ce texte vise à la tolérance religieuse. Mais peut-être que la tolérance n'est pas du goût de tout le monde ?"
images/icones/fleche2.gif  ( 623630 )Ne formulez-vous pas une contradiction ? par Scrutator Sapientiæ (2012-01-30 21:18:42) 
[en réponse à 623550]

Bonsoir Jean-Paul PARFU,

Je me permets de vous citer :

"Il n'y a pas de "NEGOCIATIONS", parce qu'il n'y a rien à NEGOCIER. On ne NEGOCIE pas la Foi de l'Eglise !"

(...)

"Comme l'a dit Luc Perrin à "La Vie", il aurait en réalité fallu un deuxième "round" de NEGOCIATIONS. Une telle divergence ne peut en effet être abolie "comme ça" après seulement quelques discussions."

En l'occurrence, un tournant, un virage, cela se "négocie"...

Or, c'est bien de cela dont il est question ici : l'Eglise a mal négocié le tournant conciliaire, au point ou au risque d'en faire un dangereux virage, et il importe de restaurer, de rétablir, la trajectoire du véhicule, pour recommencer à être en contact constant avec Celui qui est la route de l'Eglise, et pour se maintenir à distance de tel ou tel fossé, talus ou platane.

Il est question de la Foi de l'Eglise, mais celle-ci

- n'est autre que la Foi en la primauté de l'autorité de la vérité de la Parole du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit

- n'est pas la "foi" en la dignité de l'autonomie de la liberté de la conscience de l'homme, la reconnaissance sempiternelle et systématique de la dignité de l'homme, en ce qui concerne son être, pouvant être propice à l'ambiguité, à l'aveuglement, à l'imprécision ou à l'incomplétude, dans la reconnaissance épisodique ou intermittente de l'indignité de l'homme, en ce qui concerne son agir, car l'homme, en ce monde, est soumis ou sujet au péché, non seulement contre l'homme, mais aussi contre le seul vrai Dieu.

En d'autres termes, au Concile, il a été décidé d'insister davantage sur la capacité de l'homme a rejoindre Dieu, non plus uniquement en étant de plus en plus chrétien, mais également en étant de plus en plus humain,

- explicitement et confessionnellement dans le Christ, au moyen des vertus chrétiennes, si possible,

- implicitement et existentiellement dans le Christ, au moyen de valeurs christiques, de valeurs humaines christianisées, si nécessaire,

et c'est de l'ornière de ce positionnement, démobilisateur et désorientateur, pour l'Eglise catholique, qu'il convient à présent de sortir.

Je suis à peu près sûr, par exemple, que même une expression telle que celle-ci ne serait pas acceptée favorablement au Vatican :

"je suis partisan de la liberté religieuse,

- donc de la liberté responsable en matière religieuse,

- responsable en ce qu'elle s'oppose à la volonté de licence comme à la volonté de puissance en matière religieuse,

- mais aussi et surtout responsable devant Dieu et devant les hommes,

- donc devant le seul vrai Dieu et devant les hommes,

- le fondement de cette liberté responsable résidant dans la primauté de la la loi naturelle, et non dans la dignité de la personne humaine,

- la personne humaine étant à nouveau faillible en ce monde, et non avant tout capable de Dieu, de par la prégnance et la présence, en lui et autour de lui, du péché."

Il se trouve que depuis début janvier, je me suis remis à étudier Gaudium et Spes ; n'en doutez pas, si vous relisez GS, cette entreprise magistérielle fréquemment soumise à la double tentation de réduire le christianisme catholique à un phénoménisme et à un personnalisme, vous y verrez à l'oeuvre de nouvelles vertus morales naturelles, non plus avant tout ni seulement la tempérance, la force, la justice, la prudence, mais désormais beaucoup plus la dignité, la liberté, la responsabilité, la solidarité, la fraternité universelle, etc.

Ce n'est pas de ma faute si, au Concile, on a commis une faute d'orthographe : pour ainsi dire, à chaque fois que l'on a voulu écrire entropie, on a écrit anthropie, et on en a, encore aujourd'hui, bien des conséquences, doctrinales et pastorales.

En ce sens, la première chose qui est à négocier, ce n'est pas avant tout le retour de qui que ce soit à l'intérieur de l'Eglise institution, en plénitude, c'est ce virage, à la fois indéterminé et apparemment interminable.

Bonne fin de journée et bon début de semaine.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 623631 )Je précise l'exemple de la liberté responsable en matière religieuse par Scrutator Sapientiæ (2012-01-30 21:30:40) 
[en réponse à 623630]

Rebonsoir,

J'aurais dû écrire, bien entendu :

"je suis partisan de la liberté religieuse, ordonnée à la vérité religieuse,

- donc de la liberté responsable en matière religieuse,

- responsable en ce qu'elle s'oppose à la volonté de licence comme à la volonté de puissance en matière religieuse,

- mais aussi et surtout responsable devant Dieu et devant les hommes,

- donc devant le seul vrai Dieu et devant les hommes,

- le fondement de cette liberté responsable résidant dans la primauté de la loi naturelle, et non dans la dignité de la personne humaine,

- la personne humaine étant avant tout faillible en ce monde, et non avant tout capable de Dieu, capable d'entrer en relation puis de vivre en communion avec le seul vrai Dieu, de par la prégnance et la présence, en elle et autour d'elle, du péché."

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ma première rédaction de cet exemple.

A bientôt,

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 623562 )c'est une interprétation fantaisiste par jejomau (2012-01-30 12:32:10) 
[en réponse à 623542]

à mon avis. On veut "taper" sur les tradis tant qu'on peut.. Surtout parce que le Saint-Père a compris que les médias qui devraient servir Rome prennent un peu trop de liberté !

En effet, le problème a commencé à ce moment-là. Vous verrz : ça n'a vraiment pas grand-chose à voir avec les Tradis et les Intégistes !

En fait : il resserre les boulons !
images/icones/neutre.gif  ( 623564 )Resserrer les boulons. par fidelis (2012-01-30 12:38:10) 
[en réponse à 623562]

Dieu vous entende !
images/icones/neutre.gif  ( 623580 )fantaisiste en effet par Luc Perrin (2012-01-30 15:21:59) 
[en réponse à 623562]

La Libre Belgique est, aujourd'hui, bien moins catholique que La Croix, c'est dire. Quant à l'Église qui agonise dans les scandales outre-Quiévrain, je n'en ferais pas une source fiable.

La conclusion sur la FSSPX tombe comme un cheveu sur la soupe sans rapport avec ce qui précède. La référence à l'affaire de l'automne est plus plausible.
Où donc serait le problème de comm' dans l'affaire de la FSSPX ? Il n'y en a jamais eu puisque cela relève avant tout du pape qui doit savoir comment communiquer quand il a réellement pris une décision.

Maintenant, en dehors des problèmes liés au fonctionnement de la Curie, ce n'est pas de "comm' " - cosmétique - dont il s'agit mais de fond. Le document de Justitia et Pax est fondé sur une lecture radicale de la "Doc-soc" et manifestement, du côté du cardinal Bertone, on préfère ménager les gouvernements liés aux grands intérêts financiers, du moins ne pas les prendre de front (ce n'est pas nouveau, la diplomatie pontificale est comme les autres, elle louvoie entre le souhaité et le possible sans oublier la politique de l'autruche, l'animal fétiche des diplomates).

Plus au fond encore, la Curie de Benoît XVI est un manteau d'Arlequin : le pape a choisi des collaborateurs d'orientations différentes et parfois divergentes. Mettez tous les candidat(e)s à la présidence française dans le même gouvernement, étonnez-vous ensuite si cela ne fonctionne pas au mieux ...
images/icones/1b.gif  ( 623582 )je souris car en lisant par jejomau (2012-01-30 15:44:50) 
[en réponse à 623580]

un peu trop rapidement vos propos suivants : " lecture radicale de la "Doc-soc"... J'ai "lu" et compris : "lecture radical-soc de la Doc." etc.....

Quoique..
images/icones/1b.gif  ( 623588 )lire plus lentement car par Luc Perrin (2012-01-30 16:34:26) 
[en réponse à 623582]

ce serait un contresens.
La lecture rad-soc (radicale-socialiste à savoir à la manière du radis, rouge au dehors tout blanc au dedans) serait ici plutôt celle qui a la faveur de l'Osservatore Romano, organe en partie officieux seulement, et de la secrétairerie d'État. Certains voudraient même peler ce radis jusqu'à lui enlever toute couleur rubis.

Je faisais référence moi à l'autre lecture, celle radicalement critique à l'égard du capitalisme qui imprègne tout de même la Doctrine sociale - Doc-soc - de l'Église à bien des égards, ce qui est assez cohérent avec l'anti-libéralisme philosophique du catholicisme.
images/icones/1b.gif  ( 623589 )Il y avait les "radis" et il y a aujourd'hui les "pastèques" par Jean-Paul PARFU (2012-01-30 16:44:51) 
[en réponse à 623588]

Les "radis", radicaux-socialistes, étaient rouges à l'extérieur et blancs à l'intérieur, tandis que les "pastèques", les "écolos", sont verts à l'extérieur, mais rouge à l'intérieur !

Comme quoi : on n'arrête pas le... progrès ; c'est justement le cas de le dire !!!
images/icones/neutre.gif  ( 623618 )Sur la tolérance religieuse par Lancea Sancta (2012-01-30 19:47:20) 
[en réponse à 623562]

Cher Montcalm,

Le schéma originel pour Vatican II (le titre de mon message) était justement plus souple que les lois des pays que vous citez.

LS.