Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 621639 )qui a regardé le reportage sur Douch et les massacres sous Polpot hier soir? par erminig (2012-01-11 21:50:01) 


Douch fut l'un des tortionnaires d'un camp, le centre S-21. Condamné à 35 ans de réclusion, il témoigne de sa conversion à la fin de ce terrible interview-reportage.

Quelqu'un en sait-il plus sur cette conversion? Et sa personnalité?
J'ai trouvé, par-delà les crimes commis et décrits, assez étonnant ce film.

En tant qu'occidentaux, français, qui plus est , l'intoxication pro-communiste a été très forte dans les années 70-80. Or le Vietnam et le Cambodge restent des lieux de martyres épouvantables.
Bon, voilà, le fil est lancé.
images/icones/neutre.gif  ( 621644 )Il s'agit... par erminig (2012-01-11 22:02:21) 
[en réponse à 621639]

du film de Rithy Pan, trois cents heures de tournage au moins, et des critiques assez diverses, que je n'ai pas lues avant de regarder . Mais que je découvre aujourd'hui, comme cette page de "libération" , incapable de comprendre la fin du reportage, qui donne pourtant en partie la clé de la demande de pardon d'un bourreau qui reconnaît ses crimes, et est à des années lumières, finalement, d'un Barbie.

Le film doit sortir en salle le 18 janvier, et était en exclusivité sur FR3.
images/icones/neutre.gif  ( 621648 )J'oubliais le titre: "Duch, le maître des forges de l'enfer" par erminig (2012-01-11 22:16:09) 
[en réponse à 621644]


et Rithy Panh sort également un livre aujourd'hui, "L'Élimination" chez Grasset, récit de ses années d'enfance passées sous les khmers rouges.

Comme "Katyn", dont l'écho fut relativement confidentiel en France, ce film doit être vu en entier. Personnellement, je me demande vraiment quelles vont être les réactions.
D'autant que les ministres cambodgiens actuels sont parfois d'anciens cadres khmers rouges, que le gouvernement de Kampouchéa se montre d'une léthargie notoire pour empêcher le jugement des ex-bourreaux, et qu'en fin 2011, Duch est bien l'un des seuls dont le procès ait été réalisé, même si sa demande d'appel n'a pas encore aboutie, pour cause de lenteur administrative.
Par-delà les rouages des tribunaux internationaux, les dirigeants ex-khmers-rouges, et la bonne conscience occidentale de la seconde moitié du XXème siècle, on a l'impressiond e parler de la préhistoire à nos enfants quand il s'agit de ces périodes.
Je oense que ce film est excellent pour justement les jeunes, et aident aussi à mieux leur faire comprendre nos réticences profondes vis-à-vis de la Chine actuelle, par exemple...
images/icones/1y.gif  ( 621645 )Rithy Panh... par Escartefigue (2012-01-11 22:03:56) 
[en réponse à 621639]

...vient de sortir un livre : "L'élimination" (Grasset) et un film "Duch, le maître des forges de l'enfer" sortie en salle 18 janvier 2012 (1h 43min)

Synopsis et détails

Sous le régime Khmer rouge, Kaing Guek Eav, dit Duch, a dirigé la prison M13 pendant 4 ans, avant d'être nommé à la tête du S21, la terrifiante machine à éliminer les opposants au pouvoir en place. Quelque 12280 Cambodgiens y trouvèrent la mort. En juillet 2010, Duch fut le premier dirigeant Khmer à comparaître devant une cour de justice pénale internationale, qui le condamna à 35 ans de prison. Il fit appel du jugement. Alors que Duch attend son nouveau procès, Rithy Panh l'a longuement interrogé et a recueilli sa parole...

10 ans après

Après la sortie de S21, la machine de mort Khmere Rouge, que Rithy Panh réalisa en 2002, le cinéaste voulut accorder une sorte de droit de réponse à l'homme vers qui tout convergeait. Il a donc laissé, dans ce documentaire, carte blanche à cet ancien dirigeant khmer rouge. Absent du film de 2002, où les rares survivants du génocide interrogeaient leurs anciens tortionnaires, Duch se retrouve ici seul face à la caméra, pour exposer son point de vue, évoquer ses souvenirs, ses convictions, ses méthodes, ses doutes et ses souffrances.

300

300, comme le nombre d'heures de rush dont le cinéaste Rithy Panh disposait à la fin du tournage. Après avoir procédé à un montage méticuleux, s'étalant sur plusieurs semaines, le réalisateur et son équipe n'ont conservé que 90 minutes d'images de cette confession unique faite par cet ancien dirigeant khmer rouge.

La parole est à l'accusé

Kang Kek Iew, alias Duch, a été un dirigeant essentiel du violent régime des Khmers rouges, entre 1975 et 1979. Le film expose son point de vue personnel et les raisons qui l'ont amené à participer à cette impitoyable dictature : "Je vais vous en dire plus que vous n’aimeriez en savoir, je ferai de vous les témoins attentifs, et impuissants, de ce qui s’y passait, je ne vous épargnerai rien, pas même les détails comme à aucun de ceux qui sont passés ici", annonce-t-il d'emblée.
images/icones/attention.gif  ( 621650 )la particularité du procès de Duch... par erminig (2012-01-11 22:33:04) 
[en réponse à 621645]


c'est simple: Duch a accepté d'être jugé et de reconnaître tous les crimes qu'il a commis.
Ce qui est loin d'être le cas des autres criminels de guerre comme Nuon Chea ou Kheu Sampan.

La fin du reportage, où il est question de la conversion au christianisme de Duch laisse les journalistes de Libération complètement perplexes et ironiques.
Mais je crois que pour des chrétiens, cela prend une toute autre profondeur, si elle est authentique.

D'autre part, Duch, ancien professeur de mathématique devenu bourreau, exprime avec clarté la subtilité d'un cheminement: le pourquoi, le comment, et jusqu'au cela a été.
Difficile de trouver de tels témoignages démontant la machine du totalitarisme communiste, dont une des formes les plus effroyables et abouties fut celle des khmers rouges.

La cellule S-21 servait aussi à éliminer tous les ennemis du peuples, y compris les cadres khmers rouges soupçonnés par leur propre parti. Seule la période de 76 à 79 a été jugé pour Duch, mais il était déjà chef de camp des les années 70 dans des zones khmers rouges. Les camps khmers étaient déjà des camps d'extermination: y entrer signifiait ne jamais en ressortir vivant.

Ce que je trouve aberrant, c'est cette sorte de stupéfaction, comme l'homme contemplant un cobra, des contemporains face au communisme et ses développements internationaux.



images/icones/2a.gif  ( 621649 )procès pipeauté de A à Z par jejomau (2012-01-11 22:31:34) 
[en réponse à 621639]

Duch est comme les autres. Il a été mis en taule par un pouvoir pour la seule raison que l'Etat cambodbien a besoin de dollars en grande quantité pour s'en sortir. Manque de pot : il a été spécifié au pouvoir en place qu'il fallait faire le procès des khmers rouges pour obtenir les jolis dollars en question...

Ni une, ni deux, le ""premier ministre" a soudain sorti de son chapeau un Duch à qui "on " a dit de bien se tenir pour la comédie en question durant le procès. Il a effectivement joué la comédie jusqu'au moment où il en a eu assez.. Les juges occidentaux ont bien compris la farce sinistre et pour l'instant tout est en suspens...

Pendant ce temps le "premier ministre" - celui qui détient le vrai pouvoir - celui qui a éliminé le prince Ranarith Norodom Sihanouk par des élections bidonnées dans les années 2000 - a pour nom : Hun Sen..... Et Hun Sen (celui qui tire donc les ficelles dans l'organisation de ce procès "bidonné")... Fut , par la même occasion un des principaux bras droits de .. Pol pot !! Oui. Il est bon de le rappeler ici : le premier ministre : celui qui a organisé cette parodie de Procès pour les occidentaux envers Duch, afin d'avoir de jolis petits dollars de l'Onu; celui qui a mis en place la Cour de Justice qui juge Douch.. laquelle lui demande de donner des noms (ce qu'il refuse de faire - et on le comprend - ).. Celui-là donc est entièrement libre et parade...

Voilà ce que j'en dis....
images/icones/hein.gif  ( 621652 )"comédie jusqu'à ce qu'il en a eu assez..." par erminig (2012-01-11 23:12:27) 
[en réponse à 621649]



Pouvez-vous expliciter?

La farce des procès est une chose, l'analyse de la logique totalitaire de ce qui se passait au Kambodge est tout de même fondamentale, parce qu'elle rejoint l'universalité des crimes et tueries, des actes des bourreaux , massacrant l'autre, pour une idéologie, coupable et inexcusables.
Je m'explique: le reportage met le doigt sur quelque chose qui est bien loin de la farce dont vous parlez. Il met le doigt sur l'humanité d'un homme qui a été aussi loin dans la radicalité d'application politique révolutionnaire.

Il faut distinguer l'idéologie (les procès pénaux pour crimes contre l'humanité, procès impossibles avec le pouvoir en place, fait d'anciens khmers rouges assassins) et la parole de cet homme.
Il faut distinguer le remords, la demande de pardon et l'acceptation logique du refus de pardon pour les victimes.
Pour moi, il me semble que l'explication du mécanisme du crime révolutionnaire dans ce document est à affronter: elle démontre le processus révolutionnaire, la culpabilité tant dans l'action, la participation que l'omission, la passivité, la lâcheté, la peur et les remords.
Duch a , me semble-t-il, récuser l'excuse de l'idéologie, même s'il montre l'emprise qu'elle a eue, qui n'est pas responsable de ses actes. Même sous emprise révolutionnaire, il est coupable de ses crimes considérés indispensables et , comme dans toute révolution, légitimes pour le bien du peuple.
images/icones/fleche3.gif  ( 621660 )la réalité du monde cambodgien par jejomau (2012-01-12 07:11:32) 
[en réponse à 621652]

quand vous dites : "Il faut distinguer l'idéologie (les procès pénaux pour crimes contre l'humanité, procès impossibles avec le pouvoir en place, fait d'anciens khmers rouges assassins) et la parole de cet homme"....

... C'est en fait là que se situe toute l'ambigüité. Comprenez-moi : il est fort possible que cet homme éprouve de la sincérité mais il est plus que probable également qu'il ne s'exprime pas ... totalement... librement.

Ce reportage (ou un autre) ne prouvera jamais rien car les cambodgiens ne sont pas débarrassés de leurs bourreaux qui vivent non seulement libres mais encore détiennent les leviers du pouvoir pour beaucoup.... Un peu comme si, en France, en 1945, les nazis ayant perdu la guerre, n'auraient pas été jugés, ni attrapppés... Et auraient continué à vivre tranquillement parmi nous dans les villages....