Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 621354 )restaurer l'éducation chrétienne par jejomau (2012-01-08 16:39:22) 

l’Église enseigne, avec Aristote et saint Thomas, qu’il n’y a aucune connaissance qui ne vienne des sens, en conséquence c’est de là qu’il nous faut partir, et ne pas commencer à apprendre avec l’esprit rationnel selon l’héritage cartésien. Impossible ? James Taylor démontre le contraire. À partir de deux expériences concrètes. L’une menée en France, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’école des Roches, repliée à Maslacq, et dirigée par André Charlier. L’autre à l’échelon universitaire, etc....

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images/icones/neutre.gif  ( 621361 )Toujours étonnant par Aigle (2012-01-08 17:33:06) 
[en réponse à 621354]

Il est toujours un peu étonnant de trouver des références au païen Aristote et à St Thomas alors que l'Eglise dispose du Trésor inépuisable constitué par la parole de Dieu... N'est-ce pas justement une démarche trop exclusivement intellectuelle que de fonder notre Foi et nos actes sur deux philosophes (dont l'un n'est pas du tout chrétien - et ne croit même pas que le monde ait été créé) ?

Ce n'est pas une question secondaire. Je crois en effet que la cause de la Tradition a perdu beaucoup de sa crédibilité à se présenter comme une école philosophique parmi d'autre : car si on se référe à Aristote pourquoi pas à Platon, Kant ou Marx ??? et pourquoi St Thomas et pas l'Evangile ?

La Foi catholique n'est pas une doctrine philosophie parmi d'autres. Elle est d'abord la vérité révélée et ensuite ue vérité qui peut être expliquée, commentée, développée par la raison humaine. mais cet aspect philosophique vient en second à mon sens.
images/icones/1b.gif  ( 621368 )peut-être simplement parce que le Magistère lui-même par jejomau (2012-01-08 19:04:46) 
[en réponse à 621361]

auquel se réfère la Tradition... Alors que le "modernisme" a souvent tendance à butiner dans des champs voisins... nous enjoint de nous y référer :

- Encyclique "Aeterni Patris", (4 août 1879) sur la Philosophie chrétienne... dont voici des extraits significatifs :


L'importance de la philosophie pour l'affermissement de la foi

§ 3135 : Assurément nous n'attribuons pas à la philosophie humaine une force et une autorité telles que nous l'estimerions capable de repousser ou de détruire toutes les erreurs ; de même en effet... que c'est par l'admirable lumière de la foi, répandue "non pas par des paroles persuasives de la sagesse humaine", "mais par la manifestation de l'esprit et de la force" (1Co 2,4) que l'univers a été rétabli dans sa dignité première, de même aussi, maintenant, c'est avant tout de la vertu toute-puissante et du secours de Dieu que nous devons attendre que... reviennent à la sagesse les esprits des mortels.
Cependant nous ne devons ni mépriser ni négliger les secours naturels qui ont été mis à la disposition des hommes par un bienfait de la sagesse divine... ; et de tous ces secours, l'usage bien réglé de la philosophie en est assurément un qui est éminent. Ce n'est pas en vain en effet que Dieu a implanté dans l'esprit de l'homme la lumière de la raison, et tant s'en faut que la lumière surajoutée de la foi éteigne ou amortisse la vigueur de l'intelligence : au contraire, elle la perfectionne et, en augmentant ses forces, elle la rend capable de choses plus grandes encore.

§ 3136 Et tout d'abord, lorsque les sages en usent comme il convient, la philosophie est à même d'aplanir et d'affermir en quelque sorte le chemin vers la foi véritable, et de préparer convenablement l'esprit de ses disciples à accepter la Révélation.
Et de fait dans son extrême bonté Dieu, dans l'ordre des choses divines, n'a pas manifesté seulement par la lumière de la foi les vérités que l'intelligence humaine ne peut pas atteindre par elle-même, mais il en a manifesté également certaines qui ne sont pas totalement inaccessibles à la raison afin que, confirmées par l'autorité divine, elles puissent aussitôt et sans aucun mélange d'erreur être connues de tous.
De là vient que certaines vérités, proposées à croire par Dieu ou qui sont liées à la doctrine de la foi par des liens très étroits, ont été reconnues, convenablement démontrées et défendues par des sages des nations païennes, éclairés seulement par la raison naturelle.
Or ces vérités, connues des sages des nations païennes, il est de grande opportunité de les faire tourner à l'avantage et à l'utilité de la doctrine révélée, afin de faire voir avec évidence que la sagesse humaine elle aussi, et même le témoignage des adversaires, donnent leur appui à la foi chrétienne. ...

§ 3137 Ces fondements étant ainsi très solidement posés (à l'aide de la philosophie), l'usage constant et multiple de la philosophie demeure requis pour que la théologie sacrée reçoive et revête la nature, la forme et le caractère d'une vraie science. Dans cette discipline, la plus noble de toutes, il est en effet de la plus haute nécessité que les parties nombreuses et variées des doctrines divines soient rassemblées en quelque sorte en un seul corps, que disposées avec ordre, chacune en son lieu, et déduites des principes qui leur sont propres, elles soient reliées ensemble par un lien adéquat enfin que toutes et chacune soient confirmées par des arguments propres et inébranlables.
On ne peut pas non plus taire ni dédaigner cette connaissance plus exacte et plus riche des réalités qui sont crues, et cette intelligence un peu plus claire - autant qu'il est possible - des mystères de la foi eux-mêmes qu'Augustin et d'autres Pères ont à la fois louée et cherché à atteindre, et dont le concile du Vatican lui-même (constitution sur la foi catholique, chap. 4.. 3016 ) a déclaré qu'elle était très féconde. ...

§ 3138 Enfin il appartient également aux disciplines philosophiques de protéger religieusement les vérités divinement révélées, et de combattre ceux qui ont l'audace de les attaquer. A cet égard, c'est un grand éloge pour la philosophie que d'être considérée comme un bastion pour la foi et comme un ferme rempart pour la religion. "Il est vrai, comme l'atteste Clément d'Alexandrie, que la doctrine du Sauveur est parfaite et qu'elle n'a besoin de rien, puisqu'elle est la force et la sagesse de Dieu. La philosophie grecque, s'y ajoutant, ne rend pas la vérité plus forte, mais comme elle rend impuissante l'attaque de la sophistique et empêche les entreprises insidieuses contre la vérité, c'est avec raison qu'on la présente comme la palissade et le mur de la vigne "....



L'excellence de la méthode scolastique et l'autorité qui revient à Thomas d'Aquin

§ 3139 Parmi les docteurs scolastiques domine, et de haut, leur prince et maître à tous, Thomas d'Aquin, lui qui, comme le remarque Cajetan, "parce qu'il a vénéré au plus haut point les saints docteurs, a obtenu en quelque sorte l'intelligence de tous". Leurs doctrines, Thomas les a recueillies et assemblées comme des membres dispersés d'un corps, et il les a réparties en un ordre si admirable et leur a donné un tel accroissement, qu'on le considère à juste titre comme le défenseur spécial et l'honneur de l'Eglise catholique. ...

§ 3140 Tout en proclamant qu'il faut recevoir volontiers et avec gratitude tout ce qui a été dit de façon sage, qui a été inventé et pensé de façon utile par quelqu'un, Nous vous exhortons tous... de façon pressante, pour la défense et l'honneur de la foi catholique, pour le bien de la société, pour l'accroissement de toutes les sciences, à rétablir et à propager le plus possible la sagesse d'or de saint Thomas. Nous disons la sagesse de saint Thomas : car si quelque chose a été recherché avec une subtilité trop grande par les docteurs scolastiques ou enseigné de façon trop inconsidérée, si quelque chose est moins en accord avec les doctrines éprouvées de temps ultérieurs, ou enfin si cela se trouve n'avoir aucune espèce de probabilité, Nous n'entendons nullement que cela soit proposé à l'intention de notre temps

images/icones/neutre.gif  ( 621408 )Eh oui ... par Aigle (2012-01-09 08:32:51) 
[en réponse à 621368]

Cher jejomeau : pourquoi invoquez l'argument d'autorité quand il nous arrange - et le rejetez vous quand ils nous déplaît ? vous comprenez bien que la désobéissance sinon constante du moins fréquente de la FSSPX à l'égard du magistère du concile et des papes depuis 1974 rend absurde le recours à ce même magistère quand il est antérieur (à moins de basculer dans le sédévacantisme et d'affirmer qu'à de vrais papes auraient succédé de "faux" papes depuis 1958 ?).

Ensuite il ne faut pas inverser la relation avec Aristote : c'est parce que nous sommes chrétiens (et catholiques) quenous voyons dans ce philosophe païen des semences de vérité (comme on peut aussi en trouver dans l'Islam d'ailleurs). Il ne faut certes pas négliger la capacité de la raison humaine à identifier naturellement certaines vérités de la Foi. Mais cela ne fait pas d'un philosophe païen mort 300 ans avant Jésus-Christ l'alpha et l'omega de notre Foi !

Interrogez vous sur les causes du discrédit qui frappe la doctrine traditionnelle de l'Eglise dès les années 1960 - parmi celles ci il y a l'impression trop souvent donnée de placer Aristote et St Thomas au-dessus de la Sainte Ecriture ... et aussi celle de placer les encycliques du XIXè siècle encore au-dessus !
images/icones/neutre.gif  ( 621416 )Foi et raison par Chicoutimi (2012-01-09 09:52:27) 
[en réponse à 621361]

Bonjour Aigle,

Votre questionnement est intéressant. Cependant, le Magistère récent affirme par la voix du bienheureux Jean-Paul II (encyclique Fides et Ratio) :

"43. Sur ce long chemin, saint Thomas occupe une place toute particulière, non seulement pour le contenu de sa doctrine, mais aussi pour le dialogue qu'il sut instaurer avec la pensée arabe et la pensée juive de son temps. À une époque où les penseurs chrétiens redécouvraient les trésors de la philosophie antique, et plus directement aristotélicienne, il eut le grand mérite de mettre au premier plan l'harmonie qui existe entre la raison et la foi. La lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu, expliquait-il; c'est pourquoi elles ne peuvent se contredire.

Plus radicalement, Thomas reconnaît que la nature, objet propre de la philosophie, peut contribuer à la compréhension de la révélation divine. La foi ne craint donc pas la raison, mais elle la recherche et elle s'y fie. De même que la grâce suppose la nature et la porte à son accomplissement, ainsi la foi suppose et perfectionne la raison. Cette dernière, éclairée par la foi, est libérée des fragilités et des limites qui proviennent de la désobéissance du péché, et elle trouve la force nécessaire pour s'élever jusqu'à la connaissance du mystère de Dieu Un et Trine. Tout en soulignant avec force le caractère surnaturel de la foi, le Docteur Angélique n'a pas oublié la valeur de sa rationalité; il a su au contraire creuser plus profondément et préciser le sens de cette rationalité. En effet, la foi est en quelque sorte « un exercice de la pensée »; la raison de l'homme n'est ni anéantie ni humiliée lorsqu'elle donne son assentiment au contenu de la foi; celui-ci est toujours atteint par un choix libre et conscient.

C'est pour ce motif que saint Thomas a toujours été proposé à juste titre par l'Eglise comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie. Il me plaît de rappeler, dans ce contexte, ce qu'a écrit le Serviteur de Dieu Paul VI, mon prédécesseur, à l'occasion du septième centenaire de la mort du Docteur Angélique: « Sans aucun doute, Thomas avait au plus haut degré le courage de la vérité, la liberté d'esprit permettant d'affronter les nouveaux problèmes, l'honnêteté intellectuelle de celui qui n'admet pas la contamination du christianisme par la philosophie profane, sans pour autant refuser celle-ci a priori. C'est la raison pour laquelle il figure dans l'histoire de la pensée chrétienne comme un pionnier sur la voie nouvelle de la philosophie et de la culture universelle. Le point central, le noyau, pour ainsi dire, de la solution qu'avec son intuition prophétique et géniale il donna au problème de la confrontation nouvelle entre la raison et la foi, c'est qu'il faut concilier le caractère séculier du monde et le caractère radical de l'Evangile, échappant ainsi à cette tendance contre nature qui nie le monde et ses valeurs, sans pour autant manquer aux suprêmes et inflexibles exigences de l'ordre surnaturel ».

44. Parmi les grandes intuitions de saint Thomas, il y a également celle qui concerne le rôle joué par l'Esprit Saint pour faire mûrir la connaissance humaine en vraie sagesse. Dès les premières pages de sa Somme théologique, l'Aquinate voulut montrer le primat de la sagesse qui est don de l'Esprit Saint et qui introduit à la connaissance des réalités divines. Sa théologie permet de comprendre la particularité de la sagesse dans son lien étroit avec la foi et avec la connaissance divine. Elle connaît par connaturalité, présuppose la foi et arrive à formuler son jugement droit à partir de la vérité de la foi elle-même: « La sagesse comptée parmi les dons du Saint-Esprit est différente de celle qui est comptée comme une vertu intellectuelle acquise, car celle-ci s'acquiert par l'effort humain, et celle-là au contraire "vient d'en haut", comme le dit saint Jacques. Ainsi, elle est également distincte de la foi, car la foi donne son assentiment à la vérité divine considérée en elle-même, tandis que c'est le propre du don de sagesse de juger selon la vérité divine ».


images/icones/1d.gif  ( 621422 )Jean-Paul II était déjà par jejomau (2012-01-09 11:19:25) 
[en réponse à 621416]

considéré comme un "anti-christ" par certains... Il va finir tout seul si les "autres" le voient aussi comme un "affreux" !