
( 621267 )
merci ! par jejomau (2012-01-07 15:15:17)
[en réponse à 621265]
Texte qui demande à être relu tranquillement ! Je fais le lien avec ces propos du Saint-Père sur ce que doit être un évêque :
"L'Évêque lui aussi doit être un homme au cœur inquiet qui ne se contente pas des choses habituelles de ce monde, mais suit l'inquiétude de son cœur qui le pousse à s'approcher intérieurement toujours plus de Dieu, à chercher son Visage, à Le connaître toujours mieux, pour pouvoir l'aimer toujours plus.
L'Évêque doit être lui aussi un homme au cœur vigilant qui perçoit le langage discret de Dieu et sait discerner le vrai de l'apparent.
L'Évêque encore doit être rempli du courage de l'humilité, qui ne s'interroge pas sur ce que peut dire de lui l'opinion dominante, mais tire son critère de mesure de la vérité de Dieu, et pour elle s'engage " opportune - importune " à temps et à contre-temps. Il doit être capable d'ouvrir et d'indiquer la route. Il doit marcher en avant, suivant Celui qui nous a tous précédés, parce qu'il est le vrai Pasteur, l'étoile véritable de la promesse : Jésus-Christ. Et il doit avoir l'humilité de s'incliner devant ce Dieu qui s'est rendu si concret et si simple qu'il contredit notre stupide orgueil, qui ne veut pas voir Dieu aussi proche et aussi petit. Il doit vivre l'adoration du Fils de Dieu fait homme, adoration qui lui indique toujours à nouveau la route.
La liturgie de l'Ordination épiscopale interprète l'essentiel de ce ministère en huit questions posées aux candidats à l'ordination, qui commencent toujours par la parole : " Vultis ? - Voulez-vous ? ". Les questions orientent la volonté et lui indiquent la route à prendre. Je voudrais ici mentionner brièvement quelques unes des paroles-clés d'une telle orientation, dans lesquelles se concrétise ce sur quoi nous avons réfléchi peu auparavant à partir des Mages de la fête d'aujourd'hui.
La charge des Évêques est de " predicare Evangelium Christi ", " custodire " et " dirigere ", " pauperibus se misericordes praebere ", " indesinenter orare ". Annoncer l'Évangile de Jésus-Christ, précéder et conduire, garder le patrimoine sacré de notre foi, la miséricorde et la charité envers les plus nécessiteux et les pauvres en qui se reflète l'amour miséricordieux de Dieu pour nous et, pour finir, la prière continue sont des caractéristiques fondamentales du ministère épiscopal. La prière continue qui signifie ne jamais perdre contact avec Dieu, se laisser toujours toucher par Lui dans l'intime de notre cœur et être ainsi envahis par sa lumière. Seul celui qui connaît Dieu personnellement peut guider les autres vers Dieu. Seul celui qui guide les hommes vers Dieu, les guide sur le chemin de la vie.
Le cœur inquiet, dont nous avons parlé en nous reportant à saint Augustin, est le cœur qui, en fin de compte, ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet par rapport à Dieu et il le reste, même si aujourd'hui on s'efforce, avec des " narcotiques " très efficaces, de libérer l'homme de cette inquiétude. Toutefois, ce n'est pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l'homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n'est pas tranquille lui non plus tant qu'il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c'est pour cela qu'il s'est mis en chemin vers nous - vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu'aux confins du monde. Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard. Chers amis, c'est la tâche des Apôtres d'accueillir l'inquiétude de Dieu à l'égard de l'homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c'est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l'inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l'égard de l'homme puisse être satisfait.
Les Mages ont suivi l'étoile. À travers le langage de la création, ils ont trouvé le Dieu de l'histoire. Certes, le langage de la création à lui-seul ne suffit pas. Seule la Parole de Dieu, que nous rencontrons dans la Sainte Écriture, pouvait leur indiquer de façon définitive la route. Création et Écriture, raison et foi doivent coexister pour nous conduire au Dieu vivant. On a beaucoup discuté sur le genre d'étoile qu'était celle qui avait guidé les Mages. On pense à une conjonction de planètes, à une Super nova, c'est-à-dire à une de ces étoiles au départ très faible en qui une explosion interne libère pendant un certain temps une immense splendeur, à une comète, etc. Que les savants continuent de discuter ! La grande étoile, la véritable Super nova qui nous guide, c'est le Christ lui-même. Il est, pour ainsi dire, l'explosion de l'amour de Dieu, qui fait resplendir sur le monde le grand éclat de son cœur. Et nous pouvons ajouter : les Mages d'Orient dont parle l'Évangile d'aujourd'hui, de même que les saints en général, sont devenus eux-mêmes petit à petit des constellations de Dieu, qui nous indiquent la route. En toutes ces personnes, le contact avec la Parole de Dieu a, pour ainsi dire, provoqué une explosion de lumière, à travers laquelle la splendeur de Dieu illumine notre monde et nous indique la route. Les saints sont des étoiles de Dieu, par lesquelles nous nous laissons guider vers Celui auquel notre cœur aspire. Chers amis, vous avez suivi l'étoile Jésus Christ, quand vous avez dit votre " oui " au sacerdoce et au ministère épiscopal. Et des étoiles mineures ont certainement brillé aussi pour vous, vous aidant à ne pas perdre la route. Dans les litanies des Saints, nous invoquons toutes ces étoiles de Dieu, afin qu'elles brillent toujours à nouveau pour vous et vous indiquent la route. En étant ordonnés Évêques, vous êtes appelés à être vous aussi étoiles de Dieu pour les hommes, à les guider sur la route vers la véritable lumière, vers le Christ. Prions donc à présent tous les Saints afin que vous puissiez toujours accomplir votre tâche et montrer aux hommes la lumière de Dieu. Amen"
Benoît XVI
SOURCE VIS 6-7 janvier 2012

( 621296 )
L'étoile de la foi par le torrentiel (2012-01-07 19:46:44)
[en réponse à 621267]
nous est merveilleusement donnée par le saint-Père en cette année qui commencera à la rentrée prochaine pour réanimer l'Eglise de la force qui doit la faire vivre en Celui qui Est Son but et qui lui révèle le sens de sa vie.
Il sera demandé pardon, au cours de cette année, pour les "péchés contre la Foi".
Le sens de la mission sera clairement stimulé, de la mission populaire à la mission du peuple de dieu.
D'un point de vue plus lié aux thématiques de ce forum, il semble que l'herméneutique de la réforme dans la continuité appelée de ses voeux par le pape consiste dans une réinterprétation du concile vatican II par le Catéchisme de l'Eglise catholique, qui en constitue, semble-t-il, une sorte de recentrage dont beaucoup, y compris parmi les traditionalistes, s'accordent à le tenir pour un compendium du magistère à travers l'histoire.
Le recentrage du concile par le catéchisme de l'Eglise catholique devra encore s'accompagner, nous dit la note de la congrégation pour la doctrine de la Foi, de la mise en place d'outils apologétiques propres à présenter des contre-argumentaires aux sectes, au relativisme ou aux principales objections présentées contre la foi par l'époque et la culture contemporaines.
Mon regret est que la constitution de ces outils apologétiques risque de faire passer la foi comme étant sur la défensive. Mais ceci peut être aisément contrecarré si l'annonce de la foi par le peuple de dieu retrouvant l'esprit missionnaire en même temps qu'il bénéficiera de missions populaires, précède cette espèce d'apologétique apophatique contre un "siècle" pétri de pensée positive.
Mon deuxième regret est que cette année de la foi va s'ouvrir par un synode des évêques où l'on va discuter de la nouvelle évangélisation plutôt que de s'y mettre. Un texte dont j'ai toujours gardé cette formule marquante exprimait ainsi le problème que cela pose:
"J'avais faim et vous avez discuté de ma faim."
Mon troisième regret est enfin que la réédition des textes du concile et le Catéchisme de l'Eglise catholique ne deviennent les bibles de cette année de la foi.
Qu'il faille une médiation pour bien comprendre la Parole de Dieu ne fait pas de doute; mais que ces textes de médiation ne nous ouvrent pas la Bible me semblent encourager l'eglise catholique dans sa pente trop naturelle à étudier plutôt ses propres productions qu'à renvoyer vers la Parole de dieu.
Mais je ne voudrais pas que ces trois regrets, qui sont pour moi trois points de vigilance, ne gâchent ma joie de recevoir de rome ce cadeau qu'est l'année de la Foi.
Et je me réjouis que celle-ci soit clôturée par une cérémonie où le pape mettra particulièrement en valeur la profession de foi, tout comme je me réjouis que soient encouragés les pèlerinages vers le siège de Pierre et la terre sainte, hauts lieux de la foi catholique.

( 621319 )
A l'intérieur du "carré magique" de la Foi catholique. par Scrutator Sapientiæ (2012-01-07 23:52:17)
[en réponse à 621265]
Bonsoir et merci à l'ami de la Miséricorde,
I. Il n'y a pas d'amour de la Foi, pas d'"amor fidei", sans amour de la lumière de la Foi, la "lumen fidei".
Et il n'y a pas de sens de la Foi, de "sensus fidei", sans adhésion consciente à ce que je suis tenté d'appeler le tout de la Foi, le "totus fidei".
Si l'Année de la Foi se déroule, le mieux et le plus possible, à l'intérieur du "carré magique" de la Foi catholique que forment "l'amor fidei", la "lumen fidei", le "sensus fidei" et le "totus fidei", ce que j'espère vraiment beaucoup, cela sera déjà une clarification et une consolidation non négligeables de l'état de santé de la Foi catholique, au sein même de l'Eglise du même nom.
II. A partir de là, quelques remarques, qui sont l'expression de craintes ou de doutes peut-être infondés, mais que je ne peux pas m'empêcher de formuler, à toutes fins (in)utiles.
1. Le Catéchisme du Concile de Trente, comme son nom l'indique, c'est le Catéchisme du Concile de Trente ; le Catéchisme de l'Eglise catholique, comme son nom ne l'indique pas, est-il ou non le Catéchisme du Concile Vatican II ? En d'autres termes, y a-t-il une relation plutôt chronologique et conjoncturelle, ou plutôt axiologique et fondamentale, entre le Concile Vatican II et le Catéchisme de l'Eglise catholique ? A la lecture du document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, on est en droit de se poser la question.
2. Formulé autrement, cela revient à dire ceci : la défense ou la promotion de la Foi catholique, au moyen du Catéchisme de l'Eglise catholique, est-elle "organiquement équivalente" à la défense ou à la promotion du Concile Vatican II ? Pour ma part, j'espère que non, ne serait-ce que parce que le Catéchisme de l'Eglise catholique dit, sur les fondements et le contenu de la Foi catholique, des choses absolument essentielles, qui ne se trouvent pas dans le Concile Vatican II, lequel s'est surtout intéressé à l'Eglise catholique, à ses structures et à ses relations.
III. Après avoir lu, en fin d'après-midi, le document de la CDF, j'ai commencé à consulter le "Compendium fidei" qu'est le Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique paru en 2005 ; dès le paragraphe n° 2, une chose m'a littéralement sauté aux yeux ; voici de quoi il s'agit :
" 2. Pourquoi y a-t-il en l’homme le désir de Dieu ?
En créant l’homme à son image, Dieu lui-même a inscrit dans son cœur le désir de le voir. Même si un tel désir est ignoré de l’homme, Dieu ne cesse d’attirer l’homme à lui pour qu’il vive et trouve en Lui la plénitude de vérité et de bonheur qu’il ne cesse de chercher. Par nature et par vocation, l’homme est donc un être religieux, capable d’entrer en communion avec Dieu. Ce lien intime et vital avec Dieu confère à l’homme sa dignité fondamentale."
IV. Le problème, à mon sens, c'est que ce désir de voir Dieu, d'entrer en relation, en communion avec Dieu,
- n'est pas avant tout ni seulement ignoré, notamment par manque de moyens d'ordre culturel ou doctrinal,
- mais est aussi et surtout négligé, méprisé, oublié, refusé, rejeté, annihilé, éradiqué, le plus possible, pour des raisons morales et spirituelles situées aux antipodes de la raison d'être de la Foi catholique.
Il devient urgent de (re ?)dire que la civilisation contemporaine n'est pas axiologiquement neutre, dans son rapport à la Foi catholique, dans sa vision de la Foi catholique, l'indifférence à la Foi, l'ignorance ou la négligence de la Foi, ayant été imposée à l'esprit public et au corps social, par des minorités influentes, motivées, pour l'essentiel, par une assez grande hostilité vis-à-vis de ce que la Foi catholique explique, et surtout de ce que la Foi catholique implique : pour aller vite, la primauté de la vie contemplative désintéressée, de la fécondité spirituelle, sur la vie opérative plus ou moins intéressée, sur l'utilité matérielle.
V. Or, au Concile, notamment et surtout dans Gaudium et Spes, on nous a dit, en substance, plutôt le contraire de ce que je viens de dire ; on nous l'a dit un peu par commission et beaucoup par omission, mais enfin, on nous l'a dit, dans la mesure où l'on pris grand soin de ne pas développer l'antagonisme qui existe néanmoins, et qui existera toujours,
- entre, d'une part, l'Esprit de Dieu, qui inspire la Foi catholique,
- et, d'autre part, l'esprit du monde, qui inspire ceux
a) qui veulent se passer du désir de Dieu, de la Foi catholique,
et
b) qui veulent que ceux sur qui ils ont de l'influence, audio-visuelle, éducative, intellectuelle, au sens large, soient conditionnés ou suggestionnés, exhortés puis habitués, à s'en passer également.
VI. Le combat ou le sursaut en faveur de la défense ou de la promotion de la Foi catholique, à la rencontre de nos contemporains, mais aussi à l'encontre des principes et pratiques caractéristiques de la civilisation contemporaine, (le conformisme et le court-termisme ; les désirs, les loisirs et les plaisirs ; le produire pour consommer ; etc.) ne sera-t-il pas d'autant mieux mené par les catholiques, si ceux-ci au préalable, ont d'abord pris de saines distances avec le Concile Vatican II, à tout le moins sur ce point précis ?
VII. En l'occurrence, si l'Année de la Foi peut être l'occasion de rappeler qu'il y a une différence de nature et de vocation, et non simplement de degré ou de fonction,
- entre la civilisation des hommes, en vue de leur bonheur en ce monde,
- et la sanctification des âmes, en vue de leur salut en Dieu, Père, Fils, Esprit,
je serai "le premier" à m'en réjouir.
VIII. Une dernière remarque s'impose à moi ; là aussi, j'y ai pensé en lisant aujourd'hui le début du Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique ; ne serait-ce que pour des raisons de forme, je trouve qu'il y a à peu près la même coloration, la même tonalité "normativiste" et "objectiviste", entre ce document, que j'appelle le "Compendium Fidei", et le document intitulé "Dominus Iesus", qui sera, je l'espère, non mis au goût du jour, mais mis à l'ordre du jour, pendant l'Année de la Foi. Puisse cette proximité relative, portant sur la forme de ces deux documents, contribuer à améliorer, voire à amplifier la notoriété, au sein même de l'Eglise, du contenu de Dominus Iesus...
Bonne nuit et bon dimanche,
Scrutator.