Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 621213 )J'ose.... Le discours de N. Sarkozy à Domrémy. par Sam Gamegie (2012-01-06 18:33:42) 

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc

Vaucouleurs (Meuse) -- Vendredi 6 janvier 2012

Monsieur le Président Poncelet,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Maire,
Madame et Messieurs les Ministres,
Et si vous me le permettez, mes chers amis,

C'était il y a 6 siècles. Par cette froide journée de janvier 1412, alors que la Meuse était prise par les glaces, une humble famille de laboureurs fêtait la naissance d'un cinquième enfant ; une petite fille que ses parents ont baptisée du nom de Jeanne.

Je crois très important pour l'idée que nous nous faisons de la nation française d'honorer la mémoire des personnages qui, au travers de notre histoire, ont à ce point marqué l'identité de notre pays et ont une telle place dans le cœur de chacun de nos concitoyens.

En cet hiver 1412, la France, peut-être comme rarement dans son histoire, était sur le point de s'effondrer et de disparaître, de disparaître à jamais.
La France était envahie, la France était divisée, la France était livrée aux pillards, aux bandes armées. L'œuvre lente et patiente de construction nationale qui avait mobilisé l'énergie de tout un peuple et dix-sept générations d'une même dynastie depuis l'an Mille, semblait condamnée.

Charles VI était emprisonné dans sa folie. La lutte fratricide que se livraient les grands féodaux conduisait notre pays tout droit à la guerre civile. Depuis 1415, le roi d'Angleterre s'était proclamé roi de France et plus de 7 000 chevaliers français étaient tombés à Azincourt. Azincourt, un nom, un lieu, une bataille qui comptent dans la mémoire nationale.

A la mort de Charles VI, en vérité, il n'y avait plus une France mais trois France.

Une France du Nord et de l'Ouest tombée aux mains des Anglais.
Une France de l'Est dominée par la Maison de Bourgogne.

Une France méridionale plus ou moins contrôlée par le parti des « Armagnacs » qui défendait encore - mais pour combien de temps ? - les droits du Dauphin réfugié au sud de la Loire et que ses ennemis appelaient avec mépris le petit Roi de Bourges.

Roi sans couronne, Roi chassé de sa capitale, Roi errant de ville en ville, Roi renié par sa propre mère, Roi désavoué par la plupart de ses vassaux, Roi défait sur les champs de bataille et dont en vérité le salut ne tenait plus qu'à une seule ville : Orléans.

Et ici, sur la rive gauche de la Meuse, on était resté fidèle au Roi de France.
Le BARROIS MOUVANT, comme on l'appelait à l'époque, est l'une des rares terres du Nord de la Loire qui prêtait encore allégeance au Dauphin.

C'était ici, dans cette terre. Si on ne connait pas cela, on ne peut pas comprendre votre attachement à la France.

C'est sur cette terre, la vôtre, qui refusait obstinément de se détacher de la France que Jeanne, en ce début du XVe siècle, est descendue au jardin de son père et qu'elle entendit pour la première fois un appel.
Elle avait treize ans et elle jura qu'elle resterait toujours pure et toujours fidèle à ces voix.

Ce 600e anniversaire c'est l'occasion de rappeler cela, parce que cela compte dans notre mémoire nationale. Dans votre mémoire régionale aussi, cela compte, bien sûr. Vous êtes les héritiers de cette jeune fille. Mais nous tous, nous portons ce destin commun.

Ces voix s'adressaient-elles à l'âme de la Chrétienne ou bien venaient-elles directement du cœur de la petite Française ? Personne ne peut répondre à cette question. Et je crois que le plus sage, c'est de laisser à Jeanne son mystère en respectant sa foi et son courage.

Ce n'est pas un sujet de division, les voix de Jeanne. C'est une question de mystère, c'est une question de respect. Et chacun, au creux de son cœur, peut penser que c'est vrai, peut espérer que c'est vrai, ou peut donner une autre interprétation.

Cette histoire n'est pas une légende, Jeanne n'est pas une légende. C'est une histoire vraie.

Jeanne, la petite paysanne illettrée qui a eu droit au mépris de ses juges,
Jeanne, la Pucelle, qui a suscité tant de sarcasmes de la part de ceux pour lesquels le courage ne pouvait être que masculin, grande modernité dans cette histoire,
Jeanne fut en vérité le visage de la première résistance française à l'époque où, au milieu des plus terribles épreuves, se forgea la conscience nationale.

Je ne dis pas, naturellement, que l'identité nationale, et la nation, - d'autres historiens ont travaillé avec brio dessus -, a commencé avec Jeanne. Mais Jeanne fait partie de notre identité nationale, elle l'a forgée, elle l'a renforcée.

En 1429, en février, elle quitta Vaucouleurs par la porte de France, juste à côté de nous, et elle quitta Vaucouleurs pour entrer dans l'histoire de France à jamais.
On connaît la suite : Chinon, le siège d'Orléans, le sacre de Reims.

J'ai voulu venir, en tant que chef de l'État, à Domrémy et à Vaucouleurs, parce que c'est ici que tout a commencé. J'aurais pu aller à Orléans, avec plaisir. J'aurais pu aller à Chinon, j'aurais pu aller à Reims, j'aurais pu aller ailleurs. Mais c'est ici que tout a commencé, que Jeanne plonge les racines de sa propre histoire.

A Orléans, cette jeune femme qui, selon ses propres termes, « n'était qu'une pauvre fille qui ne savait ni monter à cheval ni mener la guerre », se jeta à corps perdu dans la mêlée avec son étendard et son amour profond pour la France.

Blessée par une flèche anglaise, elle se relève et elle remonte à l'assaut.
Et Orléans fut libérée.
Et deux mois plus tard, Charles VII était sacré à Reims. C'est elle qui convainquit le Roi d'aller se faire sacrer à Reims.

Jeanne savait que sa mission était accomplie. Sur la route du retour, elle confia à l'un de ses compagnons d'armes : « je durerai un an, guère plus ».
Ses voix l'abandonnèrent.

Jeanne échoua devant Paris. Un mois plus tard, elle était désarçonnée devant Compiègne et tombait aux mains de l'ennemi.

Là commence un long calvaire qui allait durer un an. Un an pendant lequel elle va devoir affronter la solitude, la peur et des juges obstinés à sa perte.

Question après question, elle déjoua les pièges les plus habiles, se défendit pied à pied sans renier sa foi, sans renier son Roi.

Rien ne lui fut épargné. Elle fut traînée en pleine nuit dans une salle de torture. Elle fut ensuite conduite au milieu d'un cimetière où l'on avait dressé un échafaud, on la livra à un simulacre d'exécution.

Elle fut humiliée, épuisée, désespérée, terrorisée. Ce n'est pas ce qu'il y a de moins bouleversant dans Jeanne, sa faiblesse humaine. Elle finit par admettre tout.

Ce qui permet de dire qu'il ne faut pas oublier que, derrière l'héroïne, il y avait une toute jeune fille d'ici, de chez vous, de ce territoire, soumise à un traitement ignoble.

La faiblesse dont elle fit preuve ce jour-là révèle sa fragilité humaine et donne donc à son incroyable courage plus de valeur encore. Puisque Jeanne pouvait être faible quand elle fut forte, c'est parce qu'elle a dominé sa faiblesse.

Trois jours plus tard, elle se ressaisit, dénonça ses aveux et reprit ces vêtements d'homme dont il lui était fait un crime. Jeanne était condamnée et elle le savait.

Le 30 mai 1431, Jeanne, la tête rasée, était conduite au bûcher.

A son principal accusateur, elle lança : « évêque, c'est par vous que je meurs ».
Le propre secrétaire du Roi d'Angleterre, qui assistait à l'exécution s'écria : « Nous sommes tous perdus. ». L'histoire de Jeanne n'est pas une histoire comme les autres.
Il n'avait pas tort. Jeanne avait donné le signal de la reconquête, ses anciens compagnons reprenaient les armes.

Un quart de siècle plus tard, la quasi-totalité de la France était redevenue française.

Nous sommes les héritiers de cette histoire. Nous ne pouvons pas l'ignorer. Et commémorer, c'est une certaine façon de remercier. Ne pas commémorer, c'est oublier et c'est, au fond, ne pas savoir dire merci à tous ceux qui ont fait que, aujourd'hui, la France peut être une grande Nation qui compte dans le concert international.

La France n'est pas une page blanche.

La place de Jeanne d'Arc n'était donc pas dans la légende dorée, mais dans l'Histoire de France.

Pour l'Église, Jeanne est une sainte. Pour la République, Jeanne est l'incarnation des plus belles vertus françaises et pour la République, Jeanne est l'incarnation du patriotisme, le patriotisme qui est l'amour de son pays sans la haine des autres et, ici, on sait parfaitement ce que cela veut dire Le patriotisme, l'amour viscéral pour la France sans la haine des autres. Car Jeanne aime la France mais elle ne hait personne. Ici, on aime la France et on veut être ami avec tous ses voisins.

Jeanne n'appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan.

Jeanne, c'est la France dans ce que la France a de plus singulier et dans ce que la France a de plus universel, car Jeanne est sans doute la Française la plus connue, la plus respectée, la plus aimée dans le monde entier.

Jeanne n'appartient à aucun parti, aucun clan en France. Mais je pourrais même dire que Jeanne, c'est encore au-delà de la France.

Jeanne, c'est la France dans ce qu'elle a de plus noble et de plus humble.

S'adressant à elle par-dessus les siècles Malraux lui a dit :
« A tout ce pourquoi la France fut aimée, tu as donné un visage inconnu ».

C'est à travers elle sans doute que nous pouvons le mieux faire sentir à nos enfants ce qu'il y a de beau dans la France et ce que la France peut représenter aux yeux de tous les hommes.

En tant que chef de l'Etat, je me devais de rendre aujourd'hui, ici, sur sa terre de naissance, cet hommage solennel que la Nation rend à ceux auxquels elle doit sa liberté et sa grandeur. Il n'y a pas d'avenir pour un pays qui ne sait pas se souvenir. Il n'y a pas d'avenir pour un pays qui oublie d'où il vient, ce en quoi il croit, ce qu'il a fait, ce qu'il a construit.

Jeanne d'Arc a sa place dans notre mémoire collective à côté de Victor Hugo, à côté du général de Gaulle, à côté de Jean Moulin, à côté d'Aimé Césaire, à côté des résistantes déportées à Ravensbrück.
Il y a une filiation. Il y a un lien, tissé mystérieusement au travers des siècles, et qui fait que certains personnages de notre histoire ont compté à ce point que le temps qui passe ne les fait pas être oubliés du peuple de France, mais au contraire, considérés au fur et à mesure que les siècles passent avec plus de force.


J'ai visité, il y a quelques instants, le musée où l'on voit Jeanne catholique et Jeanne laïque et républicaine, Jeanne dans laquelle toutes les familles spirituelles de la France se sont reconnues. Jeanne qui incarne les racines chrétiennes de la France, ce qui ne fait en aucun cas injure à la laïcité dans laquelle nous croyons tant.

Malraux racontait qu'à Brasilia, on lui avait présenté un spectacle d'enfants avec une petite Jeanne d'Arc coiffée d'un bonnet phrygien.

Puissions-nous continuer nous aussi de penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s'en servir pour diviser. Diviser au nom de Jeanne d'Arc, c'est trahir la mémoire de Jeanne d'Arc.

Et, par ce souvenir, gardons vivante dans nos cœurs de Français cette idée de la France que nous avons le devoir de transmettre aux générations futures parce qu'elle est ce que nous avons au fond de plus précieux en patrimoine commun et en héritage commun.

Je me souviens de cette vieille résistante qui répondait un jour à un journaliste qui recueillait son témoignage et qui disait :
« Nous n'étions pas des héros, nous n'avions fait que notre devoir »

Cette résistante était l'héritière directe de Jeanne d'Arc.

En parcourant tout à l'heure les quelques kilomètres qui séparent Domrémy de Vaucouleurs, en longeant cette vallée de la Meuse qui fut tellement disputée au cours des siècles, en empruntant ce même chemin que Jeanne dut elle-même parcourir pour venir convaincre un soldat qu'elle ne connaissait pas, qu'elle avait été envoyée pour sauver la France, il m'apparait très clairement et très simplement que Jeanne d'Arc n'est pas seulement comme l'écrivait André Malraux : « le corps brûlé de la chevalerie ». Jeanne d'Arc est surtout, et pour toujours, l'un des plus beaux visages de la France.

Je vous remercie.
images/icones/neutre.gif  ( 621218 )ça ne vaut rien. par Véronique (Lala) (2012-01-06 19:32:47) 
[en réponse à 621213]

Lire ici.

Fraternellement
Véronique
images/icones/ancre2.gif  ( 621219 )C'est joli, bien dit... par Pierrotlalune (2012-01-06 19:48:18) 
[en réponse à 621213]

mais connaissant les intentions de l'orateur, oui, "ça ne vaut rien".
images/icones/1q.gif  ( 621222 )Cela ne vaut rien effectivement ! par Halleluia (2012-01-06 20:42:17) 
[en réponse à 621219]

Qu'il aille se faire faire une soupe de fèves le p'tit président !

Son discours n'augure rien de bon: quand il est monté au pouvoir la première chose qu'il a faite c'est de faire lire la lettre d'un jeune et pauvre communiste qui est mort pour la patrie et personne n'a vu que cette initiative présidentielle en fait augurait....la guerre et les pertes en vies humaines à venir !

Maintenant il nous parle de patriotisme !!! Pour quoi faire ? Pour envoyer nos enfants/soldats se faire tuer en Afghanistant et bientôt en Iran pour le contre d'un autre ? Les morts de la WWII ne lui suffisent pas ?

Jehanne d'Arc était du parti de Notre Seigneur Jésus-Christ c'est à dire du parti divin : celui de Dieu et du Roi de France de droit divin et non pas une copie infâme à la mode des bronzés !

Sainte Jehanne d'Arc merci pour votre foi, votre courage et le sacrifice de votre vie : vous l'avez donnée pour sauver les nôtres tandis que le p'tit président, par le biais de l'infâme Simone de son parti, laisse dans nos hôpitaux des assassins-avorteurs ôter la vie aux bébés dans le ventre de leurs mères.
Son faux patriotisme qu'il se le garde ! En plus il vole sans vergogne les idées de JMLP et de Marine pour ramener la couverture ver lui, et dire qu'il y a pas mal de c.... qui tomberont dans son panneau !

Ö Cœur Immaculé et Douloureux de Marie priez pour nous pauvres pécheurs maintenant et à l'heure de la mort. Amen.

images/icones/tele.gif  ( 621225 )Puisque Malraux est cité... par Rothomagus (2012-01-06 21:04:16) 
[en réponse à 621213]

puisons donc à la source !
Il s'agit de son discours tenu à Rouen en 1954.

Et par la magie des nouvelles technologies, vous trouverez la vidéo du reportage de l'époque en cliquant ICI.
images/icones/neutre.gif  ( 621227 )Mon Dieu par Olivier Capet (2012-01-06 21:31:11) 
[en réponse à 621213]

On pourrait le croire s'il avait dit cela sans papier
Mais il a lu mot à mot, sans trop savoir ce que ca voulait dire, le discours d'un autre..

Moi demain, je vous lis du Chateaubriant et vous serez émus aux larmes
images/icones/neutre.gif  ( 621230 )Je préfère ce "classique" par Donapaleu (2012-01-06 21:52:55) 
[en réponse à 621213]

PRIÈRE À JEANNE

Sainte Jeanne,

Puisque vous êtes sainte, vous avez déjà fait des miracles, vous savez vous y prendre, alors je vais vous demander d'en faire un pour nous.

Non. Parce que vous êtes une grande sainte, je vais vous demander d'en faire dix. Et de très grands, de très miraculeux.

Premièrement, sainte Jeanne, je vais vous demander de faire que tous les Français redeviennent amoureux de la France. Pas de l'Amérique insidieuse, pas de l'Orient fascinant, pas de l'Islam séducteur. De la France, de la doulce France.

Deuxièmement, sainte Jeanne, je vous demanderai de faire que tous les Français inspirent de nouveau à toutes les Françaises l'envie de porter leurs enfants, de les porter jusqu'à leur naissance, d'en accoucher, de les nourrir, de les élever, d'en faire des Français, beaucoup, beaucoup de Français, ce qui nous épargnera, entre autres, la nécessité d'encourager une immigration que nous savons si mal intégrer.

Troisièmement, je voudrais vous demander d'avoir une pensée pour notre belle langue française. Rendez-nous la première partie de la négation: faites que nous disions « je ne vais pas voter oui » et non « jvais pas voter ouais ». Rendez-nous l’accord du participe qui est en train de disparaître. Rendez le subjonctif à encore que et l'indicatif à après que. Rendez-nous les liaisons : « vous-z-aussi » et non pas « vouossi ». Otez la bouillie de certaines bouches contemporaines, surtout celles de beaucoup de jeunes gens et des acteurs en vogue. Faites que nous recommencions tous à dire bonjour et non pas bonjoureu. Essayez de nous épargner les anglicismes et les américanismes, pas seulement dans le vocabulaire, surtout dans les tournures de phrase contre nature que nous inspirent les langues anglo-saxonnes. Quant à ceux qui disent conforter, ou incontournable, ou qui se laissent interpeller au plan de leur vécu, faites que le diable les patafiole. Si j'osais, Jeanne, si j'osais - mais je sais que j'exagère -je vous demanderais timidement de ressusciter aussi, ne serait-ce que sporadiquement, l'imparfait du subjonctif.

Quatrièmement, je vous demande, sainte Jeanne, de faire que les Français redeviennent frondeurs, gouailleurs, indisciplinés, sceptiques, qu'ils ne se laissent plus bourrer le mou ni laver le cerveau, qu'ils sachent distinguer entre une vessie et une lanterne, qu'ils prennent de nouveau un malin plaisir à traverser en dehors des clous, qu'ils se rappellent le vieux dicton picard méfie-te, qu'ils appliquent la méthode périgourdine plus je me regarde, plus je m'attriste, plus je me compare plus je me rassure, qu'ils sachent conclure comme il faut l'adage normand pt-êt' ben qu'oui, pt-êt ben qu'non ! Qu'ils n'oublient pas que dire oui, c'est baisser la tête et que dire non, c'est relever le front.

Cinquième miracle, faites, je vous en supplie, que les Français ne deviennent pas une plèbe irresponsable, soucieuse de ses droits à et non plus de ses devoirs de, perpétuellement assistée donc asservie, et ne connaissant plus que deux catégories : tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire et tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit. Je voudrais voir les Français non pas libéraux ni libertaires, mais libres. Affranchis. Francs, quoi. Des Français qui seraient redevenus Francs.

Sixième miracle, je vous demande de nous rendre le respect de l'âge. D'abord j'y ai intérêt et puis c'est le respect de l'âge qui caractérise le raffinement du coeur : peu importe si le respecté est une vieille baderne, c'est le respectueux qui gagne à respecter, ou, du moins, à employer les marques extérieures du respect. Que voulez-vous, j'en ai assez de constater qu'avec ma barbe blanche il n'y a que des Noirs à me céder leur place dans le métro ! Je la refuse, d'ailleurs, mais à la longue cela va finir par me rendre raciste, raciste pro-Noir, bien entendu.

À propos de racisme, septième miracle.

Je voudrais voir supprimer de France le racisme puritain, anti-fumeur et anti-buveur, qui s'empare de notre pays. Enfin, c'est affligeant. Vous entrez dans un restaurant et la première question qu'on vous pose, c'est « Fumeur ou Non fumeur ? » Et quand vous dites « Non fumeur », comme moi, vous sentez aussitôt l'approbation du jeune maître d'hôtel. Ensuite, quand vous êtes deux et que vous commandez du vin, il vous demande d'un ton encourageant « Une demi-bouteille ? » et quand vous répondez comme moi « Non, une bouteille entière... pour commencer », le jeune maître d'hôtel cache à peine sa réprobation ou alors il sourit avec indulgence comme devant une plaisanterie de mauvais goût. Bientôt, dans les restaurants, on vous demandera « Buveur ou non buveur » et il y aura un coin réservé pour les parias alcoolos tandis qu'aux tables pour honnêtes gens les sodomites, les pornographes et les drogués triomphants ne boiront que de l'eau. Épargnez-nous cela, sainte Jeanne.

Sainte Jeanne, je voudrais aussi voir l'administration de la justice revenir à des normes humaines. S'il y a conflit entre un employé et un employeur, je ne voudrais pas que l'employé eût gagné d'avance comme le recommande le Syndicat de la magistrature. Si des enfants pervertis par la télévision dénoncent leurs éducateurs pour pratiques sexuelles interdites, je voudrais qu'une enquête sérieuse fût faite. Si un cambrioleur armé s'introduit dans ma maison et que je tire mieux que lui, je ne voudrais pas passer pour un assassin.

Neuvième miracle. Faites, sainte Jeanne, je vous en supplie, que ce ne soit pas seulement le trente-et-un du mois d'août et pas seulement au roi d’Angleterre, que la France puisse se permettre de citer le général Cambronne. Faites que ce soit tous les jours de l'année, et 366 jours les années bissextiles et faites que ce soit à tous les potentats du monde, s'ils nous manquent de respect. J'espère, sainte Jeanne, ne pas vous choquer : vous avez dû en entendre d'autres quand vous commandiez à vos troupiers médiévaux.

Dernier miracle. Sainte Jeanne, donnez-nous une aventure. Une grande et noble aventure. Une aventure à la mesure de la France, comme celle que vous nous aviez donnée à l'époque de la guerre d'Algérie et que nous n'avons pas su apprécier. Faites que nous courions des dangers, que la vie devienne exaltante et dure, que nous oubliions nos comptes en banque, nos livrets de caisse d'épargne, nos chaînes hi fi, nos vacances, notre bougeotte, nos coucheries, nos barbituriques, nos prudhommes, nos normes européennes, notre traintrain planplan, et revenez alors, revenez sainte Jeanne, brandir votre étendard et vous mettre à la tête de ceux qui vous suivront. Il y en aura, sainte Jeanne, il y en aura. Et peut-être plus que nous ne pensons.



Vladimir Volkoff

images/icones/pelerouin1.gif  ( 621240 )Ce texte est magnifique... Source ? par Jéhu (2012-01-06 22:56:28) 
[en réponse à 621230]

Je ne le connaissais pas.

Sainte Jeanne a pas mal de boulot !
images/icones/neutre.gif  ( 621253 )Google donne plusieurs sources. par Donapaleu (2012-01-07 08:52:19) 
[en réponse à 621240]

En voilà une.
images/icones/tao.gif  ( 621293 )Une aventure ? A la mesure de la France ? par Rémi (2012-01-07 19:18:13) 
[en réponse à 621230]

La guerre d'Algérie a-t-elle vraiment été

- donnée par sainte Jeanne ?

- une grande et noble aventure ?



Pour ce qui est d'avoir su l'apprécier, je n'étais pas né. Mon père, appelé, oui. Je crois que son appréciation de cette guerre demeure mitigée.




Texte cependant plutôt splendide par ailleurs dans ces contenus, peut-être un peu inutilement épique dans le style ?
images/icones/pelerouin1.gif  ( 621301 )Cela aurait du l'être ! par Jéhu (2012-01-07 20:23:47) 
[en réponse à 621293]

La guerre d'Algérie aurait dû être une grande aventure...

celle que vous nous aviez donnée à l'époque de la guerre d'Algérie et que nous n'avons pas su apprécier.


Pourquoi n'aurait-elle pas été le symbole de la vraie oeuvre colonisatrice de la France, et non pas une simple répression, suivie d'une paix lâche ?
Les SAS, c'était une grande aventure... Mais, comme le craignait le bienheureux Charles de Foucauld, si les indigènes ne sont pas convertis, nous courrons au désastre. Il aurait fallu commencer par convertir nos propres hommes politiques, et pas mal de militaires et pieds-noirs.

Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l’esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l’étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d’autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu’elle a avec les Français (représentants de l’autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d’elle.

Le sentiment national ou barbaresque s’exaltera dans l’élite instruite : quand elle en trouvera l’occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l’islam comme d’un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.
L’empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d’habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d’habitants rompus au maniement de nos armes, dont l’élite aura reçu l’instruction dans nos écoles. Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens. Il ne s’agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?
Exceptionnellement, oui.
D’une manière générale, non.




Le style épique, peu courant dans les romans de Volkoff, va bien lorsque l'on parle de la Pucelle, je trouve. C'est un peu bisounours ? Non, c'est le souffle des grandes âmes; il faut que cela soit écrit par un grand auteur.
images/icones/neutre.gif  ( 621306 )Mais les arabes chez eux pouvaient-ils être des Français? par le torrentiel (2012-01-07 21:38:27) 
[en réponse à 621301]

Il me semble que c'est la question qu'aurait dû se poser ce grand ermite, avant de se demander si des musulmans pouvaient être français.


Et sa persuasion "affectueuse" fait bien de la stratégie.


Le malheur a voulu que, ni nos hommes politiques n'aient été convertis, ni l'éducation que la france a dispensé à l'élite intellectuelle algérienne n'ait pu faaire d'elle autre chose que des "déracinés", éloignés aussi bien de l'islam dont ils ne gardaient que "l'étiquette", que d'aimer la france qui n'avait pas su se faire aimer et qui ne le pouvait pas, puisqu'elle était une puissance ocupante qui prétendait être chez elle dans un pays tiers et conquis, où elle n'avait d'abord prétendu venir que pour pson commerce des razzias et spoliations otomanes.


De conversations que j'ai avec des ressortissants d'anciennes colonies françaises, il ressort que le besoin de se faire aimer de la france, d'entretenir avec ceux qu'elle colonisait un rapport fusionnel a fait qu'à la fois la séparation fut violente, qu'elle ne fut jamais consommée et que les séquelles de l'aventure coloniale suivie des indépendances demeurent cette confusion entre l'arabité et la francité qui reste en vigueur, du fait du legs de la langue française que nulle arabisation forcée ne pourra arracher à ceux qui l'ont reçu et qui le respectent mieux que nous ne le faisons.


En somme, que le constat vienne d'anciens colonisés ou de "pieds noirs" comme Georges Dilinger, c'est lui qui a le mieux ramassé le traumatisme post-colonial en disant "la France et l'algérie malades l'une de l'autre".
images/icones/1a.gif  ( 621308 )Style épique par Rémi (2012-01-07 21:53:19) 
[en réponse à 621301]

Si j'ai bien compris il s'agit de plus d'un discours prononcé devant la statue de sainte Jeanne à l'occasion d'un défilé. Evidemment dans ce cas la forme est plus compréhensible et justifiée.
images/icones/radioactif.gif  ( 621295 )Rassurez-vous, par Sénéchal (2012-01-07 19:34:20) 
[en réponse à 621213]

les étapes suivantes de son marathon électoral le conduiront bientôt auprès des rédacteurs de Têtu, à toutes les courbettes possibles et imaginables devant le Grand Orient, La Grande Loge, le CRIF, l'ADMD etc...etc...

Pire que Chirac? C'était possible!

images/icones/neutre.gif  ( 621312 )Jeanne laïque par Meneau (2012-01-07 22:32:07) 
[en réponse à 621213]

Ce texte est désolant. Il est bien fait timidement état du fait que Jeanne était catholique, mais de la grande Ste Jeanne d'Arc agissant "en nom Dieu", du "Messire Dieu premier servi", il ne reste rien, pas même les voix, qui sont mises en doute.

A l'en croire, "Jeanne" serait une laïque comme un autre, tout juste animée d'un peu plus de courage que les autres.

Cordialement
Meneau

images/icones/iphone.jpg  ( 621326 )Tout n' est pas perdu par Anton (2012-01-08 01:22:29) 
[en réponse à 621312]

Le Héros à deux ans...
Une amie fait faire la prière a son fils, une reprèsentation de Jeanne trône là, à la fin de la prière viennent quelques invocations aux saints...
Saint Pierre priez pour nous
Saint .... priez pour nous
.....

Sainte Jeanne d'Arc .....Donnes moi ton épée


images/icones/bible.gif  ( 621339 )Ste Jehanne d'Arc par G.B. (2012-01-08 11:36:37) 
[en réponse à 621312]

Hum,hum
Bonjour à tout le monde et meilleurs voeux
Puis je jeter un pavé dans la marre ?
Pourquoi Notre Seigneur et Créateur a t'il choisi les Valois contre les Lancastre ?
Depuis quand intervient il d'une manière aussi directe dans une querelle politique ?
Et une querelle entre clans prédateurs, dont l'objectif concret et avoué était la conquête territoriale avec sujets et contribuables inclus.
A cette époque, pas de réforme, Henri VIII et Cromwell n'arriverons que bien plus tard. Donc tout le monde est catholique, prie le même Dieu de la même façon, va à la même messe et obéit au même Pape.
Les voix, il n'y a que Jehanne qui les a entendues, testis unus, testis nullus
Les Apparitions n'ont débuté qu'en prison, et ont tout fait pour la faire condamner et la faire exécuter.
Sa belle épée de Fierbois a été cassée sur le derrière d'une pauvre fille famélique qui suivait les soudards stipendiés du Roy pour gagner sa petite croute. Belle charité chrétienne !
A cause cette une petite putte, fille de Dieu elle aussi, maltraitée au lieu d'être prise en pitié, je tiendrai notre Sainte Jehanne à bout de gaffe
Notre Seigneur infiniment bon saura reconnaître les siens

images/icones/neutre.gif  ( 621348 )? par Meneau (2012-01-08 15:03:26) 
[en réponse à 621339]

Rien compris.

Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 621387 )G.B. ? par Elzéar (2012-01-08 22:28:37) 
[en réponse à 621339]

Est-ce que votre pseudo ne signifierait pas par hasard : Grand Breton ? Ou Godon belliqueux ?
images/icones/bible.gif  ( 621402 )[réponse] par G.B. (2012-01-09 04:32:50) 
[en réponse à 621387]

C'est tout simplement les initiales de mon nom
C'est XA qui m'a conseillé de prendre un pseudo
Je me suis déjà présenté : catho de base, médecin, pêcheur public
Très humble parmi tous les grands esprits et les sommités du FC
images/icones/2a.gif  ( 621390 )GB : que signifie... par Jéhu (2012-01-08 22:40:31) 
[en réponse à 621339]

Grrr... Bon, ca vous amuse ?

Il ne faut pas faire l'apologie de substance illicites, sur un forum catholique qui plus est.

Vraiment, cette "sainte de l'Eglise catholique" doit être en enfer !
Quel pavé vous avez lancé, en effet !

Meilleurs voeux à vous aussi