Le Forum Catholique
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( 620678 )
FSSPX, Saint Siège : Les avis e Bartthe et Messori par Océane (2012-01-02 16:30:42)
Sur Radio Courtoisie ce midi, l'abbé Barthe a exprimé sa conviction que l'accord était possible entre le Saint Siège et la fraternité St Pie X. Il n'a pas détaillé les raisons de cet optimisme par manque de temps.
En revanche, Vittorio Messori dans une interview faite par Andréa Tornielli, sur le site de La Bussola se montre plus pessimiste. Voici son analyse :
- Vittorio, pour conclure cette longue conversation (nous sommes à table pour le réveillon ...) je voulais te demander quelque chose à propos de l'accord possible entre la FSSPX et le Saint-Siège. Tout semble encore en haute mer: les lefebvristes considèrent le Concile comme un vrai malheur pour l'Eglise et ils lui attribueent tous les maux, et toute la responsabilité de la crise actuelle ...
- Là encore - sans doute que je suis plutôt sceptique par tempérament - mais plus le temps passe et plus je pense que la fracture va être incurable, comme celle qui s'est produite avec les Vétéro-Catholiques de Vatican I (ndt: L’Eglise vétéro-catholique italienne est une petite congrégation qui a quitté le Catholicisme romain au 19ème siècle. Cette Église suit un dogme autonome, à mi-chemin entre le Vatican et la Réforme, administre les sept sacrements de l’Église romaine, communie avec le pain et le vin, vénère la Vierge et les saints, mais ne reconnaît pas le dogme de l’infaillibilité pontificale), les «lefebvristes» de Pie IX, qui, comme tu le sais, existent encore et ont leur propre église ... J'ai toujours pensé que c'est une vue simpliste de croire que le problème est la liturgie latine ou la position du prêtre, quand il dit la messe. Le fait est que les perspectives ecclésiologiques sont très différentes aujourd'hui. D'autre part nous voyons aussi que nous avons un schisme dans le schisme, car si pour une partie de l'establishment lefebvriste, l'accord semble possible, il y a parmi eux ceux qui n'en veulent pas. Ici, Andrea, entre en jeu une question psychologique: au fond, c'est très gratifiant pour beaucoup de membres du clergé lefebvriste d'être parmi les «purs et durs», le dernier vestige d'Israël qui résiste à l'Antéchrist qui a investi la grande Église de Rome ... Je ne crois pas que la majorité de la Fraternité Saint-Pie X veuille rentrer dans l'Eglise, où elle serait seulement un point de vue parmi d'autres dans la grande famille catholique. Ils n'auraient plus la possibilité de se sentir les authentiques, uniques, paladins de l'orthodoxie.
Les positions politiques sont pour une bonne part déterminées par des situations psychologiques qui ont à voir avec les histoires et les tempéraments personnels. La même chose s'applique aux schismes et aux hérésies. Je relisais quelques pages de Calvin, non pas l'écrivain vénéré par les "liberal" (sic!), mais l'hérétique du XVIe siècle: en lui, on sent la joie d'être libéré du piège catholique, de pouvoir construire le christianisme à sa guise, de se sentir choisi par le Christ et oint par le Saint-Esprit pour combattre l'Antéchrist papal. Voilà, il me semble que désormais les lefebvristes eux aussi se sentent comme des archanges avec l'épée dégainée, et pour cette raison aussi, la fracture me semble difficile à réduire.
Toutefois, comme tu le sais, la prophétie, dans le sens de dévoiler l'avenir, n'est pas vraiment ma profession ...
On peut trouver l'intégralité de l'entretien sur le site Benoît et moi 2012.

( 620690 )
Peu importe que la FSSPX disparaisse par Nemo (2012-01-02 18:13:14)
[en réponse à 620678]
La Fraternité Saint-Pie X ne nous intéresse pas.
Monseigneur Lefebvre en la fondant n'avait qu'une ambition, préserver la tradition, le sacerdoce catholique. Pas préserver sa fraternité.
Ce qui est important c'est que les idées qu'elles a défendues, le rite qu'elle a conservé triomphent dans l'Eglise, retrouvent leur place légitime.
Si tout ça passe par d'autres vecteurs que la FSSPX, alors elle pourra s'effacer comme Saint-Jean Baptiste s'est effacé.
Or les critiques qu'elle a soulevées commencent à se répandre petit à petit, le progressisme triomphant est mort.
L'avenir nous dira ce qui doit arriver.

( 620699 )
Non, cher Nemo par Vassilissa (2012-01-02 20:52:42)
[en réponse à 620690]
il y a un grave devoir de reconnaissance envers la Fraternité Saint Pie X. C'est à elle que nous devons la sauvegarde d'une part, et la réapparition dans les paroisses, d'autre part, de la messe tridentine. On ne peut le négliger. Dans l'Église, la Fraternité soudée sera une extraordinaire force de résistance contre tous les ennemis.

( 620703 )
d'accord avec vous, cher Nemo, par Chouette (2012-01-02 21:29:38)
[en réponse à 620699]
et, chère Vassilissa, toute l'histoire de l'Eglise est truffée d'événements comme celui-là.
Des hommes et des oeuvres se font et se défont, mais toujours ad Majorem Dei Gloriam...
Combien de congrégations ont disparu...et pourtant elles ont été riches et fécondes...Si ce doit être le sort de la FSSPX et d'autres congrégations nouvelles, Fiat...
Et je crois réellement que Nemo a raison de nous rappeler que Mgr Lefebvre n'avait pas l'intention de graver son nom sur les frontispices, mais plutôt d'être cette pierre à l'édifice...
Tradidi quod et accepi, selon sa devise empruntée à St Paul...Dans cette période de rupture, Mgr Lefebvre a transmis...tel le serviteur inutile. Bel exemple pour nous!!
Les Hommes combattront et Dieu donnera la victoire...Et les lauriers sont pour Dieu, pour Sa Plus Grande Gloire...
Santé, sainteté, ma chère Vassilissa, et le Paradis à la fin de vos jours.

( 620712 )
une hérésie qui ne semble pas toucher les modernistes par jejomau (2012-01-02 23:30:37)
[en réponse à 620678]
mais qui pourrait toucher plus aisément les Tradis dans leur ensemble est celle-ci :
2601 - 1. La proposition qui affirme : "Dans ces derniers siècles un obscurcissement général a été répandu sur des vérités de grande importance relatives à la religion et qui sont la base de la foi et de la doctrine morale de Jésus Christ" (est) hérétique.
Cette erreur a été condamné sous Pie VI et avait été affirmée au Synode de Pistoie.
En effet Vittorio Messori, dans ses propos, dit à un moment donné: "nous voyons aussi que nous avons un schisme dans le schisme, car si pour une partie de l'establishment lefebvriste, l'accord semble possible, il y a parmi eux ceux qui n'en veulent pas. Ici, Andrea, entre en jeu une question psychologique: au fond, c'est très gratifiant pour beaucoup de membres du clergé lefebvriste d'être parmi les «purs et durs», le dernier vestige d'Israël qui résiste à l'Antéchrist qui a investi la grande Église de Rome " etc.....
Il est possible en effet - certains le pensent - qu'une fraction "dure" refuse... tout accord... pour le motif souligné par Vittorio Messori. Il me semble que cette volonté part de cette erreur de leur part qui consiste à penser que Rome ... est dans l'erreur sur le plan doctrinal. Pensée dont les racines plongeraient dans l'erreur sus-condamnée.

( 620717 )
Oh que si ! par Vianney (2012-01-03 00:16:26)
[en réponse à 620712]
Croyez-vous, cher Jejomau, que le R.P. Congar, par exemple, n’était pas susceptible d’être atteint par la condamnation de Pie VI quand il plaidait pour qu’on enjambe carrément toute la période post-tridentine – et même post-constantinienne – pour retrouver la pureté de l’Église des catacombes ? Ce qui est bien autre chose qu’une cinquantaine d’années.
Et ils étaient nombreux à penser et parler comme lui, croyez-le. Je pourrais retrouver certains textes précis à ce sujet, nettement moins diplomatiques que ceux qu’ils suggéraient au même moment aux évêques à Vatican II. J’ajoute que, de plusieurs d’entre eux – Congar en particulier – Paul VI et Jean-Paul II ont fait des cardinaux...
Mais pour répondre à Messori, pour lequel j’ai beaucoup plus d’estime que pour le P. Congar, je lui suggérerais volontiers la réflexion suivante : si le Christ s’est demandé s’il trouverait encore la Foi à son retour sur terre, et surtout s’il a laissé clairement entendre qu’en retardant ce retour, les élus eux-mêmes risqueraient d’être trompés, on peut penser que ceux-ci se trouveront alors, momentanément, dans l’impossibilité de connaître la pensée du magistère vivant sur cette gigantesque tromperie. Mettons qu’à tort ou à raison, certains fidèles, parmi lequels
Mgr Lefebvre, se sont demandés si nous n’étions pas entrés dans cette époque-là, ou dans une autre qui lui ressemblerait sur ce point.
Sur ce, une sainte année à vous et à tous les liseurs !
V.