Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 619077 )Mgr Bernard Fellay dixit en l'Immaculée Conception par Jean Kinzler (2011-12-16 22:17:01) 

Mes chers séminaristes,

mes bien chers frères,

Nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie. Certains, curieusement, peut-être à cause du mot « conception », en faisant un lien avec ce qu’on dit dans l’Angélus, « Elle a conçu du Saint-Esprit », pensent que cette fête concernerait la maternité virginale de la Sainte Vierge : Marie a conçu l’Enfant Jésus tout en restant vierge. Il ne s’agit pas de cela. Lorsqu’on parle de l’Immaculée Conception, on veut dire la conception immaculée de la Très Sainte Vierge. La Sainte Vierge a été conçue, est venue au monde sans faute, préservée de la tache du péché originel. Cette loi est imposée à tous les enfants d’Adam et Eve, tous nous avons l’héritage du péché originel.

Adam et Eve ont péché, et ce premier péché, ils l’ont commis en tant que tête de tout le genre humain. Dans ce péché ils engageaient, on peut dire ainsi, tout le genre humain, toute leur descendance. C’est ainsi que tous les fils et filles d’Eve et d’Adam arrivent au monde avec cet héritage terrible : une dette envers Dieu. Et plus qu’une dette, car ils sont privés de ce qui peut faire leur bonheur, la grâce. Cette privation de grâce n’est pas un état neutre, c’est un état d’inimitié contre Dieu. Un état d’emprisonnement, d’esclavage entre les mains du démon, conséquence de ce premier péché qui s’appelle le péché originel. Une créature en a été préservée, la Très Sainte Vierge Marie.

L’Immaculée Conception, privilège extraordinaire de la Sainte Mère de Dieu

La fête d’aujourd’hui célèbre précisément ce privilège absolument extraordinaire. Elle n’a pas cet héritage. Pourquoi ? En prévision des mérites de son Fils. Son Fils, c’est Notre Seigneur, c’est le Sauveur. Et Dieu a voulu que son Fils – le Fils de Dieu – vienne au monde d’une mère qui a été préservée de la faute, de l’opposition à Dieu, dès le tout début de son existence. Immaculée ! Immaculée jusque dans sa conception. Et cette Immaculée Conception va conserver ce caractère immaculé pendant toute sa vie. Toute sa vie, la Très Sainte Vierge Marie ne péchera jamais, n’offensera jamais le Bon Dieu. Privilège vraiment extraordinaire ! Saluons vraiment, saluons la Mère de Dieu, la Reine du ciel et de la terre, notre mère, pour ce privilège si beau, si magnifique !

Préservée ou épargnée, cela peut nous donner une certaine idée négative. Mais lorsqu’on dit par exemple d’une nappe, qu’elle est sans tache, on ne dit pas là quelque chose de négatif. Si une nappe est sans tache, si elle est immaculée, elle est toute belle. Et la Sainte Vierge ne se trouve pas dans un état de neutralité par rapport à Dieu, lorsqu’on dit qu’elle est préservée du péché. Elle se trouve dans un état de grâce, et pas d’une grâce quelconque. Pie IX, pour établir ce dogme de l’Immaculée Conception, se basera sur cette parole de la salutation de l’ange que nous avons entendue dans l’Evangile, « pleine de grâce », « je vous salue pleine de grâce ». L’ange appelle Marie « pleine de grâce » (Lc 1,28). C’est le titre qu’il lui donne. Une plénitude de grâce, une grâce sanctifiante, c’est une participation à la vie de Dieu. Voyez-vous, au début de l’histoire des hommes, il n’y avait pas cet état de nature opposé à l’état de surnature. Le Bon Dieu, dès le début, destine l’homme à beaucoup plus que ce que l’homme peut faire. Il le destine à devenir un enfant de Dieu. Il le destine au Ciel. Et quand on dit le Ciel, cela veut dire : participer à son propre bonheur, à sa béatitude. Il veut, quand Il crée l’homme, qu’il devienne participant de sa nature, de sa vie divine. Dans cet état de nature, on considère la nature humaine telle qu’elle a été créée ; mais un état neutre, c’est-à-dire de pure nature, cela n’existe pas. Soit on est avec Dieu, soit on est contre Dieu. C’est terrible, mais c’est ainsi. Et même les enfants qui meurent sans le baptême, qui n’ont pas péché personnellement, qui n’ont pas cette responsabilité, resteront néanmoins pour toujours, privés de la vision béatifique, privés de cette vie de Dieu, de cette vie avec Dieu. Ils seront dans un état qu’on appelle les limbes, un état où l’on est privé précisément de ce bonheur de Dieu. Il leur restera un bonheur, appelons-le naturel, humain, mais c’est tout. Ce n’est pas l’enfer des peines qui est destiné à ceux qui ont péché personnellement, mais ce n’est pas le bonheur que le Bon Dieu veut nous donner. Aussi, encore une fois, lorsqu’on salue l’Immaculée Conception, on salue la merveille, la plus belle de toutes les créatures, celle qui a été la plus comblée par le Bon Dieu.

Saint Thomas n’hésitera pas à nous dire que c’est elle qui atteint aux confins, si l’on peut s’exprimer ainsi, de l’infini de Dieu, de la perfection de Dieu. Elle a reçu le plus de grâces, le plus de tous les bienfaits de Dieu. Ainsi en la disant Immaculée Conception, on dit une chose extraordinaire, extrêmement belle, parfaite. Elle est, au même degré, enrichie de toutes les vertus, de tous les dons, vraiment comblée, en vue du Sauveur, et donc du salut des hommes. C’est le triomphe de Dieu. C’est une victoire, et une victoire extraordinaire pour nous qui voyons autour de nous tant et tant de maux, tant et tant de péchés, tant et tant de fautes, d’oppositions, d’arrogance, d’insolence contre Dieu. Certains vont même jusqu’à douter de Dieu, c’est la fameuse objection : « Il y a tant de mal, si le Bon Dieu était là, il n’y aurait pas tous ces maux », et ainsi de suite. Eh bien ! Dans l’Immaculée Conception le Bon Dieu nous donne le signe qu’Il est Dieu et qu’Il est infiniment au-dessus de toutes ces misères qu’on peut voir dans la création.

C’est plus que simplement l’annonce, c’est déjà la victoire de Dieu sur le péché, sur le démon – victoire qui sera complète avec Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Les engagements dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Et c’est au jour de cette fête si belle de la sainteté, que Mgr Lefebvre a voulu que les membres de la Fraternité renouvellent leur engagement, et que ceux qui désirent y entrer entrent en faisant leur engagement dans la Fraternité. C’est en ce jour, sous ce patronage si beau, sous sa protection, que les séminaristes entrent dans la Fraternité.

Un jour important pour vous, chers séminaristes, aussi ne le prenez pas à la légère. Les questions qui vous sont posées aujourd’hui et les réponses que vous donnez à ces questions sont très sérieuses, très exigeantes. Et ce n’est pas parce que ce ne sont pas des vœux, parce que ces engagements sont canoniquement un degré inférieur, comme une promesse solennelle faite devant Dieu – pas très loin de la définition du vœu, mais canoniquement un degré en-dessous –, ce n’est pas pour autant qu’il faut prendre les choses à la légère. Les renoncements dont il est parlé dans la formule d’engagement, ce sont les renoncements qui correspondent aux conseils évangéliques. Si Mgr Lefebvre n’a pas voulu que les membres de la Fraternité émettent directement des vœux, c’est uniquement à cause des circonstances dans lesquelles nous vivons, des circonstances dans lesquelles s’exerce notre apostolat, où il n’est souvent matériellement pas possible d’observer les vœux, comme il le faudrait. Par exemple dans l’obéissance, il faut demander la permission, mais si vous êtes tout seul dans votre mission, vous devez prendre une décision, vous ne pouvez pas en référer à votre supérieur, en soi cela va contre le vœu d’obéissance, au moins contre la lettre de l’obéissance. La pauvreté, vous devez décider de faire un achat rapidement, avec les vœux, il faudrait demander la permission. C’est donc à cause de ces conditions très pratiques que Monseigneur n’a pas voulu que les membres de la Fraternité émettent des vœux. Mais cela ne veut pas dire que Monseigneur a voulu ou aurait voulu nous dispenser de l’esprit des vœux. Plus précisément, l’exigence du renoncement, cette exigence du don total au Bon Dieu et à la Très Sainte Vierge – cette consécration à la Sainte Vierge qui se trouve dans vos engagements – c’est quelque chose de très précieux, qui vous engage très clairement ; on s’oblige à la poursuite de la perfection. Aussi ne vous soustrayez pas à ces obligations, en disant : « nous ne sommes pas des religieux, nous sommes des séculiers ». Ce serait faire offense à la Fraternité que de dire cela. Ce n’est pas ce que la Fraternité attend de ses membres. Lorsqu’on regarde les vertus – Monseigneur a voulu, en effet, décrire dans les Statuts quelques-unes des vertus des membres – on peut être frappé aussi par la hauteur de ces exigences. La première vertu, c’est la charité, une charité envers Dieu, nous dit Monseigneur, envers la Très Sainte Trinité, qui est telle qu’elle engendre naturellement précisément tous les détachements qu’on trouve dans les vœux, dans les conseils évangéliques. Naturellement, le détachement du monde, la pauvreté, le détachement que l’on trouve dans la chasteté, le détachement de sa propre volonté dans l’obéissance.

Il me semble qu’aujourd’hui, dans cette fête de l’Immaculée Conception, en regardant la Très Sainte Vierge Marie, nous avons le plus beau des modèles de cette pratique des vertus.

Le combat spirituel de la Fraternité Saint-Pie X

Quand on salue la Sainte Vierge et ses vertus, on n’y pense pas immédiatement mais l’Eglise nous rappelle que ce n’est pas seulement une très belle perfection, c’est en même temps une victoire. Et qui dit victoire, dit aussi combat, lutte. Si la Fraternité veut tendre vers cette sainteté, elle doit lutter. Ses membres doivent lutter. Contre eux-mêmes, certes, mais également lutter contre le monde, et c’est un peu tout notre programme. Là on découvre quelque chose de bien mystérieux : l’époque dans laquelle nous vivons. Par un grand mystère Dieu a permis que l’esprit du monde essaye de s’introduire dans l’Eglise. Et il faut se battre non seulement contre les ennemis extérieurs, mais aussi contre un esprit non catholique qui est rentré dans l’Eglise. Manifestement on voit bien qu’avec tous les changements récents, l’introduction de cet esprit s’est faite au moment du concile Vatican II. C’est une tragédie sans nom. C’est un grand mystère que ce mal. Paul VI a parlé des « fumées de Satan ». C’est comme si le diable avait mis le pied dans le sanctuaire. Et c’est une réalité qui nous glace. C’est radicalement le contraire de ce qu’est l’Eglise. Au Credo, nous la chantons sainte, nous la croyons sainte. Et voilà que des prélats, des évêques, des cardinaux, même des papes, invitent à faire ce que l’Eglise a toujours défendu, avec des interdits graves, avec des menaces qui allaient jusqu’à l’excommunication. Voilà pourquoi Mgr Lefebvre a dit « je ne peux pas ». Et vous-mêmes, si vous êtes ici, c’est pour la même raison : non, on ne peut pas, car ces choses-là offensent Dieu.

C’est un grand mystère parce qu’en même temps que nous voyons ces choses et qu’il faut leur dire « non », il faut aussi continuer à dire que l’Eglise a les promesses du Bon Dieu : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16,18). D’un côté il faut maintenir que c’est l’Eglise du Christ, l’Eglise que Dieu a fondée, et de l’autre on voit quantité d’éléments qui ne sont pas l’Eglise, qui sont le contraire de l’Eglise mais qui sont à l’intérieur de l’Eglise. Prenez une image exacte qui peut nous aider à comprendre cela : c’est comme une maladie qui s’introduit dans un corps, cette maladie est comme un corps étranger, mais ce corps étranger est à l’intérieur. Comment réagissent les cellules qui se trouvent en présence de ces corps étrangers ? C’est évident, elles essayent de se défendre ! Et là, ce qui est le pire, les organes de contrôle nous disent : « il ne faut pas vous défendre ». Il faut tout avaler, tout accepter. Et depuis 40 ans, bientôt 50 ans, nous sommes dans cet état. Car jusqu’ici on ne voit pas grand changement.

Les récentes propositions de Rome

Vous avez tous entendu qu’il y a eu une proposition de Rome, une proposition qui dit : « nous sommes prêts à vous reconnaître ». Le problème, c’est qu’il y a toujours une condition. Cette condition a pu varier un peu dans la formulation, mais au fond c’est toujours la même. Cette condition est : il faut accepter le Concile. On pourrait résumer la situation actuelle en disant : « oui, vous pouvez critiquer le Concile, mais à une condition, il faut d’abord l’accepter ». Et nous de dire : « qu’est-ce qu’on peut critiquer après ? ».

Je crois que c’est un résumé honnête de la situation actuelle. Et il n’est pas difficile de vous décrire notre réponse.

Évidemment, les formules sont de plus en plus intéressantes, de plus en plus proches de ce que nous disons. Actuellement, on en arrive à un point qui manifeste bien la profondeur du problème. Dans cette fameuse proposition, on nous dit ceci : « vous vous engagez à reconnaître que dans les points du Concile qui font difficulté, la seule manière de comprendre ces points, c’est de les comprendre à la lumière de la Tradition continue, perpétuelle, à la lumière du Magistère précédent ». La lumière de la Tradition est la seule manière par laquelle on peut comprendre les points douteux. Ils vont même plus loin : « toute proposition et toute interprétation de ces textes douteux qui seraient opposées à ce Magistère perpétuel, Magistère continuel de l’Eglise, il faut les rejeter ». C’est ce que nous avons toujours dit. Mais il y a une toute petite incise qui ajoute : « comme le dit le Nouveau Catéchisme ». Or le Nouveau Catéchisme reprend le Concile.

Autrement dit, sur le principe on ne peut être que d’accord. L’application, elle, est complètement opposée. Eux, prétendent qu’ils appliquent le principe en disant : tout ce qu’on a fait au Concile est fidèle à la Tradition, est en cohérence avec la Tradition que ce soit l’œcuménisme ou la liberté religieuse. Cela vous montre la gravité du problème. Il y a un problème quelque part. Ce n’est pas possible autrement. Le problème repose sur la compréhension de certains mots. Et ces mots sont bien sûr « Tradition » et « Magistère ». Leur manière de comprendre ces mots est subjective. Certes on peut éventuellement comprendre « tradition » dans le sens de « transmettre » : l’acte de transmettre. C’est une transmission. Mais la manière habituelle de comprendre ce mot porte sur son contenu. Qu’est-ce qui est transmis ? Qu’est-ce qui est transmis de génération en génération ? La définition classique de la Tradition est « ce qui a été toujours cru par tous partout et toujours » (Commonitorium de saint Vincent de Lérins). « Ce qui » désigne ici l’objet. Mais maintenant, c’est comme si on passait de l’objet au sujet, pour ne regarder plus que celui qui transmet.

C’est pour cela qu’on vous parle de « tradition vivante », parce que celui qui transmet, quand il transmet, est vivant. Or la vie bouge, elle change. Les papes changent… et donc la tradition change, mais elle reste la tradition. C’est la même tradition, mais qui change. L’Eglise a aussi considéré ce sens, mais d’une manière tout à fait secondaire. Ce n’est pas de cela qu’elle parle lorsqu’elle parle de la Tradition ; c’est ce qu’on appelle le dépôt de la foi, l’ensemble des vérités que le Bon Dieu a confiées à l’Eglise, pour qu’elle le transmette de génération en génération, pour que les âmes soient sauvées. C’est ce contenu. Et c’est la raison pour laquelle avec la définition de l’infaillibilité, au concile Vatican I, l’Eglise enseigne que le Saint Esprit a effectivement été promis à saint Pierre et à ses successeurs, donc aux papes. Mais il n’a pas été promis d’une manière telle que par une nouvelle révélation, les papes enseignent quelque chose de nouveau. Il a été promis pour que, avec l’aide du Saint Esprit, saint Pierre et les papes conservent saintement et transmettent fidèlement ce qui ne change pas, le dépôt révélé.

Où est le vrai problème dans l’Eglise ?

Voilà où nous en sommes. Voilà ce que nous essayons de faire, puisque il y a effectivement un geste de Rome envers nous, il faut le reconnaître, un geste surprenant après ces discussions doctrinales où l’on a constaté qu’on n’était pas d’accord. En effet c’est une situation semblable à celle de deux personnes qui se rencontrent, discutent et qui arrivent à la conclusion qu’elles ne sont pas d’accord. Alors, que fait-on ? Rome nous dit : vous acceptez quand même ! Et nous, nous répondons : on ne peut pas. Aussi ce que nous décidons de faire, en plus de leur répondre qu’on ne peut pas, c’est de leur dire : vous ne voudriez pas regarder les choses un peu autrement ? Vous ne voudriez pas essayer de comprendre, que ce n’est pas la Fraternité qui est un problème. Il y a effectivement un problème dans l’Eglise, mais ce n’est pas la Fraternité ; nous ne sommes un problème que parce que nous disons qu’il y a un problème. Alors nous leur demandons de s’occuper du vrai problème. Nous sommes prêts, nous ne désirons qu’une chose et c’est précisément d’attaquer le vrai problème.

Vous comprenez bien que pour qu’ils acceptent de changer une telle position, humainement, il n’y a pas grand espoir. Peut-être les déboires de l’Eglise ? Le fait qu’actuellement se manifestent d’une manière plus claire le désastre, l’infertilité : il n’y a plus de vocations. C’est effrayant. Je voyais, il y a quelques instants, le nombre de Sœurs de la Charité, ces sœurs qui étaient partout en France : entre 30 et 40 ans, je crois qu’il y en a encore 3 pour toute la France. Entre 40 et 50 ans, également 3. Le grand nombre, c’est-à-dire à peu près 200, se situe entre 70 et 80 ans, entre 80 et 90 ans. Certaines ont plus de 100 ans, et elles sont plus nombreuses que celles qui ont 20, 30, 40, 50 ans. Vous prenez l’ensemble de 20 à 50 ans, vous en avez une de plus que celles qui ont 100 ans et au-delà : 9 en face de 8. Ces sœurs qui dans toutes les campagnes, s’occupaient de toutes les œuvres caritatives ! Et c’est fini. Voilà un exemple entre des milliers. Prenez les prêtres. Prenez de tous les côtés que vous voulez : c’est une Eglise qui meurt, qui disparaît. Cela devrait quand même faire réfléchir. On pense, on espère que certains commencent à réfléchir. On a bien l’impression que cela ne suffit pas. Bien sûr, il faut une grâce. Il faut prier.

Priez ! Priez pour que le Bon Dieu vraiment délivre l’Eglise, pour que la Sainte Vierge fasse quelque chose. C’est Elle qui a promis que son Cœur Immaculé triompherait à la fin pour sortir l’Eglise de ce désastre. Pour nous qui sommes impliqués dans cette grande bataille pour l’Eglise, c’est un honneur extraordinaire de pouvoir être membres de cette Fraternité aujourd’hui. Aussi demandons à la Très Sainte Vierge Marie que nous soyons de dignes membres de cette Fraternité. Vivons selon ses statuts, fidèlement. Suivez le règlement du séminaire, comme il vous est demandé, de tout votre cœur, en y mettant la grande charité que les Statuts de l a Fraternité requièrent de nous. Demandons-la à la Très Sainte Vierge Marie pour que réellement, tous les jours, nous plaisions à Dieu, nous nous sanctifions, et par là nous puissions gagner au Bon Dieu des âmes, ces âmes qui nous sont confiées, pour la plus grande gloire de Dieu, pour l’honneur de la Très Sainte Vierge, celui de l’Eglise. Ainsi soit-il.

Pour conserver à ce sermon son caractère propre, le style oral a été maintenu. (Source : FSSPX/Ecône – Transcription et intertitres de DICI – 14/12/11)dici
images/icones/hein.gif  ( 619090 )Faut-il en conclure? par PEB (2011-12-17 00:43:07) 
[en réponse à 619077]

Faut-il en conclure qu'il s'agit d'une fin de non-recevoir?

Rome nous dit : vous acceptez quand même ! Et nous, nous répondons : on ne peut pas.


C'est d'une limpidité déconcertante.

En gros:
1. Rome a fait des efforts de compréhension dont on se félicite.
2. Le Siège Apostolique n'est pas allé assez loin dans la remise en cause du magistère postérieur à 1954.
3. Rome ne pouvait pas aller plus loin sans se déjuger.
4. La Fraternité refuse, pa principe de rentrer sur le terrain de Vatican II
5. Le supérieur général conclut au dialogue de sourd.
6. Fin de la discussion: circulez, il n'y a rien à voir. On continue comme avant.
7. On remet la résolution de la querelle à la Providence.

Tout ça pour ça!

L'Histoire fait rarement repasser les plats deux fois. Mgr Fellay est louable de vouloir garder la sainteté de la doctrine traditionnelle. Cependant, il oublie qu'ordonné sans mandat apostolique et en absence de validation a posteriori, il laisse un trou béant dans l'unité de la succession apostolique. Il y a des risques que son lignage soit un jour tenté par l'autocéphalie sinon le sédévacantisme.

Je suis un peu déçu. Tel que présenté, il me semble que rome disait: "Vous pouvez critiquer Vatican II à souhait à la lumière de la tradition. Cependant, on ne saurait invalider son magistère authentique et tout passer par dessus bord (d'où l'allusion au catéchisme)." Il était sans doute loisible d'appliquer au catéchisme (d'autorité inférieure) la même lecture traditionaliste qu'au Concile lui-même.

Dommage donc.
images/icones/1y.gif  ( 619100 )Rome a changé la doctrine par Jean-Paul PARFU (2011-12-17 05:19:22) 
[en réponse à 619090]

Rome a changé la liturgie,

Rome a changé la discipline,

Rome a changé l'organisation de l'Eglise,

Rome a changé l'attitude que nous devons avoir avec les autres hommes et les autres religions,

Rome nous a maltraités pendant des années,

mais, c'est nous qui sommes les méchants !
images/icones/neutre.gif  ( 619103 )Mgr Fellay a bien géré l’affaire? par Carliste (2011-12-17 08:31:05) 
[en réponse à 619100]

C’est bien ce que je me demande depuis longtemps…

La prétention de « convertir Rome », les discussions doctrinales qui donnaient l’impression de vouloir humilier le Saint Siège. Au lieu de chercher un accord pratique et de laisser la porte ouverte à la discussion.

L’attitude de la FSSPX a vraiment fait du bien au combat de la Tradition ? ou le combat de la Tradition en sort en partie décrédibilisé ? Un combat bon et juste semble être devenu hautain et prétentieux….

Où est-il le réalisme catholique et romain de Mgr Lefebvre ?

Je me demande….
images/icones/fleche2.gif  ( 619105 )Précisément... par Vianney (2011-12-17 08:48:42) 
[en réponse à 619103]

Le “réalisme catholique et romain de Mgr Lefebvre”, comme vous dites, répondait déjà (Fideliter n° 70, juillet-août 1989) :

Et d’abord de quelle Eglise parle-t-on ? Si c’est de l'Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets.


V.
images/icones/1f.gif  ( 619104 )La charue avant les bœufs par Vianney (2011-12-17 08:40:12) 
[en réponse à 619100]

...en l’occurrence l’obéissance avant la foi. À se demander à quoi ont bien pu rimer les discussions doctrinales. Au fond, le ton s’est un peu adouci, mais c’était déjà ce que le cardinal Wright, préfet de la congrégation du clergé, répondait en substance à l’abbé Jamin (1974) : in omnibus pareat mandatis episcopi. Que l’abbé Jamin obéisse en toutes choses à son évêque !

L’abbé Jamin avait longuement expliqué :
— Mon évêque veut m’imposer une communion inconditionnelle avec ceux qui rejettent les dogmes, les sacrements, la morale de la tradition catholique.
Réponse de Rome :
— Mais bien sûr. Obéissez en tout à cet évêque.
Cette Rome-là n’est pas Rome, mais l’occupant ennemi.

(Jean Madiran, Rome occupée, Itinéraires n° 190, février 1975.)


images/icones/neutre.gif  ( 619106 )Les discussions doctrinales : un véritable échec par Carliste (2011-12-17 08:54:12) 
[en réponse à 619104]

Rome demandait au début une vague acceptation du rôle du Pape, sans souscrire toutes les nouveautés conciliaires…comme en 1988 ( et Mgr Lefebvre avait signé !).

Mgr Fellay a prétendu les discussions doctrinales : un véritable échec, le préambule est pire de l’accord de 1988.
images/icones/iphone.jpg  ( 619109 )Prenez garde par Bertrand Decaillet (2011-12-17 09:09:04) 
[en réponse à 619090]

Vous parlez de l'Eglise comme si vous n'aviez pas la Foi (je ne dis pas que vous ne l'avez pas!!!!!), comme si le fin mot de l'histoire était la diplomatie, à laquelle quelque restriction mentale ne nuirait pas...
Cette vision n'est pas absente de la réalité des hommes et leurs "hommeries" dont l'Eglise est aussi faite, mais elle est gravement incomplète: le chef de l'église n'est pas le Pape. Le chef de l''Eglise c'est Jésus-Christ, et le Pape est son vicaire.
C'est une vision de Foi en l'Eglise qui interdit en une matière si grave pour les âmes (et le seul grand enjeu est là, pas dans la reconnaissance canonique!) à Mgr Fellay de douter que, comme vous dites un peu vulgairement, les plats repasseront. Oui, ils repasseront. D'ailleurs, ils ne font que cela depuis 86!

J'y étais à cette messe de l'Immaculée, et ai entendu ce sermon. Mgr Fellay n'est pas un politicien, mais un évêque catholique, c'est-à-dire un pasteur d'âme. Et cela, cela surtout, me remplit de confiance: le plat repassera quand le Chef de l'Eglise sifflera la fin de l'ère de la diplomatie remplaçant celle de la Foi, pour paraphraser le Cardinal Ottaviani (lorsque le Saint-Office, premier organe de gouvernance du Pape, avait été remplacé par une congregation parmi d'autres...)

Confiance en Dieu, confiance en l'Eglise!

Ps. Je précise que je suis comme vous: tellement désireux de cette reconnaissance canonique, et depuis des années! ... et donc aussi deçu à certains égards. Mais tellemt rassuré par la ligne réaliste et surnaturelle de l'autorité de la FSSPX; par ailleurs les fruits surnaturels sont là pour apaiser ...
Le plat repassera, et peut-être plus rapidement qu'espéré...
Il faut que le Pape condamne, là est l'urgence, qu'il condamne l'erreur qui éconduit les âmes de manière gravement majoritaire aujourd'hui, et qu'il sanctionne les clercs qui travaillent à dépendre cette erreur - évêques en tête - et qui n'ont plus la Foi.
Après quoi et par là-même Vatican II sera - enfin ! - interprété.
images/icones/neutre.gif  ( 619114 )"Mgr Fellay n'est pas un politicien" par Carliste (2011-12-17 09:30:43) 
[en réponse à 619109]

Vous me permettrez d’avoir quelques doutes sur cette affirmation...

Je pense justement que le problème est là. Mgr Fellay a une vision trop politique et trop peu surnaturelle. Il faut croire que l’Eglise est divine, même si la FSSPX va se diviser en deux….

Quant à politique…Le préambule a été lu en septembre. On nous a raconté qu’il y avait bien d’espoir, que les discussions doctrinales avaient donné plein de bons fruits…. Il a fallu trois mois pour en arriver à dire le contraire.
images/icones/iphone.jpg  ( 619116 )Vous pensez que, par Bertrand Decaillet (2011-12-17 10:08:23) 
[en réponse à 619114]

et, au-delà de l'affirmation, ne dites pas vraiment pourquoi. Soit! Votre post aura eu le mérite de vous convaincre. Par ailleurs vous refaite l'éternel procès de l'obeissance - un peu éculé depuis quarante ans qu'on le refait dans le contrefort du déni de réalité d'une éventuelle crise de l'Eglise. Why not? Mais là aussi, à quoi bon s'énerver tout seul ;-)

Relisez-moi, et vous comprendrez bien ce que j'ai dit : que si Mgr Fellay était un politicien et que sa vision de l'Eglise n'était pas d'abord surnaturelle il signerait des deux mains en pratiquant la restriction mentale utile à la "politique".

Mgr Fellay n'est pas un politicien, c'est d'abord un évêque catholique, c'est-à-dire un pasteur d'âmes - priorité similaire à celle qui a motivé "l'excommunication" de Mgr Lefebvre... Et c'est la raison pour laquelle, personnellement, je trouve dans sa ligne de conduite l'apaisement de l'attente surnaturelle. Sur le plan naturel et politique, je suis omme vous: déçu. Et cette déception est celle liée à une attente prospective, mais non a la réalité effective de la négociation et des discussions doctrinales, que de fait nous ignorons. Cette ignorance est aussi à facteur à tenir en compte pour remettre à sa juste modeste place notre déception très humaine.
Confiance en Dieu, confiance en l'Eglise: le plat repassera. En attendant la FSSPX continue son merveilleux travail: là est l'urgence.
images/icones/1y.gif  ( 619122 )Trop politicien plutôt par PEB (2011-12-17 10:25:33) 
[en réponse à 619114]

Mgr Fellay a une vision politicienne.

Ce qu'exige Rome de la part de la Fraternité, c'est une forme d'humilité, voire de kénose et, en tous cas, un renoncement à l'absolutisme de ses prétentions au profit d'un partage et d'un dialogue authentique et charitable. En échange de quoi, l'absence de mandat apostolique lors des sacres de 1988 pourra être régularisée. Un bon catholique évite de jouer avec l'épiscopat qui est le sacrement qui relie les Egises en une seule vigne.

Je me répète mais le supérieur prend le risque mortel d'un schisme futur vaguement sédévacantiste. En deux ou trois générations, il est possible techniquement de basculer, ô paradoxe, dans un subtil luthéranismes doctrinal sous des habits vieux-catholiques. C'est ainsi que l'on vu des familles catholiques intransigeantes se retrouver un siècle après chez les radicaux valoisiens, antre de la Maçonnerie et atlantistes pro-sionistes inconditionnels.

Ce refus de se mettre dans l'obéissance, même purement formelle, est de fort mauvais exemple. Cela encourage paradoxalement le moderniste qui en profite pour faire comme bon leur semble car après tout...

Peut-être ai-je trop lu Lumen gentium mais Mgr Fellay pourrait, dans le cadre de la collégialité du gouvernement du Peuple de Dieu, faire passer le message de la Tradition vivante et séculaire de manière beaucoup plus efficace. Il pourrait avec ses trois autres confrères se faire inviter aux divers synodes comme pasteur et expert. Il pourrait demander à émarger à l'une ou l'autre conférence épiscopale. Il enverrait des cartons d'invitation aux journées mondiales de la jeunesse où il y catéchiserait et ferait partager les trésors de l'ancienne liturgie.

Voilà sans doute de la bonne politique.

Au lieu de cela, j'ai lu un sermon politicien. On lui montre la Lune et lui regarde le doigt. Il s'est fait aveugler par trois mots sur le nouveau catéchisme. C'est un peu trop facile. Invoquant le paralélisme des formes, trois mots sur son ancêtre tridentin aurait suffit pour rééqulibrer l'ensemble.

Un évêque doit donc être politique. Les plats ne repassent pas toujours. A mesure qu'ils refroidissent, ils deviennent froids et amers.
images/icones/1d.gif  ( 619125 )"Ils refroidissent, ils deviennent froids et amers" par Miserere (2011-12-17 10:44:29) 
[en réponse à 619122]


Merci d'avoir résumé l’épiscopat de France.

C'est dure de voir la Foi s’effondrer, vont-ils revenir en arrière?

Non l'Église se meurt mais c'est le Saint-Esprit qui le veut, j'ai pu entendre cela de la bouche d'un prêtre.

Trois mots sur le nouveau catéchisme?

Un mot c'est déjà de trop.

UDP

Miserere
images/icones/1i.gif  ( 619141 )N'importe quoi ! par Bertrand Decaillet (2011-12-17 13:07:15) 
[en réponse à 619122]

Votre intervention est truffée d'affirmations vraiment effarantes, qui laissent percevoir une vision de la sainte Eglise qui fait froid dans le dos: vous ramenez tout, précisément, à une attitude "politique", voire à de la "realpolitik"... et du coup vous désespérez. Evidemment! Après quoi vous ajoutez un prophétisme catastrophisant d'une vue purement naturelle des choses.



Je me répète mais le Supérieur prend le risque mortel d'un schisme futur vaguement sédévacantiste. En deux ou trois générations, il est possible techniquement de basculer, ô paradoxe, dans un subtil luthéranismes doctrinal sous des habits vieux-catholiques. C'est ainsi que l'on vu des familles catholiques intransigeantes se retrouver un siècle après chez les radicaux valoisiens, antre de la Maçonnerie et atlantistes pro-sionistes inconditionnels.



Mais, Monsieur, le "schisme" est consommé!!! ça fait 23 ans qu'on nous le dit, répète, cantilène, litanie, chante et décline... sur tous les tons grégoriens (au moins), à toute occasion (au moins aussi!). Soit, soit, soit, le schisme... si ça vous chante. Et pourtant, les fruits propres qui épanouissent sur l'arbre de la Sainte Eglise, sont là, constatables par tout ce qui est un brin honnête.

Le "sédévancantisme", quant à lui, on nous le prophétise au moins depuis la Suspens a divinis... et certains y ont succombé,il est vrai, en masses même (souvenz-vous c'était terrible...), mais par le fait même, ont été exclus (en masses aussi, et sans état d'âme) de la FSSPX.
Donc, pas de signes avant-coureurs pour vos prophétie. Tant mieux.

Il ne s'agit pas d'être "catholique intransigeant", comme s'il s'agissait de pouvoir transiger (négociation dont l'objet serait simplement humain..., politique, justement) sur le catholicisme, mais d'être simplement "catholique". Il ne s'agit pas d'être entre deux excès, entre deux abasolutismes (pour reprendre votre terme) ni de basculer de l'un a l'autre. Cela, il est vrai, relève d'une vision qui réduirait précisément le positionnement à un enfermement naturaliste, à l'idéologie... à la politique. Et on le sait bien, les idéologues sont près à tous les retournements, à 180 degrés même s'il faut, pourvu qu'on ne leur ote pas leur statut adoré d'idéologues.

Il s'agit d'être simplement catholique, fidèle à la Sainte Eglise, à la Foi, à la pratique sacramentelle... C'est ce que la FSSPX a toujours voulu, ce à quoi, du moins, elle a toujours prétendu. Accordons-lui au moins honnêtement cette volonté explicite de s'en remettre, face au mystère de la situation humainement inexplicable de l'Eglise, à Dieu et non à ses propres stratégies: elle n'en a aucune!!! C'est cela que vous lui reprochez? De fait elle navigue à vue, face au mystère et à la violence de la crise de l'Eglise qui est de l'ordre du constat.
Dés lors, confiance en Dieu, confiance en l'Eglise! Un jour viendra..., disait Mgr Lefebvre, et on le répète encore un jour viendra... - et on prie que ce soit le moins tard possible.

Dans cet esprit le Supérieur Général non seulement ne prend pas le risque de..., comme vous dites, mais il ne prend même aucun risque. Évidemment, c'est peut-être cela (ne pas prendre le risque de...) qu'on peut, sur le plan politique, lui reprocher, mais certainement pas aux non de l'argument d'autorité ou de catholicité, comme vous semblez le faire, tant et tant de fois rebattu en prophéties de malheur qui doivent s'accomplir en un lendemain imminent ... depuis au moins 1975.

Il me semble qu'il y une information parue dans ce sermon, sur laquelle vous sautez à pieds joints et qui est néanmoins la pierre angulaire pour juger ensuite de la décision de Mgr fellay, parole qui met le sermon lui-même (et l'attitude pratique qu'il exprime) hors du propos "politique", pour le replacer directement devant le mystère surnaturel de la situation de l'Eglise. Lisez-le, avec bienveillance, svp, essayez de comprendre ce qui est simplement dit :


"[...] un geste surprenant après ces discussions doctrinales où l’on a constaté qu’on n’était pas d’accord. En effet c’est une situation semblable à celle de deux personnes qui se rencontrent, discutent et qui arrivent à la conclusion qu’elles ne sont pas d’accord. Alors, que fait-on ? Rome nous dit : vous acceptez quand même ! Et nous, nous répondons : on ne peut pas. [...]"



On a constaté qu'on était pas d'accord. Ce n'est pas rien comme constat, après discussions bienveillantes (vous avez grand tord de parler d'absolutisme par exemple!!!) entre gens sérieux, formés, judicieusement choisis de part et d'autre, après l'effort mutuel sur plusieurs mois, années... pour comprendre et discuter les positionnements respectifs, quant à l'objet doctrinal.
Or, on a constaté qu'on était pas d'accord. C'est un constat terrible.

Le constat est donc : nous ne sommes pas d'accord sur la doctrine!
Le devoir donc de Rome, au terme de ces discussions, est de purement et simplement condamner comme hérétique la FSSPX dans ses positionnements propos en désaccord avec le Pape... Pourquoi ne le fait elle pas??? Mystère.
Non seulement elle ne le fait pas mais... "Alors, que fait-on ? Rome nous dit : vous acceptez quand même !" et non pas de proposer un accord quand même !!! Pourquoi Rome ne condamne pas???

Le flou, l'attitude naturaliste (politique) dans le gouvernement des affaires du Royaume ne sont pas à la FSSPX, mais en revanche sont hélas - et l'exemple n'est hélas pas unique - des manières romaines.

Du coup la conclusion de Mgr Fellay est a-politique, elle est sur un autre plan : elle est de l'ordre de l'obligation morale, elle est surnaturelle et exprimée comme telle explicitement, relevant du mystère, face précisément à la réalité incarnée de la Sainte Eglise, jamais contestée par lui, et qui est la Sainte Eglise. En d'autres termes, lorsque la démarche "humaine" doit reconnaitre son impuissance à résoudre le problème, à comprendre même, on s'en remet à Dieu.

Soit:

1)
Non possumus,

on ne peut pas.



2)

C’est un grand mystère parce qu’en même temps que nous voyons ces choses et qu’il faut leur dire « non », il faut aussi continuer à dire que l’Eglise a les promesses du Bon Dieu : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16,18). D’un côté il faut maintenir que c’est l’Eglise du Christ, l’Eglise que Dieu a fondée, et de l’autre on voit quantité d’éléments qui ne sont pas l’Eglise, qui sont le contraire de l’Eglise mais qui sont à l’intérieur de l’Eglise.



Bref, l'exacte contraire de ce dont, a tort, vous avez cru juste de l'accuser.
images/icones/5a.gif  ( 619146 )Je n'ai pas dit par PEB (2011-12-17 14:31:15) 
[en réponse à 619141]

Cher liseur,

Formé à l'école du Concile, j'exprime une opinion extérieure à la Fraternité. Je fais donc parti des gens d'en-face qui s'interroge légitimement sur cette chance perdue de se retrouver enfin au bout de 23 ans. J'ai entendu dire que Rome allait, en cas de refus, refermer le dossier pour de nombreuses années.

La situation actuelle est un quasi-schisme canonique mais point encore total. J'ai affirmé qu'il existe un risque systémique dès lors que l'on a lâché des évêques sans mandat apostolique dans la nature. Rien ne garantit actuellement de la qualité des successeurs des quatres évêques. C'est dans ce sens que je dis qu'il commence à y avoir le feu au lac. Il y en a déjà un qui, easy rider, a l'air d'avancer en roue libre.

La Fraternité ne peut tenir qu'à condition de conserver une disipline de fer en matière doctrinale, notamment au sujet du Siège romain. Je ne fustige pas ce qu'elle est aujourd'hui mais ce qu'elle pourrait devenir.

Il y a donc dans la balance: la pureté doctrinale et les nécessités de l'unité de l'Eglise et la fidélité au Pape.

L'absence de stratégie de la part de prélats m'étonne. Ce sont des personnes qui ont, en principe, une certaine hauteur de vue.

Le constat du désaccord est, comme vous le dites, terrible. Est-on au bord du point de non-retour? Il y a là une parole proprement schismatique ou, du moins, qui en prend le chemin.

Nous sommes d'accords pour constater que la résolution de querelle est remise à la Providence.
images/icones/iphone.jpg  ( 619186 )Rassurez-vous par Anton (2011-12-18 00:09:42) 
[en réponse à 619146]

Ils vont signer, ils n'ont pas d'autres alternatives.
Cela est nécessairement proche...
Avec un certain espace de liberté théologique.
Le désaccord bah je n'y crois pas un instant,
J'en veux pour preuve que la mode est à la position Gherardinienne(Position venant de Rome): Absence de démonstration de filiation, donc étude théologique nécessaire, et que concluera d'apres vous l'étude que le Magistère enseigna l'erreur? Ou qu' il y eut filiation en des termes pouvant peut-etre nécessiter un complément d' explication?

images/icones/iphone.jpg  ( 619188 )23 ans 40 ans...et la thèse aujourd'hui par Anton (2011-12-18 00:41:32) 
[en réponse à 619141]

Et qu'il n'y aurait pas de preuve théologique de la filiation, on fait son étendard d'un théologien Romain...
Sauf que le Théologien Romain ne dit pas qu'il y a une preuve de la non filiation ou rupture, il demande au Saint père une étude ...et une étude pour que le saint père se prononce...

Donc et en conséquences s'il n' y a pas de preuves, on peut conclure qu' il n'y a pas de preuves contraires, en 40 ans, comme j'ai osé le pretendre, aucune œuvre Majeure structurée et théologique sur le sujet, du coté de la fraternité, ce n'est pas son rôle, meme si ce fut la prétention de certains, me direz-vous?
En l'absence de preuve théologique, ou de preuve contraire, la position de la Fraternité devient intenable, pour quelqu' un affirmant qu'il s'agit:
" d'être simplement catholique, fidèle à la Sainte Eglise, à la Foi, à la pratique sacramentelle"

Ne vous fatiguez pas je connais votre réponse, vous n'aurez rien compris... à mon message une fois de plus.
Donc la seule solution est la signature imminente.
Selon le principe du préjugé favorable, de la réception avec un espace théologique pour... Quant au temporel parions que le problème sera plus vite résolu.
images/icones/fleche3.gif  ( 619107 )le problème par jejomau (2011-12-17 08:57:24) 
[en réponse à 619077]

Mgr Fellay soulève le point suivant :

"Qu’est-ce qui est transmis ? Qu’est-ce qui est transmis de génération en génération ? La définition classique de la Tradition est « ce qui a été toujours cru par tous partout et toujours » (Commonitorium de saint Vincent de Lérins).

Et il précise bien :

"ce qu’on appelle le dépôt de la foi, l’ensemble des vérités que le Bon Dieu a confiées à l’Eglise, pour qu’elle le transmette de génération en génération, pour que les âmes soient sauvées. C’est ce contenu. Et c’est la raison pour laquelle avec la définition de l’infaillibilité, au concile Vatican I, l’Eglise enseigne que le Saint Esprit a effectivement été promis à saint Pierre et à ses successeurs, donc aux papes. Mais il n’a pas été promis d’une manière telle que par une nouvelle révélation, les papes enseignent quelque chose de nouveau"

On ne peut pas ne pas adhérer à son propos ici. Disons le : il a raison. Il est dans le vrai. Alors, avec lui, je me pose cette question :

Où est le vrai problème dans l’Eglise ?

Il semble souligner le fait des crises des vocations dans l'Eglise qui seraient un indicateur EVIDENT du "problème"...

J'aurais été d'accord avec lui il y a 15 ou 20 ans. Mais alors Quid des Instituts ED ? N'est-ce pas la Tradition transmise au sein de l'Eglise ? N'est-ce pas le dépôt de la Foi transmis aux générations futures par ces créations nouvelles ?

Oui, il y a EU un vrai problème au sein de l'Eglise.... Et ce problème se manifeste ENCORE ... Mais peut-on dire que Rome n'ait pas circonscrit ce problème et n'ait pas agi sur ce problème de telle sorte qu'aujourd'hui ENFIN le sarment produise de nouveaux fruits ? Ne peut-on penser que dans le futur, le rapport de forces au sein de l'Eglise va finir par basculer .. mathématiquement.. parceque simplement l'un des rameaux ne produit aucun fruit (comme le signale si bien Mgr Fellay) alors que l'autre a bien pris ?... Tout en acceptant le Concile ?

images/icones/vatican.gif  ( 619119 )C'est le Pape qui fait de la politique par Jean-Paul PARFU (2011-12-17 10:16:55) 
[en réponse à 619107]

Il s'agit pour Rome de faire taire le dernier groupe qui conteste encore Vatican II et toutes les réformes modernistes.

C'est d'ailleurs ce qu'écrivait récemment l'hebdomadaire "La Vie" !

Contrairement aux cul-culs-la-prâline, notamment du Forum, le Pape et Rome savent très bien que la FSSPX est dans l'Eglise, mais ils jouent sur la peur ou la crainte révérentielle des gnan-gnans, leur fausse ecclésiologie et leur papolâtrie pour diviser le camp traditionaliste !

Et malheureusement, ça marche !
images/icones/iphone.jpg  ( 619189 )Naïf...et Moulins à vents par Anton (2011-12-18 00:51:08) 
[en réponse à 619119]

Rome vous fait taire? Mais ce sont vos choix qui vous imposent le silence, par la voix de celui que vous vous donnez comme théologien de référence, Mgr Gherardini qui ne fait que constater l'absence de preuve, preuve théologique de filiation, mais aussi de la rupture, que personne n'a produite sinon la cause serait entendu et Mgr gherardini n'aurait nul besoin d'adresser une supplique au saint père.
images/icones/1f.gif  ( 619129 )Une formidable occasion par Elzéar (2011-12-17 11:14:43) 
[en réponse à 619077]

d'apporter sa pierre à l'édifice passe d'abord par le fait de ne pas se prendre pour l'édifice. Cette occasion va-t-elle être gâchée ?
Mgr Fellay nous expose la situation : " On pourrait résumer la situation actuelle en disant : « oui, vous pouvez critiquer le Concile, mais à une condition, il faut d’abord l’accepter ». Et nous de dire : « qu’est-ce qu’on peut critiquer après ? ».
Ce que vous pouvez critiquer Monseigneur ? Mais tout, absolument tout. Qu'est-ce qui vous empêche de critiquer puisqu'on vous dit que vous pouvez le faire ? Et que c'est déjà écrit dans les propositions qui vous ont été faites ?
Croyez-en quelqu'un qui a toujours été NOM, sans jamais se priver de dire ce qu'il pensait de certains textes du Concile. A une époque où le droit à la critique n'était pas reconnu. Mais maintenant qu'il l'est, où est le problème ?
images/icones/hein.gif  ( 619145 )pourquoi pas " le catéchisme de Paul Vi, SAUF les § #w, x, y et z par Presbu (2011-12-17 14:29:03) 
[en réponse à 619077]

puisque ce catéchisme de l'Église Catholique reprend et détaille l'ensemble des doctrines théologiques et morales qui font enrager les modernistes, à l'exception de certaines formulations novatrices en nombre limité et depuis longtemps identifiées, lesquelles peuvent être listées de façon limitative, ce qui aurait l'avantage de souligner leur faible proportion sur la totalité des paragraphes du CEC! Celles-ci pourraient provisoirement être rhabillées un par une ou globalement selon un accord "a minima" ;
Quelque chose comme << dans les limites de validité des enseignements des Souverains Pontifes jusqu'à SS Pie XII inclus. >>.
Sinon, il ne suffira pas d'attendre que le card. LEVADA et son sous-secrétaire à la SCDF aient été remplacés grâce au couperet des 75 ans, mais il faudra patienter jusqu'au pontificat de SS Thomas 1er, à partir de l'an 2033... avec les dégradations prévisibles entretemps ddes deux côtés!
images/icones/neutre.gif  ( 619187 )Catéchisme de Paul VI ? par Luc Perrin (2011-12-18 00:36:50) 
[en réponse à 619145]

de quoi s'agit-il Presbu ? Je ne crois pas que ce pape ait signé un Catéchisme.

Il y a en revanche l'excellente "Profession de foi du peuple de Dieu" de 1968 mais Mgr Lefebvre, à l'époque, l'avait chaleureusement saluée donc je ne vois pas ce qu'on pourrait y retrancher.

Je pense que vous parliez du Catéchisme de l'Eglise universelle promulgué par ... Jean-Paul II (et revu légèrement d'ailleurs dans son édition finale latine).
images/icones/nul.gif  ( 619191 )Dommage, Mgr Fellay n'a toujours pas compris St Vincent de Lérins ! par BdM (2011-12-18 02:00:09) 
[en réponse à 619077]

Mgr Fellay dit :

La définition classique de la Tradition est « ce qui a été toujours cru par tous partout et toujours » (Commonitorium de saint Vincent de Lérins).


C'est une erreur récurrente de la FSSPX que d'equiparer purement et simplement la Tradition avec le fameux "ce qui a été toujours cru... etc.".

Le "Canon Lérinien" n'est pas un critère ABSOLU de catholicité d'une doctrine. Il ne l'est qu'au sens positif ou affirmatif. Autrement dit : une doctrine qui a été (explicitement) tenue partout, toujours et par tous, est certainement catholique.

Mais ce critère est FAUX au sens exclusif ou négatif : il est FAUX de prétendre qu'une doctrine qui n'a pas été explicitement professée dans les siècles antérieurs ne peut pas être catholique. Ce serait tout simplement nier la doctrine catholique du développement homogène du dogme.

En conclusion, dire de but en blanc que la définition classique (sic) de la Tradtion, c'est ce qui a été toujours cru par tous partout et toujours, est faux, maladroit, voire dangereux.

Pour plus de précisions, se reporter par exemple aux ouvrages de l'abbé Bernard Lucien Les degrés d'autorité du Magistère ou Révélation et Tradition (que, pratiquement, je me suis contenté de citer).
images/icones/idee.gif  ( 619201 )Précisions par Vianney (2011-12-18 10:29:38) 
[en réponse à 619191]

La thèse que vous relevez n’est pas spécifiquement le fait de Mgr Fellay ni même de la FSSPX. C’est l’abbé Lucien qui, dans l’introduction de son ouvrage Les degrés d’autorité du Magistère, le souligne lui-même : “Cette méconnaissance est répandue dans tous les milieux de l’Église et n’est pas l’apanage d’une tendance particulière.” (p. 5) Lire aussi l’étude très intéressante de l’abbé Gleize parue dans Si Si No No (février 2008).

Par ailleurs, elle ne porte pas sur tout l’enseignement du Magistère. Si vous objectiez aux tenants de cette thèse que l’exemple de l’Immaculée Conception est en contradiction notoire avec le canon qu’ils invoquent, ils vous répondraient sûrement qu’il s’agit là d’un enseignement du Magistère ex cathedra, dont les conditions d’infaillibilité ont été bien précisées au concile Vatican I.

La question qui se pose est de savoir si l’on doit appliquer stricto sensu le critère lérinien à l’infaillibilité du Magistère ordinaire de l’Église, qui a été rappelée succinctement à Vatican I dans la constitution Dei Filius (DS 3011) :

Ajoutons qu’on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Eglise propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.


À ce propos, on peut mentionner la lettre Tuas Libenter du pape Pie IX où celui-ci, parlant de la profession de foi à laquelle doit adhérer tout catholique, il précise (DS 2879) :

Elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des conciles oecuméniques ou des pontifes romains de ce Siège apostolique, mais elle doit aussi s’étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l’Eglise répandue dans l'univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus unanime et universel par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi.


On voit que le “consentement unanime et universel” apparaît comme une conséquence, et nullement comme une condition sine qua non. Et surtout, il y a sur le même sujet l’explication fort claire qu’en donne Pie XII dans la bulle Munificentissimus Deus où il détaille comment il a interrogé le Magistère ordinaire universel sur la question de l’Assomption, et la conclusion qu’il en a tirée :

11. Mais comme il s’agissait d’une chose particulièrement grave et importante, Nous jugeâmes opportun de demander directement et officiellement à tous les vénérables Frères dans l’épiscopat de bien vouloir Nous exprimer ouvertement chacun son sentiment à ce sujet. C’est pourquoi, le 1er mai de l’année 1946, Nous leur adressâmes la lettre Deiparae Virginis Mariae, dans laquelle se trouvait ce qui suit : « Est-ce que vous, vénérable Frère, dans votre grande sagesse et prudence, vous pensez que l’Assomption corporelle de la Bienheureuse Vierge puisse être proposée et définie comme Dogme de foi et est-ce que vous, votre clergé et vos fidèles, vous désirez cela ? »

12. Et ceux que « l’Esprit-Saint a établis évêques pour gouverner l’Eglise de Dieu » [Act. 20, 28] donnèrent à l’une et à l’autre question une réponse presque unanimement affirmative. Ce « singulier accord des évêques et des fidèles catholiques » [Bulle Ineffabilis Deus, Acta Pii IX, pars 1, Vol. 1, p. 615], qui estiment que l’Assomption corporelle au ciel de la Mère de Dieu peut être définie comme un dogme de foi, comme il nous offre l’accord de l’enseignement du magistère ordinaire de l’Eglise et de la foi concordante du peuple chrétien — que le même magistère soutient et dirige — manifeste donc par lui-même et d’une façon tout à fait certaine, et exempte de toute erreur, que ce privilège est une vérité révélée par Dieu et contenue dans le dépôt divin, confié par le Christ à son Epouse, pour qu’elle le garde fidèlement et le fasse connaître d’une façon infaillible [Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, c. 4], le magistère de l’Eglise, non point certes par des moyens purement humains, mais avec l’assistance de l’Esprit de vérité [Jean 14, 26] et à cause de cela sans commettre absolument aucune erreur, remplit la mission qui lui a été confiée de conserver à travers tous les siècles, dans leur pureté et leur intégrité, les vérités révélées ; c’est pourquoi il les transmet, sans altération, sans y rien ajouter, sans y rien supprimer. « En effet, comme l’enseigne le Concile du Vatican, le Saint-Esprit ne fut pas promis aux successeurs de Saint-Pierre pour que, Lui révélant, ils enseignent une doctrine nouvelle, mais pour que, avec son assistance, ils gardent religieusement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » [Concile du Vatican, Constitution Pastor Aeternus, c. 4]. C’est pourquoi, de l’accord universel du magistère ordinaire de l’Eglise, on tire un argument certain et solide servant à établir que l’Assomption corporelle au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie — laquelle, en ce qui concerne la « glorification » céleste elle-même du corps virginal de la Mère de Dieu, ne pouvait être connue par les forces naturelles d’aucune faculté de l’âme humaine — est une vérité révélée par Dieu, et par conséquent elle doit être crue fermement et fidèlement par tous les enfants de l’Eglise. Car, ainsi que l’affirme le même Concile du Vatican, « on doit croire de foi divine et catholique toutes les choses contenues dans la parole de Dieu écrite ou transmise, et que l’Eglise propose à notre foi par son magistère ordinaire ou universel, comme des vérités révélées par Dieu » [Ibid., Dei Filius, c. 3].


V.
images/icones/hein.gif  ( 619230 )pourriez-vous clarifier votre propos ? par Luc Perrin (2011-12-18 17:45:17) 
[en réponse à 619201]

Vous dîtes le consensus unanime - jamais atteint en fait stricto sensu, il faudrait dire quasi unanime car par ex. saint Thomas d'Aquin refusait la doctrine de l'Immaculée Conception que nonobstant Pie IX a définie - est une "conséquence" : de quoi d'ailleurs ? De la décision préalable du pape ?

Puis vous citez Pie XII en 1950 à l'appui, alors qu'il énonce clairement, lui, l'inverse :

"C’est pourquoi, de l’accord universel du magistère ordinaire de l’Eglise, on tire un argument certain et solide servant à établir que l’Assomption etc.".
L'argument solide provient du consensus constaté en amont, ce consensus n'est donc pas né de la décision personnelle sous forme d'illumination (voie prophétique ou autre) qui serait supposée être l'apanage du Souverain Pontife. Il précède mais n'est pas la conséquence, quand bien même la décision pontificale est en théorie productrice d'unanimité.
La seule conséquence, théorique car en pratique il en va bien autrement, de la décision du pape est donc de passer de la quasi unanimité constatée sur une longue période à une unanimité de droit.

Etait-ce ce que vous vouliez dire ?
images/icones/fleche2.gif  ( 619268 )Oui, c’est comme ça que je comprends... par Vianney (2011-12-18 21:50:12) 
[en réponse à 619230]

...les explications de Pie XII : l’accord “unanime” des évêques vivants avec le pape vivant, c’est concrètement une très large majorité (“presque unanime”, précise-t-il au § 12).

Le pape, après enquête, constate cet accord du magistère ordinaire de l’Église s’agissant de l’Assomption : se référant à Dei Filius, il en déduit que celle-ci fait déjà partie des vérités révélées par Dieu aux apôtres, avant même la proclamation du dogme ex cathedra.

Pie XII fait d’ailleurs une allusion à une enquête similaire menée par son prédécesseur Pie IX au sujet de l’Immaculée Conception, et qui avait abouti également à “une réponse presque unanimement affirmative”. Il s’agit bien du pape et des évêques vivant à ce moment-là : comme vous le rappelez, une pareille unanimité ne s’était pas toujours rencontrée, loin de là, en faveur de l’Immaculée Conception (par exemple à l’époque de saint Thomas ou de saint Bernard).

Bref, pour reprendre les termes employés par saint Vincent de Lérins, on ne peut pas affirmer que cette vérité a été “toujours” crue “partout”, mais au moins qu’elle l’est quasiment partout du vivant de Pie IX, ce qui suffit pour y voir l’expression du magistère ordinaire de l’Église.

L’argument solide provient du consensus constaté en amont, ce consensus n’est donc pas né de la décision personnelle sous forme d’illumination (voie prophétique ou autre) qui serait supposée être l’apanage du Souverain Pontife.


À propos “d’illumination”, le cardinal Journet, après bien d’autres, insiste sur la différence entre :
– les apôtres, qui sont inspirés par le Saint-Esprit : c’est la Révélation proprement dite ;
– et leurs successeurs, papes compris, qui sont seulement assistés (infailliblement) par le Saint-Esprit quand ils attestent que telle doctrine, ou bien fait partie de la Révélation reçue par les apôtres, ou bien en est une conséquence directe (“vérité connexe”). Ici, plus d’illumination ou de prophétie, mais une enquête : non seulement auprès de l’épiscopat, mais aussi théologique, historique, patristique...

V.
images/icones/heho.gif  ( 619277 )Correction par Vianney (2011-12-18 22:44:57) 
[en réponse à 619268]

En donnant l’impression d’opposer inspiration et assistance, je me suis mal exprimé. Journet (L’Église du Verbe incarné, 1941, p. 405, note 1) signale que

“dans son De Ecclesia Christi, p. 368, le P. Billot, S.J., ne veut pas, à bon droit, que, sous prétexte de la mieux distinguer de la révélation faite aux apôtres, on exclue de l’assistance divine, qui a pour fin de garder et d’exposer fidèlement le dépôt révélé, « les inspirations, les illuminations et les autres secours internes de la grâce multiforme de l’Esprit saint ». Ce qu’il faut écarter, c’est simplement l’hypothèse de nouvelles révélations des vérités de la foi chrétienne.


Le concile Vatican I déclare que l’Esprit-Saint n’a pas été promis aux successeurs de Pierre “pour que, par la révélation de l’Esprit, ils fissent connaître une doctrine nouvelle, mais pour que, par son assistance, ils conservassent saintement la révélation transmise par les apôtres” (Const. De Eccl., ch. 4). La seule distinction qui s’impose, c’est donc entre la révélation et l’assistance (Journet, op.cit., note 2) :

Le dépôt que le Christ et les apôtres ont révélé à l’Église primitive, par transmission vivante (Tradition) ou écrite (Écriture), nous arrive par une autre transmission vivante, qui ne comporte que l’assistance (magistère).


V.