Le Forum Catholique
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( 618843 )
Application stricte et plus d'innovation liturgique: un évêque hausse le ton par CMdelaRocca (2011-12-15 08:08:46)
"Pretres et fidèles ont droit à l'application correcte de Sacrosanctum Concillium et de l'O.G.M.R.!
Son Excellence Révérendissime Monsigneur Robert J. Foys, évêque de Covingnton aux USA (photo) vient d'adresser aux fidèles une Lettre Pastorale en date du 18 novembre qui annonce l'entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Missel Romain pour les Etats-Unis et
rappelle que personne, ni prêtre ni fidèle, n'a le droit d'introduire des innovations dans la Liturgie Sacrée, comme le requiert le Concile dans la constitution Sacrosanctum Concilium.
Les attitudes et actes des fidèles devront être ceux établis par le Missel Romain et ceux établis par la Conférence Episcopale: sont ainsi obligatoires les agenouillements depuis le Sanctus jusqu'au "Grand Amen" (c'est à dire durant tout le Canon) et après l'Agnus Dei, jusqu'à la S. Communion.
De leur coté, les diacres doivent être à genoux de l' épiclèse jusqu'à l'Élévation du Calice. Pour ce qui regarde le Pater Noster il est prescrit au seul prêtre d'étendre les mains, pas aux diacres ni aux fidèles..etc. ...
(source ACCION lITURGICA avec la Lettre Pastorale in extenso)

( 618908 )
Mais c'est épouvantable : un évêque "fondamentaliste d'extrême-droite" ! par jejomau (2011-12-15 15:41:06)
[en réponse à 618843]
Avez vous lu ce que je découvre : "Les attitudes et actes des fidèles devront être ceux établis par le Missel Romain et ceux établis par la Conférence Episcopale: sont ainsi obligatoires les agenouillements depuis le Sanctus jusqu'au "Grand Amen" (c'est à dire durant tout le Canon) et après l'Agnus Dei, jusqu'à la S. Communion.
De leur coté, les diacres doivent être à genoux de l' épiclèse jusqu'à l'Élévation du Calice. Pour ce qui regarde le "Pater Noster" il est prescrit au seul prêtre d'étendre les mains, pas aux diacres ni aux fidèle" ?

( 618909 )
Il me semble que cet évêque ne fait que rappeler par Sénéchal (2011-12-15 15:51:45)
[en réponse à 618843]
les prescriptions "ordinaires" de la Conférence épiscopale des Etats-Unis. Dont notre merveilleuse CEF pourrait s'inspirer avec grand profit, soit dit en passant...
Me trompé-je?

( 618934 )
Peu importent les rubriques par Nemo (2011-12-15 18:46:26)
[en réponse à 618843]
Nous allons toucher le fond du problème.
Le nouveau clergé n'admet pas les règles.
Règles vestimentaires, règles liturgiques, règles doctrinales.
Il est interdit d'interdire : nous en sommes resté à mai 1968 dans l'Eglise.
Le nouveau missel lui-même n'est pas fait pour être respecté. Ses rubriques sont molles et indicatives. C'est un peu ce qui ressort du seul essai de cérémonial du nouveau rite que je connaisse, fait par un Mgr Eliott, devenu évêque depuis.
Donc même si les nouvelles rubriques sont molles ou idiotes, le nouveau clergé ne voudra pas les respecter. Elles nuisent à sa créativité, elles font de lui un instrument dans les mains d'un Autre.
Le combat de cet évêque, aussi respectable qu'il soit, est un vain combat. Du reste pour revenir sur un sujet amusant de croix pectorale, ce dernier la porte sur la chasuble. Je crois que même dans le nouveau rite ça ne se fait pas.

( 618950 )
en effet, le rétablissement de vraies rubriques par Luc Perrin (2011-12-15 21:20:41)
[en réponse à 618934]
est un enjeu décisif si l'on veut remettre de la Tradition dans la néo-liturgie.
Un prêtre (africain d'ailleurs) me confiait que dans sa paroisse (en France), il avait rétabli et le port de la chasuble - mais oui c'était inconnu depuis des décades ! - et celui du lavement des pieds.
"Tout le monde" était contre, me dit-il ce qui m'étonne. En fait de "monde", c'était les fameuses EAP et équipes (néo)liturgiques. Pour elles, la simple fidélité au missel romain ordinaire était "un retour en arrière", une "régression".
Les fidèles, eux, n'avaient aucune opinion : ce qui est peut-être le plus grave car le fidèle moutonnier reste le soi-disant "participant actif" moyen dans le rit bien ordinaire.
La soi-disant "participation active" s'est traduite par une méconnaissance encore plus grande qu'autrefois en matière de liturgie. A côté de cela, on a (dé)formé des petits groupes de laïcs - laïques surtout - qui forment un écran entre les prêtres/l'évêque et les authentiques fidèles.
Sans sérieuse réforme de la formation liturgique (version ordinaire), une réforme en profondeur du missel sera peu opérante : ni l'une, ni l'autre ne sont en vue, soyons honnêtes.

( 618983 )
Connaissances liturgiques par Nemo (2011-12-16 11:10:58)
[en réponse à 618950]
Vous ouvrez un débat intéressant dont nous avons trop fait l'économie.
Je pense que les connaissances liturgiques au début du 20ème siècle, et même bien avant, étaient très faibles parmi les fidèles. C'est peut-être pour ça que les experts ont eu le champ libre.
En revanche, la célébration uniforme du rite dans le temps et dans les lieux, les seules variations étant dans le degré de solennité, faisait que les fidèles avaient mémorisé parfaitement le rite, les chants, la participation. En ce sens ils connaissaient la liturgie.
Mais ils n'en comprenaient pas les symboles, ou peu. Les réformateurs ont voulu supprimer tout doublon, tout symbolisme difficile à comprendre, et remplacer par du fonctionnel, prêt à porter.
Ils ont aussi lutté contre l'uniformité en proposant des variantes multiples. Des actions facultatives. Du coup tout est devenu fonction du ressenti du célébrant ou de la communauté.
Je ne crois pas qu'un changement de rubriques, de missel etc. apporte beaucoup. C'est un changement de mentalité qui compte.
Je me fais souvent cette réflexion en voyant des prêtres diocésains célébrer, parfois très bien et, autant qu'on puisse en juger, une intention très bonne. Il leur manquera toujours les sept ans de formation, d'imprégnation de liturgie traditionnelle qu'on peut avoir dans un séminaire. La non récitation du bréviaire associé à la messe traditionnelle, le port très optionnel voire inexistant de la soutane remplacée par un clergyman parfois avec cache col, tout ça n'est pas insignifiant.
Bien sûr on trouvera aussi des défauts dans l'éducation donnée dans les sémnaires traditionnels. Mais il ne faut pas s'étonner qu'à éducation différente, résultats différents.
Et puis les "prérequis modernes à une bonne assistance à la messe, le fait de tout comprendre, la participation activiste et directive et le nivellement n'ont jamais été le but ultime de l'Eglise dans le passé. Les fidèles ne connaissaient pas le latin ni la liturgie mais ils priaient sans complexe.

( 619004 )
En effet par Leopardi (2011-12-16 13:47:37)
[en réponse à 618983]
L'adoption de rubriques strictes et censées n'est que la deuxième étape. La première est l'adhésion, de la part du clergé et des fidèles, du principe de docilité et de fidélité aux rubriques. Cela suppose une adhésion du coeur à l'"Esprit de la Liturgie" et un changement des mentalités préalable, comme l'a bien exprimé le St Père dans l'ouvrage cité plus haut.
Le VOM peut, en ce sens, aider à ce changement, en montrant comment on peut être fidèles aux rubriques sans être "coincé".
Encore faut-il que le VOM soit visible par les Nomistes...car ce ne sont pas eux qui iront le chercher dans les rares lieux où il se célèbre.
Leopardi