Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 618521 )le blasphème "culturel", symptôme d'une société finissante ? par jejomau (2011-12-11 15:05:55) 

Ci-dessous , la réflexion d'un Dominicain sur un certain art contemporain dont le propre est l'attaque de Dieu dans un monde finissant. Ce qu'il nomme un symptôme du bord décomposé de la société postmoderne. On lira avec profit le dernier numéro de la NEF. Simplement parce qu'un écrivain fait le même constat sur notre monde. Renaud Camus, en effet met en exergue trois faits majeurs constitutifs de l'Occident :


- La Déculturation : c'est-à-dire "l’ensemble des phénomènes qui témoignent qu’un peuple oublie sa culture, sa culture propre, ses traditions, mais aussi le souci de la culture en général, ses exigences intellectuelles et spirituelles, la conception verticale de son destin et des destins individuels dont il est fait"

- Le Grand Remplacement : qui consiste en "l’afflux de populations étrangères" lequel "quand il s’opère dans les proportions que nous constatons, implique nécessairement l’incapacité d’intégration : un peuple peut intégrer des individus, la France l’a fait longtemps et très bien ; il ne peut pas intégrer des peuples, surtout quand ils sont dotés de leur propre culture, de leur propre civilisation, de leur propre religion, et plus vivaces, plus dynamiques, mieux aimés d’eux que lui n’aime et respecte les siennes"

- La Décivilisation : ou la rupture de la Transmission entre les générations. Les enfants ne peuvent plus être élevés à cause de "l’impossibilité de la transmission, dans la transformation des structures de la parenté, dans la transposition de la démocratie du domaine politique au domaine culturel et au domaine familial, dans l’instauration de l’égalité entre parents et enfants, entre maîtres et élèves, entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, entre niveaux culturels, entre grand art et divertissement de masse, entre haute culture et « universel reportage"


La réflexion de Thierry Humbrecht sur la connexion entre le Blasphème et l'art contemporain montre à l'évidence qu'il rejoint Renaud Camus sur l'essentiel, à savoir que notre monde va disparaître car il est malade. L'expression culturelle contemporaine en est simplement le clignotant rouge qui vient de s'allumer. Voici ses propos :


.... "Certains non-événements culturels récents invitent à réfléchir sur une question nouvelle : assiste-t-on à la naissance d’une catégorie, celle que l’on pourrait nommer le blasphème culturel, attaché à l’expression publique de ce que certains appellent la cathophobie ?...

.... Longtemps, dans une société chrétienne, le blasphème s’est grosso modo limité au juron ordinaire (d’où sa définition ci-dessus). Ce domaine des écarts individuels explique le peu de souci des pasteurs à son sujet. Aujourd’hui, dans un monde qui cherche culturellement à s’affranchir du christianisme, son statut change : le blasphème prend volontiers une dimension publique de provocation....

..... En définitive, le blasphème culturel n’est rien d’autre qu’un épiphénomène, artistiquement misérable, à la provocation sans courage, religieusement et philosophiquement sans profondeur. Il s’érige toutefois en symptôme du bord décomposé de la société postmoderne et profite de la marginalisation des chrétiens et de leur silence culturel
...."

Thierry-Dominique Humbrecht, religieux dominicain de la province de Toulouse



LIEN


images/icones/fleche2.gif  ( 618621 )Ce petit dossier, trouvé sur "Ichtus", devrait vous intéresser. par Scrutator Sapientiæ (2011-12-12 22:38:17) 
[en réponse à 618521]

Bonsoir et merci à jejomau,

Voici :

Culture et contre-cultures.

Culture et contre-cultures..

Culture et contre-cultures...

Culture et contre-cultures....

Culture et contre-cultures.....

Dans son ouvrage, Culture et contre-cultures, Jean-Louis HAROUEL considère que c'est l'apparition, au début du XX° siècle, de "l'art abstrait", dans la peinture puis dans la sculpture, qui a été l'acte de naissance d'une transmutation de la création artistique,

- non plus réceptrice, actualisatrice, transmettrice de culture-édification, susceptible de contribuer à l'appropriation et à la communication du sens, à l'intérieur de la communauté, et entre les générations de bénéficiaires-destinataires d'"oeuvres",

- mais désormais subversive et transgressive, consommatrice et reproductrice de culture-émancipation, de non sens ou d'un sens qui n'en a que pour l'artiste et pour les happy few qui se veulent en mesure d'apprécier pleinement la subtilité de son "travail".

Il ne faut pas oublier par ailleurs les raisons très concrètes, elles, de l'attachement de tout un petit monde, notamment économique et journalistique, à "l'art abstrait" ou à "l'art contemporain", lequel est rarement désintéressé.

Comme je l'ai déjà écrit, à propos de tout à fait autre chose, il faut toujours se poser quelques questions extrêmement simples :

Qui finance ? Qui promeut ? Qui permet ? Par quels moyens ? Pour quelles raisons ?

Quelle culture est à la fois médiatisée et subventionnée, donc encouragée, même si, comment dire (les consommateurs ?), le public, n'y trouve pas son compte, et même si les "critiques" finissent par "se lâcher" comme à Avignon, au moins une fois chaque année ?

Quelle culture est à la fois marginalisée ou ridiculisée et sous-financée, donc découragée, même si elle s'adresse vraiment à l'esprit et à l'âme de chaque spectateur (blanc ou noir, jeune ou vieux, riche ou pauvre) et est en mesure d'élever l'un et l'autre ?

Bonne réception, bonne lecture, bonne semaine, à bientôt.

Scrutator.