Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 618345 )Les points forts de Mgr Fellay (Jean Madiran) par XA (2011-12-09 14:28:27) 

Les points forts de Mgr Fellay

Sans prétendre intervenir dans les négociations doctrinales entre la FSSPX et le cardinal Levada, ni même les commenter, on peut s’arrêter à quelques observations générales sur l’état de l’Eglise, formulées par Mgr Bernard Fellay dans sa grande interview du vingt-huit novembre.

« La situation présente de l’Eglise, dit-il, dans nos pays autrefois chrétiens, c’est la chute dramatique des vocations : quatre ordinations à Paris en 2011, une seule dans le diocèse de Rome pour 2011-2012 » ; « ce sont des diocèses exsangues au point qu’il faudra dans un très proche avenir les regrouper en France comme on a déjà regroupé les paroisses » ; « la hiérarchie ecclésiastique est à la tête de structures aujourd’hui surdimensionnées pour des effectifs en baisse constante… »

On avait annoncé que Vatican II provoquerait un « printemps de l’Eglise », une « nouvelle Pentecôte ». Dans les faits constatables, Vatican II a été suivi du contraire. C’est là une réalité que l’on passe trop souvent sous silence. Que Mgr Fellay en parle, on ne peut lui donner tort.

La cause la plus générale de cet état des choses, ou du moins l’une des causes, selon Mgr Fellay, est « la stérilité de cinquante ans d’ouverture au monde moderne ». A la suite du concile Vatican II, on a « ouvert l’Eglise sur ce monde en pleine sécularisation », comme si « l’Eglise pouvait s’adapter à ce point à la modernité sans en adopter l’esprit ».

Considérant « les interprétations évolutives », c’est-à-dire changeantes, qu’à Rome même, semble-t-il, on donne des nouveautés issues de Vatican II, la nouvelle liberté religieuse, le nouvel œcuménisme, la nouvelle collégialité, Mgr Fellay en appelle à « l’impossibilité d’adhérer de façon stable à une doctrine en mouvement ». L’objection n’est pas négligeable.

A la suite d’un concile qui, par des décrets pastoraux, a voulu édicter des obligations doctrinales (notamment en prétendant, par la bouche de Paul VI lui-même, avoir « autant d’autorité que le concile de Nicée »), la question qui se pose est de savoir si « le Credo n’est plus suffisant pour être reconnu catholique ».

La question que formule ainsi Mgr Fellay, il ne l’invente pas, elle s’impose en fait dans la vie quotidienne, dans le comportement maintenant habituel d’une grande partie du clergé et de sa hiérarchie :

« Le concile Vatican II n’a pas ajouté aux articles de foi du Credo : “Je crois en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité.” Exige-t-on maintenant de ceux qui abandonnent leurs erreurs et rejoignent l’Eglise catholique qu’ils professent leur foi en la liberté religieuse, l’œcuménisme ou la collégialité ? »

J’ajouterais volontiers : pour être reconnu catholique, faut-il accepter la suppression du « consubstantiel » dans le Credo ? Faut-il se taire sur l’élimination du petit catéchisme pour enfants baptisés ?

Tels sont quelques points forts. On ne saurait les écarter d’un revers de main. Ainsi formulés, ils sont accessibles, sans diplômes universitaires, à la plupart des prêtres et des fidèles. En revanche il est un autre point où les propos de Mgr Fellay laissent le lecteur dans une certaine perplexité. Il semble estimer que depuis les deux dernières années, « la FSSPX n’est plus seule à voir les problèmes doctrinaux » qui se posent à la suite du concile Vatican II. On aimerait alors savoir à quel moment, et à la suite de quel quiproquo, la FSSPX a pu se sentir seule sur ces problèmes doctrinaux ? « Depuis 40 ans », dit précisément Mgr Fellay : c’est-à-dire donc depuis 1971. Or les problèmes doctrinaux en question ont été publiquement soulevés avant l’intervention publique de la FSSPX. Il suffit de citer un nom, qui n’est certes pas le seul, mais qui est le plus illustre, celui de l’un des quatre grands thomistes de langue française au XXe siècle, le nom de Marcel De Corte, pour faire la preuve que les difficultés doctrinales indiquées par les points forts de Mgr Fellay ont été explicitement mises en cause dès les années soixante. C’est pourquoi il se trouve que la FSSPX n’a pas été la première et n’a pas non plus été la seule. Son grand mérite n’est pas là. Il est dans le fait qu’elle a donné une forte présence sociologique, médiatique, liturgique, institutionnelle, et même épiscopale, aux questions, aux critiques, aux protestations qui sans elle seraient probablement restées à l’état théorique. Le poids d’une telle présence fait enrager les sectaires démocrates de La Croix, dont la malveillance range la FSSPX parmi les « groupuscules intégristes ». Mais justement : personne ne peut croire que la FSSPX serait un simple « groupuscule ».

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7492 de PRESENT du Vendredi 9 décembre 2011
images/icones/fleche3.gif  ( 618353 )qui a "fait naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Eglise" ? par jejomau (2011-12-09 15:18:03) 
[en réponse à 618345]

Mr Madiran souligne que "le comportement maintenant habituel d’une grande partie du clergé et de sa hiérarchie ". Il faudrait croire "en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité" mais pourquoi pas aussi "accepter la suppression du « consubstantiel » dans le Credo". C'est fort juste.

Mais le mal n'est-il pas encore plus profond ? Les "appels" ou "manifeste" autrichiens, français et autres... témoignent de la réalité de cette nouvelle "doctrine en mouvement" chez de nombeux clercs.

Si vous demandez à ces même clercs s'ils croient que la Vierge Marie est immaculée dès la conception ... La réponse est édifiante. Pourtant eux sont dans l'Eglise alors de nombreux "tradis" seraient toujours hors de l'Eglise.

Pourtant, un pape les a condamnés ces progressistes. De façon sûre et certaine. Avec le cachet de l'infaillibilité. Il suffit de relire la fin de la bulle Ineffabilis Deus:

"Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu’elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. C’est pourquoi, si quelques-uns avaient la présomption, ce qu’à Dieu ne plaise, de penser contrairement à Notre définition, qu’ils apprennent et qu’ils sachent que condamnés par leur propre jugement ils ont fait naufrage dans la foi et cessé d’être dans l’unité de l’Eglise ; et que, de plus, ils encourent par le fait même les peines de droit, s’ils osent exprimer ce qu’ils pensent de vive voix ou par écrit, ou de toute autre manière extérieure que ce soit. »


Alors, QUI est dans l'Eglise ? Et QUI est hors de l'Eglise ?
images/icones/bible.gif  ( 618354 )Le problème, c'est qu'ils ne savent pas ce que signifie ce dogme ! par Jean-Paul PARFU (2011-12-09 15:43:12) 
[en réponse à 618353]

Le problème jejomau, c'est que même des clercs ne savent pas ce que signifie le dogme de l'Immaculée Conception, dogme qu'ils confondent avec celui de la "conception virginale" de Jésus.

Ils croient en effet que le dogme de l'Immaculée Conception concerne la conception de Jésus dans le sein de Marie, alors qu'il concerne la conception de Marie dans le sein de sa mère à elle.

La confusion vient :

- d'une part, de la célébrité de la conception de Jésus "par l'opération du Saint-Esprit" ;

- d'autre part, du fait que beaucoup de gens, sans doute aussi à cause d'un certain enseignement, croient que l'Eglise condamne la sexualité en tant que telle, alors qu'elle ne condamne que la sexualité hors mariage (naturel ou sacramentel) et qu'ainsi, une conception sans relation sexuelle serait pure, "immaculée", tandis qu'une conception avec relation sexuelle serait sale !

Dieu aurait donc voulu être conçu dans un cadre "propre", sans relation sexuelle et non dans un cadre sale, avec relation sexuelle, même si l'Eglise concèderait que la sexualité est un mal nécessaire, et qu'habituellement, on ne pourrait pas faire autrement que d'avoir une relation sexuelle pour concevoir un enfant ...

Or, il faut le rappeler avec force :

- d'une part, le dogme de l'immaculée Conception n'est pas le dogme de la conception virginale de Jésus, puisqu'il concerne la conception de Marie ;

- d'autre part, si Dieu a voulu être conçu "par l'opération du Saint Esprit", ce n'est pas parce que les relations sexuelles seraient sales en soi, alors que c'est lui qui les a créées, mais pour que le miracle de sa conception par le Saint Esprit renvoie clairement à son identité d'Homme-Dieu !
images/icones/hein.gif  ( 618356 )Vous ne pouvez pas faire fi aussi simplement par Anton (2011-12-09 15:54:42) 
[en réponse à 618353]

De la soumission due au Siège de Pierre, d'une adhésion au Magistère.
Les paroles de Notre Seigneur sont précises, celui qui vous écoute, m'écoute.

Quand l'Eglise n'aurait-elle pas condamné une affirmation publique contraire au dogme de l'immaculée conception?

images/icones/1w.gif  ( 618368 )hihi par XA (2011-12-09 19:40:57) 
[en réponse à 618345]

Cela marche à tous les coups…

Je me comprends hinhin

XA
images/icones/1b.gif  ( 618369 )Elle est où? par Marc B. (2011-12-09 19:49:31) 
[en réponse à 618368]

La faute de frappe?

Je ne la trouve pas
images/icones/1e.gif  ( 618373 )Pas de faute de frappe par XA (2011-12-09 20:18:02) 
[en réponse à 618369]

Mais dans le texte original " vingt-huit novembre " est écrit " 28 novembre ".

Le copieur-colleur de service a bel et bien copié-collé depuis mon message…

XA
images/icones/1b.gif  ( 618401 )Ah, ce coup-ci par Emmanuel (2011-12-09 23:46:05) 
[en réponse à 618373]

Grâce à cette indication et à google, j'ai enfin trouvé le copieur dont vous vous moquez.
images/icones/1a.gif  ( 618403 )Moi aussi ! par La mère Castor (2011-12-10 01:10:42) 
[en réponse à 618401]

Chaque fois je revenais bredouille. Il faut dire que je ne cherchais pas du tout dans cette direction...
images/icones/fsspx.gif  ( 618428 )Etrange évocation par Romanus (2011-12-10 12:00:46) 
[en réponse à 618345]

Etrange évocation de Marcel De Corte, car si ce dernier n'était pas membre de la Fraternité (étant laïc), il s'inscrivait dans le même mouvement d'idées et en fut tout sa vie un fidèle. De même que tous les laïcs qui pendant de nombreuses années furent des combattants fidèles contre les erreurs dans l'Eglise.
Hormis la CRC, je ne vois personne qui ait mené ce combat sans s'inscrire peu ou prou dans le sillage de mgr Lrfebvre.

Mgr Fellay a donc raison, sauf à vouloir citer certaines individualités qu'on pourrait peut être trouver ici ou là.

Mais bon, savourons quand même notre paisir quand Madiran rend hommage à mgr Fellay.
images/icones/idee.gif  ( 618438 )Ce que Madiran veut rappeler par Vianney (2011-12-10 13:50:05) 
[en réponse à 618428]

...c’est que le combat ne date pas, au moins en France, de la fondation de la FSSPX. L’épiscopat français étant, dans son ensemble, déjà très mal orienté avant Vatican II (et Mgr Lefebvre en était bien conscient), plusieurs prêtres et revues catholiques étaient dès cette époque, plus ou moins hypocritement, dans le collimateur de la hiérarchie.

Cela valait pour le professeur Marcel De Corte, mais plus généralement pour tous les collaborateurs de la Cité catholique de Jean Ousset, de la Pensée catholique, d’Itinéraires, etc. C’était donc beaucoup plus que quelques “individualités”. Un exemple très parlant a été évoqué par Madiran dans sa postface à l’étude Brève apologie pour l’Église de toujours du R.P. Calmel (Itinéraires n° 316, sept.-oct. 1987) :

L’Église de France était occupée et tenue par une gauche maçonnique et moderniste que couronnait le trio cardinalice Liénart-Feltin-Gerlier. Les dominicains parlaient, écrivaient, s’éditaient partout, pourvu que ce fût à gauche et pour la gauche, toujours couverts par leurs supérieurs locaux ; mais que le dominicain Calmel ait le dessein d’écrire dans Itinéraires, c’était localement, déjà en 1958, encore sous Pie XII, un intolérable scandale, ce n’était pas possible, ce n’était pas permis. Par la suite les dominicains de la mouvance Chenu-Congar racontèrent qu’ils avaient été martyrisés sous Pie XII : si peu, en vérité, que malgré quelques sanctions romaines leur clan restait le maître en France, où il brimait et persécutait à son gré les dominicains accusés d’ « intégrisme », les empêchant d’écrire et de parler. Si bien que les premiers articles du P. Calmel dans Itinéraires durent paraître sous le pseudonyme de « Roger Thomas ». Il me fallut aller jusqu’à Rome pour obtenir, au plus haut niveau du gouvernement de l’Ordre dominicain et de la curie romaine, l’autorisation. C’est seulement au mois de mai 1959 qu’il put commencer à signer. Jean XXIII s’installait à peine, Rome croyait pouvoir s’en consoler en chuchotant : « Les papes passent, la curie demeure », axiome souvent vérifié dans le passé qui allait bientôt être renversé, mais point trop tant que le cardinal Tardini serait là. Il y avait encore, au début de l’année 1959, des possibilités d’être entendu à Rome, et l’autorisation donnée au P. Calmel d’écrire autant qu’il le voulait dans Itinéraires tombait de si haut que personne, pendant longtemps, n’osa la remettre en question. Jusqu’au moment où ces sortes d’autorisations ayant perdu toute valeur morale, on n’y prêta plus attention.


(C’est moi qui ai souligné les passages les plus significatifs.)

V.
images/icones/neutre.gif  ( 618502 )Je pense qu'en évoquant Marcel de corte par le torrentiel (2011-12-11 04:39:05) 
[en réponse à 618428]

Jean Madiran voulait évoquer... Jean Madiran!


On a bien le droit à ses petits accès de vanité, non?
images/icones/1v.gif  ( 618508 )Héhé par Vianney (2011-12-11 07:11:58) 
[en réponse à 618502]

...auriez-vous par hasard reçu le don de sonder les reins et les cœurs ? Mais quand cela serait, l’affirmation de Madiran n’en contiendrait pas moins sa part de vérité, le contenu de plusieurs revues datant des années soixante en fait foi : “les problèmes doctrinaux en question ont été publiquement soulevés avant l’intervention publique de la FSSPX”.

Il a d’ailleurs très heureusement caractérisé dans son article l’apport spécifique de l’œuvre de Mgr Lefebvre sur ce point précis : “elle a donné une forte présence sociologique, médiatique, liturgique, institutionnelle, et même épiscopale, aux questions, aux critiques, aux protestations qui sans elle seraient probablement restées à l’état théorique”.

V.