Le Forum Catholique
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( 617668 )
Un "ultra-catolique"? Un texte bien actuel. par Fatherjph (2011-12-03 05:00:06)
"En pleine guerre religieuse, quand nos croyances sont outragées publiquement, quand nos prêtres sont proscrits et réduits à la misère, quand l'athéisme d'État se dresse insolemment en face des églises quotidiennement dévalisées par les voleurs qu'il encourage, le catholique doit se retremper dans l'intransigeance des premiers chrétiens des grands jours de notre religion."
Ce texte a été publié dans La Semaine religieuse de Dijon du 19 mars 1887. Il reprend les paroles d'un député nommé Cassagnac, qui explique pourquoi il n'assistera pas à l'enterrement civil de l'un de ces collègues. Mais ce texte n'aurait-il pas encore toute sa pertinence dans le contexte actuel, autre et si semblable?

( 617711 )
Et il n'avait encore rien vu ! par Paterculus (2011-12-03 16:46:25)
[en réponse à 617668]
Aujourd'hui il trouverait des ecclésiastiques pour le blâmer.
Votre dévoué Paterculus

( 617717 )
Criez au loup !! par Aigle (2011-12-03 17:34:39)
[en réponse à 617711]
Voilà où nous conduit l'excès verbal ! A force de crier aux persécutions parce qu'on enterre civilement un député, on n'a plus aucun crédit quand le vrai danger arrive ... en 1887 99% des enfants étaient baptisés et 99% des mariages étaient célébrés à l'église ....que dirait ce pauvre homme aujourd'hui ?

( 617723 )
Excès verbal ? par Paterculus (2011-12-03 17:55:56)
[en réponse à 617717]
Je ne vous comprend pas : faites-vous de l'humour au ennième degré ?
Ce n'est pas parce qu'un député se fait enterrer civilement que son collègue catholique parle de persécution, mais parce que réellement le gouvernement d'alors était farouchement anti-chrétien : on préparait la rupture d'avec l'Eglise.
Votre dévoué Paterculus

( 617729 )
Franchement mon Père par Aigle (2011-12-03 18:42:42)
[en réponse à 617723]
Les persécutions (plutôt la politique anticléricale suivie par les républicains opportunistes) étaient bien faibles en 1887 : fin des prières publiques pour la République en 1879, laïcisation de l'enseignement public en 1882 (avec maintien de l'enseignement libre et journée prévue pour le catéchisme) on est bien loin de l'URSS, du IIIè Reich et même de la révolution de 1793 ....
Quant à ce Cassagnac ne s'agit il pas d'un député bonapartiste du Gers ?
Quant à la république anticléricale n'a-t-elle pas été mise en place par un certain Chambord qui rejetant les démarches de Mgr Dupanloup a préféré renoncer au trône plutôt qu'au drapeau blanc... faisant preuve du même manque de courage que ses aïeux et parents en 1815, 1830, 1848 ...
Mais voilà que je m'emballe et tous les défenseurs des usurpateurs (Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe vont me tomber deessus moi le pauvre défenseur de la seule vraie dynastie légitime). Bon je plaisante (à moitié).
Mais ne mélangeons pas tout : anticléricalisme n'est pas persécution - Gambetta m'est tout à fait antipathique mais il n'est pas Staline ni Hitler ni Robespierre...

( 617738 )
Bien que les persécutions de l'époque fussent faibles... par Paterculus (2011-12-03 19:19:40)
[en réponse à 617729]
Les persécutions de l'époque furent faibles par rapport à ce qu'on a connu depuis, et vous faites bien de le souligner, cher Aigle, mais il reste que la situation, de haine du christianisme chez nos dirigeants, où nous nous trouvons aujourd'hui était déjà là 1887. Et dois-je vous rappeler les expulsions de religieux ?
Pour les catholiques de l'époque, qui avaient le souvenir d'une monarchie chrétienne comme d'une réalité qui pouvait encore être remise en place, c'était désastreux. Que nous soyons habitués à ce que l'Etat se moque de la religion chrétienne n'empêche que c'est une abomination.
Relisez Quas Primas, ou plutôt les écrits de Léon XIII à cette époque...
Votre dévoué Paterculus

( 617740 )
mais si vous vous êtes habitué Aigle par Luc Perrin (2011-12-03 19:26:08)
[en réponse à 617729]
A force de vivre dans une société où Gologota picnic ou les défécations castellucciennes sont avalisés par tout un chacun, y compris certains (pas tous Deo gratias) évêques, on finit par ne plus se rendre compte de l'énormité du sécularisme ravageur dans lequel nous vivons.
En 1887, c'était encore tout frais ou brûlant si vous préférez. La laïcisation forcée pour une société encore très religieuse, c'est une incroyable violence. Comme, à l'inverse le fanatisme qui va se déchaîner probablement sur l'Égypte au vu des résultats effrayants qui sont annoncés.
La laïcisation forcée des années 1879-1889 a coupé à peu près tous les liens entre domaine étatique et religion allant jusqu'à supprimer les aumôneries militaires et imposer ce qui était alors vu comme une grande violence le service militaire armé aux séminaristes et novices.
Vous oubliez aussi la violence physique qui relève bien de la persécution : l'expulsion par Ferry en 1880 de plusieurs milliers de religieux.
Imaginez l'expulsion de 7000 à 8000 imams et responsables français musulmans de toute catégorie aujourd'hui pour le simple fait qu'ils sont des croyants dont la taille de barbe ne revient pas au gouvernement ? Cela passerait inaperçu vraiment ?
Il y a certes une différence entre l'anticléricalisme de la IIIe République et le Mexique ou l'URSS ou la Corée du Nord. Mais ne sous-estimons pas le degré de violence dont cet anticléricalisme était capable et sa force à l'époque, dans le contexte social et mental de ce temps.

( 617748 )
Vous avez raison par Aigle (2011-12-03 20:07:21)
[en réponse à 617740]
Vous avez raison sur le plan historique cher M Perrin - il faut garder le souvenir de la gravité des mesures anticléricales de la IIIè République (et après les expulsions de 1880 il y eut celles de 1904 - pensons à ch de Gaulle lycéen en Belgique !). Cela étant le style littéraire de l'époque tendait sans doute à une exagération qui nous surprend aujourd'hui - et n'a déjà plus rien à voir avec le langage diplomatique de Pie XI ou Pie XII dans un style aujourd'hui critiqué pour sa modération par des journalistes incultes mais qui à mes yeux portent plus que la grandiloquence post-romantique du XIXè siècle ....
Et cela ne m'empêche pas de regretter le silence de Paul VI à l'égard des Khmers rouges ... Sans doute parce qu'après 1965 on a voulu éviter tout excès de langage - et même tout langage ...sur certains sujets douloureux ! absurde réaction aux emphases du XIXè siècle selon moi (qui ne suis pas historien).