Le Forum Catholique
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( 617442 )
Ils refusent de convertir les autres chrétiens par Paterculus (2011-11-30 20:37:13)
En Malaisie, la fédération des communautés chrétiennes
condamne le fait de chercher à convertir les autres chrétiens à sa propre Eglise.
S'il y a des catholiques parmi les signataires, j'ai envie de leur poser deux questions :
- Aiment-ils les protestants ?
- Croient-ils avec l'Eglise catholique qu'en dehors de la succession apostolique il n'y a pas de sacerdoce et donc pas d'eucharistie ?
Et s'ils répondent "oui" aux deux premières questions, ils ont droit à une troisième :
- Pourquoi refusent-ils que les protestants accèdent à la communion en devenant catholiques ?
Caritas Christi urgeat eos !
Votre dévoué Paterculus

( 617473 )
Réponses par Ion (2011-11-30 23:45:48)
[en réponse à 617442]
Oui à vos deux premières questions.
Votre troisième question est hors sujet car il n'est pas question de refus. Ce qui est découragé, est le prosélytisme, ou, comme le déclare le communiqué, le fait de se disputer les fidèles.
Le cheminement vers l'Eglise catholique, au sein du christianisme, est, à l'instar d'un cardinal Newman, un cheminement personnel, de l'ordre de la liberté de conscience, est ne devrait jamais être le fruit d'un prosélytisme souvent agressif et contre-productif.
Votre titre n'est donc pas juste.
De plus, il laisse à penser que seuls les autres chrétiens auraient besoin de se convertir, ce qui est pour le moins osé et, me semble-t-il, un peu condescendant.
Ion

( 617474 )
Mon soutien à Paterculus... par Fatherjph (2011-11-30 23:49:27)
[en réponse à 617473]
Avec lui, je crois avec l'Eglise catholique qu'en dehors de la succession apostolique il n'y a pas de sacerdoce et donc pas d'eucharistie . Et par conséquent je pense que le seul oecuménisme valable est celui que font actuellement un certain nombre de membres de la Communion anglicane : le retour à l'Eglise Mère.

( 617477 )
Deux remarques par Meneau (2011-12-01 00:03:23)
[en réponse à 617473]
1. Vous avez raison, le communiqué de la fédération chrétienne de Malaisie condamne le prosélytisme
excessif. Mais pour aussitôt condamner également le fait de "recruter des membres d’une autre communauté chrétienne ‘dans le but de faire croître telle ou telle institution ou dénominations[ religieuse]"... sans précision sur la manière. Un peu plus loin dans l'article, est condamnée la "pratique consistant à chercher à attirer dans sa communauté des fidèles appartenant à une autre tradition chrétienne". Ce que le titre de l'article résume ainsi :
Les responsables des différentes Eglises demandent à leurs fidèles de ne pas chercher à convertir les membres des autres communauté chrétienne
Un catholique ne peut pas condamner ainsi toute forme de prosélytisme, toute tentative d'attirer le non catholique à la religion catholique. Je dirais même qu'il a le
devoir de chercher toujours à attirer le non catholique à la religion catholique.
2.
De plus, il laisse à penser que seuls les autres chrétiens auraient besoin de se convertir, ce qui est pour le moins osé et, me semble-t-il, un peu condescendant.
Si l'on donne au terme "se convertir" le sens communément admis de "changer de religion", ce qui semble évident dans le post où l'on parle d'une personne d'une certaine religion tentant d'en convertir une autre d'une autre religion, Paterculus a parfaitement raison. Les catholiques n'ont pas besoin d'être convertis. Pas une once de condescendance là-dedans.
Cordialement
Meneau

( 617480 )
Le problème du prosélytisme ... par Ion (2011-12-01 00:17:20)
[en réponse à 617477]
... est que s'il est pratiqué par les uns, il le sera par autres, et nous donnerons au monde l'exemple de la désunion, de la compétition, de la surenchère ... ce qui est le contraire de ce que le Christ a apporté.
Or, vous savez bien que le prosélytisme agressif vient bien souvent des non catholiques, tels certains évangélistes. S'accorder entre disciples du Christ à une certaine retenue est indispensable.
Attirer vers l'Eglise catholique, oui, mais d'abord par l'exemple, la prière, le témoignage de sa vie, et non l'activisme. Dieu fera le reste, et on n'aura rien à craindre, car la vérité qui l'emporte est toujours la plus lumineuse.
Ion

( 617482 )
le piège des mots creux : ex "prosélytisme" par Luc Perrin (2011-12-01 00:55:06)
[en réponse à 617480]
"Attirer vers l'Eglise catholique, oui, mais d'abord par l'exemple, la prière, le témoignage de sa vie, et non l'activisme. Dieu fera le reste, et on n'aura rien à craindre, car la vérité qui l'emporte est toujours la plus lumineuse.
Ion"
Prosélytisme n'a aucune définition autre qu'un mot creux qu'utilisent les diplomates oecuménistes pour des raisons diplomatiques.
Rappelons que Paul VI a défini l'essence de l'Église comme évangélisatrice, qu'il a repoussé (Evangelii nuntiandi 1975) votre conception quiétiste et enfouie.
Non le témoignage muet ne suffit pas, non le Christ n'a pas été qu'à Nazareth sinon de christianisme il n'y aurait point eu.
C'est une évidence mais avec vous, il faut souvent revenir aux fondamentaux de la foi pas même catholique mais simplement chrétienne tellement l'obscurité "moderne" s'installe vite dans votre approche.
Ajoutons que Jean-Paul II a promu sur ces bases la Nouvelle Evangélisation et que Benoît XVI a même créé un dicastère, discretissime il est vrai, qui lui est consacré, sans qu'on ait bien compris ses compétences.
Mais le "dialogue", toujours lui, impose certaines règles de courtoisie avec les interlocuteurs. Alors les diplomates ont inventé une tarasque : "prosélytisme". Et quelques catholiques enfouisseurs façon années 1970 s'en gargarisent, afin de ne pas évangéliser. Pire ils se solidarisent avec les ennemis et persécuteurs de chrétiens à l'occasion, tel l'effroyable Père Christian Delorme en 2008.
Maintenant qui, en dehors de ces malheureux, prend au sérieux la baudruche purement diplomatique "prosélytisme" ?
Personne bien évidemment, sûrement pas les Communautés protestantes qui évangélisent à qui mieux mieux en terre catholique, musulmane, hindouiste etc ; pas non plus les Eglises orientales séparées qui, depuis 20 ans, ont une stratégie très "offensive" en Afrique noire - pourquoi écrire "agressive" ? où est l'agression dans le porte-à-porte et la prédication ? où est la violence dans les institutions scolaires et caritatives ? - et cela vaut bien sûr pour les religions non chrétiennes avec une quasi-exception pour le judaïsme pour une raison doctrinale.
Ne soyons donc pas dupes des mots creux qu'affectionnent tant les catholiques "modernes". Rappelons nous que le concile de Trente fait de la prédication la tâche première de l'évêque - et non de cautionner des spectacles antichrétiens - et par extension cela vaut pour les collaborateurs de l'évêque (les prêtres), les religieux et tous les baptisés à qui il est demandé par l'Eglise, pour raison de foi, de ne pas rester inertes même en priant en cachette. Sauf quand des conditions socialo-politiques rendent l'évangélisation ouverte impossible.
nb. Un rectificatif aussi, voilà belle lurette que l'Église admet, et même escompte et pratique, la conversion de Communautés entières et non seulement une démarche strictement individuelle : un rappel récent avec Anglicanorum coetibus 2009.

( 617486 )
prosélytisme ? par jejomau (2011-12-01 06:46:51)
[en réponse à 617482]
"d'abord par l'exemple, la prière, le témoignage de sa vie, et non l'activisme"
définition du mot prosélytisme : Zèle pour recruter de nouveaux adeptes. syn : apostolat, propagande, zèle
... Dnas vos propos vous opposez "l'exemple, la prière, le témoignage d'une vie" à "l'activisme" pour en conclure qu'il ne faut pas de prosélytisme. Mais qui parle d'activisme ? Il y a deux façons de réaliser la conversion des autres:
- par une vie toute entière tournée dans la prière, comme un moine par exemple. Mais ces vocations-là sont rares
- par un apostolat actif réalisé dans le monde par les contacts que nous établissons.
Tout chrétien sera et devra être "prosélyte" s'il veut faire son Salut. N'oublez pas la parabole du talent quand le Seigneur demande à la troisième personne à qui il a confié un talent pour le faire fructifier ce qu'il en a fait et qu'elle lui répond qu'il l'a gardé bien au chaud. Le Seigneur le condamne. Ne faut-il pas chercher à étendre le Royaume de Dieu dans le monde qui nous entoure ? N'est-ce pas le Seigneur qui nous le demande quand il dit : "Allez et baptisez toutes les nations au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ?"
Le problème est : avons-nous encore la Foi ? ... N'oublions pas aussi ces propos du Seigneur : "mais quand le Fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il encore la Foi.. ?"

( 617488 )
Le fait est par Aigle (2011-12-01 08:10:16)
[en réponse à 617482]
que le mot "prosélytisme" qui me semblait (naïvement pour moi) lié à l'essence même du christianisme ("allez et baptisez toutes les nations") est aujourd'hui condamné par les intellectuels bien pensants.
Comme le dit Ion on met officiellement en avant une sorte d'exemplarité discrète (n'y a -t-il pas contradiction dans les termes) qui cherche à camoufler ce qui à mes yeux est pure et simple trahison de l'Evangile - et au passage désobéissance aux canons du concile Vatican II et au magistère de Paul VI (pape réformateur s'il en fut !).
Je n'avais pas conscience du caractère "diplomatique" du sujet et je pensais plutôt à l'attachement à l'hérédité de l'appartenance religieuse préconisée dans certains milieux (judaisme ou orthodoxie).
au passage je pense à St Paul référence si fréquente chez luther ou calvin et qui fut un si ardent prosélyte...pardon évangélisateur.

( 617492 )
Votre prose est bien confuse par Ion (2011-12-01 08:40:13)
[en réponse à 617482]
Vous mélangez tout, ponctuez votre discours de jugements "... l'obscurité moderne s'installe vite dans votre approche ...", et êtes finalement complètement hors sujet.
On discute dans ce fil d'une situation dans un pays musulman, la Malaisie, où la minorité chrétienne fait face à des difficultés, et où les communautés chrétiennes s'accordent pour ne pas tomber dans un prosélytisme de mauvais aloi (ne vous en déplaise, le terme prosélytisme, en l'occurrence est tout sauf creux, et veut dire ce qu'il veut dire).
Et vous voilà, dans ce contexte, à citer Jean-Paul II, Benoît XVI, la nouvelle évangélisation et son nouveau Dicastère, et finalement ne répondez absolument aux remarques que j'ai faites. Vous parlez ainsi d'évangélisation des non chrétiens quand le sujet se place au sein des communautés chrétiennes. Tout cela n'est pas très sérieux, et vous seriez capable de beaucoup mieux si vous respectiez les propos de vos interlocuteurs.
Vous citez Anglicanorum Coetibus en positif. Pensez-vous vraiment que cette indéniable avancée soit le fruit d'un quelconque prosélytisme (je maintiens le terme) de la part de l'Eglise catholique ?
Ion

( 617495 )
La “confusion” par Vianney (2011-12-01 09:04:37)
[en réponse à 617492]
... bien visible à l’œil nu celle-là, consiste, comme
Meneau vous l’a fait remarquer, à confondre les deux sens du mot
conversion.
Ni le document incriminé par Paterculus, ni votre tentative de justification de ce document n’y échappent, au point que Luc Perrin peut à bon droit parler d’
obscurité.
V.

( 617528 )
tout est pourtant limpide par Luc Perrin (2011-12-01 16:26:12)
[en réponse à 617492]
Prosélytisme serait "clair" mais vous n'en donnez aucune définition réelle et ensuite quand vous définissez "évangélisation", vous le faîtes de travers en tombant sous le coup des condamnations du Magistère ... Merci au liseur qui a posté un extrait d'Ad Gentes, il dément aussi votre définition restrictive.
Quant à ne pas savoir que la Nouvelle évangélisation s'adresse à tous les chrétiens jusques et y compris les baptisés catholiques s'étant éloignés de l'Eglise, là vous m'étonnez.
La situation malaise n'a rien d'original : des Communautés et Eglises chrétiennes minoritaires dans un pays, c'est fréquent. Cette déclaration, mal conçue, n'est pas motivée par une conjoncture particulière mais par une tendance théologique, l'oecuménisme protestant, que le Magistère romain a toujours réprouvé.
C'est en somme l'hérésie bien connue, même de vous mon cher, relative à une fausse interprétation du "subsistit in", qui met toutes les Églises et Communautés chrétiennes sur un pied d'égalité en feignant d'oublier que l'Église du Christ subsiste dans sa plénitude dans la seule Église catholique.
Anglicanorum coetibus est conforme à ce que devrait être le "dialogue oecuménique" s'il était conçu comme le décret de Vatican II Unitatis redintegratio et celui sur les Églises orientales. Le dialogue ne doit pas être creux, accumuler des déclarations diplomatiques uniquement, mais orienté à rapprocher les points de vue afin de mener à une pleine communion avec Rome. Très significativement, le Conseil pontifical pour "l'unité" des chrétiens n'y a eu aucune part, si ce n'est de ... frein.
C'est révélateur du clivage qui déchire et affaiblit le catholicisme depuis 40 ans : le pôle évangélisateur qui poursuit la mission première de l'Église, le pôle "dialoguiste" qui est prêt à tous les renoncements que ce soit en Malaisie - notons que les théologies de l'interreligieux et du dialoguisme sont particulièrement répandues en Asie (cf. diverses condamnations sous Jean-Paul II, plusieurs discours du cardinal Ranjith et la position des jésuites) - ou en Occident.

( 617515 )
Le problème du prosélytisme Ion par Jean-Paul PARFU (2011-12-01 14:38:15)
[en réponse à 617480]
C'est qu'il s'agit d'un "gros mot" inventé par la Franc-Maçonnerie, spécialement le Grand-Orient en France, afin de culpabiliser les chrétiens et spécialement les catholiques, alors que leur chef, le Christ, leur dit : "Allez enseigner toutes les nations ... " !

( 617489 )
que dit Vatican II ? par Aigle (2011-12-01 08:15:56)
[en réponse à 617473]
Envoyée par Dieu aux nations pour être « le sacrement universel du salut», l’Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur (cf. Mc 16, 16), est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Évangile à tous les hommes. Les Apôtres eux-mêmes, en effet, sur lesquels l’Église a été fondée ont suivi les traces du Christ, « ont prêché la parole de vérité et engendré des Églises ». Le devoir de leurs successeurs est de perpétuer cette œuvre, afin que, « la Parole de Dieu soit divulguée et glorifiée » (2 Th 3, 1), le Royaume de Dieu annoncé et instauré dans le monde entier.
Mais dans l’ordre actuel des choses, dont découlent de nouvelles conditions pour l’humanité, l’Église, sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-14), est appelée de façon plus pressante à sauver et à rénover toute créature, afin que tout soit restauré dans le Christ, et qu’en lui les hommes constituent une seule famille et un seul Peuple de Dieu.
Aussi le saint Concile, tout en rendant grâce à Dieu pour les œuvres magnifiques accomplies par le zèle généreux de l’Église tout entière, désire-t-il esquisser les principes de l’activité missionnaire et rassembler les forces de tous les fidèles pour que le Peuple de Dieu, s’avançant sur la voie étroite de la croix, étende partout le règne du Christ Seigneur qui embrasse les siècles de son regard (cf. Si 36, 19), et qu’il prépare les voies à son avènement.
La mission de l’Église s’accomplit donc par l’opération au moyen de laquelle, obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, elle devient effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ, de telle sorte qu’elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ.
La raison de cette activité missionnaire découle de la volonté de Dieu, qui « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il n’y a qu’un seul Dieu, et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ, qui s’est livré en rançon pour tous » (1 Tm 2, 4-5) ; « et il n’existe de salut en aucun autre » (Ac 4, 12). Il faut donc que tous se convertissent au Christ, connu par la prédication de l’Église, et qu’ils soient eux aussi incorporés par le baptême à l’Église, qui est son Corps. Car le Christ lui-même, « en enseignant en termes formels la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16 ; Jn 3, 5), a du même coup confirmé la nécessité de l’Église dans laquelle les hommes entrent par le baptême comme par une porte. C’est pourquoi les hommes ne peuvent être sauvés qui, n’ignorant pas que l’Église a été fondée comme nécessaire par Dieu par l’intermédiaire de Jésus Christ, n’auront cependant pas voulu y entrer ou y persévérer [19] ». Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui amener à la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile, la nécessité incombe cependant à l’Église (cf. 1 Co 9, 16) – et en même temps elle en a le droit sacré – d’évangéliser, et par conséquent son activité missionnaire garde, aujourd’hui comme toujours, toute sa force et sa nécessité.
C’est par elle que le Corps mystique du Christ rassemble et ordonne sans cesse ses forces en vue de son propre accroissement (cf. Ep 4, 11-16). C’est pour mener à bien cette activité que les membres de l’Église sont poussés par la charité, qui les fait aimer Dieu, et les fait désirer partager avec tous les hommes les biens spirituels de la vie future comme ceux de la vie présente.
source : décret ad Gentes

( 617533 )
Mais ceux ne comprenant pas, par Anton (2011-12-01 17:03:10)
[en réponse à 617489]
et ceux les rejoignant dans une critique systémique, s'appuient sur l'au delà des textes, ou sur le produit de l'au delà des textes...Erreur dénoncée par le Saint Père.
Erreur faisant l'objet de dénonciation par Certains à Rome au travers de leur écrits, demandant ainsi une herméneutique de la Continuité.
Vous faites bien de rappeler les textes du Magistère, merci
Cordialement

( 617519 )
On vous a déjà bien répondu par Paterculus (2011-12-01 14:54:02)
[en réponse à 617473]
On vous a déjà bien répondu, cher Ion, et je remercie au passage ceux qui l'ont fait.
Le terme "prosélytisme" est employé à tort et à travers pour dénigrer toute tentative d'évangélisation. S'il s'agit de faire violence aux consciences, par exemple en proposant des avantages matériels ou en mentant, je suis d'accord, il faut s'en abstenir.
Mais s'il s'agit d'annoncer la vraie foi, avec les moyens respectueux de la morale qui découle de cette vraie foi, toutes les remarques qu'on vous a faites sont justes.
On vous a dit aussi que vous utilisez le mot "conversion" dans deux sens différents. Il y a, certes, la conversion qui consiste à se détourner du péché en abandonnant ses vices pour se rapprocher du Christ, et il est bien évident que tous doivent se convertir en ce sens, catholiques compris.
Mais dans le texte que je cite il ne s'agit pas de cette conversion, il s'agit du passage d'une communauté à une autre. Et moi, très précisément, dans ma réaction, je parlais visiblement du passage d'une communauté issue de la réforme protestante à l'Eglise catholique.
Je maintiens qu'un catholique a le devoir de proposer à des protestants l'adhésion à l'Eglise catholique chaque fois que possible, ce que le texte incriminé voudrait interdire. Et l'exemple ne suffit pas : l'histoire le montre assez. La foi est issue de la prédication (fides ex auditu).
Sans doute, et vous le soulignez à juste titre, la situation des chrétiens dans un pays à majorité musulmane impose-t-elle une plus grande prudence qu'ailleurs. Mais avouez que si tous les chrétiens de ce pays devenaient catholiques, leur position s'en trouverait considérablement renforcée, et pas seulement par leur unité visible de l'extérieur : elle serait plus forte surtout par davantage de grâces reçues dans les sacrements.
Je n'ai pas un acte de foi pour devenir chrétien, et un deuxième acte de foi pour devenir catholique. Chez un catholique, c'est le même acte de foi qui fait adhérer au Christ et à la Sainte Eglise catholique où subsistent les moyens du salut en plénitude. C'est une impiété profonde que de ne pas faire tout ce qui est moralement bon et humainement possible pour que tous puissent jouir de la plénitude des moyens du salut.
Votre dévoué Paterculus

( 617524 )
Pas tout-à-fait d’accord par Ion (2011-12-01 15:56:11)
[en réponse à 617519]
Quand le terme « conversion » est utilisé dans le sens de changement de religion, il devrait s’appliquer au passage par exemple du Bouddhisme au christianisme, et non pas strictement au passage d’une confession chrétienne à une autre. Il signifie bien ce rapprochement au Christ que vous évoquez. Recevoir le baptême, devenir chrétien, est une véritable conversion.
Entrer dans l’Eglise catholique relève ensuite, certes d’une conversion, mais d’une conversion intérieure, différente sans doute sur bien des aspects de la conversion intérieure d’un chrétien (déjà) catholique, mais de même nature. Et là encore, il s’agit d’opérer un rapprochement au Christ.
Si vous évoquez les Anglicans qui actuellement sont reçus au sein des Ordinariats, ils parleront davantage de « complétion », d’arrivée « à la maison », et bien sûr de [parfaite] communion, plutôt que de conversion dans le sens que vous lui donniez.
Et je suis heureux que Luc Perrin ait ainsi mentionné Anglicanorum Coetibus, allant en fait dans mon sens, car il s’agit ici de tout sauf du résultat d’un quelconque prosélytisme de la part de l’Eglise catholique. Et dans le texte d’AC, vous n’y verrez pas une seule fois le mot conversion alors que le terme communion y figure partout.
Ion

( 617529 )
un texte de la CDF qui répond à vos objections par Luc Perrin (2011-12-01 16:49:00)
[en réponse à 617524]
Note doctrinale sur certains aspects de l'évangélisation du 3 décembre 2007 signée Levada-Amato et approuvée par Benoît XVI
IV. Quelques implications œcuméniques
12. Dès ses débuts, le mouvement œcuménique a été intimement lié à l’évangélisation. L’unité est, en réalité, le sceau de crédibilité de la mission. Le Concile Vatican II a fait remarquer avec regret que le scandale de la division « fait obstacle à la plus sainte des causes: la prédication de l'Évangile »[43]. Jésus lui-même, la veille de sa mort, a prié « pour que tous, ils soient un... afin que le monde croie » (Jn 17, 21).
La mission de l’Église est universelle et ne se limite pas à des régions déterminées de la terre. Toutefois, l’évangélisation se réalise diversement selon les différentes situations dans lesquelles elle s’opère. Au sens propre, c’est la « missio ad gentes » vers ceux qui ne connaissent pas le Christ. On parle au sens large d’ « évangélisation » pour l’aspect ordinaire de la pastorale et de « nouvelle évangélisation » vis-à vis de ceux qui n’observent plus la pratique chrétienne[44]. En outre, l’évangélisation a lieu aussi dans les pays où vivent des chrétiens non catholiques, surtout les pays de vieille tradition et d’ancienne culture chrétiennes. Ici sont requis un véritable respect pour leur tradition et pour leurs richesses spirituelles, et un sincère esprit de coopération. Les catholiques, « étant bannie toute apparence d'indifférentisme, de confusionnisme et d'odieuse rivalité, collaborent fraternellement avec les frères séparés, selon les dispositions du Décret sur l’œcuménisme, par une commune profession de foi en Dieu et en Jésus Christ devant les nations, dans la mesure du possible, et par une coopération dans les questions sociales et techniques, culturelles et religieuses » [45].
Dans l’engagement œcuménique, on peut distinguer plusieurs dimensions : d’abord l’écoute, condition fondamentale de tout dialogue ; ensuite, la discussion théologique, où l’on cherche à comprendre les confessions, les traditions et les convictions d’autrui, en vue d’une éventuelle concorde, parfois cachée dans la discorde ; enfin, l’autre dimension essentielle, indissociable des aspects précédents, qui ne peut faire défaut dans l’engagement œcuménique, est le témoignage et l’annonce d’éléments qui ne sont pas des traditions particulières ou des nuances théologiques mais qui appartiennent plutôt à la Tradition de la foi elle-même.
Cependant, l’œcuménisme n’a pas seulement une dimension institutionnelle qui vise « à faire progresser la communion partielle existant entre les chrétiens, pour arriver à la pleine communion dans la vérité et la charité »[46] : c’est la tâche de tout fidèle, essentiellement à travers la prière, la pénitence, l’étude et la collaboration. Partout et toujours, tout fidèle catholique a le droit et le devoir de donner un témoignage de sa foi et de l’annoncer pleinement. Avec les chrétiens non catholiques, le fidèle catholique doit entrer en le dialogue respectueux de la charité et de la vérité, qui n’est pas seulement un échange d’idées mais de dons[47], afin de pouvoir leur offrir la plénitude des moyens de salut[48]. Ainsi on parvient à une conversion toujours plus profonde au Christ.
À ce propos, il convient de noter que si un chrétien non catholique, pour des raisons de conscience et dans la conviction de la vérité catholique, demande à entrer dans la pleine communion de l’Église catholique, il faudra respecter sa requête comme œuvre de l’Esprit Saint et comme expression de la liberté de conscience et de religion. Dans ce cas, il ne s’agit pas de prosélytisme, dans le sens négatif attribué à ce terme[49]. Comme l’a explicitement reconnu le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II, « il est évident que l'œuvre de préparation et de réconciliation des personnes individuelles qui désirent la pleine communion avec l'Église catholique, se distingue, par sa nature, du dessein œcuménique; mais il n'y a, entre elles, aucune opposition puisque l'une et l'autre procèdent d'une disposition admirable de Dieu »[50]. Une telle initiative ne prive donc pas du droit, ni ne dispense de la responsabilité d’annoncer en plénitude la foi catholique aux autres chrétiens qui librement acceptent de l’accueillir.
Cette perspective exige naturellement d’éviter toute pression indue : « Dans la propagation de la foi et l'introduction des pratiques religieuses, on doit toujours s'abstenir de toute forme d'agissements ayant un relent de coercition, de persuasion malhonnête, ou simplement peu loyaux, surtout s'il s'agit des gens sans culture ou sans ressources »[51]. Le témoignage rendu à la vérité n’entend rien imposer par la force, ni par une action coercitive, ni avec des artifices contraires à l’Évangile. L’exercice même de la charité est gratuit[52]. L’amour et le témoignage rendu de la vérité visent à convaincre d’abord par la force de la Parole de Dieu (Cf. 1 Co 2, 3-5 ; 1 Th 2, 3-5)[53]. La mission chrétienne réside dans la puissance de l’Esprit Saint et de la vérité elle-même proclamée."
En résumé, le texte malais ne suit pas les orientations claires du Magistère romain.

( 617551 )
Chapeau ! par Ion (2011-12-01 19:32:36)
[en réponse à 617529]
"En résumé, le texte malais ne suit pas les orientations claires du Magistère romain". (Luc Perrin)
Quel résumé ! Très fort ! 12 mots pour affirmer en résumé (sic) ce que vous affirmez. C'est un peu court, jeune homme !
Avez-vous lu la déclaration commune malaise, ou encore la version précédente indienne dans leur intégralité pour étayer votre affirmation ? J'avoue ne pas l'avoir lue, mais des quelques rares citations qui en sont faites (
prosélytisme excessif, dispute de fidèles), j'ai au contraire l'impression très nette qu'elle est dans l'ensemble assez cohérente avec la note doctrinale que vous venez de citer.
Car si vous avez souligné, en gras, certains passages, vous vous êtes bien gardé d'en souligner d'autres. Laissez moi essayer :
... Ici sont requis un véritable respect pour leur tradition et pour leurs richesses spirituelles, et un sincère esprit de coopération.
... étant bannie toute apparence (...) d'odieuse rivalité
... c’est la tâche de tout fidèle, essentiellement à travers la prière, la pénitence, l’étude et la collaboration.
Ainsi on parvient à une conversion toujours plus profonde au Christ.
Cette perspective exige naturellement d’éviter toute pression indue
on doit toujours s'abstenir de toute forme d'agissements ayant un relent de coercition, de persuasion malhonnête, ou simplement peu loyaux
La mission chrétienne réside dans la puissance de l’Esprit Saint
Bref, que du bon sens, et je gage que les textes malais et indiens, bien que n'émanant pas de la seul partie catholique, ne sont pas très éloignés de cela.
Ion

( 617566 )
"pression indue" par Luc Perrin (2011-12-01 21:58:55)
[en réponse à 617551]
évidemment, cela ne fait pas même question.
Si le "prosélytisme" se borne à cela, tout le monde - sauf les fondamentalistes musulmans - condamne cela.
"on doit toujours s'abstenir de toute forme d'agissements ayant un relent de coercition, de persuasion malhonnête, ou simplement peu loyaux" : quelle communauté catholique agit ainsi ?
Certaines Communautés néo-pentecôtistes ont des pratiques de ce type mais je ne vois pas des communautés catholiques faire comme cela.
Hélas le site ne fournit pas le texte intégral de la déclaration malaise mais les citations données, très peu nombreuses en effet, sont "éclairées" par un commentaire qui va très au-delà des "pressions indues" et débordent largement les règles générales posées par le Magistère.
Les rares passages que vous soulignez ne contredisent en rien les principes supérieurs énoncés et que j'ai mis en gras. Par ailleurs la conversion, même par "approfondissement", demeure une conversion nécessaire sur des points fondamentaux de la foi (eucharistie etc.).
Ce sera une série de questions pour le Père Viot ancien pasteur luthérien.
Les points de l'annonce qui est jugée vitale ne sont pas des détails :
"enfin, l’autre dimension essentielle, indissociable des aspects précédents, qui ne peut faire défaut dans l’engagement œcuménique, est le témoignage et l’annonce d’éléments qui ne sont pas des traditions particulières ou des nuances théologiques mais qui appartiennent plutôt à la Tradition de la foi elle-même."
Indissociable dit la Note qui semble avoir été écrite ... pour vous.
ps. je suis flatté que vous me pensiez encore un "jeune homme" mais hélas j'ai quelque peu vieilli comme tout un chacun.

( 617534 )
Analogie par Paterculus (2011-12-01 17:46:17)
[en réponse à 617524]
Il est évident qu'il y a analogie entre les deux sens du mot "conversion".
Il est évident aussi qu'il y a une différence énorme entre la conversion des non-chrétiens au christianisme et celle des protestants au catholicisme.
Mais le fait que les chrétiens d'abord non-catholiques devenant ensuite catholiques vivent leur passage comme un approfondissement de ce qu'ils ont déjà, n'empêche pas qu'ils aient à renoncer à des erreurs plus ou moins nombreuses et que par conséquent le mot "conversion" a un sens fort quand il désigne ce passage.
C'est pourquoi l'annonce pleine de l'évangile comporte, pour un catholique, le devoir de démontrer aux chrétiens non-catholiques en quoi consistent précisément ces erreurs qu'ils doivent abandonner.
Et je dis bien qu'ils doivent les abandonner, car c'est un devoir pour eux comme pour nous de rechercher la vérité et d'y adhérer.
Encore une fois merci à Luc Perrin de ses précisions. Je me demande combien de fois le Magistère devra répéter ces choses pourtant évidentes.
VdP

( 617547 )
un autre texte légèrement hors-sujet mais par jejomau (2011-12-01 19:04:18)
[en réponse à 617534]
pourtant très lié au problème sous-jacent du dialogue inter-religieux .. visant à la conversion de "l'autre".
§6.
Annonce et Dialogue
"L’annonce tend à la conversion, dans le sens d’une acceptation libre de la Bonne Nouvelle du Christ et du désir de devenir membre de l’Eglise. D’un autre côté, le dialogue suppose la conversion dans le sens d’un retour du coeur vers Dieu dans l’amour et l’obéissance à sa volonté"
LIEN
Le mot "conversion" est bien synonyme ici du
prosélytisme dans le bon sens du terme. Et l'Eglise souligne nettement le
but de tout dialogue...

( 617552 )
Nous sommes donc bien d'accord ... par Ion (2011-12-01 19:43:17)
[en réponse à 617534]
... que la conversion, au sens fort, dont vous parlez pour un chrétien non catholique qui devient catholique, est bien ce rapprochement au Christ, comme approfondissement de ce qu'il avait déjà ... et non pas une conversion au sens de "changement de religion"
Je vous cite :
Mais le fait que les chrétiens d'abord non-catholiques devenant ensuite catholiques vivent leur passage comme un approfondissement de ce qu'ils ont déjà, n'empêche pas qu'ils aient à renoncer à des erreurs plus ou moins nombreuses et que par conséquent le mot "conversion" a un sens fort quand il désigne ce passage. (Paterculus)
Bien d'accord que ce sens soit très fort. Souhaitons-nous tous de la vivre, d'une manière ou d'une autre, en renonçant à nos erreurs, plus ou moins nombreuses.
Ion

( 617561 )
Pour être parfaitement clair par Meneau (2011-12-01 20:52:14)
[en réponse à 617552]
Le chrétien non-catholique a donc besoin d'une conversion (ce rapprochement dont vous parlez... on pourrait discuter, mais admettons le terme), conversion dont le catholique n'a pas besoin. Nulle condescendance là-dedans. Juste de la saine doctrine.
Une fois nos deux compères tous deux catholiques, ils doivent naturellement encore et toujours progresser sur la voie de la sanctification, d'un rapprochement toujours plus étroit avec NSJC. Mais ce n'est pas de cette deuxième étape dont on parle dans ce fil.
Cordialement
Meneau