Le Forum Catholique
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( 617399 )
Trahison de Vatican II et dialectique révolutionnaire chez nos "laïcs engagés". par Lux (2011-11-30 17:16:25)
Voici un nouvel article passionnant commentant le récent appel de Rouen et ce qu'il représente. L'analyse concerne en fait l'ensemble des revendications de prêtres et de laïcs engagés pour une "modernisation" de l'Eglise, particulièrement fréquentes ces temps-ci.
Si l'ensemble mérite d'être lu attentivement, j'apprécie tout particulièrement ce passage :
La preuve, s’il le fallait, en est la conception pour le moins étrange que les rédacteurs de la Lettre ont des ministères dans l’Eglise. On les voit en effet affirmer :
Nous souhaitons que l’on dynamise fortement l’appel de diacres permanents, trop peu nombreux aujourd’hui, en particulier dans notre diocèse. C’est un acquis de Vatican II, insuffisamment exploité actuellement.
Il y a dans ces deux phrases tout ce que le manifeste rouennais contient de révolutionnaire, de négateur de l’autorité divine. Car voilà le diaconat, qui est tout de même un ordre sacré, désigné comme un acquis. Si l’on en croit le dictionnaire, un acquis est un « ensemble de bénéfices obtenus d'une action ». On ne saurait mieux dire l’invraisemblable renversement opéré par nos laïcs. De vocation de service[7], reçue surnaturellement de Dieu et de l’ordination conférée par l’évêque, le diaconat devient une conquête, un ensemble de bénéfices, dont l’on apprend de surcroît qu’il est « insuffisamment exploité » : c’est-à-dire insuffisamment mis en œuvre en vue de la prise de pouvoir dans les « communautés chrétiennes » par les « laïcs engagés et formés ».
Raisonner en terme d’ « acquis », c’est reprendre la dialectique révolutionnaire qui scrute l’histoire en y distinguant une succession d’avantages inaliénables retirés de haute lutte au patronat. Il y avait les « acquis sociaux », les acquis obtenus dans la lutte pour la « libération » des femmes ; il faudra y ajouter désormais les acquis ecclésiaux. Voilà le diaconat mis au service d’une singulière lutte des classes introduites dans l’Eglise – comme si le prolétariat laïc était en lutte contre le patronat clérical. Il faut bien croire que le communisme demeure dans l’Eglise l’horizon indépassable de la pensée.
A la place du service, de la charité, de l’esprit de sacrifice, les « laïcs catholiques du diocèse de Rouen » ont donc mis un ministère privé de toute attache surnaturelle, conçu seulement comme le moyen de leur influence, qu’il convient d’exploiter davantage – que l’on considère seulement les mots employés par la Lettre. On ne pouvait mieux pervertir l’idée chrétienne de ministère, si clairement exprimée par Notre-Seigneur Jésus-Christ : Le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir (Mt XX, 28). On ne pouvait en un mot mieux substituer à l’esprit de l’Evangile celui de la Révolution.
Lux
PS : Pour XA : c'est sciemment que je n'ai pas publié ce message à la suite de votre message sur l'article de Paris Normandie. En effet, l'article que je cite ne mentionne aucunement celui de Paris Normandie. Il traite de l'appel de Rouen en tant que tel, mais appelle à une réflexion beaucoup plus large, si bien que j'ai pensé qu'il pouvait mériter un fil à lui tout seul.

( 617402 )
les acquis ecclésiaux de l'église-en-France par jejomau (2011-11-30 17:45:16)
[en réponse à 617399]
ils sont
là. Un récent post faisait état d'un prêtre qui par solidarité avec des grévistes avait fermé son église et faisait la "grêve" de la messe.
Normal. Chaque fois que l'Etat français accède aux "revendications" salariales - c-à-d : la hausse du smic - celà permet une revalorisation de leurs finances personnelles....
Sordide...

( 617407 )
Ne mélangez-vous pas deux problèmes ? par Paterculus (2011-11-30 18:03:12)
[en réponse à 617402]
Ne mélangez-vous pas deux problèmes, cher Jejomau ?
Il y a d'une part l'aide des catholiques aux prêtres qui les ont d'abord servis, puis abandonnés. Le principe peut se discuter, mais ici il est question de supprimer cette aide à ceux qui reçoivent plus que la moyenne des prêtres en retraite sans avoir abandonné le ministère, et là on ne peut qu'être d'accord.
Il y a d'autre part un prêtre, non concerné par le premier sujet, qui interrompt son ministère, au profit d'une cause étrangère à ce ministère, ce qui est inadmissible.
Et je ne vois aucun lien entre les deux.
Votre dévoué Paterculus

( 617410 )
soyons honnêtes par jejomau (2011-11-30 18:14:21)
[en réponse à 617407]
vous avez raison. Mais.... Regardons bien les choses quand même de près.
1°) Concernant l'affaire rapporté dans le post auquel je faisais allusion, il n'y a certainement aucun lien. Disons-le franchement. Mais en voulant faire du mauvais esprit, j'ai qaund même voulu souligner...
2°)... qu'il existe un lien indirect et pervers entre l'indexation qui relie les prises de position de l'Etat concernant les revalorisations sociales revendiquées chaque année ( à raison de 3 ou 4 grêves systématique en France ) par les syndicats... et l'ajustement qui s'ensuit au niveau des "salaires,"prestations diverses", "retraites", "minimums obligatoires", etc..... versés ensuite par l'Eglise à ses prêtres et évêques.. Non ?
... Quand j'entends dire par de nombreux prêtres progressistes que l'Eglise au Moyen-âge avait des vocations dûes en grande partie à une "promotion sociale"...

( 617414 )
Précision sur le gréviste... par Fatherjph (2011-11-30 18:31:50)
[en réponse à 617410]
Il ne s'agit pas d'un prêtre français, mais d'un Belge, curé de l'unité pastorale 'Notre-Dame aux Portes du Condroz" (eh oui, en Belgique on commence aussi à donner des noms poétiques aux substituts des paroisses, on se croirait dans le diocèse d'Evreux à l'ère Nourrichard)... Or, dans ce cas, les prêtres belges, qui vivent en régime concordataire, n'ont pas à défendre leur quignon de pain. Ils reçoivent de l'Etat un traitement substantiel, même s'il font la grève de la messe...

( 617418 )
Voyez-vous... par Paterculus (2011-11-30 18:40:41)
[en réponse à 617410]
Je suis prêt à critiquer beaucoup de choses chez mes confrères "progressistes", mais pas leur esprit de pauvreté.
Bien sûr, j'en ai connu certains ... tenez par exemple celui qui voulait mettre en commun l'argent reçu au titre du ministère, mais n'avait pas mis en commun son héritage. Il taxait donc ses vicaires pour s'abonner à "La Croix", mais gardait ses sous à lui bien à lui.
Mais en général les prêtres d'aujourd'hui se sont engagés vers le sacerdoce en sachant que ce serait pour eux une voie de grande pauvreté. Et à l'âge de la retraite, c'est parfois dramatique.
VdP

( 617467 )
Fascination du monde par Lux (2011-11-30 22:52:26)
[en réponse à 617402]
Plus globalement, ce qui est fascinant, c'est l'incapacité d'un nombre impressionnant de catholiques à se distinguer en quoi que ce soit de leurs contemporains. Les Français parlent d'acquis sociaux, des catholiques parlent d'acquis de Vatican II (
rappel du lien). Les syndicats appellent à la grève, le prêtre fait grève ; il n'a aucun moyen plus spirituel d'agir !
Cela est fascinant, mais très triste. Lorsque l'Eglise s'assimile au monde, elle n'est plus grand chose.

( 617472 )
La foi écoute le monde... par Fatherjph (2011-11-30 23:44:55)
[en réponse à 617467]
C'était le titre d'un best seller au temps où j'étais au séminaire. L'auteur en était Mgr Dondeyne, un "éminent" professeur de la Fraculté de théologie de Louvain (au temps où il y avait encore d'éminients professeurs et non pas les minus au rabais qu'elle compte actuellement). Eh oui, la foi a tant écouté le monde qu'elle s'est, pour beaucoup, assimilée à lui et a perdu son goût de seil de la terre. Faute de goût beaucoup l'ont abandonnée et la responsabilité des pasteurs sera un jour jugée à l'aune de la justice et, espérons-le, aussi de la miséricorde divine.

( 617508 )
Désobéissance par fidelis (2011-12-01 11:17:44)
[en réponse à 617399]
Le problème semble plus étendu, si l'on se réfère à l'assemblée générale des réseaux du Parvis, l'autre week-end à Chartres : des prêtres et religieux y participent activement et citent l'appel de Rouen; ils se réclament ouvertement de la désobéissance au Pape et aux évêques (j'en ai été témoin) si leurs enseignements ne leur plaisent pas. Ils oeuvrent d'ailleurs de concert avec des mouvements (ou groupuscules) protestants divers dans un esprit d'eucuménisme à la mode postconciliaire.

( 617520 )
Incohérence par Lux (2011-12-01 15:05:23)
[en réponse à 617508]
Je ne suis pas encore parvenu à comprendre pourquoi ces gens-là, qui semblent sincères dans leurs convictions, ne se convertissaient pas au protestantisme. Ils sont en accord sur tant de choses avec eux ! Qui plus est, ils n’y perdraient rien : être protestant est bien mieux vu aujourd’hui qu’être catholique. Comme si détruire l’Eglise et sa tradition était un plaisir dont il est difficile de se passer.