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Décès de la soprano catalane Montserrat Figueras par Emmanuel (2011-11-24 09:17:17)
"Montserrat Figueras a été une référence essentielle pour l'interprétation d'un vaste répertoire vocal des époques médiévale, renaissante et baroque", a-t-elle ajouté.
"Entre 1974 et 1989, elle a participé à la fondation de l'ensemble Hesperion XX, devenu La Capella Reial de Catalunya puis Le Concert des Nations. Elle a abordé, avec eux et en tant que soliste, la récupération d'un patrimoine exceptionnel et éclectique, en se produisant régulièrement dans tous les principaux festivals du monde", selon Alia Vox, maison fondée en 1998.
source
Le rapport avec le FC ? tout ce qui est beau est chrétien, d'autant qu'une bonne partie du répertoire de cette interprète est religieux.

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Une interview de Montserrat Figueras avait paru dans l'Homme Nouveau par Sénéchal (2011-11-24 12:20:20)
[en réponse à 616720]
en mai 2006.
Interview de Montserrat Figueras
Votre dernier disque « Lux Feminae » a été présenté comme une œuvre très personnelle.
C’est inévitable, mais il s’agit d’abord d’un hommage à toutes les femmes depuis la haute antiquité, même si dans mon travail sur ce projet a filtré tout ce que la Musique m’a appris.
Votre parcours musical, comment le caractériser ?
J’ai rencontré mon mari Jordi Savall peu de temps avant nos études communes à la Schola Cantorum Basiliensis de Bâle, qui nous ont énormément apporté. C’est là où nous avons pu acquérir les connaissances nécessaires à l’interprétation des musiques anciennes. Nous avons tout de suite travaillé ensemble avec une grande intensité, et nous avons eu, avec Hespèrion XX, le privilège de pouvoir participer depuis le début, dans de nombreux festivals et d’avoir la possibilité d’enregistrer ce répertoire merveilleux.
Comment vous situez-vous personnellement par rapport à la tradition catholique ?
Je suis issue d’une famille où d’une manière très équilibrée, la religion était présente. L’un de mes oncles, aujourd’hui centenaire, est moine à l’Abbaye de Montserrat. Dès l’âge de sept ans, j’ai été touchée par le chant grégorien célébré par les religieuses bénédictines du Monastère de Montserrat. Au delà de la musique sacrée, il y a une forme sacrée de faire de la musique et c’est avec l’apprentissage de la musique ancienne que, d’une manière naturelle, la spiritualité et la musique se rencontrent.
Quelle influence a sur vous le théologien Raimon Panikkar, auquel vous rendez hommage dans le livret de votre CD ?
C’est un grand philosophe que nous aimons et respectons profondément ; il habite près de chez nous, dans les Pyrénées en Catalogne. Raimon m’inspire énormément par son approche très « féministe » : C’est lui qui a écrit : « la forêt de la mystique ne se laisse pas pénétrer facilement. Elle n’a pas de chemins tracés. Le dernier voile de la réalité ne peut être ôté. La mystique voile et révèle ».
Vous dites aussi dans le livret que l’Eglise aurait « arraché » les femmes de la transmission de la Parole. N’est-ce pas oublier un peu vite les innombrables générations de mamans catéchistes et les femmes Docteur de l’Eglise ?
Je regrette beaucoup que l’Eglise, surtout en Espagne mais c’est aussi vrai pour l’Eglise luthérienne de Bach, ait interdit aux femmes de chanter dans les églises, sauf bien sûr dans les monastères féminins. Et c’est avec les chants de la Sibylle, exécutés traditionnellement lors des Matines de Noël, que j’ai compris la nécessité d’une présence de la voix féminine, au lieu de la voix onirique d’un enfant. Heureusement de nos jours, la condition féminine a évolué.
Encadré sur Raimon Panikkar:
Raimon Panikkar, prêtre et théologien né en 1918, est un auteur prolixe, qui a enseigné notamment à Harvard. Retiré en « sage » dans sa Catalogne natale, il reste surtout le théoricien du « dialogue intra-religieux .» Cette théorie a été décrite par le jésuite Jacques Dupuis (lui-même averti par la Congrégation pour la doctrine de la foi pour « graves ambiguïtés ») comme la « rencontre qui se fait dans le for intérieur entre notre foi chrétienne et la foi de l’autre. » Une sorte de pluralisme religieux intérieur fort éloigné de l’Unité proclamée par la Déclaration Dominus Iesus. Panikkar fait parfois l’éloge de « Sophia Maria », livre de Thomas Schipflinger qui assimile la « Sagesse » éternelle à la Vierge Marie, comme le Christ est le Verbe incarné. Basé sur de nombreuses sources gnostiques, ce courant s’étend aujourd’hui aux livres de Margaret Starbird, qui font l’apologie du « Féminin sacré », ou « âge perdu de la Grande Déesse ». Cette idéologie gnostique séduit les mouvements du féminisme et du « New Age » américains que l’on retrouve derrière Da Vinci Code, qui identifie Marie-Madeleine au Messie.