Le Forum Catholique
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( 616428 )
Simple réflexion par Sam Gamegie (2011-11-21 23:05:05)
après la lecture de Cacophonie au sein de l’Eglise qui est en France sur le site Riposte catholique. Ce sont bien les évêques qui ont le pouvoir et non la CEF ou autre institution nationale. Plus ça va, plus je me dis que pour libérer l'Eglise, il faudrait renverser ou au moins mettre en veilleuse ces institutions supra-diocésaines dont le rôle a notamment été critiqué par l'historien George Weigel qu'on ne peut soupçonner d'"intégrisme"puisqu'il fut l'ami de Jean-Paul II et son biographe.

( 616434 )
la CEF par Pothin (2011-11-21 23:56:40)
[en réponse à 616428]
n'a aucune légitimité canonique, c'est un instrument de collégialité mais il y a la tentation d'en faire, parfois, un instrument de pouvoir.
Moi je trouve simplement scandaleux le fait de l'avoir installée dans une propriété dans le 16ème, c'est la honte totale.
Quand les pauvres crèvent de froid à Paris, ce monument chauffé pour rien à la gloire du Gallicanisme, c'est à vomir.
Entre le bilan carbone et la gabegie, moi je fais la grève du Denier.
Eglise pauvre et servante mon oeil!

( 616440 )
La collégialité, mode pernicieuse par Fatherjph (2011-11-22 00:07:55)
[en réponse à 616434]
Autrefois, l'Eglise avait de grands évêques, des prélats qui osaient affirmer leur opinion et qui, parfois, pouvait différer des prises de position d'un autre confrère. Tout allait bien, tant, bien sûr, qu'un évêque n'allait pas contre l'Eglise et son enseignement. Depuis le deuxième concile du Vatican, l'Eglise a voulu donner dans la mode de la collégialité. On place sous ce vocable une espèce de "globalisation" de la politique des églises locales" et l'on investit le président de la conférence épiscopale d'une espèce de mandat pour parler au nom de tous. Finis les ténors, finis les personnalités qui s'affirment. L'évêque de Langres a magnifiquement défini le rôle de la confrénce épiscopale lorsqu'il a honteusement injurié trois de ses confrères pour montrer comment la CEF avait tenté de les faire rentrer dans le rang. La réaction "cacophonique" actuelle me semble saine : on a l'impression que des évêques osent reprendre leurs responsabilités et ne se sentent pas obligés de hurler avec leur président, ou d'observer un devoir de réserve face au consensus de l'assemblée.

( 616456 )
La collégialité, une mode ? par Ion (2011-11-22 09:12:41)
[en réponse à 616440]
Au cas où vous l'ignoreriez, la collégialité épiscopale est un principe (et non une mode) fondé et hérité du collège des Apôtres, c'est-à-dire sur la nature apostolique de l'Eglise !
Quant aux conférences épiscopales, qui dérivent leur légitimité de ce principe de collégialité, si leur organisation a été formalisée depuis le dernier Concile et dans le prolongement de Lumen Gentium, leur principe existait bien avant avec l'existence demandée par Rome d'assemblées locales d'évêques ou d'archevêques.
Ion

( 616569 )
Hurler avec le président ? par Paterculus (2011-11-22 21:28:32)
[en réponse à 616440]
Vous l'avez déjà entendu parler de façon audible, depuis que l'institution existe ?
Votre dévoué Paterculus,
exaspéré par le ronron conformiste.

( 616575 )
Bonne remarque, Paterculus! par Fatherjph (2011-11-22 21:48:54)
[en réponse à 616569]
J'aurais du dire "se taire avec le président", ou "bénir le politiquement correct avec le président". L'esprit conformiste tue les personnalités et, ce qui est bien plus grave, est un étouffoir pour la mission. Je reprends la phrase de Daniel-Ange, que j'ai déjà citée aujourd'hui dans un autre message :
"Si nos Eglises, en leurs différentes instances hiérarchiques, réagissaient comme un seul homme, calmement mais fermement, de telles manifestations n’auraient pas de raison d’être. Mais devant le silence, ou simplement l’extrême prudence il ne reste à certains que ce langage : descendre dans la rue. Se faire voir."

( 616455 )
Aucune légitimité canonique ? par Ion (2011-11-22 08:56:30)
[en réponse à 616434]
Avant d'affirmer, renseignez-vous !
Lisez, entre autres, le Canon 447 et suiv.
Ion

( 616502 )
légitimité étroite et conditionnelle par Luc Perrin (2011-11-22 15:17:08)
[en réponse à 616455]
Une excellente fiche de droit canonique rappelle cela :
http://christus-web.com/fiche-de-droit-canon-la-conference-des-eveques
Il s'agit d'autorité "conjointe" plus que "collégiale" en fait et les cas où la conférence doit prendre une décision précise sont étroitement délimités par le droit et le pape.
Ces principes ont été fortement soulignés par le motu proprio Apostolos Suos de 1998, intégré dans le CIC par décision de Jean-Paul II.
Tout en faisant droit à la possibilité d'un Magistère des Eglises nationales, il en rappelle la nature étroitement subordonnée et que la règle est alors l'unanimité des évêques. A moins d'avoir obtenu au moins 2/3 des votes épiscopaux et surtout la recognitio de Rome.
Un bon exemple récent : la Note de l'Observatoire dirigé par Mgr Wintzer n'engage que son seul signataire et si, ce qu'à Dieu ne plaise, elle devait rassembler les 2/3 des évêques de France, il faudrait encore qu'elle obtienne la recognitio de Rome.
Le risque de voir des propositions un peu folles est donc plus réduit mais il reste fort dans des conférences à petit effectif.
Il est bien certain que la pratique tend à donner aux conférences épiscopales un rôle qu'elles ne devraient pas avoir canoniquement parlant et qu'elles contribuent, pour partie, à déresponsabiliser les évêques diocésains au fur et à mesure que leur caractère bureaucratique s'affirme.
Le phénomène ne pourra que s'aggraver avec la dépopulation des diocèses et leur appauvrissement en France et dans les pays frappés durement par le "Renouveau" à savoir la sécularisation galopante.
Concernant la référence biblique et antique, reconnaissez Ion que sans saint Paul, le christianisme aurait beaucoup perdu. Rien pourtant de plus libre, de plus hors embrigadement collégial et électron libre que cet apôtre là. Qui ferait de Paul un rond de cuir d'une pièce de Courteline ? Les successeurs des Apôtres ont en lui comme en Pierre de beaux exemples.

( 616436 )
oui par Eleazard77 (2011-11-22 00:01:23)
[en réponse à 616428]
Cette institution (C.E.F.) est totalement inutile et dépassée. Elle est d'un autre temps. Pourtant certaines grenouilles (évêques) cherchent à se faire aussi (voir plus) grosses que le boeuf (Pape)...
La comparaison est osée; pardonnez la moi...

( 616467 )
la collégialité telle que comprise par l'Eglise par jejomau (2011-11-22 11:20:24)
[en réponse à 616436]
La vraie collégialité dans l'Eglise catholique, la voici :
« Le pouvoir de régir l’Église universelle réside d’abord dans le Souverain Pontife, puis dans le collège épiscopal qui lui est uni… Il peut être exercé soit, uniquement par le Souverain Pontife, soit solidairement par le Souverain Pontife et le Corps épiscopal : le pouvoir du Souverain Pontife uni au collège apostolique constituant non pas deux pouvoirs adéquatement distincts, mais un seul pouvoir suprême considéré d’une part dans la tête de l’Église enseignante, où il réside tout entier et comme dans sa source, d’autre part à la fois dans la tête et dans le corps de l’Église enseignante, auquel il se communique et dans lequel il trouve son sujet plein et intégral. » (cardinal Journet - "L’Église du Verbe incarné" - 3 éd., p. 531.)
Ainsi, la doctrine résumée par le cardinal Journet ci-dessus est également confirmée en ce sens par le R.P Calmel (Iinéraires n°92, avril 1965) de la sorte :
"Le pouvoir suprême, unique dans l’Église, existe à la fois dans le Pape et dans le collège uni au Pape. Mais il n’a pas dans le Pontife romain et dans le Corps épiscopal uni au Pape le même mode d’existence.
Dans le premier, il existe comme dans sa source et dans l’épiscopat uni à lui comme dans son terme. Aussi appartient-il au Pape personnellement et sans aucune dépendance par rapport à l’épiscopat tandis que l’épiscopat ne le détient que collectivement et en dépendance de sa tête:
le Pontife romain. Le Seigneur a voulu, écrivait saint Léon, que la charge d’annoncer la vérité « revint en telle manière à tous les apôtres qu’elle fut d’abord déposée dans le bienheureux Pierre, le premier d’entre eux ; et il veut que de Pierre, comme de sa tête, ses dons se-répandent dans le corps entier ». (Epist. I, PL LIV, c. 629.)
Ce pouvoir collégial n’appartient pas aux évêques pris isolément, ni même à des groupes d’évêques, il appartient à tout le Collège uni à sa tête. Aussi ne peut-il être exercé que par l’unanimité morale des évêques unis au Pape"
Le R.P. Calmel conclut de la sorte :
"Le pouvoir concédé au Collège uni à lui n’a pas pour fin de limiter son autorité souveraine, ou même de contrôler l’usage personnel qu’il en fait. Il est destiné à coopérer avec lui et dans sa dépendance à l’accomplissement de sa charge immense. Ce pouvoir ne confère pas aux évêques, même pris collectivement, un droit au co-gouvernement de l’Église universelle, mais c’est une aptitude et une capacité à être associés par le Pasteur suprême à l’exercice de son autorité souveraine, quand il le voudra et comme il le voudra"

( 616570 )
C'est surtout... par Paterculus (2011-11-22 21:36:55)
[en réponse à 616467]
Une conférence des évêques d'un pays est surtout comme un conseil pour le Pape pour le pays concerné.
Et c'est le Pape qui décide quels conseils il en attend.
C'est aussi un lieu où les évêques peuvent discuter de leurs problèmes communs. Sous cet aspect, les conférences nationales d'évêques sont assez semblables au conciles locaux de l'antiquité.
Les dérives que nous constatons en France tiennent en grande partie au fait que beaucoup trop d'évêques ont laissé grignoter leurs pouvoirs pourtant inaliénables, spécialement en acceptant que les responsables diocésains qu'ils nomment prennent leurs ordres auprès des bureaux de la CEF plutôt qu'auprès d'eux-mêmes.
Votre dévoué Paterculus