Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 615981 )René Lebouvier, premier débaptisé de France par Jean Kinzler (2011-11-18 21:15:16) 

Dans la Manche, René Lebouvier est le premier débaptisé de France. Dans notre pays, chaque année, un millier de personnes demandent à être débaptisées.

A 71 ans, René Lebouvier est le premier «débaptisé» de France. Invité vendredi d'Yves Calvi sur RTL, il relate sa longue croisade tranchée par la justice le 6 octobre dernier. Ce jour-là, le Tribunal de grande instance de Coutances (Manche) lui donne raison. Depuis des années, ce libre-penseur mène une quête pour que son nom soit effacé du registre de baptême dans lequel il figurait depuis qu'il avait en 1940 reçu ce sacrement.

Le tribunal estime que la présence du nom du plaignant dans les registres de baptême est contraire aux principes garantissant la vie privée. «Je suis d'un milieu très catholique. Au départ, j'avais saisi la CNIL qui m'avait dit que c'était impossible. Le curé de Fleury, mon village me disait la même chose», confie-t-il sur RTL.
Il obtient satisfation et veut aller plus loin encore

Mais il est têtu. Et, excédé par les positions de l'Église, notamment sur le préservatif, dans une lettre du 31 mai 2001, René Lebouvier demande malgré tout à être «débaptisé». Il obtient un début de satisfaction. En marge de son nom, dans les registres paroissiaux et diocésains, qui mentionnent son baptême, est donc apposée la phrase suivante : «a renié son baptême par lettre datée».

Dix ans plus tard, en colère cette fois contre les scandales pédophiles qui secouent l'Eglise, les positions de Benoît XVI sur le préservatif en Afrique et la condamnation par l'Eglise de l'avortement d'une fillette de 9 ans enceinte de jumeaux à Recife au Brésil, il veut aller plus loin encore et faire littéralement disparaitre son nom des registres.

«Le fait d'avoir été baptisé par l'Église catholique est un événement intime constituant une information personnelle sur un individu», écrivent les juges. Or, «l'existence de ce baptême sur un registre accessible à des personnes tierces à l'individu concerné (…) constitue en soi une divulgation de ce fait qui porte par conséquent atteinte à la vie privée.»


Clairement, les juges condamnent donc le diocèse à effacer définitivement, dans un délai de 30 jours, toute mention de ce baptême sur le registre.


C'est nouveau car jusqu'à ce jour lorsqu'ils recevaient une lettre d'une personne souhaitant renier son baptême, les curés étaient tenus de le mentionner en marge du nom du demandeur. Mais ils n'étaient, en revanche, pas contraints de faire disparaître totalement l'identité. «Renier son baptême est peu fréquent mais ça arrive» dit-on au diocèse de Paris». Chaque année, il y a 1000 personnes qui demandent à être débaptisées en France, notamment car certaines veulent changer de religion. Le phénomène s'appelle l'apostat.
Dans la Manche, le diocèse déplore et fait appel

Dans la Manche, le diocèse a déploré la décision de la justice. «Elle est contraire à la jurisprudence constante des tribunaux supérieurs en matière d'atteinte au respect de la vie privée», affirme-t-il, avant d'annoncer que Mgr Stanislas Lalanne, l'évêque de Coutances, a décidé d'interjeter appel.

En attendant l'arrêt de la Cour d'appel, le diocèse n'est pour l'instant pas tenu d'appliquer la décision des juges normands. Mais si elle devait être confirmée, elle constituerait une jurisprudence qui pourrait s'appliquer ailleurs en France.
Par Laurence De Charetteici
images/icones/2a.gif  ( 616005 )La divulgation de ce fait porte atteinte à la vie privée par Escartefigue (2011-11-19 06:44:31) 
[en réponse à 615981]

et son nom est divulgué dans tous les journaux, à la radio... et sur le forum catholique !
Risible.
images/icones/neutre.gif  ( 616028 )Pas d'accord avec vous par le torrentiel (2011-11-19 11:39:46) 
[en réponse à 616005]

La jurisprudence a peut-être fait entrer cette notion de vie privée, mais il s'agissait pour rené Lebouvier de rendre public le fait qu'il ne se sentait tellement plus en conscience en accord avec son baptême qu'il souhaitait être débaptisé.


René Lebouvier s'est dégagé, le contraire de s'engager, c'est ce qu'il souhaitait et c'est ce qu'il a fait.


En cela, il a fait un choix, et il n'a pas été comme nombre de ces tièdes qui ont reçu le germe baptismal en devenant, selon l'expression de Saint Pie X dans son "CATECHISME", "des membres morts de l'Eglise. A l'injonction formelle du seigneur:
"que votre oui soit oui que votre non soit non", il a répondu non au christ dont saint-Paul dit certes qu'Il n'a été que OUI, mais ce n'est pas le non qui vient du diable, c'est l'ambivalence intentionnelle et inactive, puisque flottante, "pusillanime" comme l'a écrit un jour scrutator.


Ce que cache cette demande de rené Lebouvier et d'autres, c'est la trop grande proximité entre Sacrement et conscience, en particulier en ce qui concerne le baptême.


Dans le baptême des petits enfants, il y a délégation de conscience. L'enfant peut certes ne pas renouveler ses voeux de baptême, le sacrement reste acté. J'ai naguère exprimé une position franchement anabaptiste, je dois dire que je suis en train d'évoluer, en particulier sous l'influence très récente d'une conférence à laquelle j'ai assisté, du professeur Jacky guetschell, élève du pr Armand abécassis, tous les deux de savants juifs, qui expliquaient que recevoir la torah, pour nous la vie divine, n'est pas une affaire de conscience, ni même de volonté, mais d'une inversion de la proposition: "On réfléchit avant d'agir". La logique de la Révélation comme celle du sacrement veut que l'on accepte avant de délibérer, que l'on agisse pour comprendre et non pas que l'on comprenne avant d'avoir agi. On parle avant de savoir ce qu'on a dit. Ce n'est qu'après avoir parlé qu'on peut écouter ce qu'on a dit. "La donation est à la mesure de la capacité de celui qui reçoit, le don n'est pas toujours un cadeau, au sens ironique du proverb français!" Il y a une contrainte qui précède la liberté. Si je ne choisis pas de mourir, je choisis de vivre, par défaut. Recevoir la vie divine nous demande peut-être au commencement, dans l'enfance, dans l'incapacité à parler, à dire oui ou à dire non, un tel choix par défaut. Le défaut de refus est l'expression minimale de la conscience. Aussi, l'eglise gagnerait-elle peut-être à ne pas accentuer à l'excès la liaison entre Sacrement et conscience pour se retrouver finalement dans une situation, non pas certes d'ambivalence, mais au moins d'ambiguïté.


Autre manière de poser le même problème entendue ce matin sur "france inter" par le physicien etienne Klein. La journaliste lui demande s'il se sent anarchiste ou libertaire comme celui qui était invité en sa compagnie, l'écrivain Jean-bernard Pouy. Réponse extraordinaire du professeur:

"Un physicien ne peut pas être anarchiste puisqu'il croit aux lois physiques."

Eh bien, peut-être y a-t-il pareillement une physique sacramentelle. Je crois qu'il faudrait développer la recherche théologique dans ce sens pour rendre la conscience à l'humilité de sa dimension, premièrement défectueuse, ce qui n'empêche pas qu'elle demeure un sanctuaire, puisqu'elle garde la capacité de se développer, de défectueuse qu'elle était, je dirais qualitativement.
images/icones/1r.gif  ( 616018 )c'est bien beau cette démarche mais par blamont (2011-11-19 10:22:50) 
[en réponse à 615981]

qu'en dit le Grand Patron, Celui du Ciel?

Ce pauvre homme aura beau gommer tous le papiers qu'il veut, le baptème,c'est comme la tache de sang du "Fantôme de Canterville", cela ne disparait pas.

A sa place on la jouerait plus basse car à sa mort, on ne sait jamais ce qu'il trouvera après et sa forfanterie de comptoir d'estaminet risquerait de tourner en angoisse prononcée...
images/icones/colombe2.png  ( 616061 )Donc par castelrey (2011-11-19 14:14:18) 
[en réponse à 616018]

il faut qu'il la mette en veilleuse. Soit. Et après? Pas de détachant pour effacer le sang? Un retour en grâce, impossible? Blamont, proposez-vous une autre solution ou bien laisseriez-vous le grand coupable mijoter dans ses angoisses jusqu'à ce qu'ilil soit confit-déconfit, péché contre l'Esprit? Le grand silence du Seigneur est terrifiant...
images/icones/marie.gif  ( 616067 )A Dieu, rien d'impossible par blamont (2011-11-19 14:50:48) 
[en réponse à 616061]

même d'être plus fort que l'administration (si, si, c'est un Mystère de la Foi récemment proclamé!)

et on ne sait jamais ce que cet homme adviendra jusqu'à sa mort.

Le repentir et la grâce divine ont leur rôle à jouer.

images/icones/1d.gif  ( 616114 )mais inscrit pour l'éternité dans google !.. par Stephdi (2011-11-19 20:25:28) 
[en réponse à 615981]


Clairement, les juges condamnent donc le diocèse à effacer définitivement, dans un délai de 30 jours, toute mention de ce baptême sur le registre.


Cependant, chaque internaute pourra vérifier que ce monsieur a bien été baptisé en 1940 ... à moins que les nettoyeurs du net ne s'en chargent...