Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=615143

( 615143 )
Confirmation et Mariage par Quiquinette (2011-11-11 21:30:47)
l'Eglise demande-t-elle d'être confirmé pour recevoir le sacrement de mariage ?
est-ce une condition nécessaire, une recommandation .... ou autre ?
merci de m'éclairer

( 615146 )
Non Madame! par Miserere (2011-11-11 22:07:28)
[en réponse à 615143]
Ce sacrement n'est même pas obligatoire mais conseillé.
Bien à vous.
Miserere

( 615156 )
désolé... par utunumsint (2011-11-11 22:54:38)
[en réponse à 615146]
...mais l'Église demande que les futurs époux soient confirmés. Et s'ils ne sont pas confirmés, le prêtre peut les confirmer juste avant le mariage, avec bien entendu la délégation de l'évêque.
Je pense que cela tient, entre autre, au fait que la responsabilité de parents, éducateurs de la foi de leurs enfants, ne peuvent le faire convenablement que s'ils sont confirmés. On le voit notamment dans le cas des parrains et marraines. À plus forte raison pour des parents, non ?
Bien à vous !

( 615160 )
Canon 1065 par Lux (2011-11-11 23:21:30)
[en réponse à 615143]
La réponse est "oui".
Can. 1065 - § 1. Les catholiques qui n'ont pas encore reçu le sacrement de confirmation le recevront avant d'être admis au mariage, si c'est possible sans grave inconvénient.
Le mariage est un sacrement qui installe l'homme dans un état de vie ; il nécessite dont que les sacrements d'initiation aient été reçus.
Lux

( 615161 )
merci ! par utunumsint (2011-11-11 23:24:28)
[en réponse à 615160]
il me manquait juste cette précision canonique !
Que c'est bon d'avoir des gens bien documentés !

( 615175 )
J'ai trouvé une réponse typiquement "CEF" par Fatherjph (2011-11-12 03:33:51)
[en réponse à 615161]
Voici ce que dit le site du "Cybercuré"...
http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/mariage_conditions.htm#confirmé
3. Faut-il être confirmé pour se marier à l'église ?
En principe, il faut avoir reçu le sacrement de confirmation pour se marier à l'église. La confirmation donne les moyens de vivre pleinement le mariage. Le code de droit canonique demande que l’on n’admette pas au mariage des fiancés non confirmés sauf si il existe " un grave inconvénient " (canon 1065). - En France, ou la confirmation est conférée à l'adolescence, beaucoup de jeunes ne sont pas confirmés et il y aurait un grave inconvénient à exiger la confirmation. Cependant il serait souhaitable que la personne non confirmée profite de cette occasion pour préparer et recevoir la confirmation.
Il me semble que le Canon 1065 dit que les fiancés doivent être confirmés pour le mariage, sauf si la confirmation préalable est empêchée par "un grave inconvénient". Or, le Cybercuré semble dire qu'exiger la confirmation occasionnerait un "grave inconvénient", c'est le monde à l'envers...

( 615194 )
Confirmation et mariage par Père M. Mallet (2011-11-12 11:17:10)
[en réponse à 615175]
Le droit canonique laisse exprès une certaine marge d'appréciation.
Il est très vivement conseillé que les mariés reçoivent la confirmation (et même : "demandé", sauf cas de difficulté grave).
Cependant, souvent, les situations concrètes sont déjà extrêmement compliquées, avec des jeunes qui veulent se marier à l'église, mais qui n'ont pas pratiqué, ni même entendu parler du catéchisme, et qui souvent, en plus de cette ignorance, ne sont pas trop motivés (voire parfois presque hostiles au curé ; et cela sans toujours le dire ouvertement : en face, ils disent "oui, oui..." - et les parents vont faire un gros scandale auprès de l'évêque parce que le prêtre à dit telle ou telle chose sans avoir compris la réalité de ce couple...).
Il faut donc tout leur expliquer de a à z, le sens de la vie chrétienne, de la pratique religieuse, etc.; il faut aussi qu'ils se confessent (leur expliquer ce qu'est la confession, le regret, le ferme propos...).
Il faut les convaincre d'aller à la messe le dimanche pendant le temps de préparation (sinon, cela veut laisse supposer qu'ils n'ont pas l'intention de pratiquer après leur confession, et que cette confession serait presque certainement invalide).
Tout cela dans un climat parfois tendu, avec des motifs d'aller un peu vite (décision de se marier à la mairie à telle date, quitte à renoncer au mariage à l'Eglise ; bébé attendu, risques d'avortement...).
Alors si en plus on leur dit qu'il faut recevoir un autre sacrement avant, un peu difficile à comprendre, qui nécessite une préparation suffisante, ça risque d'être la goutte d'eau qui met le feu aux poudres.
Parce qu'il vaut mieux les engager sur un chemin de redécouverte, quitte à ce qu'ils s'engagent à recevoir la Confirmation un an après.
On ne peut pas leur conférer ce sacrement à la sauvette, sans préparation.
Bref, je ne suis pas du tout choqué par cette souplesse du Droit canonique, bien au contraire.

( 615231 )
Là n'était pas, je pense, le problème par Lux (2011-11-12 17:00:14)
[en réponse à 615194]
C'était l'interprétation faite par la CEF du droit canonique qui est assez fascinante. Les catholiques recevront le sacrement de confirmation "si c'est possible sans grave inconvénient". Ce n'est pas la même chose que de dire que "beaucoup de jeunes ne sont pas confirmés et il y aurait un grave inconvénient à exiger la confirmation". Ce n'est pas parce que les gens ne sont pas confirmés qu'il y a un grave inconvénient à les confirmer (propos débile) mais pour les cas que vous décrivez.
Et, même dans ce que vous décrivez, même si je pense que vous avez globalement raison, je vous trouve un peu laxiste. Le mariage catholique vaut pour les catholiques ; ce n'est pas une obligation. Or il est normal que les catholiques se confirment.

( 615234 )
Le canon 1065 en latin... par Père M. Mallet (2011-11-12 17:26:46)
[en réponse à 615231]
...est relativement souple : "recipiant" : qu'ils reçoivent.
Il ne dit pas : doivent recevoir, ni : "sous peine d'invalidité" ou "d'illicéité".
Certes, il est très, très souhaitable que les baptisés le reçoivent.
Mais pour le recevoir, il faut être bien disposé et bien préparé.
Et c'est là qu'il peut y avoir un problème.
Parce que dans la pratique, avec des gens qui n'ont jamais été au caté, c'est souvent un beau ***...
Et c'est pourquoi il y a une certaine souplesse, non pas pour tomber dans le laxisme, mais pour pouvoir agir au mieux des intérêts spirituels des fidèles, par exemple en obtenant l'engagement de recevoir la confirmation après le mariage.
Il arrive même que certains prêtres repoussent le baptême après le mariage pour certains cas (je ne dis pas qu'il faut le faire, c'est seulement pour des cas exceptionnels).
Enfin, comparer le c. 1065 au can. 1033 : "Seul est licitement promu aux ordres celui qui a reçu le sacrement de confirmation."
=/= Recipiantur : qu'ils reçoivent...
Le ton n'est pas du tout le même !
Ma position n'est donc nullement de favoriser le laxisme ou le laisser-aller, mais de tenir compte de la situation pour des cas exceptionnels.
De même qu'on a inventé les ABS. Avant, il fallait freiner suffisamment pour arrêter la voiture, mais pas trop fort pour éviter de perdre le contact entre les pneus et le macadam, auquel cas l'accident était certain. C'est ce que fait l'ABS.
Le prêtre doit à la fois garder le contact, et pousser suffisamment les fidèles dans la bonne direction.

( 615249 )
Repoussent le baptème après le mariage? par ptk (2011-11-12 18:54:33)
[en réponse à 615234]
écrivez vous, Père.
Peut-il y avoir sacrement de mariage catholique si les conjoints ne sont pas baptisés?
Can. 842 - § 1. Qui n'a pas reçu le baptême ne peut être validement admis aux autres sacrements.
Ou bien alors visez vous le cas où l'un des conjoints était baptisé et l'autre point?
respectueusement
ptk

( 615255 )
Baptême après mariage... par Père M. Mallet (2011-11-12 19:33:21)
[en réponse à 615249]
Bien sûr, je ne prétends pas que ce soit l'idéal, mais je sais qu'un (bon) prêtre l'a fait à plusieurs reprises à cause de situations particulières.
Par exemple, si on a de très forts soupçons sur le fait que l'intéressé demande le baptême uniquement pour se marier à l'Eglise, et que le temps est trop court pour une bonne préparation.
Actuellement, on demande quelques années (2 ou 3, je ne sais plus trop) de préparation pour un baptême d'adulte !
Il s'agira donc d'un mariage entre un(e) baptisé(e) et un(e) non-baptisé(e), mariage qui est valide mais non sacramentel, et tout à fait autorisé par l'Eglise.
Il deviendra sacramentel ipso facto à l'instant même du baptême.
Certes, c'est un peu boiteux, mais nous vivons dans un monde boiteux.
Ajoutons que les personnes ont un droit au mariage, droit naturel imprescriptible.
Ce droit doit être respecté.
Il passe avant d'autres considérations de droit humain.

( 615243 )
Vous m'avez compris, Lux... par Fatherjph (2011-11-12 18:31:10)
[en réponse à 615231]
Le problème n'est pas posé ici comme le présente le Père Mallet. Le vrai problème, c'est qu'une fois de plus, on en est venu à faire de l'exception un règle universelle. Le canon parle de "grave inconvénient" qui pourrait empêcher la confirmation (p.ex. les difficultés pastorales soulevées par le P. Mallet), mais commence par recommander celle-ci. Or, à quoi assiste-t-on? Très souvent lorsque l'un des fiancés déclare ne pas être confirmé, la réponse du prêtre est "cela ne fait rien, ce n'est plus obligatoire". Rares sont les prêtres qui proposent encore la confirmation préalable, même à des fiancés bien disposés. On a le même phénomène que la communion dans la main, l'usage du vernaculaire et bien d'autres choses.

( 615282 )
Des baptisés non chrétiens ! par Paterculus (2011-11-12 22:26:16)
[en réponse à 615243]
Lors d'une visite ad limina des évêques de l'Ouest de la France, lors de leur passage à la congrégation pour la doctrine de la foi, il a été question de l'admission des divorcés-remariés à la communion.
Le cardinal Ratzinger a fait remarquer qu'on avait à faire à des baptisés non-chrétiens, ce qui n'est pas prévu dans les Saintes Ecritures...
L'exigence de la confirmation avant le mariage, et la préparation de ces deux sacrements, serait une excellente occasion de mettre un peu de christianisme chez ces baptisés.
Le laxisme dans ce domaine tient sans doute en partie au flou qui s'est produit lors de la révision du code : on en a profité pour faire n'importe quoi, en pensant que le nouveau code serait très permissif, et on ne savait plus ce qui était encore valable de l'ancien.
Votre dévoué Paterculus

( 615198 )
En France par Wolverine (2011-11-12 11:54:32)
[en réponse à 615175]
Tout dépend par ce qu'on entend par "grave inconvénient"
cela n'autorise pas tout et je pense qu'en France ou dans des pays où les catholiques ne sont pas condamnés à mort ou ne subissent pas de fortes pressions sociales (notamment), il est difficile de trouver un "grave inconvénient" valable

( 615259 )
merci pour toutes ces réponses par Quiquinette (2011-11-12 20:12:45)
[en réponse à 615143]
précises et claires