
( 614976 )
Benoît XVI, irrité, verrouille la curie... par jejomau (2011-11-10 14:38:21)
Récemment nous relations la sortie d'un
document plus qu'original pondu par "le Conseil Pontifical Justice et Paix" et intitulé : "
Pour une réforme du système financier et monétaire international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle" dans lequel on prônait la nécessité de constituer une
Autorité politique mondiale à dimension planétaire : "
Seul un esprit de concorde, qui surmonte les divisions et les conflits, permettra à l’humanité d’être véritablement une seule famille, jusqu’à concevoir un monde nouveauavec la constitution d’une Autorité publique mondiale, au service du bien commun".
Le cardinal Bertone est intervenu récemment pour verrouiller désormais la curie. "
Désormais tout nouveau texte du Vatican devra obtenir l'autorisation du cardinal avant d'être publié" par l'Osservatore Romano. Le document relatif à la crise financière mondiale publié dix jours plus tôt par le conseil pontifical Justice et Paix est un document qui a"
déconcerté beaucoup de gens, au Vatican et ailleurs". Outre le fait que les idées exprimées sont un peu incongrues, ce qui a le plus irrité réside dans le fait que ce dossier "
est en contradiction flagrante avec l'encyclique "Caritas in veritate" de Benoît XVI".
Ainsi Sandro Magister souligne que: "
Dans son encyclique, le pape ne fait pas du tout appel à une "autorité publique à compétence universelle" pour la politique et l’économie, c’est-à-dire à cette espèce de grand Léviathan, inventé on ne sait ni comment ni par qui, dont le document du 24 octobre parle si favorablement. Dans "Caritas in veritate" le pape parle plus justement de “governance" (c’est-à-dire de réglementation, en latin "moderamen") de la mondialisation, à travers des institutions subsidiaires et polyarchiques. Cela n’a rien à voir avec un gouvernement monocratique du monde"
LIEN

( 614984 )
Pour moi, le mot "gouverrnance" par Halleluia (2011-11-10 16:35:31)
[en réponse à 614976]
rappelle le mot "gouverner", gouvernement".
Il y a manière et manière de gouverner, soit de diriger un pays. On peut le diriger par la force, par la dictature, ou bien par le biais d'institutions subsidiaires sous contrôle permanent de l'Etat,
Celui qui gouverne, c'est celui qui dirige, donc qui domine et prend les décisions importantes.
Le peuple lui, ne gouverne rien du tout ! Il se contente d'élire aujourd'hui des têtes qui, qu'elles soient de gauche ou de droite (toutes mouvances confondues) s'occupent plutôt de leurs propres intérêts que de ceux du peuple !
Les délocalisations en sont une illustration magnifique : nos emplois sont partis en Chine et dans d'autres pays européens !
Une autorité publique pour moi c'est pareil . Qui dit autorité dit obéissance pour ceux qui sont sous la gouvernance de cette autorité et dépendent d'elle !
Le Ministère de l'Education Nationale est une autorité publique d'Etat ! Les enseignants et les élèves doivent se soumettre aux exigences de cette autorité : c'est à dire accepter l'enseignement dispensé dans ses écoles, accepter le contenu des manuels scolaires, les enseignants etc... sinon c'est l'exclusion.
Les institutions subsidiaires et polyarchiques sont de facto soumises à l'autorité de l'Etat.
Les associations loi 1901 ou 1905 sont régies par des lois issus de la gouvernance centrale d'Etat ! Il y a des conventions collectives au sein de chaque association mais l'Etat a bien l'oeil sur elles aussi bien en matirèe de fiscalité que de développement !
Or dans la mondialisation, l'Etat c'est qui ? C'est le groupe G20, Bilderberg et Cie ! Et chaque institution subsidiaire dépend doublement à la fois de l'Etat où elles ont été créées et à la fois des monstres du G20, OTAN, ONU et Cie !
Le Vatican essaye de noyer le poisson pour faire croire qu'ils ne favorisent pas un gouvernement mondial, mais c'est sans compter sur le fait que beaucoup de catholiques ne sont nés de la dernière pluie et voient en pleine lumière le désastre des fruits pourris de la Révolution dans l'Eglise !

( 615026 )
gouvernance en effet par Luc Perrin (2011-11-10 22:53:52)
[en réponse à 614984]
est fréquemment utilisé dans les instances supranationales et dans les rencontres internationales pour définir une forme - non démocratique - de gouvernement. On l'emploie beaucoup dans le domaine économique et financier : ainsi on réclame une "gouvernance" de la zone euro qui exclut ... les référendums comme on vient de le voir.
Maintenant le terme est très flou, a une grande plasticité et s'applique tout autant à une coopération inter-étatique comme cela se voit dans des organismes comme l'ONU ou l'OMC. La "gouvernance" n'est pas une forme classique, constitutionnelle, devant rendre des comptes, de gouvernement : les 2 mots ne se recoupent pas complètement.
Dans l'Église, les Conférences épiscopales tentent d'imposer une "gouvernance" mais le gouvernement appartient à chaque évêque, aux supérieurs religieux et de manière ultime au pape.
Il me semble que c'est ce second sens qu'appuyait le pape dans son encyclique Caritas in veritate de 2009 à laquelle S. Magister renvoie.
Sur le fond, si la Curie était "contrôlable", cela se saurait ... déjà le P. Lombardi sj avait fait en 2009 de grandes déclarations à ce sujet. Cela est d'autant plus incontrôlable que les divers dicastères et conseils sont peuplés de gens aux orientations parfois très divergentes et, dans certains cas, ouvertement opposées à celle du pape qui pourtant ... les a nommés. Ces clivages internes ne sont pas une nouveauté au demeurant, s'ils sont plus flagrants aujourd'hui, cela tient aussi d'une part à l'effritement de la romanité et, d'autre part, à une médiatisation/exposition bien plus grande.