Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=614903

( 614903 )
A (re)lire : les Lettres de Sainte Catherine de Sienne. par Scrutator Sapientiæ (2011-11-09 22:05:10)
Rebonsoir,
Je suis "tombé" dessus aujourd'hui par hasard ; peut-être ne suis-je pas le premier à recommander, à toutes fins utiles, une telle (re)lecture, ce dont je vous prie de bien vouloir m'excuser.
Je "ne sais pas" pourquoi, mais en parcourant ce midi le tome 1, j'ai pensé à l'époque actuelle, que ce soit sur le plan religieux ou sur le plan politique.
A) "Les Lettres, 1 - Lettres aux papes Grégoire XI et Urbain VI, aux cardinaux et aux évêques", par Catherine de Sienne
Editions du Cerf - Collection « Sagesses chrétiennes »
" Premier recueil d'une série qui rassemblera, en sept volumes, l'intégralité de la correspondance de Catherine de Sienne, ces « Lettres aux papes, aux cardinaux et aux évêques » révèlent d'emblée, par leur ton et leur style uniques, la personnalité de cette femme étonnante : la liberté et l'assurance avec lesquelles elle s'adresse à ses interlocuteurs tout en respectant leurs fonctions, sa détermination au service de la paix et de la réforme de l'Église. Le pape Urbain VI disait d'elle à ses collaborateurs : « Cette petite femme nous fait honte à tous. Nous tremblons et la voilà ferme et tranquille. » "
B) "Les Lettres, 2 - Lettres aux rois, aux reines et aux responsables politiques", par Catherine de Sienne
Editions du Cerf - Collection « Sagesses chrétiennes »
" Dans ce deuxième recueil ont été rassemblées les lettres que Catherine de Sienne a adressées aux souverains de son époque — depuis le roi de France, Charles V, jusqu'à la célèbre reine Jeanne de Naples — ainsi qu'aux responsables politiques de plusieurs cités italiennes, à des personnes privées, comme son disciple Nicolas Soderini, et à l'un ou l'autre « chef de guerre », comme le célèbre et cruel « condottiere » anglais John Hawkwood.
Les grandes causes ecclésiales et politiques que Catherine défendit avec ténacité et liberté traversent ces lettres : en premier lieu, la paix et, par la suite, tout ce qui peut y contribuer, le retour à Rome du pape, la proclamation d'une croisade, la réforme de l'Église, l'exercice de la justice. Dans chaque lettre, elle invite son interlocuteur à prendre ses responsabilités et l'ensemble de cette correspondance offre une « doctrine sociale » simple et sûre, utile pour tous ceux qui, dans l'Église ou dans la société, ont à gouverner.
Si Catherine se révèle une grande messagère de la paix qui n'a mesuré ni sa voix ni son temps pour œuvrer contre la guerre, pour agir en ambassadrice (entre Florence et la papauté, par exemple), elle se montre aussi, après 1378 et le début du grand schisme, meurtrie et vulnérable, impuissante malgré ses démarches et ses cris, devant cette division qui traverse toute la chrétienté européenne et qui déchire son cœur. "
Bonne réception, bonne lecture, bonne soirée.
Scrutator.

( 614906 )
Lien par Véronique (Lala) (2011-11-09 22:17:53)
[en réponse à 614903]

( 615351 )
Vraiment merci beaucoup - S'offrir, souffrir, s'ouvrir. par Scrutator Sapientiæ (2011-11-13 17:56:59)
[en réponse à 614906]
Bonsoir Véronique (Lala),
Je vous remercie vivement, en réponse à votre message, et pour le lien judicieux que vous y avez inséré.
S'offrir à Dieu, souffrir pour Dieu, s'ouvrir sur Dieu : il me semble que cette conception sacrificielle de la sainteté, que l'on trouve, entre autres saints, chez Catherine de Sienne, est située aux antipodes d'une certaine conception, contemporaine, "solidariste" ou "sympathisante" de la sainteté.
Je vous souhaite une bonne fin de dimanche, un bon début de semaine, ainsi qu'une excellente continuation.
Scrutator.

( 615680 )
Cher Scrutator Sapientiæ par Véronique (Lala) (2011-11-16 16:06:07)
[en réponse à 615351]
Il faut que l'âme sache reconnaître pourquoi et comment elle accepte de souffrir.
On peut souhaiter se flagéller par exemple, mais il faut faire attention que cela ne soit pas de l'orgueil.
Ceci dit, lorsque l'âme est déjà avancée sur le chemin spirituel, Dieu peut la faire pénétrer dans le mystère de ses souffrances sur la Croix, ainsi, l'âme est invitée, et non obligée, à s'offrir en victime afin de s'unir au Christ.
Par ce moyen, Dieu se sert de l'âme pour en racheter d'autres.
Ceci a déjà existé et existe toujours.
Souffrir d'amour... tout au sens mystique.
Fraternellement
Véronique

( 615881 )
Je ne sais plus qui a dit : par Glycéra (2011-11-17 23:08:04)
[en réponse à 615351]
Pour servir Dieu,
pour aimer et servir son prochain,
travailler est efficace,
prier est bien plus utile...
mais la seule vraie manière est de savoir souffrir.
Question annexe, je viens de lire
La souffrance c'est la privation d'un bien, ou bien la conscience de nos limites.
Qu'en pensez-vous ?
Je l'ai pensé assez fine.
Car cela nous sort de la confusion entre douleur et souffrance.
Cela nous montre aussi que la souffrance cesse au Ciel, là où toutes les infinitudes nous seront données, partagées avec Dieu et avec autrui.
Quand je lis que la souffrance est déjà dans une privation ou dans le carcan de nos limites, je comprend mieux qu'on puisse désirer souffrir, pour partager la vie de jésus, venu dans les limites de l'humanité, pour notre sauvetage, pour dilater nos âmes, et nous offrir un corps glorieux.
Il me semble qu'alors on peut comprendre nos limites comme un don, un mode d'exercice pour mériter de recevoir l'éternité heureuse.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra