
( 614428 )
Complément éclairant : le discours de Benoît XVI, en fin de journée, à Assise. par Scrutator Sapientiæ (2011-11-06 13:58:00)
[en réponse à 614422]
Bonjour à vous tous,
Voici :
JOURNÉE DE RÉFLEXION, DIALOGUE ET PRIÈRE POUR LA PAIX ET LA JUSTICE DANS LE MONDE "PÈLERINS DE LA VÉRITÉ, PÈLERINS DE LA PAIX"
CONGÉ DU PAPE BENOÎT XVI
Assise, Place Saint-François - Jeudi 27 octobre 2011
" Eminents hôtes, chers amis,
Au terme de cette intense journée, je désire vous remercier tous.
Ma profonde gratitude s’adresse à ceux qui ont rendu possible la rencontre d’aujourd’hui.
Nous remercions en particulier celle qui, une fois de plus, nous a accueillis : la ville d’Assise, la communauté de ce diocèse avec son évêque, les fils de saint François, qui conservent le précieux héritage spirituel du Poverello d’Assise.
J’adresse également mes remerciements aux nombreux jeunes qui ont accompli le pèlerinage à pieds de Sainte-Marie-des-Anges pour témoigner de la façon dont, parmi les nouvelles générations, nombreux sont ceux qui s’engagent pour surmonter les violences et les divisions, et être des promoteurs de justice et de paix.
L’événement d’aujourd’hui est l’image de la façon dont la dimension spirituelle est un élément clé dans l’édification de la paix.
A travers cet unique pèlerinage, nous avons pu nous engager dans un dialogue fraternel, approfondir notre amitié et nous unir en silence et en prière.
Après avoir renouvelé notre engagement à la paix et avoir échangé le signe de la paix les uns avec les autres, nous nous sentons engagés encore plus profondément, avec tous les hommes et les femmes des communautés que nous représentons, dans notre pèlerinage humain commun.
Nous ne nous séparons pas ; nous continuerons de nous rencontrer ; nous continuerons d’être unis dans ce pèlerinage, dans le dialogue, dans l’édification constante de la paix et dans notre engagement en vue d’un monde meilleur, un monde dans lequel chaque homme, chaque femme et chaque peuple peut vivre en accord avec ses propres aspirations légitimes.
De tout cœur, je vous remercie tous pour avoir accepté mon invitation à vous rendre à Assise comme pèlerins de la vérité et de la paix et je salue chacun de vous à travers les paroles de saint François : que le Seigneur vous accorde la paix — « Que le Seigneur te donne la paix ». "
...Nous nous sentons engagés encore plus profondément, avec tous les hommes et les femmes des communautés que nous représentons, dans notre pèlerinage humain commun...(?)
...Nous continuerons d’être unis (...) dans notre engagement en vue d’un monde meilleur, un monde dans lequel chaque homme, chaque femme et chaque peuple peut vivre en accord avec ses propres aspirations légitimes...(?)
...Je salue chacun de vous à travers les paroles de saint François : que le Seigneur vous accorde la paix — « Que le Seigneur te donne la paix »...(?)
Bonne réception, bonne lecture, bon dimanche.
Scrutator.

( 614475 )
Urgence absolue : (re)mettre le dialogue au service de l'annonce. par Scrutator Sapientiæ (2011-11-06 21:14:24)
[en réponse à 614431]
Bonsoir Introibo,
Ce qui suit n'est pas précisément une réponse à votre question, à propos de laquelle j'espère que ce n'est pas un mensonge fondateur rétrospectif, idéologico-justificateur, qui serait susceptible d'être à l'origine de l'assimilation éventuelle de l'esprit d'Assise à l'esprit de Saint François ; en l'occurrence, je ne pense pas ici à Benoît XVI, mais à tous ceux qui veulent donner une assise supplémentaire à l'esprit du même nom, en faisant de Saint François "un élément précurseur".
Ce qui suit n'est qu'un renvoi au document Dialogue et Annonce, document moins connu et plus équilibré que d'autres, et qui comporte toute une partie, la partie centrale du document, consacrée à l'annonce.
Dialogue et Annonce
Ce document date de 1991, mais j'ai l'impression,
- d'une part, qu'il n'a presque jamais été mis en oeuvre, pris en compte, dans sa partie, la plus courageuse, consacrée à l'annonce ;
- d'autre part, qu'il a été victime d'un dépassement dialectique : oui à l'annonce, mais oui à l'annonce de la présence de valeurs quasiment christiques dans chacune des grandes religions (il y en a donc qui sont petites), donc oui à l'annonce et au partage de ces valeurs.
Je vous souhaite, à vous-même et à tous ceux qui liront le présent message, une bonne réception et une bonne lecture de ce document.
Une chose est sûre : Assise 2011 constitue une assez bonne illustration, en ce qui concerne les mérites et les limites de la mise en forme puis en oeuvre de l'herméneutique du renouveau dans la continuité ; j'ai toujours pensé que cette herméneutique portait en elle une part de "révisionnisme"
- réconciliateur, entre les diverses tendances du catholicisme,
- rectificateur de la trajectoire magistérielle post-conciliaire.
Cette révision est nécessaire, mais n'est pas et ne sera pas suffisante, non pas compte tenu de mes critères personnels, mais bien au vu du recentrage qui s'opère,
- qui est peut-être en voie d'achèvement, plus ou moins lent et long,
mais
- qui est encore, actuellement, inachevé, notamment sur cette question de la cause finale, de la motivation principale, du dialogue, des rencontres, avec des représentants, responsables, ou membres, des religions non chrétiennes.
Scrutator.

( 614522 )
[réponse] par Introibo (2011-11-07 10:52:25)
[en réponse à 614475]
Bonjour Scrutator, merci pour votre longue réponse.
- Ce document n'a pas été vraiment mis en avant depuis 20 ans, c'est certain.
- On est dans l'hégélianisme en effet : en l'occurence, c'est thèse (Mortalium animos) - antithèse (Assise avec le Bouddha) - synthèse ... ?
Il y a du "révisionnisme" dans cette "herméneutique" certes. Mais pourquoi s'employer à ce jeu ? Pie XI a parlé et il me semble (je me trompe sûrement alors) que Mortalium animos est très claire sur les réunions inter-religieuses. Je cite :
De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée.....
Vous comprenez, Vénérables Frères, combien nous souhaitons cette union. Nous désirons que Nos fils le sachent aussi, non seulement ceux qui appartiennent à l'univers catholique, mais aussi tous ceux qui sont séparés de nous. Si, par une humble prière, ces derniers implorent les lumières célestes, il n'est pas douteux qu'ils ne reconnaissent la seule vraie Église de Jésus-Christ et qu'ils n'y entrent enfin, unis à Nous par une charité parfaite
Ca se passe quand même de discussion...
Si l'on veut penser que Rome veut faire de la diplomatie, on peut bien sûr dire qu'il y a "rectification de la trajectoire", mais il faudra / faudrait que le texte de Pie XI soit ressorti de la poussière...
Tout à fait d'accord ! la "cause finale" est la paix ? ça peut être la paix du Christ comme la paix maçonnique de l'O.N.U. Quant aux rencontres elles-mêmes, on ne peut pas dire qu'elles soient efficaces, à court ou moyen terme.
Je pense vraiment qu'on essaye de récupérer Saint François pour en faire un propagandiste de l'oecunémisme. Ce qui, venant de Rome ou des fils de Saint François, est à la limite de l'escroquerie...
In Xo.

( 614609 )
De quelques mots choisis pour désigner la chose. par Scrutator Sapientiæ (2011-11-08 07:49:47)
[en réponse à 614522]
Bonjour et merci à Introibo,
Voici les quelques mots auxquels je pense, merci beaucoup de me dire si vous les trouvez appropriés et proportionnés, pour rendre compte de la substance même de la mentalité dont il est question ici.
1. Antagophobie : détestation, par principe, non seulement de tout conflit sanglant et violent, mais aussi de tout antagonisme doctrinal, spirituel, pastoral, en l'occurrence en matière religieuse, même quand l'explicitation d'un antagonisme a pour origine ou pour conséquence la révélation ou le rappel d'une vérité première.
2. Irénolâtrie : amour de la paix, par principe, mais aussi adoration de l'irénisme, mise en scène, voire mise en cène, de cette adoration de l'irénisme, annoncée, diffusée, partagée, propagée, par localisation et ritualisation "liturgiques".
3. Conception et déploiement d'une intention, d'une volonté et d'un horizon de sagesse situés par delà le vrai et le faux en matière religieuse.
4. Assimilation du fait qu'il existe plusieurs religions à un polymorphisme religieux, à peu près consensuel et plus ou moins exhaustif,
- hétérogène, dans ses formes, multi-confessionnelles, pluri-traditionnelles,
- homogène, dans son fond : une "monovalence" sapientielle et / ou spirituelle.
5. Considération de chaque religion ou tradition
- comme une approximation ascendante, commune à toutes les religions, par émanation, d'origine humaine, de la vérité montant vers Dieu
et non
- comme une exactitude descendante, propre à la seule vraie religion, par inspiration, d'origine divine, de la vérité descendant de Dieu.
6. Croyance selon laquelle
- la plus petite dénomination possible de la vérité divine commune à toutes les religions et traditions, voire à l'areligion,
serait équivalente à / génératrice de
- la plus grande multiplication possible de la charité humaine commune à tous les croyants et non croyants.
7. Exposition à un risque de sécularisation de la notion de pèlerinage, qui plus est avec le sous-entendu selon lequel tous les itinéraires confessionnels et traditionnels, tous les chemins sapientiels et spirituels, doivent pouvoir mener, non à Rome, mais à l'Homme, non explicitement au Christ, mais implicitement à Dieu.
8. Exposition à un risque d’oubli de la primauté de l’auto-manifestation divine,
- avant tout au moyen du Logos divin, Créateur et Rédempteur,
et non
- avant tout à travers l’éthos humain, même animé, éclairé, inspiré, orienté, unifié, par ce courant « fraternitaire universel ».
9. Euphémisation ou minimisation des divergences doctrinales et religieuses et euphorisation ou maximisation des convergences « pastorales » et « spirituelles ».
10. Mise en avant, en forme et en œuvre d’une « altéronomie », c’est-à-dire d’une normativité construite à partir de l’amplitude maximale donnée à l’ouverture
- sur l’autre, le non catholique, le non chrétien, le non croyant
Et
- sur l’estime de ses convictions (a)religieuses, de ses croyances (a)spirituelles,
cette ouverture étant considérée comme le moyen d’accès optimal au nomos humain commun à tous les êtres humains.
11. Bien entendu, le risque que l’on passe de l’altéronomie à l’altéropraxie, mais aussi à l’altérodoxie, est couru, si j’ose dire, dans la même foulée : Mgr Vingt-Trois ne dit pas autre chose, sauf qu’il y voit non un risque, mais une chance, quand il dit, en substance, que, grâce au dialogue interreligieux, il est possible d’exhorter les musulmans (non, bien sûr, à la conversion au christianisme), mais à l’adoucissement, à la purification, de leur propre religion.
12. A la limite,
- l’exigence de solidarité spirituelle interreligieuse, entre les différentes populations de croyants, entre toutes les religions,
l’emporte ici sur
- l’exigence de solidarité doctrinale intrareligieuse, entre les différentes générations de croyants, au sein d’une même religion.
13. La conséquence potentielle de toute cette climatisation par induction thermique, c’est l’hébétude, l’endormissement ou l’engourdissement des aptitudes et des aspirations intellectuelles, en l’occurrence dans le domaine de l’analyse critérisée des doctrines religieuses non chrétiennes, de leurs mérites ET de leurs limites.
14. C’est en effet
- le sentiment en direction des personnes qui risque fort de se substituer au jugement en direction des doctrines
- la vocation au dialogue qui risque fort de se substituer à la vocation à la conversion.
15. Pour terminer ce message sur une note un peu "technique", je dirai qu’il y a ici, dans toute cette affaire, un risque d’assimilation
- d’une inspiration d’origine bio-cosmologique : la vie du monde
- à une inspiration pneumato-théologique : l’Esprit de Dieu.
Nous sommes ici en présence d’un jeu de mots que je crois riche de sens : le "digne" du temps, la "ligne" du temps, le "signe" du temps, la "vigne" du temps, c’est le dialogue interreligieux "ouvert" donc potentiellement "fécond", ce qui laisse entendre, à la limite, que le dialogue entre l’homme et Dieu, au sein de ce qui est, du point de vue surnaturel et théologal, et non psychologique et sociologique, la seule vraie religion, est en fait un monologue, sinon égoiste, du moins insulaire, qui risque d'enfermer ou d'isoler, car il est potentiellement "fermé" donc potentiellement "stérile".
Pour toutes ces raisons, il devient urgent, et je suggère que l’on envisage sérieusement, de passer
- de la notion de tradition vivante, souvent comprise, à tort, pour des raisons de jure, mais à raison, pour des raisons de facto, en tant que tradition changeante et mouvante,
- à la notion de tradition ouverte, ouverte sur toutes les autres religions et traditions.
La "foi en la paix" du non catholique va-t-elle devenir « la route de l’Eglise » ?
Bonne journée.
Scrutator.
PS : Entendons-nous bien : je ne m'en prends ici pas à une ni à des personnes, mais à un état d'esprit, que je n'attribue, dans sa globalité, à aucune personne, en particulier, mais que je me suis efforcé de décrire, de la manière la plus complète et la plus précise.

( 614829 )
Me voilà... par Introibo (2011-11-09 15:42:58)
[en réponse à 614609]
en état de vous lire.
1. Entièrement d'accord. Pas de conflit, pas de vague, pas de discussion même quand la vérité est en jeu.
2. Idem. Amour de la paix, d'où qu'elle vienne : même du Prince de ce monde.
3. Idem. La sagesse ainsi constituée n'est plus religieuse : c'est une simple "philosophie", un "état d'esprit".
4. Idem. Toutes se valent, aucune ne doit dépasser. Un véritable égalitarisme républicain.
5. Idem. C'est donc du modernisme ("Pascendi") puisque le sentiment religieux monte des hommes vers un Dieu qu'ils s'inventent. C'est le refus de la révélation. Donc hérésie.
6. Idem. Puisque les athées sont conviés à Assise, on se demande bien si l'athéisme n'est pas devenu une religion... Et donc, on se réunit fraternellement à Assise puisqu'on est tous au même niveau. On ne condamne pas les fausses religions puisqu'elles ont toutes une part de bon.
7. Idem. De sorte que l'on revient à l'erreur monumentale de Paul VI : nous aussi, nous avons le culte de l'homme. Venant d'un Pape, cela fait peur. Et ses successeurs ont navigué sur cette voie.
8. Idem. Rien à dire !!
9. Idem. Peut-être est-ce dû au caractère "pastoral" et non "dogmatique" du dernier concile...
10. Idem. J'ajoute que cette tendance d'ouverture à l'autre (forcément non chrétien) s'accompagne, depuis 40 ans, d'une fermeture envers les fidèles. On peut choisir plusieurs exemples douloureux pour lesquels la Rome actuelle n'a pas encore "demandé pardon" - ce qui était un leitmotiv du précédent règne...
11. Idem. Je prends un exemple, parce que j'ai lu le livre... Il s'agit des textes du Chanoine Maurice Tornay, mort martyrisé par les lamas en 49. Point d'oecuménisme (Pie XI l'avait défendu !), pas de dialogue avec l'erreur mais la présence du missonnaire en terre païenne, la vie menacée constamment par ces diables de lamas. Résultat : le martyre. Et les Excellences post-conciliaires ? Dialogue, serrement de mains et tutti quanti ! La voie opposée. Jusqu'à présent, aucune de ces fausses religions n'a été adoucie, pacifiée, purifiée etc... Eux restent sur leurs positions et les chrétiens courent dans le mur.
12. Idem. On prête l'église pour les protestants mais on refusait des obsèques selon le rite romain.
13. Idem. Et même l'endormissement tout court : combien de pratiquants dans les paroisses "ordinaires" ? combien de jeunes, une fois confirmés, assistent encore à la messe ? ...
14. Idem. D'où la vague de popularité envers le dalaï lama et les attaques contre le Pape quand il défend la foi ou la morale (puisque les autres domaines ne relèvent pas de son infaillibilité). D'où le caractère spectaculaire des conversions actuelles (de l'islamisme ou de l'anglicanisme, d'ailleurs).
15. Idem.
Quant au passage de la "tradition vivante" à la "tradition ouverte", il faudrait d'abord restaurer tout simplement la foi, qui a souffert depuis longtemps.
In Xo.

( 614479 )
Une certitude : saint François d’Assise... par Vianney (2011-11-06 21:33:11)
[en réponse à 614431]
...jugeait comme un
grave devoir pour les chefs d’État de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour la soumission de leur peuple au Dieu tout-puissant :
“Et parmi le peuple qui vous a été confié, rendez un tel honneur au Seigneur que, chaque soir, par un héraut ou par un autre signal, il soit annoncé à tout le peuple qu’il a à rendre louanges et grâces au Seigneur Dieu tout-puissant. Et si vous ne faites pas cela, sachez que vous devrez en rendre compte au jour du jugement devant le Seigneur votre Dieu, Jésus-Christ.”
Source : François d’Assise,
Lettre aux chefs des peuples, Sources chrétiennes n° 285, p. 261.
On est donc très loin des “religions” panthéistes ou polythéistes qui ont été invitées à Assise. La lettre de saint François ne s’adressait d’ailleurs pas exclusivement aux princes chrétiens. Chesterton raconte (
Saint François d’Assise, Plon 1925, p. 192) que, lors de son séjour au camp des croisés à Damiette, le saint s’avança solitaire vers le quartier général des Sarrasins :
Il réussit à obtenir une entrevue avec le Sultan, et c’est évidemment dans cette entrevue qu’il offrit de se jeter dans le feu — qu’il s’y jeta effectivement, disent certains — en manière d’épreuve divine, mettant les prêtres musulmans au défi d’en faire autant. Il est absolument certain qu’il l’eût fait sur-le-champ. En vérité se jeter dans le feu était à peine plus téméraire que de se jeter parmi les armes et instruments de torture d’une horde de Mahométans fanatiques en leur demandant d’abjurer Mahomet.
Certes, il y avait bien là une forme d’émulation entre religions monothéistes, mais toute la différence est que François
laissait le dernier mot à Dieu, alors que la mentalité actuelle encourage les hommes à juger par eux-mêmes, comme si le péché originel était sans conséquences sur leur intelligence et leur volonté !
Toujours est-il que, suivant Johannes Joergensen qui fait allusion au même épisode, le “commandeur des Croyants” ne semble pas avoir mal pris la proposition et se borna à “renvoyer l’audacieux évangéliste en lui disant amicalement : « Prie pour moi, afin que Dieu me révèle la religion qui lui est le plus agréable ! »” (
Saint François d’Assise, sa vie et son œuvre, Perrin 1927, p. 307).
V.