Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=613880
images/icones/mitre4.png  ( 613880 )Un dominicain devient évêque de Fribourg en Suisse par Paterculus (2011-11-02 20:36:15) 

C'est annoncé ici et .

Il s'agit du R. P. Charles Morerod, jusqu'ici recteur de l’Université pontificale S. Thomas d’Aquin, l’Angelicum, à Rome.

C'est une bonne nouvelle qu'un thomiste soit l'évêque de cette ville où dans l'université cantonale catholique la faculté de théologie a pour grand chancelier le Maître Général des dominicains.

De nombreux prêtres français ont été formés au XXème siècle dans cette université : au moment des persécutions et de la rupture du concordat, des maisons religieuses de formation s'étaient établies là et ont continué ensuite. A partir de la fin des années soixante, la pagaille dans les séminaires français a conduit plusieurs dizaines de Français non religieux à chercher là une doctrine thomiste, et c'est en parallèle à ce mouvement que Monseigneur Lefebvre est venu en Suisse : à Fribourg d'abord, à Ecône ensuite.

Ajoutons que le canton de Fribourg a toujours eu des liens avec la France. L'université, par exemple, née à la fin du XIXème siècle quand les cantons catholiques voulaient se relever de la défaite du Sonderbund, a été soutenue par la république française.

Ceux qui connaissent le chant "Là haut sur la montagne" en ignorent généralement l'origine. Il a été composé par un chanoine fribourgeois au moment de la défaite française de 1940 : le chalet reconstruit, c'est la France : cette chanson est un acte d'amour et d'espérance en notre pays. A la même époque, les éditions LUF (Librairie Universitaire de Fribourg) ont édité une collection d'auteurs français sous le titre "Le cri de la France" : on y trouvait par exemple du saint Bernard.

La déchristianisation de tout l'Occident a hélas gagné ce beau canton qui avait pourtant bien mérité de l'Eglise. Souhaitons au nouvel évêque de savoir mener à bien la tâche de la nouvelle évangélisation dans son diocèse.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/iphone.jpg  ( 613890 )Une bonne nouvelle par Nemo (2011-11-02 21:22:57) 
[en réponse à 613880]

Je ne vais pas être seul à m'en réjouir !
images/icones/1b.gif  ( 614013 )c'est certain par Luc Perrin (2011-11-03 23:12:48) 
[en réponse à 613890]

mais quelle rude tâche dans une Église suisse en perdition et avec un cadre légal très difficile qui tend à ruiner l'autorité de l'évêque.

Accepter une telle charge en voulant être pleinement un évêque catholique revient à porter une lourde croix bien plus lourde que la croix pectorale.

Ad multos annos Monseigneur.
images/icones/1a.gif  ( 613901 )Bienvenue au nouvel Evêque de Fribourg! par Murof (2011-11-02 22:20:53) 
[en réponse à 613880]

Bienvenue au Père Morerod dans le diocèse de Lausanne, Fribourg et Genève
Merci à Paterculus pour ses précisions sur l'Université de Fribourg (dans laquelle j'étudie) et sur l'origine du chant "le Vieux Chalet" que tout le monde connait ou devrait connaître...
Pour un portrait de Père Morerod voir
images/icones/neutre.gif  ( 613903 )Oups le lien n'a pas fonctionné..désolé par Murof (2011-11-02 22:22:57) 
[en réponse à 613901]

ici
images/icones/bravo.gif  ( 613944 )Une nomination de « restauration » par La mouche du coche (2011-11-03 13:56:08) 
[en réponse à 613901]

Une nomination de « restauration »: Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Fribourg, Genève
3 novembre 2011 par : Vini Ganimara Osservatore Vaticano

Le P. Charles Morerod, dominicain, Suisse de langue française, après beaucoup de craintes et hésitations, a accepté à la demande du Pape de devenir évêque de Lausanne, Fribourg, Genève. C’est en effet presque une mission-suicide qu’accepte ce proche de Benoît XVI, tant l’état doctrinal et disciplinaire de l’Église de Suisse est désastreux. Le Pape espère que le P. Morerod pourra remplir en ce pays le rôle que trop faible cardinal Schönborn n’a pas su jouer dans l’Autriche voisine.

Charles Moredod, originaire de Gruyère, est issu d’une famille mixte catholique et protestante. Polyglotte, il enseigne en italien, parle très couramment l’allemand et l’espagnol. Sa parfaite maîtrise de l’anglais, et de fréquents séjours aux États-Unis font que son univers habituel, avant de prendre de hautes fonctions à l’Université de l’Angelicum, à Rome, était le monde anglophone. Il a fait son noviciat et ses études à Fribourg, en Suisse (la Rome helvétique, dont il devient l’évêque, mais où l’atmosphère n’est plus très romaine, notamment dans la communauté dominicaine), puis à Rome.

Sa thèse de doctorat, présentée à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg, portait sur l’un des plus grands commentateurs de Thomas d’Aquin, Cajetan, qui avait été chargé par Léon X de remettre Luther sur le bon chemin de la foi : Cajetan et Luther en 1518 (Éditions universitaires de Fribourg, 1994). Thème de fond : le dialogue œcuménique ne peut faire abstraction d’un dialogue philosophique, le luthéranisme s’expliquant notamment par une philosophie nominaliste.

Après avoir enseigné la théologie, il a été nommé doyen de la faculté de philosophie à de l’Université Saint-Thomas d’Aquin, l’Angelicum à Rome, tout en étant rédacteur de l’édition française de la revue Nova et Vetera, fondée par le cardinal Journet, auquel a succédé le cardinal Cottier, dominicain comme lui. C’est un proche de ce dernier, qui fut « théologien du Pape ». De fait, le P. Morerod est devenu un parfait représentant de la théologie romaine classique actuelle.

Sa « carrière » a commencé par le dossier sur l’anglicanisme que lui avait confié Mgr Bertone, alors Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, au nom du cardinal Ratzinger, qui avait remarqué ses articles et écrits en faveur d’un « recentrage » de l’œcuménisme. Dans le plus important de ses ouvrages, Tradition et unité des chrétiens. Le dogme comme condition de possibilité de l’œcuménisme (Parole et Silence, 2005), le P. Morerod montre que la différence fondamentale entre catholiques et protestants est à rechercher d’abord dans la philosophie et, en second lieu seulement, dans la théologie. La pointe de son ouvrage est d’affirmer que, paradoxalement, c’est le dogme qui rend possible un vrai œcuménisme.

Il a aussi écrit un livre sur le protestant libéral britannique John Hick : La philosophie des religions de John Hick : la continuité des principes philosophiques de la période « chrétienne orthodoxe » à la période « pluraliste » (Parole et silence, 2006).

Comme on le sait, pour le dire un peu trivialement, Joseph Ratzinger « fonctionne à la confiance ». Et Charles Morerod ne l’a jamais déçu. Il lui a confié, de la sorte, le 21 juin 2004, le rôle de « théologien officieux » de la CDF dans des discussions « informelles » qui se déroulèrent à Paris, sous le couvert du GREC, avec des représentants de la Fraternité St Pie X, de 2004 à 2008 (conversations conclues par une conférence semi-publique à St-Philippe-du-Roule, le 21 février 2008, où le théologien de Joseph Ratzinger avait déclaré qu’une réception de Vatican II se fondant très fortement sur l’état du Magistère antérieur lui paraissait tout à fait possible, à condition que cette interprétation ne soit pas un rejet sec de Vatican II ; la FSSPX pouvant être ainsi admise dans la non confession de certains points de Vatican II, mais avec « une certaine exigence de respect » de l’enseignement de Vatican II. Il énonçait en 2008, les grandes lignes de ce que l’on croit connaître du Préambule doctrinal qui a été proposé à la FSSPX le 14 septembre 2011.

Tout naturellement, le P. Morerod a été désigné pour faire partie des théologiens participant au dialogue, cette fois officiel, avec les représentants de la FSSPX, sous l’égide de la CDF, sur une durée d’une année et demie, du 26 octobre 2009 au 11 avril 2011, avec 8 réunions et de nombreux échanges entre les réunions.

Auparavant, il avait reçu les charges de Secrétaire de la Commission théologique internationale, en remplacement du P. Luis Ladaria Ferrer, jésuite devenu Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et de recteur de l’Université Angélique.

Il faut préciser que ce « restaurationniste » n’est pas un traditionaliste, même si un certain nombre de ses élèves appartenaient à cette sensibilité (notamment l’abbé Bisig, un des fondateurs de la Fraternité St Pierre), et si sa très grande proximité avec les dominicains français de Toulouse (Revue thomiste) l’en rapproche par l’extrême porosité qui caractérise les milieux traditionnels français. Classique en diable, si l’on ose dire, au point de diriger la remarquable thèse du très traditionnel C. Kruijen, en cours de publication sur le salut éternel et… la damnation.
images/icones/op2.gif  ( 613919 )il était il y a peu par Pline (2011-11-03 06:30:59) 
[en réponse à 613880]

de la commission des discussions théologique avec la Fraternité S. Pie X.
Ad multos annos Monseigneur !
images/icones/vatican.gif  ( 613951 )Quelle belle nouvelle ! par Chouette (2011-11-03 15:12:11) 
[en réponse à 613919]

J'ai eu l'occasion de le rencontrer et de l'entendre à plusieurs reprises, je crois que les Suisses gagnent un évêque, qui, aux vues de ses qualités, sera un pasteur au plus près de ses brebis.
Et oui, il est un des principaux artisans des discussions théologiques à Rome. Le rôle qu'il a joué a été essentiel...
Tous mes voeux vous accompagnent, cher Monseigneur.