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La vertu surnaturelle de foi et son lien avec les récents évènements par jejomau (2011-10-31 17:47:59)
Benoît XVI vient d'écrire une Lettre Apostolique intitulée "
Porta Fidei". Il lance, par là, une année de la Foi.
Pour le Saint-Père, la Foi "
introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église". Celui qui n'a pas la Foi ou celui qui doute ne peut donc communier à la vie de l'Eglise. Je me souviens d'ailleurs, étant beaucoup plus jeune, qu'un prêtre m'avait appris que le doute qui pouvait parfois survenir dans notre vie était un péché à confesser...
Mais qu'est ce que la Foi ? Le
Denzinger donne une définition :
"
Puisque l'homme dépend totalement de Dieu comme son créateur et Seigneur, et que la raison créée est complètement soumise à la Vérité incréée, nous sommes tenus de présenter par la foi à Dieu qui se révèle, la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté. Cette foi, qui est commencement du salut de l'homme, l'Eglise catholique professe qu'elle est une vertu surnaturelle par laquelle, prévenus par Dieu et aidés par la grâce, nous croyons vraies les choses qu'il nous a révélées, non pas à cause de leur vérité intrinsèque perçue par la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu même qui révèle, lequel ne peut ni se tromper ni nous tromper. "Car la foi, atteste l'Apôtre, est la substance de ce que nous espérons et la preuve des réalités qu'on ne voit pas" (
He 11,1)
Avoir la Foi ou prétendre avoir la Foi a des conséquences. Ou devrait en avoir.
C'est ce que rappelle Benoît XVI de manière parfaitement claire : "
Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée". Il y a un témoignage à apporter au "
monde". Apporter un étémoignage", c'est être "témoin". Or, il faut se souvenir que la traduction du mot "martyr" est justement celle de "témoin".
Un martyr témoigne de sa foi. Concrètement. Ce que souligne encore le pape : "
Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance". Un peu plus loin :"
Professer par la bouche, à son tour, indique que la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c’est décider d’être avec le Seigneur pour vivre avec lui".... "
Par la foi, les Apôtres laissèrent tout pour suivre le Maître (cf. Mc 10, 28). Ils crurent aux paroles par lesquelles il annonçait le Royaume de Dieu présent et réalisé dans sa personne (cf. Lc 11, 20).... Par la foi, les disciples formèrent la première communauté .... Par la foi, les martyrs donnèrent leur vie.... Par la foi, des hommes et des femmes ont consacré leur vie au Christ.... Par la foi, de nombreux chrétiens ont promu une action en faveur de la justice.... Par la foi, au cours des siècles, des hommes et des femmes de tous les âges, dont le nom est inscrit au Livre de vie (cf. Ap 7, 9; 13, 8), ont confessé la beauté de suivre le Seigneur Jésus.... Par la foi, nous vivons nous aussi : par la reconnaissance vivante du Seigneur Jésus, présent dans notre existence et dans l’histoire".
Celui qui a la Foi
montre publiquement qu'il aime le Seigneur.
La jeunesse de France qui s'est ainsi rassemblée contre cette pièce de théâtre récemment n'est pas le propre de "
fascistes"! C'est le fait d'une jeunesse "amoureuse" du Christ et qui l'a redécouvert depuis quelques années déjà. Quelque chose est en train de se produire, sans bruit, dans le coeur d'un peuple.
La graine de la foi, a pris racine. Et c'est celà le vrai tremblement de terre dans cette société sécularisée. C'est celà que n'a pas vu venir certains hommes d'église....
C'est en tout cas ce que je crois.

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Apparition ou émergence d'un nouveau point non négociable ? par Scrutator Sapientiæ (2011-10-31 23:53:19)
[en réponse à 613448]
Bonsoir jejomau,
A la fin de votre message, vous faites allusion aux évènements parisiens les plus récents, et j'y fais à présent allusion à mon tour.
Jusqu'à présent, et à ma connaissance, les "points non négociables" étaient presque tous relatifs à des questions relevant essentiellement de la morale, familiale ou sociale, domestique ou politique.
Or, on constate peut-être aujourd'hui l'apparition ou l'émergence d'un nouveau point non négociable : une demande de respect, par les croyants des autres religions et par les non croyants, y compris les artistes, les écrivains, les membres des organismes médiatiques ou politiques, une demande de respect public des différents fidèles et des différentes religions, de respect public, ou, en tout cas, d'absence de mépris public
- de telles ou telles convictions religieuses
ou
- des individus et communautés adhérant à telle ou telle religion.
Dans une certaine mesure, les juifs et les musulmans bénéficient, plus que les chrétiens, en général, et que les catholiques, en particulier, de la prise en compte de ce point non négociable, de cette demande d'absence de mépris public, par les mêmes catégories d'acteurs : les artistes, les écrivains, les membres des organismes médiatiques et ceux des institutions politiques.
Je ne vois pas ce qui s'opposerait à ce que les catholiques demandent à bénéficier eux-aussi de cette absence de mépris public des convictions chrétiennes ou des fidèles chrétiens.
J'ai déjà évoqué ici même la relation existant entre la maîtrise de soi et le respect d'autrui, à propos de ce que j'ai appelé, je crois, au printemps dernier, la liberté responsable en matière religieuse.
Sans doute les catholiques ont-ils le devoir de cultiver la maîtrise d'eux-mêmes, y compris face à telle ou telle provocation artistique, qu'ils sont susceptibles d'assimiler à une transgression symbolique discriminante ou pénalisante, humiliante ou insultante.
Mais ils ont aussi le pouvoir de (se) demander publiquement pourquoi ils ne bénéficieraient pas, eux-aussi, de la même absence de mépris public des convictions et des fidèles qui semble être accordée beaucoup plus volontiers, par les créateurs ou par les transmetteurs d'oeuvres ou d'idées, de culture ou d'opinions, aux convictions et aux fidèles relevant des autres religions.
J'ai parfaitement conscience du fait que ce que j'envisage ici est difficilement délimitable et serait difficile à traduire, par exemple, en termes juridiques.
Je crois pourtant que nous en sommes arrivés au point suivant : l'opinion publique a le droit de savoir
- que la christianophobie est en passe de devenir une évidence artistique ou littéraire, un prérequis culturel, voire l'un des fondements de telle ou telle composante de politiques publiques, en matière d'éducation ou de santé,
- que les catholiques ne demandent PAS PLUS, mais aussi PAS MOINS, que ce dont les croyants non chrétiens bénéficient déjà souvent, en "terre" artistique ou littéraire, médiatique ou politique : l'absence de mépris public des convictions religieuses ou des individus et des communautés qui adhèrent à ces convictions.
Enfin, je ne sais pas s'il y aura un avant et un après 2011 dans ce domaine, et je sais bien que la majorité de nos contemporains ne comprendrait pas immédiatement que l'on mettre aujourd'hui en avant l'essence de la distinction, par ailleurs si importante, entre liberté et licence.
Mais il va falloir que nous trouvions les moyens, le vocabulaire et les argumentaires appropriés, pour leur préciser ou pour leur rappeler que ce que certains artistes produisent, ce que certains écrivains écrivent,
- n'est pas la contrepartie, toujours nécessaire, mais parfois malheureuse, car déplorable ou regrettable, de la liberté la plus grande possible laissée à presque tous dans presque tous les domaines,
- mais est la contrefaçon de la plus élémentaire liberté responsable, contrefaçon qui, par effet cumulatif, est de nature à démobiliser ou à désorienter une part croissante de l'esprit public et du corps social.
L'enjeu, en d'autres termes, c'est d'exhorter tout un chacun à ne pas ou à ne plus confondre
- la recherche de "l'intensité", de la notoriété ou de la provocation, d'une manière méprisante, car destructrice ou transgressive
et
- la recherche d'une liberté responsable, pensée et vécue dans un minimum de profondeur et de qualité, pour soi-même et pour les autres.
Si les christianophobes subventionnés commencent à avoir des imitateurs, y compris en dehors de leur sphère d'origine, cela signifie qu'il y aura encore plus de cynisme émancipateur et de sophisme justificateur, depuis le haut et jusqu'au bas de la société.
Les chrétiens en général, et les catholiques, en particulier, en feront probablement les frais, avant d'autres et plus que d'autres, mais qui peut garantir aujourd'hui, à un croyant non chrétien ou à un non croyant, qu'il ne sera pas un jour lui-même victime de l'ambiance asservissante et irresponsable que le "business culturel contre le Christ" aura engendrée ?
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.