Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=612716
images/icones/neutre.gif  ( 612716 )Assise… Jn 14, 27… Jean Paul II… Benoît XVI… par Véronique (Lala) (2011-10-27 11:38:36) 

Un jour, lors d’une session, un prêtre nous donnait une explication sur ce verset :
« je vous laisse la paix, je vous donne ma paix… » (Jean 14, 27)

Ce prêtre, voyant toutes les guerres dans le monde, demande (et ce n’est pas si vieux que cela) à Notre-Seigneur pourquoi il y a tant de guerres sur la terre ?
Notre-Seigneur Jésus-Christ lui a répondu : « j’ai donné ma paix au monde, mais il la refuse » (Jn 14, 27).
J'en avais déjà parlé ici.

Quelques mots mots de Jean-Paul II le 27 octobre 1986 :
" …A la suite de la dernière prière, la prière chrétienne, dans la série que nous avons tous entendue, je professe à nouveau ma conviction, partagée par tous les chrétiens, qu'en Jésus-Christ, le Sauveur de tous, on peut trouver la vraie paix… Il prêchait l'amour parmi tous les hommes, même entre ennemis : il proclamait bienheureux ceux qui œuvrent pour la paix [cf. Mt 5, 9] et, par sa mort et sa résurrection, il réconciliait le ciel et la terre [cf. Col 1, 20]. Pour reprendre une expression de l'apôtre Paul : « Il est notre paix » [Ep 2,14]..."
»
« …Je redis ici humblement ma propre conviction : la paix porte le nom de Jésus-Christ…. »
(J'en avais déjà parlé ici - le texte intégral ici)


Quelques mots de sa sainteté le Pape Benoît XVI dans son message de décembre 2010 :
« …La liberté religieuse, comme toute liberté, tout en provenant de la sphère personnelle, se réalise dans la relation avec les autres. Une liberté sans relations n’est pas une liberté achevée. La liberté religieuse ne s’épuise pas non plus dans la seule dimension individuelle, mais elle se met en œuvre dans la communauté dont elle fait partie et dans la société, ceci en cohérence avec l’être relationnel de la personne et avec la nature publique de la religion… »

J’accepte mon prochain, avec le respect de sa liberté religieuse.

« …La mise en relation est une composante décisive de la liberté religieuse qui pousse les communautés des croyants à pratiquer la solidarité en vue du bien commun… »

Je vais vers mon prochain pour le bien commun de tous.

Oui, Assise est indispensable :

« …Le patrimoine de principes et de valeurs exprimés par une religiosité authentique est une richesse pour les peuples et pour leur ethos. Ce patrimoine parle directement à la conscience et à la raison des hommes et des femmes, il leur rappelle l’impératif de la conversion morale, les incite à cultiver la pratique des vertus et à se rapprocher les uns des autres avec amour, sous le signe de la fraternité, en tant que membres de la grande famille humaine.
Dans le respect de la laïcité positive des institutions étatiques, la dimension publique de la religion doit toujours être reconnue. Dans ce but, il est fondamental que s’instaure un dialogue sincère entre les institutions civiles et religieuses pour le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société
… ».

Ce débat résume bien Assise : en son contenu et sa nécessité.

En union de prière fraternelle avec le Pape Benoît XVI, l’Eglise et ses membres.

Fraternellement
Véronique

Qu’un tsunami du Saint-Esprit souffle sur Assise.
images/icones/neutre.gif  ( 612717 )rectification par Véronique (Lala) (2011-10-27 11:44:03) 
[en réponse à 612716]

Quelques mots de sa sainteté le Pape Benoît XVI dans son message du 1er janvier 2011.
(le lien, à nouveau)

Fraternellement
Véronique
images/icones/neutre.gif  ( 612720 )La réunion d'Assise à la lumière de St Pie X par Theonas (2011-10-27 12:31:13) 
[en réponse à 612717]

Pour mieux apprécier la rupture dans la tradition que ces réunion interreligieuses pour la paix ont introduite, rien de tel que de les passer au crible de ce texte de ST Pie X :

« Mais, plus étranges encore, effrayantes et attristantes à la fois, sont l’audace et la légèreté d’esprit d’hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d’établir sur terre, par-dessus l’Église catholique « le règne de la justice et de l’amour », avec des ouvriers venus de toute part, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu’ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu’ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises « où ils peuvent ».(…) Que vont-ils produire ? Qu’est-ce qui va sortir de cette collaboration ? Une construction purement verbale et chimérique, où l’on verra miroiter pêle-mêle et dans une confusion séduisante les mots de liberté, de justice, de fraternité et d’amour, d’égalité et d’exaltation humaine, le tout basé sur une dignité humaine mal comprise. Ce sera une agitation tumultueuse, stérile pour le but proposé et qui profitera aux remueurs de masses moins utopistes.» ( Notre charge apostolique)

Un article sur le sujet

ESCHATON
images/icones/vatican.gif  ( 612723 )St Pie X dans "Notre charge apostolique" par Jean-Paul PARFU (2011-10-27 12:52:45) 
[en réponse à 612720]

fait clairement allusion à l'utopie maçonnique dans le paragraphe de l'encyclique, que je retranscris ici à nouveau, mais dans son intégralité, et qui concerne parfaitement des réunions comme celles Assise :

"Mais, plus étranges encore, effrayantes et attristantes à la fois, sont l’audace et la légèreté d’esprit d’hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d’établir sur terre, par-dessus l’Église catholique « le règne de la justice et de l’amour », avec des ouvriers venus de toute part, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu’ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu’ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises « où ils peuvent ». Quand on songe à tout ce qu’il a fallu de forces, de science, de vertus surnaturelles pour établir la cité chrétienne, et les souffrances de millions de martyrs, et les lumières des Pères et des Docteurs de l’Église, et le dévouement de tous les héros de la charité, et une puissante hiérarchie née du ciel, et des fleuves de grâce divine, et le tout édifié, relié, compénétré par la Vie de Jésus-Christ, la Sagesse de Dieu, le Verbe fait homme ; quand on songe, disons-Nous, à tout cela, on est effrayé de voir de nouveaux apôtres s’acharner à faire mieux avec la mise en commun d’un vague idéalisme et de vertus civiques. Que vont-ils produire ? Qu’est-ce qui va sortir de cette collaboration ? Une construction purement verbale et chimérique, où l’on verra miroiter pêle-mêle et dans une confusion séduisante les mots de liberté, de justice, de fraternité et d’amour, d’égalité et d’exaltation humaine, le tout basé sur une dignité humaine mal comprise. Ce sera une agitation tumultueuse, stérile pour le but proposé et qui profitera aux remueurs de masses moins utopistes. Oui, vraiment, on peut dire que le Sillon convoie le socialisme, l’œil fixé sur une chimère.

Nous craignons qu’il n’y ait encore pire. Le résultat de cette promiscuité en travail, le bénéficiaire de cette action sociale cosmopolite ne peut être qu’une démocratie qui ne sera ni catholique, ni protestante, ni juive ; une religion (car le sillonnisme, les chefs l’ont dit, est une religion) plus universelle que l’Église catholique, réunissant tous les hommes devenus enfin frères et camarades dans « le règne de Dieu ».- « On ne travaille pas pour l’Église, on travaille pour l’humanité »".

Les encycliques "Notre charge apostolique" (qui condamnait le Sillon) du 10 mai 1910 du Pape St Pie X et "Mortalium Animos" du 6 janvier 1928 du Pape Pie XI condamnent donc formellement des réunions comme celles d'Assise.

Merci à Theonas de nous l'avoir rappelé.



images/icones/neutre.gif  ( 612733 )CherTheonas, vous faites une confusion. par Véronique (Lala) (2011-10-27 13:45:57) 
[en réponse à 612720]

Cette confusion est simple : Assise est pour la paix dans le monde et non pour la conversion des âmes.

C'est aussi simple que cela.
Les pensées autres que celle-ci sont erronées et se servent de paroles qui n'ont rien à voir avec l'esprit d'Assise.

Le pape Jean-Paul II a tellement souffert de la guerre qu'il a trouvé tout à fait normal de travailler à la paix dans le monde.
C'est d'une logique !
Assise est donc logique et notamment lorsque Jean-Paul II a dit :
« …Je redis ici humblement ma propre conviction : la paix porte le nom de Jésus-Christ…. »

Qu'y a t-il à dire de contradictoire à cela ? Rien.
J'y vois personnellement une merveilleuse et forte parole d'évangélisation, d'amour, répondant à celle de Dieu Lui-même :
« je vous laisse la paix, je vous donne ma paix… » (Jean 14, 27)

Assise est le lieu par excellence pour amener tous les enfants de Dieu égarés, ceux qui Le connaissent pas, pour entendre Sa paix, celle qui veut rassembler tous les peuples.
C'est à nous de prier en même temps pour que la Paix de Dieu soit acceptée.

Efforçons-nous d'avoir déjà cette paix en notre coeur, d'en vivre, de la respecter, et de la mettre au service de notre prochain. Comme l'esprit d'Assise.

Fraternellement
Véronique
images/icones/neutre.gif  ( 612736 )le problème avec JPII, chère Véronique... par Theonas (2011-10-27 14:09:39) 
[en réponse à 612733]

c'est qu'il est ce pape qui a dit que Jésus Christ venait révéler l'homme à lui-même. C'est donc dire que Jésus Christ n'a rien apporté de plus à l'homme que ce qu'il est. On est dans la négation même du surnaturel. On peut bien alors considérer que la paix porte le Nom de Jésus Christ, mais ayant soutenu que le Christ révélait l'homme a lui-même cela revient à dire que la paix porte le nom de l'homme. D'où ces réunions qui font croire que la paix peut être construite dans la relégation de la foi, d'où ces réunions qui laissent entendre que la paix résulte d'une fraternité fondée sur le respect de l'homme, de sa dignité.
mise à part que ces réunions, convoquées par des papes, transgressent le premier commandement, puisqu'elles appellent chacun à prier sa propre divinité, ce qui suffit à les condamner, il faut en comprendre la dynamique profonde. Or celle-ci va dans le sens des idéaux maçonniques: conception fausse de la dignité humaine présentée comme irréductible, réduction de l'espérance à l'horizon terrestre, promotion d'un homme par nature sauvé, orienté vers Dieu etc
images/icones/1y.gif  ( 612742 )Avez-vous lu lala l'extrait de "Notre charge apostolique" ? par Jean-Paul PARFU (2011-10-27 14:29:29) 
[en réponse à 612733]

Ce qu'on vous dit, c'est que même ces réunions soi-disant pour la paix sont condamnables en tant que telles, lorsqu'elles sont organisées dans un cadre religieux, de surcroît par des chrétiens ou des catholiques et, pire encore, par le Pape lui-même !

Il n'y a pas d'autre paix véritable que celle qu'est venu apporter le Christ, lequel ne peut donc, de surcroît par l'Eglise catholique elle-même et son chef, être seulement présenté et donc considéré comme un moyen pour la paix parmi d'autres !
images/icones/1q.gif  ( 612753 )La Paix, dites-vous, Lala ? par Armavir (2011-10-27 15:43:03) 
[en réponse à 612733]

La paix dans le monde ?

Quelle paix, sans Dieu ?

"Si Dieu de règne pas par les bienfaits de Sa présence, Il règnera par les méfaits de Son absence" (Cardinal Pie).

La paix, c'est "la tranquillité de l'ordre"

Où voyez-vous la tranquillité ?
Où voyez-vous l'ordre ?

La pire des attitudes c'est de croire les choses parce que l'on veut qu'elles soient et non parce qu'on a vu qu'elles sont.

Arrêtons les bisounours et ouvrons les yeux (j'allais ajouter, que diable)

L'heure est aux persécutions des chrétiens partout dans le monde.

Nous avons plus de martyrs en ce début du XXI° siècle qu'au cours des premiers siècles du christianisme.

Les Dioclétien, Néron et consort sévissaient uniquement dans le monde méditerranéen. Ils étaient des enfants de choeur à côté de nos bourreaux actuels. Ils sont dépassés, enfoncés, pulvérisés. Maintenant la persécution est mondiale, voulue, organisée méthodiquement, scientifiquement par les officines dont parle Mgr Aillet, qui toutes favorisent l'islam comme meilleur moyen de nous détruire : c'est universellement voulu, les premières victimes étant les musulmans eux-mêmes à qui on interdit de connaître la vérité et de se sauver.

Satan domine le monde, les dirigeants, les finances, la morale. Il veut détruire à tout jamais la religion catholique - et elle seule notez-le bien - et la civilisation chrétienne. Il se déchaine d'autant plus qu'il sait qu'il est vaincu. Mais nous sommes ses victimes, pour certains (pour beaucoup) consentantes.

Alors, prions, oui, avec la plus grande ferveur, mais arrêtons ces mièvreries la bouche en coeur, sucrée et enfarinée.

Nous nous retrouverons sans doute bientôt dans les arènes de Lutèce devant les lions du Jardin des Plantes tout proche.

A ce moment là, il nous faudra être forts dans la foi, les pieds dans le sable ensanglanté, mais la tête haute déjà tournée vers le ciel et ce ne sont pas les mièvreries angéliques qui nous aideront à tenir et à témoigner notre Foi jusqu'à le dernière goutte de notre sang.

Fortes in Fide !
images/icones/1a.gif  ( 612759 )Je me retire des discours d'Assise. par Véronique (Lala) (2011-10-27 15:57:42) 
[en réponse à 612753]

Parce que lorsque les mots n'atteignent plus l'homme, la prière atteint Dieu.

Fraternellement
Véronique
images/icones/carnet.gif  ( 612730 )relire cette encyclique, document qui, en soi par jejomau (2011-10-27 13:30:43) 
[en réponse à 612717]

engage d'une certaine manière l'autorité de l'Eglise: MORTALIUM ANIMOS. Elle porte sur l'unité de l'Eglise.


"Jamais peut-être dans le passé, les esprits des hommes n'ont été saisis aussi fort que nous le voyons de nos jours, du désir de renforcer et d'étendre pour le bien commun de la société humaine, les relations fraternelles qui nous lient à cause de notre communauté d'origine et de nature....... Convaincus qu'il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l'espoir qu'il serait possible d'amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C'est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d'auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission.

De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée....

..... Il est, par conséquent, impossible, non seulement que l'Eglise ne subsiste aujourd'hui et toujours, mais aussi qu'elle ne subsiste pas absolument la même qu'aux temps apostoliques; - à moins que nous ne voulions dire - à Dieu ne plaise ! - ou bien que le Christ Notre Seigneur a failli à son dessein ou bien qu'il s'est trompé quand il affirma que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle (Matth. XVI, 18).

C'est ici l'occasion d'exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d'où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l'avons dit, les églises chrétiennes.

Les auteurs de ce projet ont pris l'habitude d'alléguer, presque à l'infini, les paroles du Christ : " Qu'ils soient un... Il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur " (Joan. XVII, 21; X, 15), mais en voulant que, par ces mots, soient signifiés un voeu et une prière du Christ Jésus qui, jusqu'à ce jour, auraient été privés de résultat. Ils soutiennent, en effet, que l'unité de foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n'a presque jamais existé jusqu'à présent et n'existe pas aujourd'hui; que cette unité peut, certes, être souhaitée et qu'elle sera peut-être un jour établie par une entente commune des volontés, mais qu'il faut entre-temps la tenir pour une sorte de rêve. Ils ajoutent que l'Eglise, en elle-même, de sa nature, est divisée en parties, c'est-à-dire constituée de très nombreuses églises ou communautés particulières, encore séparées, qui, malgré quelques principes communs de doctrine, diffèrent pour tout le reste; que chaque église jouit de droits parfaitement identiques; que l'Eglise ne fut une et unique que tout au plus depuis l'âge apostolique jusqu'aux premiers conciles oecuméniques.

Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les divergences de doctrine qui déchirent encore aujourd'hui le nom chrétien, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune: dans la profession de cette foi, tous sentiront qu'ils sont frères plus qu'ils ne le sauront; seulement, une fois réunies en une fédération universelle, les multiples églises ou communautés pourront s'opposer avec force et succès aux progrès de l'impiété...

..... le Siège Apostolique ne peut, d'aucune manière, participer à leurs congrès et que, d'aucune manière, les catholiques ne peuvent apporter leurs suffrages à de telles entreprises ou y collaborer; s'ils le faisaient, ils accorderaient une autorité à une fausse religion chrétienne, entièrement étrangère à l'unique Eglise du Christ...

..... Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi? Personne sans doute n'ignore que saint Jean lui-même, l'Apôtre de la charité, que l'on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d'inculquer dans l'esprit de ses fidèles le précepte nouveau: " Aimez-vous les uns les autres ", interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure: " Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas " (Joan. II, 10).

..... nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue, mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accommoder à la vie des hommes...

..... On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n'a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques: il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu'ils ont eu jadis le malheur de s'en séparer.

...... Qu'ils écoutent Lactance s'écriant: " Seule... l'Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n'y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d'une lutte obstinée. Car c'est une question de vie et de salut; si l'on n'y veille avec précaution et diligence, c'est la perte et la mort " (Divin. Instit., IV. 30, 11-12).


Pie XI
images/icones/livre.gif  ( 612797 )ne mélangeons pas tout à propos de Pie XI par Luc Perrin (2011-10-27 19:03:36) 
[en réponse à 612730]

Ce grand pape, pour le coup j'ose le qualificatif avec tout le recul possible, a répondu dans Mortalium animos à une question de son temps, une idée très pernicieuse toujours vivante hélas, toujours propagée ouvertement ou insidieusement dans l'Église et en dehors d'elle :

"C'est ici l'occasion d'exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d'où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l'avons dit, les Églises chrétiennes."

Le pape condamnait ici le présupposé - logique en protestantisme - d'une égalité des "Églises chrétiennes", puisque pour toute théologie protestante, l'Église visible n'est rien qu'une institution humaine modifiable à l'infini et dépendante des données locales. Or le Dr anglican Haute Église Pusey avait émis à la fin du XIXe siècle cette fausse théorie que l'Église du Christ est comme une roue, chaque Communauté ecclésiale constituant un barreau.
Les protestants avec la Conférence d'Edinbourg au début du XXe avaient lancé, sur cette base, le mouvement oecuménique protestant et avaient invité dans les années 1920 les Orthodoxes à les rejoindre dans 2 grandes organisations qui en s'associant sont à la base du C.O.E., créé lui-même après la mort de Pie XI.
Voilà de quoi il est question dans cette encyclique.

Précisons que JAMAIS le Magistère catholique n'a ratifié la "fausse théorie" ici condamnée, ni à Vatican II ni ensuite et que les rencontres d'Assise, pour discutables qu'elles soient, n'ont rien à voir avec cela non plus.
J'ajoute que très officiellement le Magistère romain a clarifié la querelle du "subsistit in", en rejetant une lecture compatible avec la "fausse théorie", et qu'une Note de la CDF a mis en garde contre l'usage inconsidéré du mot Église et même Église soeur.