Le Forum Catholique

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images/icones/coeurbrise.gif  ( 612528 )"Débaptisations" : un pas de plus... par Bernard Joustrate (2011-10-26 08:29:36) 

Lu sur le site de la Fédération Nationale de la Libre Pensée :

Débaptisations :
Manche : l’Évêque catholique condamné par le TGI de Coutances.


Le Tribunal de Grande Instance de Coutances (Manche), vient, par jugement daté du 6 octobre 2011, de trancher une affaire d’importance et qui aura des répercussions bien au-delà de la Normandie.


Un citoyen avait, comme des millions de nos concitoyens, été baptisé à l’initiative de ses parents durant sa petite enfance. Arrivé à l’âge adulte, il avait souhaité ne plus figurer dans les fichiers de l’Église catholique (en l’occurrence dans celui que cette dernière appelle « registre des baptêmes »). De mauvaise grâce, celle-ci consentit, en apposant face à son nom une mention de ce que le droit canonique considère comme un reniement.



Pas de fichier des apostats !
Ce n’est pas ce que souhaitait notre ami, en effet :
Cela continuait à faire dépendre sa situation d’une règle interne à l’Église catholique : au regard de celle-ci, il était devenu un apostat, ce qui au cours de l’Histoire, s’est déjà révélé très dangereux.
Cela constituait une menace pour sa vie privée, soumise aux errements administratifs d’un culte international auquel il était personnellement totalement étranger.

Or, le Code civil prévoit en son article 9 que chacun a droit au respect de sa vie privée ce qui inclut « toute information relative à la personne ». L’autorité judiciaire s’est bornée à constater que : « Le fait d’avoir été baptisé par l’Église catholique est un évènement intime constituant une information personnelle sur un individu... dès lors cet évènement relève de la protection de l’article 9 du Code Civil »

Le tribunal, poursuivant son raisonnement, conclut donc logiquement : « L’existence d’une mention de ce baptême sur un registre accessible à des personnes tierces à l’individu concerné (...) constitue en soi une divulgation de ce fait qui porte par conséquent atteinte à la vie privée de l’intéressé » ; En vertu de quoi, l’Évêque s’est vu condamner, sous astreintes, à faire effacer définitivement, sous 30 jours, « par exemple par le surlignage à l’encre noire indélébile », toute mention de ce baptême.

La preuve est ainsi faite : l’application du droit civil est incompatible avec les arguties juridiques de l’Église catholique, ni d’une quelconque Église et exige des mesures très simples de protection des libertés individuelles et collectives. La décision du TCI de la Manche en donne la preuve

Croyant impressionner le tribunal à l’audience, l’avocat de l’Évêque avait brandi la menace de « dizaines de milliers » de cas semblables, pour sa part la Libre Pensée en accepte l’augure et, en tout état de cause, appelle citoyens et citoyennes à s’organiser en son sein pour la défense de la liberté absolue de conscience, pour le plein respect des libertés individuelles et collectives et contre l’emprise du cléricalisme.

Paris, le 23 octobre 2011
images/icones/2a.gif  ( 612531 )Si celà vaut pour l'Eglise catholique, celà vaut donc par jejomau (2011-10-26 08:35:02) 
[en réponse à 612528]

également pour l'Eglise Orthodoxe et les églises protestantes. Ca va faire du monde à persécuter quand même.
images/icones/iphone.jpg  ( 612534 )L'erreur grossière du tribunal par Bertrand Decaillet (2011-10-26 08:48:26) 
[en réponse à 612528]


Le fait d’avoir été baptisé par l’Église catholique est un évènement intime constituant une information personnelle sur un individu... dès lors cet évènement relève de la protection de l’article 9 du Code Civil »


Le Baptême catholique ne peut pas être réduit à "un événement intime". Il constitue un geste public de profession de Foi et d'entrée dans une société.

"Evénement intime" : par ailleurs, la nouvelle théologie, qui a absolutisé la liberté de conscience et ramené l'exercice de la religion à, effectivement, un événement intime, n'est-elle pas ici à nouveau très concrètement victime de ses propres contradictions? Encore une fois : Merci Vatican II !
images/icones/1v.gif  ( 612535 )peut-on imaginer alors par jejomau (2011-10-26 08:54:18) 
[en réponse à 612534]

que cette directive du Tribunal finisse par s'appliquer à l'église locale (l'église-qui-est-en-france) leur interdisant d'avoir des registres de baptême.. tout en autorisant ceux-ci pour les Tradis qui défendent une autre conception de cet acte de Foi ?

Extraordinaire comme perspective, non ?
images/icones/1n.gif  ( 612542 )Exigera-t-on d'être "effacé" de son ancien club de sport par Glycéra (2011-10-26 09:20:06) 
[en réponse à 612528]

ou de je ne sais quoi d'équivalent ?

logique quand tu nous (dé)tiens... dans tes filets.

L'Eglise pèche les âmes...
Mais ne les oblige pas.
images/icones/neutre.gif  ( 612545 )On peut se faire effacer des registres de baptême par Donapaleu (2011-10-26 09:34:31) 
[en réponse à 612528]

Apparement pour Facebook c'est beaucoup plus difficile !!!
images/icones/abbe5.gif  ( 612548 )l'évêque doit s'en plaindre par Rothomagus (2011-10-26 10:03:58) 
[en réponse à 612528]

Et il doit faire circuler une information sur ce jugement honteux, afin que la conférence des évêques de France puisse émettre une protestation solennelle.
Sinon, il peut aussi rejoindre la manifestation du 29 à Paris, afin de protester contre la christianophobie judiciaire dont il est la cible...
images/icones/neutre.gif  ( 612555 )aller en appel en effet par Luc Perrin (2011-10-26 10:46:08) 
[en réponse à 612548]

Espérons que l'évêque de Coutances et les services juridiques de la C.E.F. iront en appel car la décision du TGI est aberrante à tous points de vue.

Aberrante quant à qualifier un baptême de décision "intime" puisqu'il s'agit d'un cérémonial public qui fait l'objet de publications. Le TGI va-t-il faire caviarder les bulletins et feuilles paroissiaux, ou la presse locale, annonçant les baptêmes, mariages et funérailles ?

On mesure le degré d'aberration de la requête au départ de la Libre Pensée et du jugement de ce TGI quand on pense aux conséquences dans notre société laïque qui amèneraient à falsifier des milliers et centaines de milliers de documents d'archives pour toute organisation sociale : j'ai adhéré à un parti ou à un syndicat puis à un autre alors il faudra caviarder ? J'ai été scout et ne le suis plus, caviardons ? Comme le dit un liseur, j'ai été adhérent d'un club de supporters lyonnais puis passé à Marseille il faudra caviarder ? La Libre pensée va-t-elle caviarder ses registres des adhérents qui l'ont abandonnée et se sont convertis à une foi religieuse ?

Pensons un peu aux statistiques et aux études savantes qui deviendront difficiles avec l'absurde raisonnement de ce TGI. Ravaler nos choix publics dont le choix religieux - ou de l'anti-religion comme la Libre Pensée - au domaine de "l'intime", donc à une forme particulièrement privée et presque secrète, est typique de l'ultra-libéralisme dont on voit encore ici les ravages.
Le fanatisme libéral conduit à la falsification d'archives, au procédé vil du caviardage mis en place dans les régimes ... totalitaires, Russie stalinienne ou Allemagne nazie.

Quant à la question posée au départ, apparemment l'ignorance des juges en matière d'histoire, de journalisme et de littérature leur a fait méconnaître que chacun peut changer d'avis, d'allégeance et de religion (pas en terre islamiste d'ailleurs) et le faire savoir. La Libre Pensée et les ligues rationalistes avant 1940 aimaient beaucoup mettre en avant les anciens prêtres ou militants religieux ayant renié leur foi. Ce qui est bien plus efficace que le caviardage d'un registre très peu consulté sauf par les historiens et pour des actes proprement religieux.

Ajoutons que si le nouvel athée militant, d'ici un mois ou deux ou plus tard, change à nouveau de croyance et revient à la foi catholique, il ne pourra plus prouver son baptême au caractère indélébile. Dans l'intérêt même du requérant, la décision absurde du TGI devrait être cassée.

images/icones/neutre.gif  ( 612570 )je propose effectivement que le jugement aille plus loin par Thierry (2011-10-26 12:24:33) 
[en réponse à 612555]

il faudrait aussi de faire disparaître de la même manière des registres de l'état civil les mariages qui se seraient soldés par un divorce !

Pourtant, dans la pratique administrative actuelle, le divorce est juste signalé par une note reprise en marge de l'acte de mariage: la réalité de l'acte de mariage reste constatée, la note marginale complète quant à sa disolution.

Comme le suggère le professeur Perrin, faire disparaître des centaines de milliers de noms de centaines de milliers de documents d'archives nous ferait entrer dans une logique de régime totalitaire.

Quant à la question de la consultation par des tiers évoquée dans l'arrêt, je conseille aux autorités religieuses d'adopter ci ce n'est déjà fait, les textes réglementaires nécessaires pour encadrer la consultation de leurs archives par des tiers. Concernant la consultation des registres paroissiaux, le mieux est de s'aligner sur les dispositions réglementant la consultation des registres de l'état civil; pour le reste les dispositions concernant l'accès à des documents pouvant mettre en cause la vie privée des personnes seraient d'application pour les autres archives des institutions ecclésiastiques.

Je conseille à ce Monsieur, avant de faire tant de problème à cet évêque, de faire le tour des albums de famille et d'en ôter toutes les photos qui pourraient lui rappeler cet évènement. Et de porter plainte contre sa grand-mère qui garde jalousement sur sa cheminée la photo du petit le jour de sa communion !
images/icones/1n.gif  ( 612553 )L'Eglise n'est pas responsable par Nil (2011-10-26 10:41:36) 
[en réponse à 612528]

Elle n'a fait qu répondre à la demande des parents, non?
Car dans cette logique absurde et totalitaire, cette personne pourrait aussi attaquer le ministre de l'éducation nationale car il serait trouvé dans une école communale qui ne lui aurait convenu...

Cathophobie, quand tu nous tiens...

Nil
images/icones/bravo.gif  ( 612563 )et le registre des testaments? par blamont (2011-10-26 11:30:04) 
[en réponse à 612553]

Ces pièces devaient -elles disparaitre au motif de divulguer l'intime?

Par exemple je suis en possession d'un testament des années trente qui aujourd’hui ferait trainer la testatrice, morte en 1934, en correctionnelle selon la loi Gayssot.

la remarque de Nil 2011 est éclairante de l'absurdité du truc.
images/icones/neutre.gif  ( 612576 )Au risque de choquer, par le torrentiel (2011-10-26 14:06:55) 
[en réponse à 612528]

je crois que les libres penseurs ont raison.


1. D'un point de vue civil, une secte se caractérise par l'absence de possibilité d'en sortir. Donc les tribunaux n'auraient pas à beaucoup se pousser pour considérer l'Eglise catholique comme une secte, du moment qu'elle considère le baptême comme indélébile.


2. Car le Sacrement est indélébile, quand même ce plaignant a obtenu l'effacement de son nom sur les registres des baptêmes.


3. La sentence du droit canon ne respecte pas la Justice, en tant qu'un individu ne saurait devenir un apostat s'il renie un acte auquel il n'a jamais accordé son consentement.


4. Or il se trouve que le baptême, étant donné les questions qui sont posées au cours du Sacrement, est l'acte qui engage le plus profondément la conscience. D'autre part, le Christ parle de "naître de nouveau", ce qui n'implique pas une proximité avec le moment de la naissance, mais le plein consentement de la créature qui souhaite entrer dans la surnature de l'union au dieu rédempteur.


5. Dès lors, sauf à le justifier par une crainte supersticieuse d'un dieu Qui châtierait la mort des enfants morts sans baptême et qui n'ont pas voulu mourir, je ne vois pas ce qui peut justifier le baptême des petits enfants.

Le torrentiel, catholique anabaptiste
images/icones/neutre.gif  ( 612577 )Question par Yves54 (2011-10-26 14:12:54) 
[en réponse à 612576]


catholique anabaptiste



C'est quoi ce "truc" là ?
images/icones/neutre.gif  ( 612585 )C'est quoi, ce truc-là? par le torrentiel (2011-10-26 14:45:15) 
[en réponse à 612577]

Un raccourcis un peu oxymoresque bien que je ne sois pas maure.
images/icones/fleche3.gif  ( 612611 )Anabaptisme par Yves54 (2011-10-26 17:02:34) 
[en réponse à 612585]

L'Anabaptisme interdit le baptême des enfants car il prône le baptême dit "conscient". Or l’Église demande fortement que les bébés soient baptisés.

En conséquence on ne peut pas être catholique et anabaptiste. D'où ma question, c'est quoi ce "truc" ?
images/icones/1e.gif  ( 612614 )Fortement ? par Rémi (2011-10-26 17:11:07) 
[en réponse à 612611]

Si quelqu'un dit que les Enfants aprés leur Baptême ne doivent pas estre mis au nombre des fidèles parce qu'ils ne sont pas en état de faire des actes de foi, et que pour cela ils doivent être rebaptisés lorsqu'ils ont atteint l'âge de discernement

Ou qu'il vaut mieux ne les point baptiser du tout que de les baptiser dans la seule Foi de l'Eglise, avant qu'ils puissent croire par un acte de foi qu'ils produisent eux-mêmes:

Qu'il soit anathème.


Canon XIIIème de la VIIème session du Concile de Trente.




Par ailleurs:

En s'adressant aux évêques, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a pleine confiance que, dans l'exercice de la mission qu'ils ont reçue du Seigneur, ils auront à cœur de rappeler la doctrine de l'Église sur la nécessité du baptême des petits enfants, de mettre en œuvre une pastorale adaptée et de ramener à la pratique traditionnelle ceux qui, peut-être sous la pression de soucis pastoraux bien compréhensibles, s'en seraient écartés. Elle souhaite aussi que l'enseignement et les orientations de cette instruction parviennent à tous les pasteurs, aux parents chrétiens et à la communauté ecclésiale de sorte que tous prennent conscience de leurs responsabilités, et contribuent, par le baptême des petits enfants et par leur éducation chrétienne, à la croissance de l'Église, Corps du Christ.
images/icones/neutre.gif  ( 612616 )Baptême des petits enfants par fidelis (2011-10-26 17:33:20) 
[en réponse à 612614]

Il me semble que jusqu'à un certain age, les parents sont responsables au plan civil et même pénal de leurs enfants. Eux seuls peuvent également effectuer des démarches administratives les concernant. Et nul ne semble le contester dans le cas présent. Pour le baptême, il est évident que nul ne l'a administré de force, mais bien à la demande des parents, qui se sont alors engagés à donner à l'enfant une éducation chrétienne. Par surcroît, ils étaient secondés dans cette démarche par les parrain et marraine choisis par eux.
Sans doute cette éducation catholique n'a-t-elle pas porté les fruits escomptés puisqu'on aboutit à ce désastre. S'il doit y avoir conflit, il ne peut être que familial (cela tombe-t-il sous le coup de la Loi?...) et je comprends mal qu'un tribunal puisse s'en prendre à l'Eglise qui n'est en aucune façon sortie de la légalité.
Si l'intéressé veut renier la Foi qu'il a reçue en don gratuit de ses parents et de l'Eglise, c'est de sa propre et unique responsabilité, et il aura à en subir les conséquences en temps et lieux.
Il est bien regrettable que des magistrats et des ecclésiastiques aient à perdre leur temps à de telles billevesées quand il y a tant à faire par ailleurs!
images/icones/neutre.gif  ( 612630 )On administre un sacrement, mais le sacrement n'est pas un acte administratif par le torrentiel (2011-10-26 18:33:46) 
[en réponse à 612616]

Bien, on me jette l'anathème, on me rappelle que l'Eglise recommande le baptême des petits enfants, ce que je sais parfaitement, on me rappelle que l'anabaptisme est incompatible avec le catholicisme (et pour cause, puisqu'il est protestant), mais on ne répond pas à mes arguments et, en particulier, personne ne répond à la question de conscience.


-L'eglise a parlé, ce qui devrait interdire de réfléchir. Désolé, mais je ne marche pas. L'Eglise n'est pas une institution totalitaire et, quand on constate une incohérence, on doit souhaiter de voir la question résolue rationnellement, avec autant d'intelligence que possible. Sinon il ne sert de rien d'attribuer au catholicisme le monopole de l'usage de la raison, comme le fait si souvent benoît XVI, qui, si elle n'est que servante de la foi, si elle n'a vocation qu'à confirmer le magistère, ne s'exerce pas, désolé. Du reste, Saint Pie X note fort oppportunément que le baptême des enfants s'est imposé progressivement dans l'eglise de manière disciplinaire et que cela a obligé l'Eglise à couper le Sacrement en deux: baptême et pénitence. On pourrait même aller plus loin et force nous serait de reconnaître avec les protestants qu'à l'origine, toute l'initiation chrétienne était contenue dans le baptême.


-On m'objecte que les parents sont civilement et pénalement responsables de leurs enfants. Certes, mais cela leur donne-t-il le droit d'engager, et à vie, jusqu'à leur conscience?


-L'argument le plus pitoresque est celui qui consiste à dire que le baptême ne suffit pas bien qu'il soit nécessaire, mais qu'il faut poser des actes de foi. Ah bon, mais je croyais que le baptême était censé donner la foi!


-L'argument le plus intéressant est la question qui m'est posée de savoir si je me souviens d'avoir apposé ma signature à la République ou au contrat social.


Tout d'abord, être né sous une République et naître à la Foi ne sont pas deux actes de même nature. Dans un cas, il y a une situation que je subis passivement (je suis né sous... un régime politique, éventuellement je peux même souffrir sous et de ce régime); et dans l'autre, je suis censé être acteur (je nais à, on ne me fait pas naître). L'adoption est un acquiescement à une filiation de surcroît. Le baptême nous rend des filles et des fils adoptifs... de dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-christ par l'Esprit-saint que nous recevons déjà en lui (donc la confirmation est bien contenue en germe dans le baptême).


Quant au "contrat social", chacun sait que c'est un décalque politique de mauvaise facture en forme de "religion civile" de la religion véritable. Il n'est pas jusqu'au vocable de nation qui ne soit employé de manière parodique. La nation vient de nascor, "je nais", bien que le verbe latin soit conjugué à la voix passive.


Le contrat social est une supercherie puisque personne ne l'a signé. Les valeurs républicaines sont le codiscile au contrat social. Elles supposeraient de ma part un acte de foi civile sur lequel je suis plus que réservé. Reste la donnée de fait: je suis né dans un pays, la France, qui s'est donnée pour forme de gouvernement la république. Cette forme de gouvernement peut bien avoir, dans le cas français, voulu se donner une espèce de substrat idéologique, pour singer ce que la grâce est à la nature.


La nature du fait est l'administration et les lois qui régissent mon être social, peu importe que je les approuve ou non, elles ont un pouvoir coercitif sur mon corps si j'y contreviens. La foi, qui engage mon être moral et personnel, a elle aussi un pouvoir de coercition sur mon âme, mais celui-ci n'intervient que si mon âme contrevient à l'adhésion qu'elle a librement consenti. Or par le baptême qu'on m'administre quand je ne suis pas en état de parler, on me vole cette adhésion, on consent à ma place, ce qui est contraire à la nature du consentement; on m'arrache une promesse alors qu'infans, je n'ai pas la parole. L'intention est pleine de sollicitude: on veut sauver mon âme, on veut me sauver malgré moi, au cas où je deviendrais frondeur ou réfractaire (dans mon cas, c'était prophétique) , mais la démarche est bancale, elle ne suit pas la propre logique du sacrement qui veut que celui qui le reçoit et celui qui le célèbre veuillent ce que veut faire l'eglise. Or nourisson, je ne peux rien vouloir.
images/icones/vatican.gif  ( 612652 )Vous n'aurez pas lu par Rémi (2011-10-26 21:06:26) 
[en réponse à 612630]

les réponses aux difficultés actuellement soulevées. Certainement.



Autrement, je n'ai pas bien compris: vous êtes anabaptiste ou bien catholique ? Finalement ?
images/icones/neutre.gif  ( 612700 )Catholique anabaptiste par le torrentiel (2011-10-27 01:37:46) 
[en réponse à 612652]

En effet, Rémy, je n'ai jamais lu cette instruction, en ai parcouru les premières lignes et, comme je suis consciencieux, la lirai jusqu'à la dernière avant de la commenter si nécessaire.


Pour "catholique anabaptiste", c'est très simple: comme je l'ai déjà répondu à Yves54, c'est une alliance d'adjectifs contradictoires destinée à être humoristique et qui exprime bien néanmoins que je suis un catholique qui a des doutes sur le bien-fondé du baptême des petits enfants et qui, étant donné que l'anabaptisme est le point de vue de ceux qui sont partisans du "baptême conscient", aurais intellectuellement et jusqu'à plus ample démontré, une tendance anabaptiste, au moins intellectuellement.
images/icones/vatican.gif  ( 612732 )Réponse au Torrentiel par Ecclesiola (2011-10-27 13:38:21) 
[en réponse à 612700]

"Naissant avec une nature humaine déchue et entachée par le péché originel, les enfants eux aussi ont besoin de la nouvelle naissance dans le Baptême afin d'être libérés du pouvoir des ténèbres et d'être transférés dans le domaine de la liberté des enfants de Dieu, à laquelle tous les hommes sont appelés." (Catéchisme de l'Eglise Catholique, paragraphe 1250)
images/icones/neutre.gif  ( 612811 )Oui, Eclesiola, mais par le torrentiel (2011-10-27 20:32:30) 
[en réponse à 612732]

dans ce cas, il faudrait que le CEC abolisse l'idée que le baptême rend celui qui l'a reçu préservé du péché originel, comme la vierge Marie.


Sans quoi, commettant son premier caprice, son premier péché, le petit baptisé rejouerait à neuf le drame du péché originel.
images/icones/neutre.gif  ( 612952 )Désolé, rémi, par le torrentiel (2011-10-28 23:26:47) 
[en réponse à 612652]

mais cette instruction fait tout pour écarter la question de conscience, donc elle ne répond pas aux difficultés.
images/icones/fleche3.gif  ( 612734 )Baptême... par Yves54 (2011-10-27 13:52:06) 
[en réponse à 612630]


-On m'objecte que les parents sont civilement et pénalement responsables de leurs enfants. Certes, mais cela leur donne-t-il le droit d'engager, et à vie, jusqu'à leur conscience?



Quand vous éduquez votre enfant, vous formez sa conscience (donc vous l'engagez). Donc selon vous les parents ne doivent pas éduquer leurs enfants sous peine d'engager leurs conscience...




-L'argument le plus pitoresque est celui qui consiste à dire que le baptême ne suffit pas bien qu'il soit nécessaire, mais qu'il faut poser des actes de foi. Ah bon, mais je croyais que le baptême était censé donner la foi!



Vous réagissez comme un protestant. Le baptême sème "la graine" de la Foi mais il ne la fait pas grandir. Les actes de Foi fortifient la Foi et la font grandir.
images/icones/neutre.gif  ( 612812 )Former une conscience par le torrentiel (2011-10-27 20:38:38) 
[en réponse à 612734]

cher Yves54, n'est pas engager une conscience, c'est lui inculquer des valeurs, ce n'est pas la formater, c'est encore moins se prononcer en ses lieu et place pour l'engagement le plus important de la vie d'un homme.


C'est un peu comme si, toutes proportions gardées, vous vous prévaliez de votre rôle de parent pour consentir de bouche au mariage de votre enfant avec la personne que vous aurez désignée pour lui être appariée.


Pour la seconde partie de votre message, bien sûr que le baptême sème la graine de la foi. Il n'empêche qu'au cours du baptême, les parents, parrains et marraines de l'enfant prononcent pour lui le "credo".
images/icones/neutre.gif  ( 612624 )[réponse] par Yves54 (2011-10-26 18:05:14) 
[en réponse à 612614]

Je pense que vous avez très bien compris le sens de ma phrase qui va dans le même sens que vous.

En attendant je n'ai toujours pas de réponse sur ce qu'est le "truc" "catholique anabaptiste". Si quelqu'un peut m'expliquer alors je suis preneur...
images/icones/fleche3.gif  ( 612581 )La nécessité du sacrement du baptême par jejomau (2011-10-26 14:33:52) 
[en réponse à 612576]

Quelques éléments d'appréciation à cet égard ....



La nécessité du baptême


Lettre " Directa ad decessorem " à l'évêque Himère de Tarragone, 10 février 385.

"Sans vouloir cependant amoindrir le respect sacré qui s'attache à Pâques, Nous prescrivons d'administrer sans délai le baptême aux enfants qui, du fait de leur âge, ne peuvent pas encore parler, ou aux personnes qui se trouvent dans une nécessité quelconque de recevoir le saint baptême, de peur qu'il ne s'ensuive un détriment pour nos âmes si, par suite de notre refus de la fontaine du salut à ceux qui le désiraient, certains mourants venaient à perdre le Royaume et la vie. Quiconque de même se trouve menacé d'un naufrage, d'une invasion ennemie, ou de quelque maladie mortelle, qu'il soit admis, aussitôt qu'il le demande, au bénéfice de la régénération sollicitée. L'erreur jusqu'ici dans ce domaine doit suffire ; à présent que tous les prêtres s'en tiennent à la règle susdite, s'ils ne veulent pas être arrachés à la solidité du roc apostolique sur lequel le Christ a construit toute l'Eglise."


Des sacrements (Sous Saint Pie X)


3439 "Les conceptions sur l'origine des sacrements dont étaient imbus les pères du concile de Trente, et qui ont eu, sans aucun doute, une influence sur leurs canons dogmatiques, sont très éloignées de celles qui maintenant sont tenues à juste titre chez ceux qui se livrent à la recherche historique sur le christianisme."

3440 "Les sacrements avaient leur origine dans le fait que les apôtres et leurs successeurs ont interprété une idée et une intention du Christ sous la stimulation et la poussée des circonstances et des événements."

3441 "Les sacrements visent seulement à rappeler à l'esprit des hommes la présence toujours bienfaisante du Créateur."

3442 "La communauté chrétienne a introduit la nécessité du baptême, en l'adoptant comme un rite nécessaire et en y joignant les obligations de la profession chrétienne".

3443 "L'usage de conférer le baptême aux enfants est une évolution disciplinaire, et c'est une des raisons pour lesquelles le sacrement s'est divisé en deux :le baptême et la pénitence"

images/icones/1d.gif  ( 612606 )Avez-vous donné votre consentement à la république? par Babakoto (2011-10-26 16:50:33) 
[en réponse à 612576]

Quitte à choquer, allez-y franchement.

D'abord, pour les cathos, le baptême ne suffit pas pour faire partie du club. Même si le sacrement est indélébile, il est largement insuffisant. Pour être catholique, il faut être baptisé, avoir la foi et reconnaître l'autorité de l'Eglise. Ce qui justifie le baptême des petits enfants, c'est ce qui justifie qu'on leur donne un nom, un héritage, une appartenance à une famille. Ce qui devrait suffire pour le justifier, c'est que l'Eglise le demande.

Ensuite, ce ne sont pas des libres penseurs, ce sont des racistes ordinaires. Ils se reconnaissent en tant que race supérieure des droits qu'ils refusent aux autres.

Réfléchissez bien: à quel moment avez-vous donné votre consentement à la république? Les lois ne s'imposent donc pas à vous? Dites-nous où vous avez signé le fameux "contrat social".



images/icones/1e.gif  ( 612609 )en France il est plus facile de renier sa foi par blamont (2011-10-26 16:59:48) 
[en réponse à 612606]

et son baptême catholique que pour un salarié de sortir de la Sécurité sociale.
images/icones/fleche3.gif  ( 612643 )L'erreur fondamentale... par Michel (2011-10-26 20:18:10) 
[en réponse à 612528]

...c'est de considérer le registre comme une liste de membres.

En réalité, c'est l'équivalent d'un acte notarié.
On parle d'ailleurs d'acte de baptême.
Je crois même que le droit canonique parle du "notaire" de ces actes, qui est le curé ou son délégué.
Avant la période moderne, les notaires ecclésiastiques avaient les mêmes fonctions que les notaires civils (lesquels n'existaient quasiment pas).

Donc il s'agit de noter, de prendre acte, que tel jour à tel heure il s'est produit tel évènement historique.

Pour prendre une comparaison, si un bébé hérite de son grand oncle d'Amérique une fortune de quelques milliards, les parents vont accepter l'héritage au nom du bébé, et s'engager à payer les quelques centaines de millions de droits et charges diverses.
Devenu majeur, si l'héritier veut renoncer à ce mammon d'iniquité, il peut donner tout à des oeuvres, mais il ne peut en aucun cas exiger que le notaire efface de ses minutes l'acte (et le baptême présente une similitude avec la réception d'un héritage).

Le registre de baptême n'est pas une liste de membres : par exemple, on n'y porte jamais les changements d'adresses (à supposer qu'on ait noté l'adresse des parents, ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là). On n'y porte que très rarement la mention du décès (même si théoriquement il faudrait le faire : mais quand un vieux meurt, qui sait qu'il a été baptisé à Landernau ?... Souvent, lui-même ne le sait plus devenu vieux).
Les anticléricaux s'imagine que le nombre de catholique publié dans les statistiques est fondé sur ces registres : c'est stupide, on n'a pas des multitudes de fouille-papier qui vont chaque année recompter les catholiques dans les vieux registres (surtout compte-tenu du fait que de fait les décès ne sont pas mentionnés).
On procède par estimations. Si j'ai bien compris, on calcule par tranche d'âge : x % des bébés nés en 1930 ont été baptisés, y % sont morts, donc il reste x fois y baptisés de cette tranche d'âge, moins les apostats (estimés), plus les convertis. Et on calcule ainsi rapidement pour toute la population.
Si on ne croit pas au Christ, alors le baptême n'est rien (contrairement à circoncision qui laisse des traces...). Inutile de vouloir le faire annuler, ce qui est impossible.
Si on devient anti-vaccin, peut-on se faire dévacciner ?...

Enfin, les inscriptions ne doivent pas être communiquées à des tiers ! Seul l'intéressé y a droit. Certains textes canoniques interdisent à l'intéressé de voir son inscrition (car elle peut contenir des infos confidentielles sur une adoption ou sur l'identité de ses vrais parents....) et même de donner une photocopie.

Bon, allez, je file me faire dévacciner...
(je ne rigole pas, méfiez-vous des vaccins...)
images/icones/ancre2.gif  ( 612645 )Et le mariage, alors ? par Paterculus (2011-10-26 20:36:52) 
[en réponse à 612528]

Si le baptême est ainsi quelque chose d'intime, pourquoi donc le sacrement de mariage ne le serait-il pas ?
Pourquoi donc cette république exige-t-elle des chrétiens qu'ils passent à la mairie avant de recevoir un sacrement ?
Non mais sans blague !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/1d.gif  ( 612646 )Et la "décirconcision" ? par Vassilissa (2011-10-26 20:39:47) 
[en réponse à 612528]

Y a-t-il des greffes prévues ?
images/icones/neutre.gif  ( 612651 )Technique vieille comme le monde par Quodvultdeus (2011-10-26 20:59:14) 
[en réponse à 612646]

La réfection du prépuce est très ancienne : cf. I Macch. I, 15