Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 612443 )Y a-t-il deux sortes de chrétiens ? par jejomau (2011-10-25 17:41:42) 

C'est un post récent de l'un d'entre nous qui me pousse à poser cette question. En effet, cette idée m'avait déjà parcourue. Voilà le post en question : ICI.

Voilà donc ma réflexion : Un chrétien est-il forcément non-violent ? Il nous faudrait - je cite - "imiter le Christ", ce qui serait "une tâche malaisée" .. Ce qui signifierait que le Christ ne veut pas de la violence, laquelle utilise la Force, pour se faire respecter et entendre.

C'est évident. Oui.. Mais évident pour qui ? Evident pour un homme de Dieu. Evident pour un prêtre. Mais est-ce si évident pour un laïc, un baptisé, un chrétien ? N'y-a-t'il pas deux sortes de "chrétiens" à cet égard ?

Jésus-Christ interdit bien à Pierre (le modèle par excellence du prêtre finalement puisque celui-ci sera le premier pape) d'utiliser de son épée pour le défendre.... Mais Pierre n'est-il pas aussi à bonne école quand il voit son Maître user du fouet avec Force (et violence) pour renverser les étals des commerçants dans le Temple du Seigneur ?
images/icones/livre.gif  ( 612456 )Une réponse tirée de saint Thomas par Vianney (2011-10-25 19:59:34) 
[en réponse à 612443]

Ou plutôt un début de réponse, car le texte n’envisage pas le cas spécifique de saint Pierre au Jardin des Oliviers :

1. Celui qui, selon sa condition et son rang, exerce la vengeance contre les méchants, n'usurpe pas ce que Dieu s'est réservé, mais use d'un pouvoir que Dieu lui a concédé, comme il est dit du prince, dans l'épître aux Romains (1 3, 4), « qu'il est le ministre de Dieu pour tirer vengeance de celui qui fait le mal. » Mais exercer la vengeance en dehors de l'ordre établi par Dieu serait usurpation sur ses droits, et donc péché.

2. Les bons tolèrent les méchants en ce sens qu'ils supportent patiemment les offenses qui les atteignent personnellement, autant qu'il le faut ; mais cela ne signifie pas qu'ils doivent agir de même pour celles qui sont faites à Dieu ou au prochain. « La patience à supporter les offenses qui s'adressent à nous, dit S. Chrysostome, c'est de la vertu ; mais rester insensible à celles qui s'adressent à Dieu, c'est le comble de l'impiété. »

3. La loi évangélique est une loi d'amour. C'est pourquoi ceux qui font le bien par amour, les seuls d'ailleurs qui appartiennent vraiment à l'Évangile, ne doivent pas être terrorisés par des menaces qu'il faut réserver à ceux que l'amour ne pousse pas à bien agir. Ceux-ci ont beau être comptés parmi les fidèles, ils n'en sont pas par le mérite.

4. Il peut arriver que l'offense faite à une personne rejaillisse sur Dieu et l'Église ; cette personne doit alors venger l'injure qui lui est faite. C'est ainsi qu'Élie fit descendre le feu du ciel sur ceux qui venaient l'arrêter (2 R 1, 9 s.), qu'Élisée maudit les enfants qui se moquaient de lui (2 R 2, 23), et que le pape Silvestre excommunia ceux qui l'avaient condamné à l'exil. Mais dans la mesure où l'offense est purement personnelle, il faut la supporter avec patience, à moins d'avoir des raisons d'agir différemment. Car ces préceptes de patience doivent s'entendre en ce sens qu'il faut avoir l'âme prête à les observer quand les circonstances l'exigent, comme l'explique S. Augustin.

5. Quand la multitude tout entière a péché, la vengeance doit s'exercer, soit sur la totalité, comme il advint à l'armée de Pharaon engloutie dans la mer Rouge (Ex. 14, 22), et de tous les habitants de Sodome, soit sur une partie notable, ainsi que fut punie l'adoration du veau d'or (Ex. 32, 27). - D'autres fois, lorsqu'on peut espérer qu'un grand nombre viendront à résipiscence, la vengeance tombera sur quelques-uns des principaux coupables dont le châtiment effraiera les autres, comme nous le lisons dans les Nombres (25, 4) où Dieu ordonne de pendre les chefs pour le péché de la foule.

Si le péché n'a pas été commis par tous et s'il est possible de connaître les coupables, c'est sur eux que tombera la vengeance, à moins que cette rigueur ne risque de scandaliser les autres ; car alors, mieux vaudrait renoncer à punir et accorder un pardon général.

Il en va de même pour le prince : il faut fermer les yeux si le châtiment de sa faute doit causer du trouble parmi le peuple ; à moins que cette faute elle-même n'ait des effets spirituels ou temporels pires encore que le scandale à redresser.


Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa IIae, q. 108, art. 1.

images/icones/bravo.gif  ( 612484 )Merci Vianney ! par jejomau (2011-10-25 23:37:08) 
[en réponse à 612456]

Tout est dit
images/icones/neutre.gif  ( 612504 )S'il y a deux sortes de chrétiens, par le torrentiel (2011-10-26 01:05:39) 
[en réponse à 612443]

c'est le comble du modernisme.


Le moderniste est scientifique ou travaille la semaine et est chrétien le dimanche.


Le Christ n'a pas dit aux apôtres de ranger leurs épées et aux autres assistants, ses fidèles, qui devaient s'être rapprochés quand la scène ne permit plus qu'on regardât de loin, de les sortir.


Il n'y a pas deux sortes de chrétiens, car tous, nous n'avons qu'un seul Maître.


Par contre, il y a une grande diversité de personnalités ou de fonctions parmi les chrétiens; mais tous, nous sommes astreints aux mêmes préceptes.


Le Christ aurait pu organiser un groupe de paramilitaires ou constituer une garde rapprochée, or nulle mention de cela dans l'evangile!