Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=612431
images/icones/1a.gif  ( 612431 )Messes spectacles : analyse plus précise. par Véronique (Lala) (2011-10-25 16:08:28) 

Je ne viens pas pour juger mes frères et sœurs faisant partie comme moi de l’Eglise Catholique.
Je viens porter mon analyse, après un message personnel que j’ai reçu, traitant des messes spectacles.
J’ai également porter mon esprit à rechercher ce qui était le mieux pour moi, et surtout le comportement à avoir durant la célébration de l’Eucharistie.

Mon but étant en tout de mieux connaître Dieu, de corriger mes erreurs, d’éveiller mes ignorances, et surtout d’essayer de toujours tout faire dans l’amour.

Dans ce message, j’ai osé parler de marionnettes.
Mes paroles se fixaient essentiellement sur les bras excessivement levés de personnes et d’enfants durant la messe, dont la photo nous a été proposée.

Je disais notamment :

Je ne sais pas dans quelle condition ces personnes lèvent autant les bras.
Cela appartient à Dieu.


Mon coeur aurait mieux fait de rester sur ces mots.

Durant la célébration de l’Eucharistie (je ne parle pas du moment de la consécration ni de l’élévation), il peut nous être demandé de lever les bras notamment pendant la prière du Notre Père.
Là, je suis d’accord et me dis pourquoi pas.
Je corrige donc cela, et promets d’essayer de ne plus me moquer de quiconque. Je me confie à votre prière.

Par contre, au moment de la consécration et de l’élévation, nous devons avoir un profond respect et être dans l’adoration.
Aimer avec un profond respect parce que c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est Dieu qui est là.
Je trouve donc naturel que l’on se mette à genoux devant Lui.

Pour associer mon avis sur les bras levés durant une prière, et celui du temps de la consécration et de l’élévation, je pense à un texte de l’ancien testament dont on m’a parlé dans ce message reçu dont je fais référence plus haut.
Il s’agit de la fille de Saül, Mikal, ayant méprisé David lorsqu’elle l’a vu danser devant Yahvé :

David dansait et tournait de toutes ses forces devant Yahvé, il portait le pagne de lin. 15 David et tous les Israélites firent ainsi monter l’Arche de Yahvé au son de la fanfare et du cor. 16 Lorsque l’Arche entra dans la cité de David, Mikal, fille de Saül regarda par la fenêtre. Elle vit le roi qui sautait et tournait devant Yahvé, et elle le méprisa dans son cœur… (2 Samuel 6, 14-16)Et Mikal, fille de Saül, n’eut pas d’enfant jusqu’à sa mort. (2 Samuel 6, 23).


J’ai donc fait une erreur dans mon message car il méprise mon prochain :

Allez, j'ose.
Sans juger les âmes mais en pensant à Satan, il se dit peut-être :
"Ainsi font, font , font les petites marionnettes..."

Je demande pardon donc à ceux que j’ai blessés.


Ce passage biblique cité ci-dessus, me porte alors à dire que l’on peut lever les bras durant une prière, même durant la messe, comme pendant celle du Notre-Père par exemple.
Cela est valable pour la messe ordinaire, sachant que les gestes de la messe extraordinaire ne sont pas identiques.

Par contre, dans mon message, je disais également :

… je me dis que si nous habituons les enfants en bas âge à faire des messes spectacle, ils vont en prendre l'habitude, animées comme les dessins à la télé... ou la gameboy, et plus tard, il y a de gros risques à ce qu'ils veulent la même chose.
Aucun recueillement possible alors.
Les messes spectacles sont un grand danger pour les âmes, un très grand danger.

C’est là que mon avis révisé d’aujourd’hui me porte à dire et à confirmer que durant la consécration et l’élévation nous ne pouvons pas faire n’importe quoi.

J’affirme également que les messes spectacles sont spécifiques à elles-mêmes, dans la mesure où on y introduit des objets, des contes, des écrans diapositives… et là c’est le profane qui est entré dans le Sacrifice.
Ce n’est pas normal et ce n’est pas non plus autorisé dans le Missel Romain.

On essaye de rendre la messe vivante, avec bien de l’imagination, de nouvelles trouvailles afin d’’attirer les enfants à la messe, pour qu’ils la trouvent joyeuse, intéressante … et de faire participer les enfants par toutes sortes d’animations.
Mais là, c’est une grossière erreur. Pourquoi ?
- C’est réduire le Sacrifice divin à pratiquement rien, les esprits étant majoritairement tournés vers ce qu’ils veulent inventer, et à faire participer à toutes sortes de dérives.
- C’est laisser place à l’orgueil, à l’imagination et à leurs dangers, et non à la grâce divine qui elle est là, voulant s’offrir à tous.
- C’est se mettre devant la liturgie, la réduisant à une simple obligation, alors qu’elle est une vraie richesse indispensable à nos âmes.
- C’est être les marionnettes de Satan, qu’il agite à sa guise. Son but étant d’empêcher la vie du Saint-Esprit en nous, et de favoriser l’esprit du monde (objets, contes…). Il y arrive très bien dans les âmes qui ne prient pas ou pas assez, et qui ne passent pas assez de temps avec Dieu (lecture pieuse, adoration, oraison…).

Je pense que c’est également une offense envers le Sacrifice Divin, ne recherchant pas à le contempler, même simplement, à ne pas l'aimer, le respecter,à ne pas vouloir justement être disposé en tout durant toute la messe à ce que Dieu voudrait me dire, m’expliquer, me faire vivre...
A être tout simplement disponible à sa grâce pour répondre à son invitation :
« soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5, 48), et ayant toujours à l’esprit cette réalité « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15 ,5).

Alors pourquoi chercher à changer la messe, à la rendre spectacle, alors que le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ est la preuve de l’infini amour que Dieu trois fois Saint a pour tous et auquel nous devons respect, adoration, recueillement, abandon, humilité, zèle... ?

J’en reviens à ce passage 2 Samuel 6, 14-16 (voir ci-dessus), juste pour vous dire que je comprends l’attitude de mes frères et sœurs durant les sessions de louange, à l’image de David, en applaudissant, en dansant, en chantant… Oui, il est bon de faire cela devant Yahvé, pace qu'il y a un temps pour tout (Qo 3, 1-9 - voir ce-dessous).
Je l’ai moi-même expérimenté durant quelques sessions du père Paulin, c’est aussi laissé Dieu agir en nous. Le comprendra celui qui a reçu la grâce de comprendre ce qu’est la liberté d’être enfant de Dieu, parce que même l’envie de crier cette joie est plus forte que tout. Je la souhaite à tous.

Fraternellement
Véronique

Qohélet 3, 1-9 1 Il y a sous le soleil un moment pour tout, et un temps pour chaque entreprise :
2 un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, un autre pour déraciner la plante ;
3 un temps pour tuer, et un temps pour soigner ; un temps pour démolir, et un temps pour bâtir ;
4 un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour le deuil, et un temps pour la danse ;
5 un temps pour jeter les pierres, un autre pour les ramasser ; un temps pour les embrassements, un temps pour s’en abstenir ;
6 un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour conserver, un temps pour se débarrasser ;
7 un temps pour déchirer, et un temps pour recoudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ;
8 un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix :
9 à la fin, quel profit retirera-t-on de ses peines ?
images/icones/neutre.gif  ( 612453 )Vous pointez du doigt une contradiction par Meneau (2011-10-25 19:34:40) 
[en réponse à 612431]

Votre réflexion sur les gestes d'adoration au moment de la consécration en appelle une autre que je m'étais faite à la lecture du fil que, ne voulant pas forcément faire remonter, je m'étais abstenu d'enrichir.

La réflexion, ou plutôt la question est la suivante :

Pourquoi est-ce que dans 99,9% des cas, les innovations liturgiques vont dans le sens "spectacle", que ce soit lever les bras, ou plus grave (danser, jongler, etc comme on a pu voir également malheureusement), et quasiment jamais dans le sens d'une plus grande adoration et d'un plus grand recueillement (par exemple on n'a jamais vu demander aux fidèles de se prosterner au sol lors de l'élévation).

Ainsi :
- on fait lever les bras ou danser, mais rarement joindre les mains ou s'agenouiller
- on rajoute un chant à un moment incongru, mais rarement une minute de silence en signe de recueillement

etc.
Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 612470 )Je vous réponds par trois questions. par Véronique (Lala) (2011-10-25 22:04:06) 
[en réponse à 612453]

Cher Meneau,

tout ce qui porte à la prière (également pendant le "Notre Père"), au respect, au recueillement, à l'agenouillement, au silence, à l'adoration, au coeur à coeur, à l'abandon... tout cela vient de Dieu. C'est la vie de notre esprit par l'Esprit Saint, l'Esprit de Dieu. C'est la vie de l'esprit.

Tout ce qui en est le contraire, de qui cela vient-il ?
Qui veut empêcher Dieu en notre esprit ?
Qui veut distraire notre esprit ?

Il y a une seule réponse et un seul nom.

Fraternellement
Véronique

images/icones/fleche2.gif  ( 612483 )Principe du balancier par Ion (2011-10-25 23:30:08) 
[en réponse à 612453]

La réponse à votre question n'est-elle pas évidente ?

Avouez que la liturgie tridentine était/est également un grand spectacle, où les participants sont exclusivement les clercs : dorures, dentelles, encens, le tout de manière que l'on peut à notre époque juger excessive ou tout au moins d'un autre âge : poses hiératiques, visages fermés, bref, tout cela n'est pas très naturel.

En réaction, on a eu tendance à changer de spectacle en le déplaçant, là aussi peut-être jusqu'à l'excès. En schématisant : les acteurs d'hier, les clercs, se font beaucoup plus sobres, tandis que ceux qui hier étaient passifs (l'assemblée), se mettent à "jouer" un nouveau spectacle en devenant cette fois participants eux-mêmes, mais cette fois de manière plus spontanée, moins figée. D'où les gestes que vous déplorez et qui vont toujours dans le même sens.

Entre ces deux extrêmes, le principe du balancier laisse prévoir qu'on arrivera à un juste milieu, peut-être dans le cadre de la fameuse réforme de la réforme. On le voit déjà avec un certain retour à plus de dignité dans les liturgies (ce qui n'empêche pas les mains levées à d'autres moments), plus de révérence (et oui, c'est de plus en plus palpable), des ornements plus nobles, mais Dieu merci sans dentelles !!.

Ion
images/icones/1g.gif  ( 612485 )Combien de temps encore... par Semetipsum (2011-10-25 23:43:11) 
[en réponse à 612483]

le maître des lieux vous laissera t il siffler et persiffler votre venin habituel contre tout ce qui est traditionnel?
Il est vrai que vous y mettez beaucoup d'onction et de componction !
D'autres, moins prudents, nous ont déjà quitté et dont, pour certains, plus francs du col, je regrette l'absence...
images/icones/1i.gif  ( 612488 )A vous lire, Ion, je me demande si nous avons été formés sur les mêmes bancs !! par Chouette (2011-10-26 00:08:11) 
[en réponse à 612483]

et je comprends notre ami Semetipsum !!!

Pensez-vous vraiment ce que vous écrivez ?
Etes-vous persuadé que ce que le chanoine Roussel, à Port-Marly, vous a "servi" pendant toute votre jeunesse, correspondait à la définition que vous faites de la liturgie tridentine ?

Vous semblez vouloir brûler ce que vous avez adoré, bu au sein maternel...C'est incroyable !!!
Avez-vous donc tant souffert de la dentelle du rochet du Chanoine, qu'il portait sous son camail ?

J'ose espérer que c'est votre esprit de contradiction tout spécialement développé pour les liseurs de FC qui vous fait partir dans des raisonnements extrêmes...

Allez mon bon, soyez plus modéré, vous serez peut-être plus crédible, plus lisible, plus audible...
Amitiés, cher ami.
images/icones/fleche2.gif  ( 612492 )Justement pas, chère amie ... par Ion (2011-10-26 00:21:16) 
[en réponse à 612488]

... Port-Marly était différent du Tridentin "pur et dur" et avait adopté le missel de 1965 en ayant déjà commencé à largement alléger le cérémonial. Tout cela a bien changé aujourd'hui avec le retour aux barettes, gants, bisous à tout bout de champ et autres dentelles de l'ICRSP, tout au moins de ce que j'ai eu l'occasion de voir en y retournant depuis. Certains peuvent aimer, pas moi.

Ceci dit, dans le post ci-dessous, je ne faisais que donner une réponse que je crois sensée à la question posée, sans réel jugement de valeur.

Amitiés également,

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 612489 )Un peu à côté de la plaque... par Meneau (2011-10-26 00:09:09) 
[en réponse à 612483]


En réaction, on a eu tendance à changer de spectacle en le déplaçant, là aussi peut-être jusqu'à l'excès. En schématisant : les acteurs d'hier, les clercs, se font beaucoup plus sobres, tandis que ceux qui hier étaient passifs (l'assemblée), se mettent à "jouer" un nouveau spectacle en devenant cette fois participants eux-mêmes, mais cette fois de manière plus spontanée, moins figée. D'où les gestes que vous déplorez et qui vont toujours dans le même sens.



Ce déplacement, comme vous dites, c'est le NOM en lui-même. Déjà le rite opère ce déplacement. Il fixe toutefois un certain nombre de normes et de pratiques.

Ma question ne portait pas sur ce déplacement, mais sur les "innovations" liturgiques qui se font en dehors de ces règles fixées par l'Eglise. Ma question était la suivante : pourquoi les "innovations" liturgiques que se permettent ("peut-être jusqu'à l'excès" - seulement "peut-être" ?) sont pratiquement TOUJOURS dans le même sens. Pourquoi ceux qui prennent des libertés les prennent-ils toujours dans le sens de la plus grande pagaille et du moindre recueillement ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 612493 )Uniquement par réaction ... par Ion (2011-10-26 00:24:08) 
[en réponse à 612489]

... par rapport à l'avant, j'en suis certain.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 612495 )Mais... par Meneau (2011-10-26 00:39:01) 
[en réponse à 612493]

Ah bon, c'est voulu et fait exprès alors ? Mais qu'est-ce que ça apporte exactement, à part des distractions ?

Parce que, franchement, lorsque vous dites

ceux qui hier étaient passifs (l'assemblée), se mettent à "jouer" un nouveau spectacle en devenant cette fois participants eux-mêmes, mais cette fois de manière plus spontanée, moins figée.

permettez-moi d'être sceptique. Reportez-vous aux photos de l'autre fil. Vous trouvez vraiment, à part peut-être pour quelques enfants, que c'est "spontané et moins figé" ? Ils sont tous en train de faire la g... en regardant le metteur en scène, et en s'appliquant à ne pas louper un geste pour pas avoir l'air ridicule... Peut-être qu'il y a un sens derrière tous ça, mais franchement, ça respire pas la spontanéité !

Je suis sûr que vous-même, vous ne vous sentez pas "spontané" lorsqu'on vous propose de telles chorégraphies ?

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 612508 )C'est vrai, la majorité ... par Ion (2011-10-26 01:17:14) 
[en réponse à 612495]

... des participants ne montre pas un élan naturel, j'en conviens aisément. Il est très difficile de faire bouger des personnes qui n'en n'ont jamais eu l'habitude ... bien qu'au fond elles souhaiteraient pouvoir le faire. C'est tout le paradoxe, on veut s'affranchir du passé un compassé, mais on ne sait pas vraiment comment faire ! Seules, à mon avis, les communautés charismatiques font cela avec beaucoup de naturel, mais c'est également parce qu'elles vivent vraiment ces attitudes.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 612603 )...avant?... par fidelis (2011-10-26 16:30:14) 
[en réponse à 612493]

Permettez moi une légère objection : la quasi totalité (je devrais même dire objectivement : la totalité) n'ont jamais expérimenté ce qui se faisait "avant". Ce n'est donc pas une réaction de leur part, mais bien une invention gratuite (on innove pour innover parce qu'il faut toujours tout changer, car c'est la mode aujourd'hui); à moins que ce leur soit suggéré pour être original, marquer leur particularité; ce qui fait que d'une paroisse à l'autre, on ne sait pas toujours si on est dans la même religion.
images/icones/1n.gif  ( 612499 )analyse intéressante car fausse à la par Luc Perrin (2011-10-26 00:54:58) 
[en réponse à 612483]

base mais extrêmement répandue.

Il est typique des néo-liturges de poser des "évidences" là où il n'y en pas mais seulement leurs présupposés.

"Avouez que la liturgie tridentine était/est également un grand spectacle, où les participants sont exclusivement les clercs : dorures, dentelles, encens, le tout de manière que l'on peut à notre époque juger excessive ou tout au moins d'un autre âge : poses hiératiques, visages fermés, bref, tout cela n'est pas très naturel." (Ion)

- d'abord "grand spectacle" oui bien sûr mais pas toujours et partout : une messe basse de semaine n'a rien d'un "grand spectacle" ; cela vaut pour les messes solennelles et les messes pontificales qui sont au centre de la liturgie romaine, on peut donc retenir l'argument.

- "que l'on peut à notre époque juger excessive ou tout au moins d'un autre âge" ?
L'air est connu pourtant les Églises chrétiennes orientales l'ignorent pour l'essentiel et les Grecs-orthodoxes sont en expansion en Afrique depuis 40 ans.
Si l'on tourne son regard vers les autres religions, dans le bouddhisme, je vois "poses hiératiques, visages fermés" et des tenues "d'un autre âge". Idem pour l'islam du moins une bonne partie, idem pour l'hindouisme. Les dorures et l'encens sont utilisés à profusion en Asie aujourd'hui comme hier.
L'argument de la contemporanéité et de l'inadéquation supposée "à notre époque" (si éclairée ???) est donc bien européo-centriste et peu convaincant.

- reste in fine la pertinence en soi de ce type de raisonnement dans le domaine religieux. C'est là le fond du problème : pour les néo-liturges, leur discours est bien résumé par Ion, le "sacré" "n'est pas très naturel". La néo-liturgie est un peu comme le "design", d'abord fonctionnelle ; elle présuppose un monde purement séculier et raisonneur et elle cherche à s'insérer dans cette sécularité bavarde, elle se veut "du monde" et surtout pas pour le changer.
Le problème est que la liturgie traditionnelle participe du sacré et non de l'anomie libérale, qu'elle est bien dans ce monde séculier mais qu'elle n'est pas de ce monde et ne saurait être que "pas très naturelle" dans cette société laïque, indifférente et oublieuse de Dieu. C'est cela qui lui donne son sens, sa force et sa fécondité.
Et en effet, il n'est "pas très naturel" de croire en la Présence réelle et la transsubstantiation, pas naturel de s'agenouiller devant une autorité supérieure à la toute puissance de l'égo moderne, pas naturel de se taire ... le salut par la Croix n'a vraiment rien de "très naturel". La quête éperdue du "naturel" - ou supposé tel - en religion et par conséquent en liturgie ne peut être qu'une impasse conceptuelle et aboutir aux échecs que l'on observe.
images/icones/fleche2.gif  ( 612512 )Analyse non seulement pas si fausse ... par Ion (2011-10-26 01:25:26) 
[en réponse à 612499]

... mais dans la droite ligne de tout ce qu'il y a de plus officiel :


Par suite, en exécutant la restauration, on devra observer les normes qui suivent.
34. Harmonie des rites
Les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; ils seront adaptés à la capacité de compréhension des fidèles et, en général, il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre.
Sacrosanctum Concilium, Concile Vatican II



Ion
images/icones/pelerouin1.gif  ( 612572 )deux choses distinctes mais je relève le défi par Luc Perrin (2011-10-26 12:47:10) 
[en réponse à 612512]

Je vous retrouve bien dans l'art de la pirouette.
Dans un 1er temps, vous vous placez sur le plan de l'anthropologie liturgique et sur celui de l'histoire (la contemporanéité supposée).

Quand je vous objecte, preuves à l'appui, qu'il s'agit d'un mauvais argument, vous changez de plan et - ce qui n'est pourtant pas votre tasse de thé d'ordinaire -, vous vous bornez à une citation limitée du Magistère pastoral. On est ici sur un tout autre plan.

1) je pourrais discuter l'interprétation de votre citation : "noble simplicité" peut ouvrir de longs débats. L'encens, le hiératisme, la pédagogie si forte des vêtements liturgiques traditionnels que vous répudiez peuvent, à bon droit, être considérés comme "noble simplicité". Les "répétitions inutiles" : tout n'est-il pas dans l'adjectif ? Répéter est le plus souvent très utile, c'est même la base de l'enseignement or les néo-liturges ne cessent de nous parler de "mystagogie".
La dernière phrase tendrait à condamner la néo-liturgie en soi car elle multiplie "nombreuses explications pour les comprendre" : il n'y a pas plus bavard, explicatif que les néo-liturgies quand on n'explique pas via le prêtre puis via une dame au micro, redoublé par des feuilles et même, je parle d'expérience, un commentaire musical à l'orgue pour une lecture d'Evangile en ... vernaculaire !

Je vous concède néanmoins que ce faux idéal, inspiré du second jansénisme condamné par le Magistère en 1794, a imprégné les mentalités des néo-liturges post-conciliaires. Mais cela relève d'une erreur pastorale conjoncturelle, et non du Magistère pérenne, erreur liée à la connaissance imparfaite que les experts avaient en 1962-1963. On sait aujourd'hui que la plupart des églises anciennes étaient orientées à la différence des basiliques romaines ; on sait aussi ce qu'il faut penser du pseudo canon d'Hippolyte et des textes antiques qui ont servi de référence à l'époque. Lisez la démolition savante faite par le Prof. Marcel Metzger de ces bases mentales/documentaires de la néo-liturgie dont il est pourtant lui-même un thuriféraire passionné.

Il appartient au Magistère de corriger les erreurs pastorales, de tenir compte des recherches d'archéologie et en histoire de la liturgie depuis 50 ans. Le cardinal Ratzinger dans divers ouvrages posait les bases de cette "réforme de la réforme", notamment pour cela.

2) Vous avez bien sélectionné votre citation et c'est bien ainsi que font les néo-liturges. Citons d'autres articles de cette même constitution conciliaire :

- article 8 : "Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle [22] ; avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire ; en vénérant la mémoire des saints, nous espérons partager leur communauté ; nous attendons comme Sauveur notre Seigneur Jésus Christ, jusqu’à ce que lui-même se manifeste, lui qui est notre vie, et alors nous serons manifestés avec lui dans la gloire [23]."

- article 21 (extrait) : "Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d’institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées. Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu’il est possible, puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire."

[commentaire : si l'on en juge par l'explosion de la non croyance en la Présence réelle en Occident, il semble que quelque chose soit bien devenu en 2011 déjà "inadapté" dans le Novus Ordo, inadaptation que l'on ne trouve pas pour les fidèles dans le rit traditionnel ... La clarté doctrinale requise par Vatican II est manifeste dans le missel de 1962 beaucoup moins dans les néo-liturgies]

- surtout l'article 23 qui est la grille herméneutique que le Novus Ordo n'a PAS suivie.

"Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l’esprit de la liturgie que l’expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits. Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique.

On veillera enfin, dans la mesure du possible, à ce qu’il n’y ait pas de notables différences rituelles entre des régions limitrophes."

Etudes boîteuses, innovations généralisées alors que Vatican II multiplie les restrictions "ne ... que", "si", innovations introduites là où elles n'étaient aucunement utiles et, enfin et surtout, certaines innovations entièrement étrangères aux formes existantes et brisant avec un développement organique (ex. la démultiplication des prières eucharistiques). Le Novus Ordo s'écarte de ce que les Pères conciliaires avaient débattu et voté, cela personne ne peut sérieusement le contester. Et je n'ai pas repris l'article de la Constitution de Vatican II sur le primat du ... latin et du chant grégorien !!!

Même sur le plan de la référence magistérielle conciliaire, le débat n'est pas aussi clos que vous voudriez nous le faire croire. La requête de voir ce Novus Ordo entièrement revu, requête que faisait dès le début des années 1980 le Père Bouyer, n'a rien perdu de sa légitimité et de son urgente actualité.

images/icones/fleche2.gif  ( 612573 )Mais cher contradicteur, ... par Ion (2011-10-26 13:02:41) 
[en réponse à 612572]

... vous entamez ici un débat sur le fond, c'est-à-dire sur la légitimité de l'application de Sacrosanctum Concilium, débat que je suis tout prêt à engager avec vous, car il est intéressant, mais qui, n'était pas l'objet de ce fil.

Ma réponse se voulait une tentative d'explication de ce qui s'est passé, et plus précisément des circonstances qui font que toute nouveauté va dans le même sens. Et sur cette question, je pointe la volonté de simplification de beaucoup. A tort ou à raison, c'est une autre histoire. De même que le fait de savoir si ceux que vous nommez les néo-liturges ont pu parfois interpréter ou pas de travers certaines recommandations de SC est une autre histoire.

Enfin, je note une nouvelle terminologie curieuse de votre part : le Magistère pastoral (sic) !!

Ion
images/icones/bravo.gif  ( 612601 )Bravo! par Eucher (2011-10-26 16:15:36) 
[en réponse à 612572]

Cher M. Perrin, tant pour le fond que pour la méthode. Ici au moins, le judo intellectuel des néo-liturges ne passe pas, grâce à vous qui le connaissez bien.

Là où la plupart des catholiques reste désemparé par l'argumentaire moderne qui souvent nous échappe comme une anguille (pirouettes etc., s. Pie X évoque cette caractéristique vous le savez), vous arrivez à en stabiliser le discours pour en relever les lacunes logiques/historiques/métaphysiques et, partant, à le démystifier. Voilà bien une créature qui craint la lumière: sous le feu de votre projecteur elle se recroqueville et fuit, comme d'habitude.
Un débat Perrin/Ion en public (mais sorties de secours bouclées!) serait savoureux, vraiment.

-Eucher.
images/icones/neutre.gif  ( 612549 )Appelez vous au défaut du mécanisme? par ptk (2011-10-26 10:08:19) 
[en réponse à 612483]

Lorsqu'un balancier reste "au milieu"....

..... l'horloge est arrêtée!