Le Forum Catholique
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( 612133 )
Assise : des non-croyants ont été invités par Jean Kinzler (2011-10-22 16:47:50)
Une première à Assise : Des non-croyants ont été invités
Pour la France, présence de la psychanalyste Julia Kristeva
ROME, jeudi 20 octobre 2011 (ZENIT.org) – Pour la première fois, des non-croyants ont été invités à laJournée de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde qui se déroulera le 27 octobre prochain à Assise sur le thème : « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ».
Un « choix innovant » de la part de Benoît XVI, a expliquéMgr Melchor José Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la culture, lors de la conférence de presse de présentation de la journée au Vatican.
Quatre personnalités du monde occidental, « où la non-croyance représente un phénomène important », ont répondu à l’invitation : Julia Kristeva (France), Remo Bodei (Italie), Guillermo Hurtado (Mexique) et Walter Baier (Autriche).
Dans son intervention, MgrSanchez de Toca y Alameda a expliqué que le pape avait confié au Conseil pontifical de la culture le soin de transmettre son invitation à certaines personnes pour représenter le monde de la non-croyance.
Dans le communiqué diffusé par la salle de presse le 2 avril 2011, sur la rencontre d’Assise, on pouvait lire : « Seront invités à partager le chemin des représentants des communautés chrétiennes et des principales traditions religieuses (...) certaines personnalités du monde de la culture et de la science qui, sans faire profession de religion, se sentent sur la voie de la recherche de la vérité et perçoivent la commune responsabilité pour la cause de la justice et de la paix dans notre monde ».
« Si le choix du pape représente une nouveauté pour ce genre de rendez-vous, l’attention aux non-croyants qui en est à la base se pose en continuité avec sa pensée », a encore expliqué le sous-secrétaire du dicastère de la culture. « A l’origine de ce choix innovant du pape Benoît XVI, il y a la conviction que l’homme, croyant ou non-croyant, est toujours à la recherche de Dieu et de l’Absolu. Il est donc toujours un pèlerin à la recherche, en chemin vers la plénitude de la vérité ».
« La conscience d’être des pèlerins à la recherche de la vérité consent à un dialogue franc et sincère entre croyants et non-croyants », a-t-il poursuivi en citant encore une fois le communiqué : « Dans la mesure où le pèlerinage de la vérité est vécu de façon authentique, il ouvre au dialogue avec l’autre, sans exclure personne et il engage chacun à être constructeur de fraternité et paix ».
Concernant les invités du Conseil pontifical de la culture, le prélat a souhaité rappeler qu’il ne s’agit pas d’une délégation, contrairement aux autres invités. « Ils proviennent du monde occidental (Europe et Amérique) où la non-croyance représente un phénomène important, alors que sur d’autres continents comme l’Asie ou l’Afrique, il est relativement marginal ».
Les invités qui ont accepté de participer à la Journée d’Assise sont les suivants :
Julia Kristeva, née en Bulgarie (1941), vit en France depuis 1966. Linguiste, psychanalyste, philosophe et écrivain français. Elle a collaboré avecMichel Foucault, Roland Barthes, Jacques Derrida et Philippe Sollers dont elle est l’épouse. Elle est l’auteur d’une trentaine de livres.
Remo Bodei (1938) est professeur d’histoire de la philosophie à l’université de Pise, après avoir été longtemps à l’Ecole normale supérieure de cette ville. Il a étudié et enseigné dans diverses universités et institutions culturelles européennes et américaines. Depuis 1992, il est Recurrent Visiting Professor à l’University of California, Los Angeles.
Guillermo Hurtado (1962) est un philosophe mexicain. Après avoir étudié la philosophie à la faculté de lettres et de philosophie de l’université de México-UNAM. Il a poursuivi ses études à l’université d’Oxford, comme élève du Magdalen College. En janvier 1991, il est entré à l’Instituto de Investigaciones Filosóficas dell’Università de México UNAM.
Walter Baier (1954) quant à lui est un économiste autrichien. Il est coordinateur du réseau « Transform ! », un forum de recherche européen qui regroupe des revues et des « think tanks » de gauche. Il est membre du parti communiste autrichien.
Marine Soreau
ICI
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Qu'il sont Gentils, ces incroyants !
JK

( 612140 )
Pour connaitre par Anton (2011-10-22 17:16:40)
[en réponse à 612133]

( 612142 )
Nous y voilà... par Introibo (2011-10-22 17:40:47)
[en réponse à 612133]
Des non-croyants réunis avec des croyants ?
A quoi cela rime-t-il ?
Vraiment, c'est du grand n'importe quoi. Feront-ils pire que de mettre le bouddha sur le tabernacle ?

( 612144 )
Avant la colère et Appel à Dame Glycera par Anton (2011-10-22 17:47:42)
[en réponse à 612142]
Ecouter la conférence, de Mme Kristeva.
Vous serez peut-être étonnée.
Si Glycera avait écouté cette conférence pourrait-elle nous donner son avis.
Cordialement.

( 612153 )
décidément Assise 2011 s'annonce comme un sommet par Luc Perrin (2011-10-22 19:15:06)
[en réponse à 612144]
dans la confusion, plus épais que le fog londonien à la saison hivernale.
L'idée de Jean-Paul II était de faire converger les religions par une démarche religieuse vers un objectif de pacification de l'humanité.
Cela reste, à mon sens, une mauvaise idée pour les raisons développées dans plusieurs fils (cf. la pétition italienne et d'autres) mais au moins, il y avait une logique, un fil conducteur et un argument.
Mais là ???
Par définition, un incroyant ne peut entrer dans une démarche religieuse si bien que je ne vois pas ce qui va réunir les différents participants. A moins que les "croyants", en vrac, posent certains gestes et les incroyants d'autres ... les uns dans un lieu, les autres dans un autre, ou décalés dans le temps ?
Peut-être en diluant complètement la manifestation d'Assise dans une sorte de bouillie mentale indéchiffrable, le Saint-Père entend-il l'enterrer ? Enfin j'avoue ne plus y comprendre rien du tout ...
Si certains, pourquoi pas sur une banquise, ont des lumières sur le sens de "ça", je ne demande qu'à être éclairé.
Il était pourtant si simple de réunir, à Assise pourquoi pas, un grand congrès des religions et des humanistes athées pour débattre philosophiquement/religieusement de l'idée abstraite de paix. On restait dans le dialogue, sympathique et rarement productif, mais on aurait évité ce salmigondis laïque/religieux non-chrétien/chrétien/catholique.
Le secrétaire de ce fameux Conseil pour la Culture va avoir du travail pour donner une explication rationnelle, intelligible, à cette chose "Assise 2011" qui me fait penser aux "barbapapas" : "hula hup, barbatruc" et la forme change en ce que l'on veut.

( 612159 )
La prochaine étape... par Nemo (2011-10-22 19:27:34)
[en réponse à 612153]
J'espère que le prochain Assise sera encore plus ouvert et qu'on y invitera des animaux car après tout ils font aussi parti à leur manière du plan de Dieu.
Il sera sympathique de voir un cardinal voisiner avec un homard et un poisson rouge, le Dalaï Lama avec un canari, un véritable arc en ciel...
Je suis aussi surpris qu'on n'ait pas encore appliqué le programme diversity, ce qui pourrait être savoureux.
Et pour aller encore plus loin on pourra aussi inviter des végétaux, l'hiver, la pluie, la galce, les frimas, enfin toutes les créatures citées dans les psaumes.
Pour être plus sérieux, en invitant n'importe qui à faire n'importe quoi, on finit par désamorcer le principe même d'Assise qui finira par avoir aussi peu de conséquences que Paris Plage.

( 612201 )
N'est-ce pas justement le meilleur moyen ... par Ion (2011-10-23 00:50:45)
[en réponse à 612153]
... d'éviter le risque de syncrétisme du genre "toutes les religions se valent" ?
N'est-ce pas au contraire très intelligent de la part de Benoît XVI de mettre cette rencontre sous le signe des "hommes de bonne volonté" ? Ceux qui sont librement et authentiquement à la recherche de la vérité, bref ceux qui rentrent dans les critères de DH.
Et encore une fois, quel est la seule personnalité au monde capable d'inviter de manière crédible et de réunir ces personnes de bonne volonté ? Un Imam ? Un rabin ? Le Dalaï Lama ? Le Patriarche de Moscou ? Non bien sûr, personne ne viendrait !
N'est-ce pas là un signe particulièrement éclatant de la primauté du Vicaire du Christ ? De son autorité morale sur toute la terre ? De la mission qui lui a été confiée par le Christ sur toute l'humanité ?
Ion

( 612292 )
l'argument est intéressant dommage par Luc Perrin (2011-10-24 16:04:45)
[en réponse à 612201]
qu'il ne se trouve pas dans les présentations officielles ... et par exemple sur l'affiche du diocèse de Paris.
Dommage aussi qu'il contredise tout ce que Jean-Paul II a dit à propos d'Assise de 1986 à 2002 en mettant en avant la contribution spécifique des religions et de l'humanité croyante.
Je préférerais certes une démarche telle que vous la décrivez : les religions et les humanistes athées sont des forces sociales, ces forces participent à l'édification du bien commun chacune avec ses propres principes et chacune estimant être la voie. Si l'on s'était borné à une réunion de "politique" mondiale, au sens noble, plutôt sous l'égide de la diplomatie pontificale, il n'y aurait pas le confusionisme pratique que véhicule l'image d'Assise (et tous ses dérivés telle l'affiche parisienne).
Outre le fait que le message visuel et pratique contredit les explications savantes données par Rome (et d'autres), on est aussi frappé par l'absence de résultats et d'engagements pratiques pris par les participants. Qu'ont fait les musulmans présents aux rencontres précédentes pour faire progresser dans leurs pays et institutions le respect de la liberté religieuse ? Rien on le voit chaque jour.
Et on pourrait les passer en revue les uns après les autres : à part les chrétiens (catholiques et protestants car je mettrai un bémol pour les Orientaux séparés) ? Depuis Assise 1986, les violences anti-chrétiennes sont ... en augmentation partout ou presque.

( 612170 )
Il y aura t-il des satanistes ? par Anisvert (2011-10-22 19:51:49)
[en réponse à 612133]
Tout est dans le titre !
Quelques adorateurs du Mal et du Père du mensonge à cette rencontre ne devraient pas s'y trouver dépaysés.

( 612171 )
Ils prieront pour que satan nous foute la paix ? par Meneau (2011-10-22 19:53:13)
[en réponse à 612170]
Tout est dans le titre.
Cordialement
Meneau

( 612188 )
Quand je lis ce genre de messages, par le torrentiel (2011-10-22 20:53:50)
[en réponse à 612170]
j'ai mal pour vous. Je vous avais connue plus modérée, moins sensible au pourrissement supposé général, surtout s'il vient d'en haut, vous qui êtes proche d'un Institut qui est plutôt engagé dans une critique constructive d'assise, sur la pertinence de laquelle, au demeurant, je reviendrai dans un instant.
Mais comment pouvez-vous soupçonner que le vicaire du christ, qui a aussi une fonction paternelle, mette ses enfants dans les griffes du "père du mensonge"? Comment pouvez-vous supposer que le défenseur de la Vérité tolère délibérément la coexistence impossible entre la vérité et le mensonge? Que vous est-il arrivé pour vous amener à vous radicaliser ainsi? J'y décèle le signe d'un égarement temporaire dû à une déception profonde. N'y demeurez pas, cela ne vous est pas bon !
Pour en revenir à assise en lui-même, vous nous rappelez fort opportunément, cher Luc Perrin, que le projet du premier Assise est strictement similaire à l'invite à ' une "bonne volonté" de paix, qui devrait structurer et cimenter l'attitude commune des religions.
Vous voyez dans Assise IV une régression désordonnée par rapport à ce qui s'est premièrement voulu, vous eussiez trouvé plus conforme à une attitude catholique l'organisation d'un colloque strictement philosophique, je ne discute pas votre opinion, mais convenez avec moi (et je crois que c'est le fond de votre argument) que, si l'intention est la même, si seules les modalités diffèrent, rien ne sert de ne pas critiquer Assise IV si l'on a critiqué Assise I et réciproquement.
Il y a des nuances de présentation et d'organisation, mais la continuité romaine n'est pas en cause. Les positionnements variables des divers instituts traditionalistes tiennent peut-être compte des lieux et des temps, mais elles ne peuvent varier qu'à la marge. Car ou bien l'on est contre Assise comme vous l'êtes, ou bien on est pour comme je le suis, mais on ne peut pas être contre les trois premiers Assise et pour le quatrième sous prétexte que l'on aurait changé de pape, ce qui invalide à mes yeux les nuances dans lesquelles se perd actuellement l'IBP:
"que votre oui soit oui et que votre non soit non!"
Je semble me mettre en contradiction avec ce que je disais à Anisvert en commençant, mais c'est ici la vérité qui m'oblige. Est-ce que, si l'on a jugé bon de solliciter la suspension des suspens, si l'on a réintégré rome, on ne peut pas se poser plus frontalement la question de savoir si l'on a toujours parfaitement agi en soutenant toutes les positions de mgr Lefebvre? Est-ce qu'il n'est pas plus franc de négocier un retour du type "enfant prodigue" qui revient au bercail? Est-ce qu'à défaut d'y mettre de la repentance, on ne se doit pas de ne pas se cacher que l'on n'est plus autant fidèle à mgr Lefèbvre qu'on a pu l'être par le passé? Est-ce qu'on ne peut pas faire un état des lieux de ce en quoi on a eu raison de le suivre et de ce pourquoi le moment nous semble venu de changer de stratégie, d'amorcer un retour, de ne plus être en communion avec ses supérieurs, au-delà d'incompatibilités personnelles portant sur des problèmes de gouvernance? Ces questions, je les pose bien évidemment aux prêtres de l'IBP pour lesquels j'ai le plus profond respect, pour tout ce qu'ils m'ont apporté, ne serait-ce que cybernétiquement. Mais je crois qu'ils devraient clarifier les raisons de l'évolution de leur itinéraire, leurs fidèles en seraient moins perdus.
Dernier point: la présence de non croyants à assise a l'air de vous choquer. Or dans tout non croyant, sommeille un "animal religieux" qui se réveille au premier coup du sort. C'est peut-être le génie de benoît XVI que de vouloir leur en faire prendre conscience, à partir de la simple idée qu'on peut être un non croyant et vouloir la paix.
Quant à Julia Kristeva, elle fut déjà invitée sur "le parvis des gentils". Je ne l'apprécie pas spécialement, notamment pour un rapport qu'elle a rendu au sujet des personnes handicapées, question qui me concerne et que je trouve qu'elle n'a pas bien traitée. Mais Julia Kristeva est une commentatrice de grande qualité, notamment du "cantique des cantiques", de même que sylviane agacinski, l'épouse de Lionel Jospin, s'est intéressée, d'un pooint de vue féministe, mais avec un a priori favorable, aux Pères de l'eglise qu'elle a dit elle-même avoir aimé fréquenter.

( 612204 )
Votre question n'est-elle pas paradoxale? par ptk (2011-10-23 07:59:57)
[en réponse à 612188]
Vous interrogez cher Le Torrentiel:
Mais comment pouvez-vous soupçonner que le vicaire du christ, qui a aussi une fonction paternelle, mette ses enfants dans les griffes du "père du mensonge"? Comment pouvez-vous supposer que le défenseur de la Vérité tolère délibérément la coexistence impossible entre la vérité et le mensonge?
C'est exactement ce qu'il fait!
Les musulmans, les juifs, les Bouddhistes, les confucéens, les protestants,.... sont tous dans l'erreur et le mensonge et le Saint Père les fait co-exister, en ce qu'ils sont, avec les catholiques qui, au moins jusqu'à Vatican II, détenaient la Vérité.

( 612209 )
C'est ce que j'allais répondre au Torrentiel par Anisvert (2011-10-23 19:06:50)
[en réponse à 612204]
en résumé.
à présent, je précise à Torrentiel qui semble surpris de mes propos, qu'il trouve de plus en plus radicaux et qu'il interprète comme le résultat d'une déception, que ce n'est pas du tout le cas.
Et qu'il n'est pas interdit de se demander, et telle est le sens de ma question, quels sont les critères retenus pour sélectionner les "croyances" qui seront invitées. Car il faut bien faire un tri parmi toutes les croyances, parfois les plus farfelues, les plus folkloriques, ou les plus nuisibles.
Or, je me demande pourquoi il est donné, en terme de communication, une image quoiqu'on en dise, à ceux qui ne s'intéressent à la question que de loin et qui ne peuvent percevoir comme vous, ou comme nous, les nuances, de syncrétisme, d'égalité de toutes les croyances "main dans la main" dans un grand rassemblement : de quoi réjouir tous "les athées de la terre".
Mais, où en est-on avec la Vérité ?

( 612212 )
Rectificatif par Anisvert (2011-10-23 19:37:03)
[en réponse à 612209]
J'ai écrit : "Et telle est le sens de ma question" et il faut lire, bien entendu "Et tel est le sens de ma question"

( 612230 )
Quel critère pour sélectionner les croyances invitées? par le torrentiel (2011-10-23 23:58:55)
[en réponse à 612209]
Je crois, chère Anisvert, pour qui je me sens une intuitive amitié, que le critère retenu est simplement la bonne volonté:
"et pax hominibus bonae volontatis".
La bonne volonté de ceux qui sont de bonne foi, mais au-delà, la bonne volonté de ceux dont la croyance veut la paix, veut le bien, dans un premier temps.
Seule la croyance peut être de bonne volonté, et seule la foi dispose de droit de la sainte volonté.
Partant de là, le satanisme n'est pas de bonne volonté. Il est nuisible a priori. Assise n'a pas pour vocation de réunir un catholicisme faustéen.
On m'objectera l'existence du "Lucy trust", bien en vue auprès de Jean-Paul II et dont aurait été membre chiara Lubich, fondatrice du mouvement des focolari. Il exista aussi les oophites, adorateurs du serpent censé vouloir donner aux hommes l'intelligence que Dieu leur refusait. Je ne vois pas, au-delà des théories complotistes qui font écho à ces supputations, nos deux derniers papes assez relativistes pour permettre à ces mouvements d'être en cour au Vatican. Mais à supposer même qu'ils l'aient permis, ne pas oublier que "dieu Est Lumière", si Lucifer a dévoyé sa façon de porter la lumière; ne pas oublier non plus que Dieu n'a jamais été l'ennemi de notre intelligence et connaissance: Il a simplement Voulu que nous n'ayons jamais accès ni à connaître le mal, pour ne pas, dans Son omniscience, entrer en contact avec le mal, Lui Qui Est le souverain bien. Or si la créature connaissait physiquement le mal, le créateur ne pouvait être inférieur à la créature, c'est l'hypothèse que je hasarde.
Au-delà de ces explications ou hypothèses, qui me semblent aller au plus loin de ce que peut avoir de non blasphématoire l'appréciation des allégations d'un certain Laurent glauzy (écrivant anciennement sous le pseudonyme de Laurent Blanci, pardonnez mon orthographe approximative des et mémorielle deux noms de l'auteur éso et exotérique), il ne saurait y avoir, à mon sens, qu'accusations compromettant gravement l'autorité du pape et par conséquent nos âmes, dans l'inconséquence imprudente avec laquelle nous nous y livrerions, jusqu'à supposer que le pape soit le serviteur du père du mensonge, à quoi se réduirait son vicariat, s'il mêlait le service du mensonge à celui de la vérité.
Je sais que la liberté de ton est de mise pour accuser l'autorité infaillible en matière de foi et de moeurs, mais il ne faudrait pas en abuser au point d'en faire un serviteur de l'anté (ou de l'anti)christ.

( 612244 )
Merci, mais ce qui compte, ce n’est pas ce que nous “voyons” par Vianney (2011-10-24 08:29:39)
[en réponse à 612230]
On m'objectera l'existence du "Lucy trust", bien en vue auprès de Jean-Paul II et dont aurait été membre chiara Lubich, fondatrice du mouvement des focolari. Il exista aussi les oophites, adorateurs du serpent censé vouloir donner aux hommes l'intelligence que Dieu leur refusait. Je ne vois pas, au-delà des théories complotistes qui font écho à ces supputations, nos deux derniers papes assez relativistes pour permettre à ces mouvements d'être en cour au Vatican.
Ce qui est important, ce n’est pas ce que nous “voyons”, ce que nous admettons : c’est de savoir si cela est ou non conforme
à la vérité des faits. Merci en tout cas pour les deux pistes auxquelles vous faites allusion, et sur lesquelles je suis assez mal renseigné. D’après le peu que j’ai pu en récolter, le “Lucy Trust” se serait d’abord appelé
Lucifer Trust : cela me paraît suffisant pour mériter une enquête plus approfondie.
V.

( 612225 )
Ce n'est pas ma question qui est paradoxale, par le torrentiel (2011-10-23 23:24:37)
[en réponse à 612204]
ce sont les deux propositions qui émaillent ma question.
Allons au fond des choses: si le défenseur de la Vérité s'allie au père du mensonge, vous aurez beau jeu d'avoir en face de vous un catholicisme faustéen.
Sauf que le vicaire du Christ est aussi le dépositaire de cette Parole de son Maître qui dit en substance:
"si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste, Qui Est aux cieux, donnera-t-Il l'Esprit-saint à qui le Lui demande!"
Sauf à faire s'effondrer la Foi ou à céder à des théories sédévacantistes proscrites sur ce forum, le pape est assisté de l'Esprit-saint; il agit au Nom du Christ; il peut se fourvoyer, mais pas au point de laisser coexister le culte chrétien avec le culte sataniste. Cela peut se passer à l'intérieur de sa personne, comme cela s'est passé à l'intérieur de simon-Pierre du vivant de son Maître, mais cela n'a plus cours à présent que ce divin Maître est monté aux cieux, ou bien autant vaudrait faire vaciller, s'écrouler l'eglise catholique.
En aucune façon, le représentant de la Vérité faite homme ne pourrait de propos délibéré se commettre dans une cérémonie où il discuterait à bâtons rompus avec le père du mensonge.
Le croire est perdre tout sens de la réalité, outre que cela enferme ceux qui s'enferment dans cette croyance dans un enfer sectaire.
Qui vous dit que l'enfer ne serait pas l'enfermement, ni l'engrenage dans des pensées qui commencent à s'enchaîner toutes seules, et que cet enchaînement crée l'idéologie, système fermé sur lui-même, infernal?
La suspicion systématique du pape, c'est l'engrenage absolu dans l'Hors de l'eglise, c'est le repli inévitable sur une attitude sectaire.
Je ne suis pas totalitaire et ne parle donc pas ici d'une critique raisonnable d'Assise. Je parle de la supposition qu'Assise fasse conjointement se rencontrer dans une même prière le vicaire du christ et des satanistes.
Non, toutes les religions hors la religion catholique ne sont pas adeptes du démon, pour la simple raison qu'elles ne le souhaitent pas et que, le seraient-elles, elles pécheraient par ignorance.
Oui, toutes les religions réfléchissent mal quelques lueurs de la Vérité multifaciale, dont nous savons encore moins refléter que contempler la Face unique.
En conséquence, restons dans l'humilité!

( 612206 )
Il y a un forum pour cela par Anton (2011-10-23 18:51:51)
[en réponse à 612170]
Quelques adorateurs du Mal et du Père du mensonge à cette rencontre ne devraient pas s'y trouver dépaysés.
Pour parler de l'UMP, ou du PS, ou des partis politiques vous avez le comptoir politique.
Cordialement.

( 612175 )
Au moins on est sûr ... par Paterculus (2011-10-22 19:57:02)
[en réponse à 612133]
Au moins on est sûr ...
...
que ceux-là
...
ne vont pas ...
...
prier dans une église catholique !
Votre dévoué Paterculus

( 612242 )
A ne pas manquer : une émission à visionner sur le site de KTO. par Scrutator Sapientiæ (2011-10-24 07:13:18)
[en réponse à 612133]
Bonjour et bonne semaine à tous,
Voici :
LA FOI PRISE AU MOT
Rencontres d'Assise Diffusé le 23/10/2011 / Durée 52 mn
"Le désir de Benoît XVI de revivre le 25e anniversaire de la rencontre historique d'Assise en 1986 ne répond pas seulement à un motif de célébration et encore moins à l'intention de trouver une religion globale", c'est ce qu'a affirmé le président du Conseil pontifical Justice et paix, le cardinal Peter Turkson. Il est vrai qu'en convoquant une journée de prière pour la paix dans la ville de Saint-François le 27 octobre, 25 ans après l'initiative de Jean-Paul II, Benoît XVI tente de clarifier les choses : pas de syncrétisme religieux, mais une volonté de convier les religieux et les hommes de bonne volonté à "s'engager unanimement pour la paix". Car la nouveauté de cette rencontre est l'invitation faite aux non-croyants, dans l'esprit du Parvis des Gentils. Dès lors, qu'attendre de cette rencontre ? Dans son encyclique sociale, Benoît XVI rappelle que "la paix est le fruit d'un engagement soutenu par un amour plein de vérité". Faut-il donc s'attendre à des points d'accroche entre les dignitaires religieux présents ? En quoi cette rencontre se distingue-t-elle des précédentes? Régis Burnet reçoit Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de la Vie et Christophe Geffroy, directeur de la rédaction de la Nef, pour débattre sur les Rencontres d'Assise."
KTO
J'ai regardé cette émission hier soir, et je dois avouer que je suis passé à plusieurs reprises de la stupéfaction à la consternation.
Il faut croire que de l'amour de la complexité à l'amour de la contradiction, il n'y a qu'un pas, qu'il est aisé et plaisant de franchir.
En l'occurrence, la contradiction, plus souriante chez Jean-Pierre DENIS que chez Christophe GEFFROY, n'était pas située entre les deux intervenants, mais bien plutôt à l'intérieur des positions de chacun des deux, car sinon, ces deux personnes semblent d'accord sur ce qui leur semble essentiel, et notamment sur ceci : quasiment la seule position catholique totalement illégitime, sur Assise, est celle des traditionalistes "durs".
Tout de même, les responsables de l'Eglise catholique seront ravis d'apprendre ceci, exprimé par Jean-Pierre DENIS :
- sur les théologiens : "laissons-les chercher, je dirais même plus, laissons-les se tromper, sur le dialogue interreligieux ; "
- sur la notion même de dialogue interreligieux : "l'expression n'est pas appropriée : il vaudrait mieux parler de rencontres interreligieuses ; "
- sur la prochaine journée à Assise, en elle-même : "si elle débouche sur quelque chose, c'est très bien ainsi ; si elle ne débouche sur rien, c'est très bien aussi, car ce qui est déjà très important, c'est la rencontre, en elle-même. "
Certes, je cite de mémoire, mais aussi en substance ; regardez pas vous-mêmes.
Au vu du mode de réflexion des deux intervenants, l'un très favorable à Assise, avec le sourire, l'autre moins favorable (mais pas défavorable) à Assise, avec la grimace, c'est à se demander, s'ils ont le même mode de réflexion sur d'autres sujets, s'il leur est encore possible d'être, fermement et fortement, contre quoi que que ce soit qui serait à la fois ambivalent et contemporain, par principe, et non seulement à cause de tels ou tels abus ou excès, et je ne pense pas ici uniquement au dialogue interreligieux.
A un moment de l'émission, l'animateur leur a demandé à quoi sert, en définitive, le dialogue inter-religieux : j'ai trouvé les réponses à la fois quelque peu incohérentes et quelque peu inconsistantes ; j'ai surtout appris à quoi ne sert pas le dialogue interreligieux : il ne sert ni à exhorter l'interlocuteur non chrétien à la conversion (le contraire m'aurait surpris, s'il avait été dit), ni à rédiger avec lui une "motion de synthèse" (sed contra, à mes yeux, entre autres textes : le "décalogue" de 2002).
Dans ce genre d'exercice, et sur une telle question, ce sera presque toujours le journaliste catholique le plus "modernisateur" des deux qui "s'en sortira" le mieux, puisque ce sera presque toujours celui des deux intervenants qui exprimera ses opinions avec le plus de plasticité.
A travers ce type de débat, on mesure les conséquences, au sein même de l'Eglise, en tout cas, en France, de la fortune singulière de deux instances de légitimation de tout discours plus bienveillant que vigilant :
- la primauté de l'intention relationnelle relative et subjective sur la position intellectuelle normative et objective ;
- la primauté du témoignage vécu sur l'enseignement pensé.
Le devoir m'appelle, je suis donc dans l'obligation de conclure ce message ; à un moment de l'émission, je me suis dit : avec de tels partisans, la mentalité ombrio-pérousienne n'a pas presque pas besoin de détracteurs, car j'ai vraiment trouvé leur adhésion globale à Assise tout à fait ambivalente voire contradictoire.
Malgré tout cela, je vous souhaite à tous une bonne journée et un bon début de semaine ; il ne s'agit pas pour moi de dire qu'ils n'ont pas le droit de dire ce qu'ils pensent, ni de dire qu'ils ont tenu des propos "hérétiques", ou quoi que ce soit d'équivalent, d'une part, parce que ce n'est pas vrai, ils n'ont pas tenu de tels propos, et d'autre part, parce que je ne suis pas "Catho le censeur".
Mais enfin, pourquoi essayer de justifier une position équivoque, au moyen d'arguments doctrinaux ou pastoraux, ecclésiaux ou personnels, eux-aussi équivoques ?
Il devient vraiment urgent que nous sortions d'une ambiance intra-ecclésiale plus que propice à l'épanouissement de risques certains de complaisance et de connivence dans l'équivoque.
Scrutator.

( 612247 )
Cher scrutator, par le torrentiel (2011-10-24 08:55:12)
[en réponse à 612242]
Comme d'habitude, vos messages sont si riches qu'on n'y saurait apporter que des commentaires partiels, qui paraissent bien pauvres en regard du contenu de ce que vous portez à notre réflexion.
Tout de même, je vais essayer de relever quelques points:
Vous regrettez que le commentaire de ces deux journalistes et que l'esprit d'Assise pris dans sa globalité soit plus bienveillant que vigiilant. Or "la bienveillance" et "la confiance dans les autres" sont des fruits de l'esprit. La vigilance est un devoir qui va de paire avec la prière. Il faut être vigilants à prier avec persévérance et prier dans la vigilance. Mais il faut exercer sa vigilance dans la bienveillance et prier dans le souffle de l'esprit, Qui est le premier à prier en nous et qui produit la bienveillance et un regard a priori positif sur la personne humaine de nos frères et prochains, tout en nous aidant à discerner leurs intentions et les nôtres.
Vous regrettez aussi que "- la primauté de l'intention relationnelle relative et subjective" l'emporte "sur la position intellectuelle normative et objective." Tout d'abord, cher ami (l'apostrophe n'est pas seulement rhétorique), pardonnez-moi de relever un pléonasme: "l'intention relationnelle" est forcément "relative". D'autre part, une position intellectuelle normative et objective ne saurait s'imposer sans une relation subjective sauf à ce que nous devenions de purs cerveaux ou des êtres purement cérébraux. La cérébralité des traditionalistes est un travers qui est régulièrement pointé chez eux, et quelquefois par eux-mêmes. Cette affaire de la relation surplombant la position comme la vigilance est subordonnée à la bienveillance, va très loin. Nous, croyants en la sainte trinité, c'est-à-dire en une relation existant au sein de l'absolu, pouvons être conduits à conclure qu'il y a du relatif dans l'absolu et que c'est cette relativité qui est garande de la totale objectivité de notre dieu. L'un des fruits les plus précieux que j'ai tirés de mon propre dialogue avec mon interlocuteur musulman, qui ne s'embarasse pas de n'être pas radical, est cette explication qu'il m'a donnée, suivant laquelle, en islam, l'homme considère comme une quête inconsidérée, même impie, de vouloir atteindre l'absolu. Seul est ouvert à la condition humaine l'espace du merveilleux, qu'il définit comme le dixième de l'absolu. Je ne sais pas comment il arrive à ce quanta poétique. Mais, associationniste pour nombre de musulmans qui définissent la croyance en la Trinité comme la manifestation la plus flagrante de l'associationnisme négateur de l'Unité divine, croyant en un dieu trine, je puis confirmer mon interlocuteur musulman que, sans avoir l'ambition d'atteindre l'absolu par moi-même, j'ai un contact merveilleux avec le dieu absolu Qui Est relation en lui-même et S'est fait relation à moi.
Venons-en à un autre point que vous soulevez: la crispation du traditionalisme face au dégagement du journaliste qui a les deux pieds dans l'eglise telle qu'elle se meut dans l'univers mental contemporain. Quoi d'étonnant à ce contraste, puisqu'assise IV obéit à la même intention que le premier assise, quoi que les traditionalistes puissent en ergoter à loisir! Jean-Paul II n'a cessé, dès 1986, de répondre aux préventions des traditionalistes contre la première réunion d'assise que son initiative ne consistait pas en un acte syncrétique de prière, mais en un moment de prière commune à l'intention de la paix dans le monde et entre les hommes et les peuples. On a moqué sa fameuse distinction:
"Nous ne sommes pas là pour prier ensemble, mais afin d'être ensemble pour prier."
Qui sait si, au tréfond du coeur pastoral de Jean-Paul II, il n'y avait pas le pari fou fait dans la prière de faire ce que tenta le prophète eli quand il mit au défi les adorateurs de baal:
"voyons qui, de vos dieux que je réprouve comme faux ou du mien que j'atteste comme vrai, exhaucera nos prières et allumera ce feu."
Qui sait si Jean-Paul II n'espérait pas un miracle pareil à celui qui réduisit les adorateurs de baal au silence et, selon les moeurs du temps, à être brûlés dans le feu qu'il n'avait pas su allumer. Certes, Jean-Paul II n'invita pas les autorités religieuses à cette réunion d'assise avec ce ton impérieux et de défi. C'est que le ton de défi ne convient plus à l'expression contemporaine. On peut évidemment trouver cette hypothèse époustoufflante de naïveté bisounoursesque, puisque ce terme est en vogue ici, bien que je n'aime pas ce genre de qualificatif qui caricature la pensée de quelqu'un qui essaie de professer une opinion contraire à celle de la majorité des liseurs. Mais qu'on me laisse à mon tour m'étonner que la vigilance des traditionalistes n'a toujours envisagé la rencontre d'assise que comme un sacrilège idolâtrique et que la bienveillance des mêmes n'a jamais parié pour une intention de prière du souverain pontife visant à provoquer un miracle prophétique, qu'ils ont peut-être contribué à ne pas permettre d'arriver par leur manque de foi et leur défiance dans les réponses de l'Esprit-saint, Qui assiste le vicaire du Christ, à ses initiatives!
Mais je sens que je me laisse emporté par mon lyrisme et je reviens à des remarques plus terre à terre.
J'ai, il y a deux jours, un peu brocardé les prêtres de l'IBP pour le grand écart un peu crispé qu'ils semblent faire en approuvant cette assise-ci, entre autres parce qu'ils bénéficient aujourd'hui d'une position canonique, mais pas seulement, faisons à leur intelligence et à leur analyse de la convenance des lieux et des temps le crédit bienveillant de la sincérité et de la recherche de la pertinence de l'analyse. Toutefois, leur approbation d'assise reste crispée et ambivalente puisqu'ils veulent le détourner, au contraire de la position de la FSSPX qui, pour vouloir le réparer avant que l'acte ne soit commis (puisqu'il est délictueux à leurs yeux), est sans doute moins conciliante (sic), mais aussi plus cohérente. Plus cohérente, bien que pertinente à la veille d'être en capacité de signer un accord. Mais on peut concevoir que la congruence de ces deux impératifs pose un cas de conscience à la FSSPX.
Or, pour être juste, il faudrait étendre l'accusation de crispation vis-à-vis d'assise, que j'ai dressée contre la casuistique de détournement de l'IBP, que vous-même dressez contre l'expression coincée et grimaçante du journaliste traditionaliste, Monsieur Christophe Geffroy, à l'attitude, de vénération filiale, du pape régnant en personne, qui semble prendre toutes sortes de précautions pour entourer cette initiative d'assise et le fait de s'y rendre en personne alors que, non seulement il n'a pas transformé les objectifs de cette rencontre, tout au plus en a-t-il modifié quelques modalités, mais il lui était loisible de faire litière de cette commémoration et de s'expliquer sur ses réticences à ce sujet.
Mais vous avez raison, l'ambivalence est un des traits les plus saillants de l'époque contemporaine. Freud a érigé cette ambivalence en principe normatif, dans la mesure où il a relativement démontré que tous nos actes n'obéissaient jamais à une seule intention, mais toujours à des intentions mêlées et le plus souvent contradictoires. Proust a même fait, à mon sens, de la phénoménologie des intentions contradictoires de nos actes plurifaciaux, le motif principal de sa "recherche". Si bien que, dans nos péchés par action, mais même dans nos actions apparemment les plus irréprochables, il faut tenir compte que les intentions y sont mêlées comme l'ivraie et le bon grain. Il n'y a pas qu'Assise qui soit dans ce cas de figure, ni que notre époque qui soit dans ce mélange de motivations. La singularité de notre époque, son péché sans doute, est d'avoir mis l'ambivalence sur la table, comme le premier moteur visible quoiqu'inconscient de nos actions, pour à la fois nous rendre anomiques, abouliques, psychasténiques, dépressifs, incapables du moindre choix, et se repaître avec complaisance de cette ambivalence et duplicité.

( 612353 )
Très rapidement, face à la tentation de l'ambivalence. par Scrutator Sapientiæ (2011-10-24 23:00:54)
[en réponse à 612247]
Bonsoir le torrentiel,
Très rapidement :
1. Pour résister à la tentation de l'ambivalence : la recherche de la sainteté ; c'est cette recherche qui donne la force, avec l'aide de la grâce, de savoir dire de véritables NON et de pouvoir dire de véritables OUI ; il n'y rien de plus libérateur et de plus responsabilisant, sauf aux yeux de tous ceux qui veulent avant tout plaire à eux-mêmes et aux autres, quitte à sacrifier leur aptitude et leur aspiration à s'engager à dire oui en plénitude, ou à s'obliger à dire non en totalité, quand il est à la fois nécessaire et salutaire de dire vraiment oui ou de dire vraiment non.
2. Deux autres tentations dont il faut se garder, à mon avis, même s'il arrive que ce que j'ai appelé un jour "la pastorale de l'oxymore" suscite en nous ou autour de nous un mouvement de soumission à l'une ou l'autre de ces deux tentations :
a) l'agonisticisme systématique, générateur de fanatisme, voire de bellicisme ;
b) l'irénisme systématique, inspirateur de neutralisme, voire de pacifisme.
3. Je viens de retrouver un petit texte qui date déjà un peu :
" Sujet : J'ai parlé, pour ma part, d'ambivalence pusillanime.
Tout est dans le titre et il se fait tard, mais je ne crois pas avoir parlé de relativisme ; j'ai souvenir d'avoir recouru à l'expression ambivalence pusillanime, dans le premier message que j'ai consacré à Assise 2011.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que des rencontres telles que celles qui ont déjà eu lieu à Assise ne peuvent que consolider les tendances au relativisme (toutes les religions se valent) et au subjectivisme (chacun choisit la religion qui lui convient) présentes chez bon nombre de nos contemporains, et pas seulement en matière religieuse.
Les mots suivants : annexionisme spirituel, syncrétisme religieux, ne sont pas exacts, à mon sens, pour décrire Assise ; mais si l'on recourt aux mots éclectisme religieux ou fédéralisme spirituel, il me semble que l'on est déjà un peu moins éloigné de la réalité :
- éclectisme religieux, si l'on considère la liste, par nature non exhaustive, des religions et traditions non chrétiennes qui ont été conviées à aller à Assise ;
- fédéralisme spirituel, puisqu'il s'est agi de fédérer, je n'ai pas dit : de mélanger, les énergies spirituelles, présentes ou représentées, en vue d'un objectif temporel, partagé, transversal : la paix. "
4. Pour ne rien vous cacher, il m'est déjà arrivé (mais à qui n'est-ce jamais arrivé...) de ne pas dormir pendant presque toute une nuit, parce que, la veille, j'avais commencé à résister à la tentation de l'ambivalence pusillanime, dans le cadre de mon travail, et parce que je savais pertinemment que, le lendemain, un véritable enfer allait commencer à s'abattre sur moi ; je dois dire que je n'ai pas été "déçu du voyage", puisque c'est toute une année scolaire qui a été infernale, pour moi, ou plutôt contre moi.
Résister à la tentation de l'ambivalence pusillanime, cela donne naissance à une grande part qui coûte et à une petite part de doute, mais il peut y avoir une récompense intérieure rétrospective (non un lâche soulagement, mais une satisfaction légitime, située au-delà de l'horizon déployé derrière une difficile épreuve de vérité), une récompense spirituelle, dans le fait d'avoir pu, d'avoir su, d'avoir voulu résister, et d'avoir vraiment résisté.
Merci beaucoup pour vos références à Freud et à Proust ; je pense aussi, dans une moindre mesure, à Henry James, et j'ai conservé le souvenir de certaines tragédies de Corneille et de Racine dans lesquelles il y a une peinture extraordinaire de sentiments plutôt placés, pour le coup, sous le signe de l'ambivalence impérieuse ou impétueuse ; pour ainsi dire et pour conclure, c'était au temps où la description de l'ambivalence était incompatible avec le recours, en littérature, à la médiocrité.
Bonne soirée et bon début de semaine.
Scrutator.

( 612373 )
La sainteté contre la tentation de l'ambivalence pusillanime par le torrentiel (2011-10-25 01:37:08)
[en réponse à 612353]
Cher Scrutator,
Permettez-moi de vous dire, sans faire ombre à votre humilité, que vous prodiguez là un conseil haut élevé de spiritualité, qui replace la sainteté dans son milieu naturel: celui de la conscience, car le dépassement de l'ambivalence qu'elle exige est nécessairement dépassement d'habiter dans l'inconscient, à en croire nos médecins de l'âme dont le discours est devenu dominant. Or la conscience est le milieu naturel de dieu et de la vie, "Lumière des hommes" et dynamisme de commencement. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir de vie en dehors de la conscience, j'entends dans l'intention du créateur. Même si c'est téméraire à moi, je crois que dieu a créé parce que, souverainement Conscient, Il Se sentait le besoin d'un vis-à-vis.
Ce sur quoi je voudrais insister brièvement pour enrichir votre analyse d'un élément que je ne crois pas vous avoir vu souvent exploiter ni développer, c'est que, si nous sommes dans cette situation d'ambivalence, dans un terreau qui met en faveur l'ambivalence intentionnelle parce qu'elle est inconsciente, ambivalence intentionnelle qui est d'ailleurs une contradiction dans les termes, c'est que nous sommes hypnotisés.
Nous sommes hypnotisés à nous focaliser sur le rêve, ce qui revient à le préférer à la réalité. Nous sommes hypnotisés car assoupis dans notre vigilance de bienveillants dormeurs. Nous sommes hypnotisés jusqu'à l'incapacité de choisir. Le drame de notre génération (je l'expérimente sur moi-même) est qu'elle se trouve complètement paralysée devant le choix et qu'elle se résout à cette situation d'enlisement. Dans l'un de ses premiers livres, "Et les violents s'en emparent" publié aux éditions des provinciales, fabrice Hadjadj a montré jusqu'à la satire qu'un des travers de l'eglise qui se définit comme une bergerie qui veille sur son troupeau est qu'elle lui dit:
"Dormez en paix, on s'occupe du reste."
Le troupeau n'en demandait pas plus, d'autant qu'il avait l'impression de ne pouvoir en supporter davantage. Je m'avoue membre de ce troupeau d'indécis congénitaux et vous félicite d'avoir su prendre des décisions qui vous ont fait échaper à l'ambivalence pusillanime, même si vous en avez payé le prix.
Prions pour que nous sachions ne pas nous complaire dans l'ambivalence pusillanime et choisir le courage d'être saint.
"saint-raphaël archange, guérissez-nous de la peur et de l'incomplétude à nous accomplir qui nous privent du devenir."