Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=611613
images/icones/tele.gif  ( 611613 )Le cardinal qui connut six papes... par Voix Académiques (2011-10-18 14:23:11) 

Emission

Eugène Tisserant (1884-1972), le cardinal qui connut six papes...
Retour sur le parcours d’un académicien homme d’Eglise, par Etienne Fouilloux, invité de Christophe Dickès

Avec le cardinal Villot, le cardinal Eugène Tisserant est sans nul doute un des rares français à avoir eu un rôle de taille au sein du Vatican. Arrivé en 1908 dans la Ville éternelle, il fut à la fois témoin et acteur d’une Église menacée par le communisme, le fascisme et le nazisme sous le pontificat de six papes, de Pie X à Paul VI. Évoquer ce destin extraordinaire est aussi un moyen de découvrir l’Histoire de l’Eglise du XXe siècle, ce que fait admirablement le professeur Etienne Fouilloux au cours de cette émission et dans une biographie, qui vient de paraître aux éditions Desclée de Brouwer.
images/icones/heho.gif  ( 611619 )Ajoutons ... par Introibo (2011-10-18 16:13:18) 
[en réponse à 611613]


d’une Église menacée par le communisme, le fascisme et le nazisme sous le pontificat de six papes, de Pie X à Paul VI



également "par le modernisme".
images/icones/neutre.gif  ( 611624 )une figure très singulière par Luc Perrin (2011-10-18 16:44:50) 
[en réponse à 611619]

difficile à cerner ; je suis curieux de lire cette biographie par Etienne Fouilloux.

Un fait peu connu, l'abbé Tisserant était très lié, pas seulement à causes de ses origines lorraines, à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg et spécialement au futur Mgr Andrieu comme au doyen Martin. En bref à un milieu ecclésial français discrètement teinté de gallicanisme et entretenant quelques relations, à distance cependant, avec le réseau moderniste tout en n'étant pas moderniste lui-même.

Une dissonance par rapport à l'école romaine néo-scolastique de théologie, dissonance qui ne s'est jamais constituée en dissidence.

Ajoutons que le Cardinal a présidé le conseil de présidence du concile Vatican II et qu'épisodiquement, il a joué un petit rôle autre que de pure forme. Il est ainsi présent quand Paul VI impose la note dans Gaudium et spes qui renvoie aux condamnations antérieures du communisme.
images/icones/1f.gif  ( 611632 )Rien sur l'accord de Metz par Eucher (2011-10-18 17:37:23) 
[en réponse à 611624]

avec les communistes, lors de cet entretien avec M. Fouilloux (qui en revanche rappelle l'anticommunisme du cardinal barbu).
Espérons que son livre est plus explicite sur cette histoire que l'école de Bologne rejette sans argument.

-Eucher.
images/icones/fleche2.gif  ( 611633 )Un fait à connaitre : L’Accord de Metz par Diafoirus (2011-10-18 17:42:05) 
[en réponse à 611624]

L’Accord de Metz ou pourquoi notre Mère fut muette ?
par Jean Madiran


Ce livre, dans un style clair, fluide et donc agréable, explique que l’accord de Metz est une des causes de la crise de l’Église depuis Vatican II. Cet accord est appelé ainsi car il a été signé à Metz en septembre 1962 entre le cardinal Tisserant, représentant du Saint-Siège et Mgr Nicodème, chargé, sous le contrôle du Kremlin, des relations extérieures du patriarcat de Moscou, n° 2 de l’Église orthodoxe derrière le patriarche Alexis Ier. Cet accord a eu lieu chez l’abbé Lagarde, très intéressé par les problèmes internationaux et avec l’accord de Mgr Schmitt, évêque de Metz. Mgr Nicodème et Mgr Tisserant se connaissaient car le cardinal, qui parlait russe, avait été de 1939 à 1959 secrétaire de la Congrégation pour l’Église orientale. Cet accord consiste dans le fait que Moscou enverrait au Concile des observateurs orthodoxes à la condition que le Vatican ne condamne pas le communisme et fasse un total silence sur lui.

Le texte de l’accord de Metz fut apporté à Moscou le 27 septembre 1962 par Mgr Willebrands, président du Secrétariat de l’unité de l’Église. Cette obligation du silence explique pourquoi la pétition de 454 évêques sur 2300 demandant la condamnation du communisme par le Concile fut “oubliée” et pourquoi la constitution conciliaire Gaudium et Spes qui parlait des signes des temps n’a fait aucune allusion à la pieuvre communiste répandue dans le monde. Rien non plus sur les millions de chrétiens tués ou torturés en raison de leur
foi dans les camps de travail et de concentration soviétiques et chinois.Ce silence forcé sur la dictature communiste explique aussi le désarmement moral et politique de l’Église qui s’est laissée infiltrer par les communistes dans son clergé, sa presse, ses écoles, ses séminaires et même son missel (dans celui de 1983, il est fait mémoire de Marx le 14 mars).
Dans ses annexes Jean Madiran fournit d’importants documents, en particulier une lettre que Mgr Roche, familier du cardinal Tisserant, lui écrivit : « je puis vous assurer… que la décision d’inviter les observateurs orthodoxes russes au concile Vatican II a été prise personnellement par Sa Sainteté le pape Jean XXIII avec les encouragements évidents du cardinal Montini, qui fut le conseiller du patriarche de Venise au temps où il était lui-même archevêque de Milan ».

Le Saint Synode russe accepta le 10 octobre 1962 l’invitation
d’observateurs par le Vatican et pour être sûr que le Concile ne condamnerait pas le communisme Jean XXIII déclara que le Concile serait pastoral, donc non infaillible et qu’à l’avenir le Vatican ne
condamnerait plus personne. Deux exceptions : Mgr Lefebvre et Mgr Millingo.

Michèle Reboule

http://www.laportelatine.org/district/prieure/stjacquesde%20saxeau36/icone34.pdf

L’Accord de Metz ou pourquoi notre Mère fut muette ?
par Jean Madiran
Ed. Via Romana.
http://www.via-romana.fr/?pageid=fiche&prod=78&ftitre=L'accord+de+Metz%2C+ou+pourquoi+notre+m%E8re+fut+muetteICI
images/icones/neutre.gif  ( 611646 )Sur l'accord de Metz + 2 rq dont une à Luc Perrin. par Voix Académiques (2011-10-18 19:13:16) 
[en réponse à 611633]

Le livre évoque largement l'Accord de Metz (Fouilloux reprend Madiran), mais il minimise l'action du cardinal Tisserant sur la question et n'en fait qu'une étape, non un aboutissement; un émissaire non un décideur.

Par ailleurs, l'auteur ne mentionne pas le fait que c'est le cardinal Tisserant qui est venu à Dakar introniser Mgr Lefebvre en 1956 (cf épisode raconté par Mgr Tissier de M.). Le cardinal Tisserant souhaitait absolument jouer ce rôle. Mgr Lefebvre a dit après la cérémonie: "Il nous en a fait voir sur le plan liturgique!". Prince de l'Eglise, Tisserant ne rigolait pas avec les codes et la liturgie... Il ne supportait pas la moindre erreur.

L'émission dure une heure et le livre fait plus de 600 pages... donc merci pour votre compréhension car je n'ai pas pu tout aborder.

A Luc Perrin: figure fascinante car... inclassable sur l'échiquier de la curie...

Merci pour votre fidélité.

CD